Robert Schuman

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Robert Schuman
Robert Schuman en 1949.
Robert Schuman en 1949.
Fonctions
113e président du Conseil des ministres français
(129e chef du gouvernement)
24 novembre 194719 juillet 1948
(7 mois et 25 jours)
Président Vincent Auriol
Gouvernement Schuman I
Législature Ire législature
Prédécesseur Paul Ramadier
Successeur André Marie
115e président du Conseil des ministres français
et Ministre des affaires étrangères
(131e chef du gouvernement)
5 septembre 194811 septembre 1948
(6 jours)
Président Vincent Auriol
Gouvernement Schuman II
Législature Ire législature
Prédécesseur André Marie
Successeur Henri Queuille
5e Président de l'Assemblée parlementaire européenne
19581960
Prédécesseur Hans Furler
Successeur Hans Furler
Parlementaire français
Député 1919-1940
puis 1945-1962
Gouvernement IIIe République
IVe République
Ve République
Groupe politique ERD (1919-1924)
URD (1924-1928)
Indépendants (1928-1932)
DP (1932-1940)
MRP (1945-1958)
RPCD (1958-1962)
Biographie
Nom de naissance Jean-Baptiste Nicolas Robert Schuman
Date de naissance 29 juin 1886
Lieu de naissance Luxembourg
Date de décès 4 septembre 1963 (à 77 ans)
Lieu de décès Scy-Chazelles (Moselle, France)
Nationalité allemande (jusqu'en 1918)
française (après 1918)
Parti politique MRP
Profession Avocat
Religion Église catholique romaine
Résidence Moselle
Présidents du Conseil des ministres français

Jean-Baptiste Nicolas Robert Schuman, né le 29 juin 1886 à Luxembourg et mort le 4 septembre 1963 à Scy-Chazelles (Moselle), est un homme d'État français. Plusieurs fois ministre, y compris des Affaires étrangères, puis président du Conseil des ministres à deux reprises, Schuman exerça par ailleurs les fonctions de président du Parlement européen.

Il est considéré comme l'un des pères fondateurs de la construction européenne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Le père de Robert Schuman, Jean-Pierre Schuman (1837-1900), est né français de langue luxembourgeoise[1] à Évrange, village lorrain à la frontière franco-luxembourgeoise. En 1871, après l'annexion d'une partie de la Lorraine par l'Allemagne, il devint allemand. La mère de Robert Schuman, Eugénie Duren (1864-1911), une luxembourgeoise née à Bettembourg, acquit la nationalité allemande lors de son mariage avec Jean-Pierre Schuman. Bien qu'il fût né à Clausen, un faubourg de la ville de Luxembourg (où sa maison natale existe toujours, à moins de 300 mètres du bâtiment du secrétariat général du Parlement européen qui porte son nom), Robert Schuman fut allemand de naissance[2].

Le jeune Robert Schuman fréquenta l'école primaire et secondaire (l'Athénée) dans la capitale du Grand-Duché, où il apprit notamment le français (sa première langue étant le luxembourgeois, sa deuxième l'allemand standard). Puisque le diplôme luxembourgeois n'était pas reconnu en Allemagne, il passa, en 1904, son Abitur (baccalauréat) au Lycée Impérial de Metz, alors ville allemande. Ayant fait ses études supérieures de droit en Allemagne à Bonn, Berlin, Munich et Strasbourg, il ouvre un cabinet d'avocat à Metz en juin 1912. Parallèlement à ses études il s'investit à la Conférence Olivaint dont il demeura un fidèle compagnon de route.

Durant la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1913, il préside le grand rassemblement laïc catholique, le Katholikentag, tenu à Metz.

Portrait de Robert Schuman, député de la Moselle (1929)

Un an plus tard, la Première Guerre mondiale éclate. Bien que réformé en 1908 pour raisons médicales, il est incorporé comme simple soldat en 1914 et affecté en 1915 à l'administration territoriale (Kreis) à Boulay (Moselle). En 1918, il devient membre du conseil municipal de Metz.

En novembre 1918, l'Alsace et la Lorraine redeviennent Françaises et Robert Schuman, devenu citoyen français, candidat de l'Union républicaine lorraine, entre en 1919 au Parlement comme député de la Moselle. Il le restera jusqu'en 1940.

Il est membre de la Commission de législation civile et criminelle de 1919 à 1929 et de 1939 à 1940, de la Commission d’Alsace-Lorraine de 1919 à 1940, secrétaire de cette commission de 1920 à 1927, vice-président de 1927 à 1929, président de 1929 à 1936. Lors des débats à l'Assemblée sur l'abolition du droit local en 1923, il milite pour le maintien du Concordat. À partir de 1936, il siège au Conseil général de la Moselle pour le canton de Cattenom.

Durant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1938, la crainte d'une nouvelle guerre « fratricide » lui fait accueillir positivement les Accords de Munich, mais la Seconde Guerre mondiale éclate en 1939. En mars 1940, Robert Schuman est nommé sous-secrétaire d'État pour les Réfugiés dans le gouvernement Reynaud. Après l'offensive allemande du 10 mai 1940, Robert Schuman estime dès le 12 juin qu'il « faut mettre bas les armes »[3]. Le 16 juin 1940, il est confirmé à son poste de sous-secrétaire d'État et fait ainsi partie du premier gouvernement Pétain. Le 10 juillet 1940, il vote pour les « pleins pouvoirs » au maréchal Pétain.

La Moselle est annexée de fait par le Reich nazi quelques jours plus tard, intégrée au Gau Westmark — dont le chef-lieu est Sarrebruck —, et Robert Schuman, réfugié sur ses terres lorraines, est arrêté par la Gestapo pour des actes de résistance et des protestations contre les méthodes naziesréférence. Il est alors mis au secret dans la prison de Metz, avant d'être transféré à Neustadt (actuelle Rhénanie-Palatinat) le 13 avril 1941, grâce à un allègement des conditions de détention obtenu par Heinrich Welsch.

Âgé de cinquante-six ans, il s'évade et réussit à rejoindre la zone libre dans la Vienne le 13 août 1942 en franchissant la ligne de démarcation à Vernon après avoir passé dix jours à l'abbaye de Ligugé[4]. Il passe également par la Trappe de Notre-Dame-des-Neiges, en Ardèche.

À l'issue de la guerre, il est frappé, en raison de son vote du 10 juillet 1940, d'une peine d'indignité nationale : il est ainsi privé de ses droits civiques, mais les récupère le 15 septembre 1945[5].

IVe République[modifier | modifier le code]

Sous la IVe République, il retrouve son siège de député de la Moselle de 1946 à 1962.

Il est président du Conseil des ministres (1947) (MRP), puis ministre des Affaires étrangères (1947-1952), il fut un des grands négociateurs de tous les traités majeurs de la fin de la Seconde Guerre mondiale (Conseil de l'Europe, pacte de l'Atlantique Nord, CECA, etc.).

Le temps de la construction européenne[modifier | modifier le code]

Son ami Jean Monnet lui fait part de l'urgente nécessité pour la France de se faire un allié de l'Allemagne et rédige un projet destiné à initier une fédération européenne. Robert Schuman concrétise l’initiative en proposant par sa déclaration du 9 mai 1950, de placer la production franco-allemande du charbon et d’acier sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d’Europe. Le plan Schuman entraîne la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) qui est à l'origine de l'actuelle Union européenne[6],[7].

C'est en ce 9 mai, que tous les ans le « Jour de l'Europe » commémore ce qui constitue, selon Jacques Delors, le geste le plus important de ces dernières décennies.

En 1953, chargé du dossier marocain (le Maroc, comme « protectorat », dépendait des Affaires étrangères), il tente de s'opposer à la déposition de Mohammed V, ce qui lui vaut d'être évincé du gouvernement.

Il est président du Mouvement européen de 1955 à 1961 et il est, de 1958 à 1960, le premier président du Parlement européen, lequel lui décerne, à la fin de son mandat, le titre de « Père de l'Europe ».

Fin de vie[modifier | modifier le code]

La maison où Robert Schuman vécut ses dernières années, à Scy-Chazelles.

Robert Schuman se retire de la politique en 1962, et retrouve sa maison de Scy-Chazelles ; il passe les derniers mois de sa vie à lire, à se promener, et s'intéresse particulièrement à l'actualité politique et européenne même s'il prend la décision de ne pas intervenir publiquement.

Schuman s'éteint à soixante-dix-sept ans le 4 septembre 1963 à son domicile de Scy-Chazelles près de Metz.

Robert Schuman
(timbre allemand de 1968).

Après des obsèques solennelles en la cathédrale Saint-Étienne de Metz, son corps est inhumé au cimetière communal de Scy-Chazelles. Le Préfet n'invita pas Jean Monnet au repas de commodité non officiel qui a suivi les obsèques de Robert Schuman. En signe de protestation, des personnalités centristes restèrent avec Monnet, manifestant une opposition au gouvernement qui n'était pas nouvelle puisque la moitié des parlementaires s'était abstenue de voter pour le gouvernement de Pompidou en 1962 et qu'ensuite cinq ministres MRP démissionnèrent de ce gouvernement.

Postérité[modifier | modifier le code]

En 1966, sa dépouille est transférée dans la petite église fortifiée Saint-Quentin, en face de sa maison devenue la Maison de Robert Schuman, qui appartient aujourd'hui au Conseil général de la Moselle.

Le Parlement européen décerne à sa mémoire un Prix Robert Schuman pour l'Europe, l'Université de Bonn, où il a été étudiant en droit, décerne à sa mémoire une médaille et un Prix Robert Schuman, la Fondation Robert-Schuman à Bruxelles décerne un prix à son nom et organise des colloques européens et internationaux, la Fondation Alfred Toepfer décerne aussi chaque année un Prix Robert Schuman pour l'Unité Européenne, les villes de Luxembourg, Trèves, Metz et Sarrebruck ont instauré en 1991 le plus important prix d'art de la Grande Région, le Prix d'art Robert Schuman.

Procès en béatification[modifier | modifier le code]

Un procès en béatification de Robert Schuman a été ouvert par l'Église catholique : Mgr Pierre Raffin, évêque de Metz, a autorisé l'ouverture du procès en 1991. En 2004, le procès diocésain a été clôturé[8]. Les documents ont été envoyés au Vatican où la Commission pour la Cause des Saints est en train d'étudier le dossier, mais celui-ci est toujours en attente d'un miracle dûment reconnu et authentifié, élément nécessaire.

Néanmoins, l'ouverture d'un procès en béatification lui permet de bénéficier du titre de Serviteur de Dieu.

Controverse[modifier | modifier le code]

Le 19 septembre 2000, le journal britannique The Daily Telegraph, par la plume d'Ambrose Evans-Pritchard (en), soutient que des archives dé-classifiées de l'administration américaine pour les années 1950 et 1960 montreraient que Paul-Henri Spaak, Robert Schuman et d'autres personnalités importantes dans les origines de la construction européenne étaient « employés » par les services américains[9]. Le journaliste explique que la communauté des services secrets a camouflé son action et a fait transiter des fonds par le biais des fondations Rockefeller et Ford, ce qui est également, concernant la fondation Ford, la thèse présentée par la revue Historia en 2003[10].

Extrait : « The leaders of the European Movement – Retinger, the visionary Robert Schuman and the former Belgian Prime minister Paul-Henri Spaak – were all treated as hired hands by their American sponsors. The US role was handled as a covert operation. ACUE’s [[[American Committee on United Europe|American Committee on United Europe]] (en)] funding came from the Ford and Rockefeller foundations as well as business groups with close ties to the US government »[9].

La fiabilité des sources de cet article est contestée par le journaliste Thierry Labro[11].

Mandat politique[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

  • Ministre de la Justice, garde des Sceaux du 23 février 1955 au 24 janvier 1956 :

Civisme[modifier | modifier le code]

L'écrivain Jacques de Bourbon Busset, qui fut son directeur de cabinet, mentionne dans son œuvre que Robert Schuman se rendait chaque matin à son ministère en autobus, en saluant ce bel exemple de civisme.

Fonctions politiques[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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