Paul Reynaud

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Paul Reynaud
Paul Reynaud en 1933.Bibliothèque nationale de France.
Paul Reynaud en 1933.
Bibliothèque nationale de France.
Fonctions
109e président du Conseil des ministres français
et Ministre des Affaires étrangères
(121e chef du gouvernement)
Président Albert Lebrun
Gouvernement Paul Reynaud
Législature XVIe législature
Prédécesseur Édouard Daladier
Successeur Philippe Pétain
Vice-président du conseil et ministre de la Justice
Président Paul Doumer
Gouvernement André Tardieu
Prédécesseur Lucien Hubert
Successeur Albert Dalimier
Ministre d'État
Président Vincent Auriol
Gouvernement Queuille (2)
Vice-président du conseil
Président Vincent Auriol
Gouvernement Joseph Laniel
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Barcelonnette (Basses-Alpes)
Date de décès (à 87 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité française
Parti politique ARGRI
Conjoint Jeanne Henri-Robert

Jean Paul Reynaud, né le à Barcelonnette (Basses-Alpes) et mort le à Neuilly-sur-Seine (Seine), est un homme politique français. Député des Basses-Alpes (aujourd'hui les Alpes-de-Haute-Provence), puis de Paris, il fut plusieurs fois ministre sous la IIIe République, et notamment ministre des Finances en 1938 dans le gouvernement Daladier.

Il est président du Conseil du 22 mars au , fonction qu'il cumule avec celle de ministre des Affaires étrangères puis de ministre de la Guerre. Après la débâcle de juin, Paul Reynaud, alors en désaccord avec les principaux membres du gouvernement et responsables militaires quant à la conduite à tenir, démissionne et est remplacé par le maréchal Pétain qui signe l’Armistice.

Les origines[modifier | modifier le code]

La famille Reynaud est originaire du village de Saint-Paul, bourgade distante de 23 kilomètres de Barcelonnette. Paul Reynaud est le petit-fils de Jean-Baptiste Reynaud (né en 1800), qui fut maire de sa commune, et le fils cadet de Alexandre Reynaud (1840-1913) et d'Amélie Gassier (1848-1948). Son oncle, Hippolyte Gassier (1834-1907), fut conseiller général, député puis sénateur des Basses-Alpes. Son père part chercher fortune au Mexique où il reste de 1857 à 1875. Outre Albert Reynaud (1876-1914, Mort pour la France), le fils aîné, le couple Reynaud/Gassier a également eu deux filles : Marthe Reynaud (née en 1879) et Léontine Reynaud (née en 1881)[1].

Isolé dans la Troisième République[modifier | modifier le code]

Entrée de la maison natale de Paul Reynaud à Barcelonnette.

Diplômé de l'École des hautes études commerciales, avocat, Paul Reynaud épousa Jeanne Henri-Robert, la fille du bâtonnier Henri-Robert puis se tourna assez vite vers le monde de la politique. Conseiller général puis député des Basses-Alpes à la Chambre des députés avec le Bloc national d'abord en 1919, il fut battu en 1924. Tentant de se représenter dans la Seine lors d'une élection partielle, il fut de nouveau battu, cette fois par le célèbre communiste Jacques Duclos en 1926, puis fut réélu de 1928 à 1940 comme député de Paris.

Membre d'un parti de droite modérée, l'Alliance démocratique, il fut plusieurs fois ministre sous la Troisième République et fut chargé des portefeuilles des Finances[2], des Colonies et de la Justice. C'était en tant que ministre des Colonies qu'il inaugura l'Exposition coloniale internationale de 1931 (on peut encore voir le salon qui lui servait de lieu de réception et de bureau au Palais de la Porte Dorée).

Il se spécialisa vers deux domaines très différents, l'économie et la défense, pour lesquels il adopta tout de suite des positions hétérodoxes. Ainsi, il préconisa une dévaluation du franc pour affronter la Crise de 1929, qui atteignit la France en 1931 alors que l'opinion resta très attachée au mythe du franc Poincaré depuis 1926. D'autre part, il était l'un des rares hommes politiques à se rallier à la stratégie des divisions blindées préconisée par le colonel de Gaulle dans son livre Vers l'Armée de métier. L'originalité de sa réflexion le marginalisa au parlement.

En 1938, même s'il vota la confiance au Parlement pour ratifier les accords de Munich, il était en rupture avec la ligne directrice de son parti et celle du Parti radical-socialiste d'Édouard Daladier sur ce sujet[réf. nécessaire].

Nommé ministre des Finances en novembre 1938[2], il applique une énergique politique droitière par décrets-loi : dévaluation du franc, hausse des impôts, réarmement, économies drastiques sur d'autres postes, majoration du plafond des heures supplémentaires (+15 %).

Un des points phares de sa politique est la fin de la semaine de 40 heures, qui est une provocation à l’égard des syndicats. En remontant la durée légale du travail hebdomadaire à 41,5 heures, il espérait remporter un affrontement avec la CGT, et se légitimer face au PCF qui avait voté contre les accords de Munich, faisant ainsi éclater le Front populaire. La CGT n’évita pas le piège, et appela à une grève générale pour le 30 novembre. Paul Reynaud gagna la bataille en licenciant les grévistes et en faisant évacuer par la force les usines occupées. Cette politique permit de financer le réarmement, grâce au retour des capitaux, et cette activité permit de relancer la croissance du PIB[3]. Il déclara alors : « Croyez-vous que la France puisse à la fois maintenir son train de vie, dépenser 25 milliards d'armement et se reposer deux jours par semaine ? »

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En septembre 1939, il déclare : « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts ». Interrogé après la fin de la guerre sur cette phrase, Paul Reynaud affirma avoir toujours eu en tête qu'il s'agirait d'une guerre mondiale, continuation de la première.

Paul Reynaud est nommé, le 22 mars 1940, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères par le président Albert Lebrun. L'expédition militaire en Norvège était dans les cartons depuis le début de la guerre russo-finlandaise. Il s'agit d'aider la Finlande agressée par l'Union soviétique. Lorsque les franco-britanniques décident de mouiller des mines dans les eaux territoriales norvégiennes sans avoir obtenu l'autorisation du gouvernement d'Oslo, les Allemands interviennent au Danemark et en Norvège. Le but de l'opération franco-britannique était d'interrompre l'approvisionnement de minerai de fer suédois vers l'Allemagne. Au parlement, Reynaud proclame : « la route du fer est coupée ! ». Le 9 mai 1940, devant la tournure que prennent les événements, Paul Reynaud remet sa démission mais se rétracte devant l'insistance du président Lebrun et le début de l'offensive allemande aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg, le 10 mai.

Reynaud a signé avec la Grande-Bretagne une convention selon laquelle aucun des deux pays ne signerait de paix séparée avec l'Allemagne. Daladier s'était toujours opposé à une telle convention. Or Reynaud la signe sans faire préciser quelle serait la contribution britannique à la guerre, notamment au point de vue aviation. Cette convention qui engage la France n'est même pas discutée au sein du Conseil des ministres ou présentée au Parlement or elle engage la France au point de vue international. Cette convention pèsera beaucoup sur les relations franco-britanniques.

Après la percée de Sedan du 15 mai, qui voit les Panzerdivisionnen prendre à revers les armées franco-belgo-britanniques en Belgique, il prend connaissance avec stupeur, de la bouche du commandant en chef français Gamelin, qu'il n'y a pas de réserve pour contre-attaquer, et cela en présence de Winston Churchill stupéfait comme lui. Il reprend alors le portefeuille de la Guerre à Édouard Daladier et, le 18 mai, s'adjoint le maréchal Pétain comme vice-président, Georges Mandel, l'ancien chef de cabinet de Clemenceau, comme ministre de l'Intérieur, et le général de Gaulle, pour lequel il a une grande estime, comme sous-secrétaire d'État à la Guerre et à la Défense nationale, le 6 juin.

Entre-temps, le 28 mai, le président du Conseil Paul Reynaud, voulant ignorer les conséquences de la percée de Sedan, condamne, dans un discours radiophonique, la reddition de l'armée belge, accusant le roi des Belges Léopold III de n'avoir, soi-disant, pas prévenu les alliés. Il est vraisemblable que Reynaud n'était pas tenu au courant de l'évolution de la situation de l'armée belge. Déjà le 15 mai, il avait dû reconnaître, en présence du Premier ministre anglais Winston Churchill qu'il ignorait la situation dramatique de l'armée française qui n'avait plus de réserves. Ce qu'ignorait aussi Reynaud, en ce 28 mai, c'est que le roi avait envoyé des messages radios au général Blanchard[4], commandant en chef des armées françaises du nord, pour le prévenir de l'effondrement imminent de son armée qui venait de combattre pendant dix-huit jours dont la bataille d'arrêt de la Lys. Au terme des quatre jours de celle-ci, les Belges commençaient à manquer de munitions, tandis que l'armée anglaise de lord Gort abandonnait leur droite, découvrant leur flanc sud pour retraiter vers Dunkerque en vue d'y rembarquer. C'était un ordre du gouvernement de Londres dirigé par Winston Churchill. On peut citer une phrase, qui mérite d'être qualifiée d'historique, du commandant en chef Lord Gort, parlant à l'attaché militaire anglais en Belgique, l'amiral Sir Roger Keyes, pour lui dire "j'espère que les Belges ne nous prennent pas pour des salauds"[5]. En effet, rien n'était prévu pour sauver une partie de l'armée belge en l'embarquant avec les troupes anglaises. L'amiral français Abrial, commandant la place de Dunkerque, ne fut mis au courant de la décision de Londres que le 25 mai. Au départ, les Français n'ont pas l'ordre d'évacuer, celui-ci n'arrive que le 28 et se heurte à une certaine mauvaise grâce de Lord Gort et d'autres militaires britanniques[6]. Ce seront au total environ 340 000 soldats alliés qui seront transportés lors de l'évacuation de Dunkerque, dont 130 000 à 140 000 Français selon les sources[7],[8], notamment grâce à l'engagement personnel de Churchill. C'est devant la situation désespérée de l'armée belge abandonnée que le roi se résigna à faire signer la reddition par le sous-chef d'état-major belge, voulant montrer, par là, qu'il ne s'agissait que d'un acte limité au théâtre des opérations et sans portée politique. Mais Reynaud, sans connaissance des faits, condamne la reddition belge, suivi par les principaux membres du gouvernement belge réfugié à Paris, bien décidés à continuer la lutte avec les soldats belges (ce qui fut le cas, jusqu'en 1945, pour les aviateurs, les marins et les troupes coloniales, non impliqués dans la reddition, au contraire de ce qui allait se produire lors de l'armistice français qui ouvrait la porte à une entente avec l'Allemagne). Par la suite, les ministres belges Paul-Henri Spaak et Hubert Pierlot expliquèrent s'être rangés derrière Reynaud par déception que le roi ne se soit pas soustrait à la captivité pour continuer la lutte avec eux, mais aussi pour dédouaner la Belgique de l'accusation de trahison, et cela sous la menace, clairement exprimée par Paul Reynaud, de ne pouvoir empêcher la population française de prendre à partie les centaines de milliers de belges (on a avancé qu'ils étaient des millions) réfugiés en France en transférant sur eux la responsabilités des événements. Cette affaire fut à la base de ce que, en Belgique, on appellera la question royale qui divisa l'opinion publique jusqu'à l'abdication du roi en 1950 (après un référendum qui avait donné 54 % des voix en faveur de son maintien sur le trône).

Mais, à la suite du rembarquement de Dunkerque, l'armée française se trouva bientôt dans la même situation désespérée que l'avait été l'armée belge. C'est alors que l'affrontement entre les partisans de la continuation des combats, tels Reynaud, Mandel et de Gaulle, et les tenants d'un armistice groupés autour de Pétain et Weygand, tourne à l'avantage de ces derniers, tandis que, le 10 juin, en prévision de l'entrée des Allemands à Paris, les pouvoirs publics se réfugient à Tours puis à Bordeaux.

Conférence de Briare[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conférence de Briare.

Après l’évacuation de 340 000 franco-britanniques lors de la bataille de Dunkerque (31 mai – 3 juin 1940), la Wehrmacht lance une offensive le 5 juin contre une armée française considérablement affaiblie, car un important matériel a été perdu en Belgique et dans les Flandres. Le 10 juin, le Gouvernement français, réfugié plus au sud, abandonne la capitale, déclarée ville ouverte.

Winston Churchill et Anthony Eden arrivent à Briare (Loiret) pour conforter Paul Reynaud, le maréchal Pétain et le général Weygand, ces deux derniers partisans d’un armistice rapide pour éviter l’anéantissement. Churchill remarque immédiatement le seul membre du Gouvernement français à ne pas sombrer dans le pessimisme total, le général de Gaulle, tout récemment nommé sous-secrétaire d’État à la Guerre. Comme Churchill, celui-ci raisonne en termes planétaires et ne limite pas ce conflit, désormais mondial, à un simple enjeu franco-allemand.

D’emblée, le général Weygand demande l’intervention massive de la RAF, seule susceptible de changer le cours de la bataille. Devant le refus de Churchill qui a un besoin absolu de ces 25 escadrilles de chasse pour la défense du Royaume-Uni, l’alliance franco-britannique se brise. En effet, au nom de la parole donnée, Churchill exigeait de Paul Reynaud le maintien de la France dans la guerre, mais au nom de l’intérêt suprême du Royaume-Uni, refusait de mettre tous ses moyens militaires dans la bataille de France, comme il les avait déjà refusés lors de la campagne des 18 jours lors de la bataille de Belgique.

Armistice de 1940[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armistice du 22 juin 1940.

Paul Reynaud tente alors de persuader Weygand de faire capituler ce qui reste de l'armée en métropole et de transférer la Flotte et l'Aviation en Afrique du Nord pour continuer la guerre.

Weygand s'y oppose absolument au nom de « l'honneur de l'armée » et avance plusieurs arguments :

  • arguments militaires : il n'existe aucune installation industrielle quelconque en Afrique du Nord pour continuer la guerre et une capitulation entraînerait l'occupation de tout le territoire, la reddition de toutes les troupes et la saisie de toutes les armes, y compris de la flotte.
  • arguments politiques : c'est le Gouvernement qui a pris la décision de la guerre, c'est lui qui doit prendre la décision de l'arrêter ; de plus depuis le 25 mars, un accord avec l’Angleterre exclut toute paix séparée; comme argument supplémentaire, Weygand ajoute que tout le monde aura oublié Paul Reynaud dans les six mois à venir s'il quitte la France, à cause de l'instabilité ministérielle qui caractérise le régime. Paul Reynaud n'est pas soutenu par le Conseil des ministres et n'a pas voulu trancher dans le vif ce débat en révoquant Weygand.

La démission de Paul Reynaud et son remplacement par le maréchal Pétain, pour demander un armistice au Reich devint donc inévitable (16 – 17 juin), d'autant plus que comme Reynaud, le président de la République française Albert Lebrun et le président de la Chambre des députés Édouard Herriot pensent faire un coup politique en laissant Pétain faire la démonstration de l’impossibilité de négocier avec Hitler, puis revenir au pouvoir en fin de semaine[9].

Jean Monnet, depuis Londres où le général de Gaulle est en mission, imagine et propose à Reynaud le projet d'Union franco-britannique, qui fusionnerait les nations et institutions françaises et britanniques pour continuer la guerre.

Après l'échec le 16 juin 1940 de ce projet défendu par Winston Churchill et Charles de Gaulle, et face au ralliement progressif des membres de son gouvernement au souhait du maréchal Pétain de demander les conditions d'armistice, Paul Reynaud présente sa démission au président Lebrun qui l'accepte.

Le 28 juin 1940, il est victime d'un accident de voiture dans lequel sa maîtresse, la comtesse Hélène de Portes (1902-1940) trouve la mort. Ils projetaient de se marier. L'enquête a démontré la non-responsabilité de Paul Reynaud.

Le maréchal Pétain, nommé chef du gouvernement, propose à Reynaud le poste d'ambassadeur auprès des États-Unis que celui-ci refuse. Il se retire dans sa résidence du Plan, à Barcelonnette, mais est mis, dès le 22 juillet, sous surveillance de la gendarmerie. Pétain craignait qu'il quitte la France, voire rejoigne De Gaulle à Londres. Mais la zone étant démilitarisée, et Barcelonnette à 15 km seulement de la ligne de démarcation de la zone d'occupation italienne, la fuite aurait aisée pour Reynaud. Le dispositif de surveillance est rapidement renforcé : renforts de la Sûreté, barrages routiers, et Reynaud est arrêté de nuit, le 7 septembre, pour être emprisonné au château de Chazeron (Puy-de-Dôme)[10].

Il est ensuite transféré au fort du Portalet (Basses-Pyrénées), comme étant l'un des responsables de la défaite.

Après l'occupation de la zone libre en novembre 1942, il est pris par les Allemands et emprisonné au camp de Sachsenhausen. Le 11 mai 1943 il est transféré au château d'Itter dans le Tyrol où il retrouve Daladier, Gamelin et Jouhaux. En juillet, Christiane Mabire, collaboratrice et future femme de Reynaud, le rejoint à Itter. Les conditions de détention sont totalement différentes ; journaux et radio sont à disposition. Selon Reynaud « les maîtres se conduisent tout de même mieux que leurs valets de Vichy ». Il est libéré le par les troupes alliées.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Au sortir des années Vichy, Paul Reynaud doit, en dépit de sa déportation, faire face à l'hostilité que suscite la droite à l'époque pour faire confirmer son élection[11]. Par la suite, il siège de 1946 à 1962 à l'Assemblée nationale en tant que député du Nord. Il devient ministre de l'Économie nationale et des Finances en 1948. Au cours de la IVe république, il se joint au Centre national des indépendants et paysans puis le quitte au cours de la Guerre d'Algérie à cause de la veine nationaliste qui fait main basse sur les débats au sein du parti à l'époque[12].

Rallié aux conceptions institutionnelles de Charles de Gaulle en 1958, il préside le Comité consultatif constitutionnel. Il rompt avec le Général en 1962, et est battu par Jules Houcke (UNR) en novembre 1962, après s'être opposé à l'élection du président de la République au suffrage universel direct en étant le premier signataire de la motion de censure[13] du 4 octobre 1962 (référendum du 28 octobre 1962). Il soutient ensuite Jean Lecanuet puis François Mitterrand lors de l'élection présidentielle de 1965. Il meurt le 21 septembre 1966 à Neuilly-sur-Seine. Les obsèques nationales ne lui sont pas accordées.

Descendance[modifier | modifier le code]

Déjà père d'une fille de son premier mariage, Colette Reynaud (née le 4 avril 1914, décédée le 1er juillet 2010), Paul Reynaud a trois enfants de son second mariage avec Christiane Mabire (décédée en 2002) : Serge (né le 12 novembre 1945), Evelyne (née en 1949) et Alexandre (né en 1954)[14] qui prennent ensuite le patronyme « Paul-Reynaud ».

Décorations[modifier | modifier le code]

Œuvre écrite[modifier | modifier le code]

Paul Reynaud est l'auteur de différents essais, dont : Courage de la France (1939), Le problème militaire français (1945), La France a sauvé l'Europe (1947) ou encore Au cœur de la mêlée, La politique étrangère du gaullisme (1964) ainsi que de Mémoires (1960-1963).

L'héritage[modifier | modifier le code]

Selon Raymond Aron, Paul Reynaud fut « le plus intelligent de nos hommes politiques de l'entre-deux-guerres » au vu de ses différentes prises de position parfois novatrices et à contre-courant sur la crise des années 1930 en France et les conceptions du général de Gaulle dans le domaine de la stratégie. Homme de convictions, il n'hésita pas à se marginaliser, voire à mettre sa carrière en péril, à leur profit. Ainsi, en octobre 1962, il joua un rôle essentiel dans la motion de censure qui renversa le gouvernement Pompidou, puis présida le « Cartel des non » lors du référendum sur l'élection au suffrage universel du président de la République, ce qui lui valut sa défaite électorale.

Les papiers personnels de Paul Reynaud et de Yves Bouthillier [15] sont conservés aux Archives nationales sous la cote 74AP.[16]

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. cf - supra réf 5
  2. a et b Site du ministère des Finances, « Les Ministres des Finances de 1870 à nos jours, Paul Reynaud »
  3. Julian Jackson, La France sous l’Occupation, 1940-1944, Paris, Flammarion, 2004, (1re édition : 2001), (ISBN 978-2-0813-0809-1), p. 128.
  4. Le 18e jour, Colonel Remy, Ed. France Empire Paris 1977, pages 348-349, confirmation par le colonel Thierry du service d'écoute de l'armée française[réf. nécessaire].
  5. Outrageous Fortune, Ed. Martin Seker & Warburg, 2 vol., London 1984, Trad. Un Règne Brisé, 2 vol. Ed. Duculot, Paris-Bruxelles 1985, page 340, 15e ligne, vol. 1.
  6. La Seconde Guerre mondiale, Pierre Miquel, Fayard 1986, p. 128.
  7. La Seconde Guerre mondiale, page 129.
  8. Page opération dynamo de la mairie de Dunkerque
  9. Eric Roussel, 16 juin 1940 : Le naufrage, Gallimard,‎ 15 octobre 2009, 249 p. (ISBN 978-2-07-073494-8)
  10. « L'arrestation de Paul Reynaud », Conseil général, Alpes-de-Haute-Provence, octobre 2013, p. 18.
  11. René Rémond, Les droites en France, Aubier, p.  239
  12. René Rémond, Les droites en France, Aubier, p.  254
  13. assemblee-nationale.fr
  14. "Paul Reynaud dans la tragédie de l'histoire", de Raymond Krakovitch - Édition Tallandier, 1998 ISBN : 2-235-02201-4.
  15. Secrétaire général du ministère des Finances sous l'autorité de Paul Reynaud, puis ministre des Finances et du Commerce dans le cabinet Paul Reynaud.
  16. Archives nationales

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Finances de guerre, Flammarion, Paris, 1940.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thibault Tellier :
    • Paul Reynaud, 1878-1966. Un indépendant en politique, Paris, Fayard, coll. « Pour une histoire du XXe siècle », 2005, 887 p., (ISBN 2-213-62314-7).
    • « Paul Reynaud et la réforme de l'État en 1933-1934 », in Vingtième Siècle. Revue d'histoire,no 78, 2003, p. 59-73, [lire en ligne].
  • Jean-Pierre Guichard, Paul Reynaud. Un homme d'État dans la tourmente, septembre 1939-juin 1940, Paris, L'Harmattan, 2008, 466 p.
  • Benoît Yvert (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007, 916 p.
  • Evelyne Demey, Paul Reynaud, Mon Père, Annexe correspondance de Charles De Gaulle à Paul Reynaud, Paris, Plon, 1980.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les Trois glorieuses, Hachette, 1927, collection Récits d'autrefois.
  • La France a sauvé l'Europe, tome I (630 pp.) et tome II (620 pp.), Flammarion, 1947
  • Au cœur de la mêlée (1930-1945), Flammarion, 1951 (édition entièrement rénovée de La France a sauvé l'Europe)
  • S’unir ou périr, Flammarion, 1951

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Broche, Paul Reynaud, un indépendant politique, 1 h 00, France, 2003.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Chronologies[modifier | modifier le code]

Paul Reynaud
Fonctions
Parlementaire français
Député
1919 - 1924
1928 - 1940
1946-1962
Gouvernement IIIe République - IVe République - Ve République
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ADS (1928-1932)
CR (1932-1936)
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RI (1946-1955)
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