Jacques Claude Beugnot

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Beugnot en 1820.

Jacques Claude, comte Beugnot (né à Bar-sur-Aube, dans l'Aube le - mort à Bagneux le ) est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Révolution française[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution, il était lieutenant-général du présidial de Bar-sur-Aube. En 1790, il devint procureur-général syndic du tout nouveau département de l'Aube, et fut élu par ce département à l'Assemblée législative, le 8 septembre 1791, le septième sur neuf, par 223 voix sur 350 votants. Il y siégea parmi les constitutionnels et fréquenta Danton. Le 25 novembre, il s'opposa à Albitte sur les mesures à prendre contre les prêtres réfractaires : « Si vous croyez qu'il soit indispensable d'établir, par une loi, l'ouverture des églises, je vous demande si vous ne reconnaîtrez pas aussi qu'il est indispensable d'établir, par une loi, la manière de s'y réunir ». Le 13 janvier 1792, il soutint le ministre Antoine François Bertrand de Molleville, contre le comité de la marine qui demandait un décret d'accusation ; le 20 janvier, il provoqua une demande d'explication à l'empereur sur le traité de Pillnitz ; le 16 avril, il s'opposa au projet de Condorcet tendant à l'élection des agents de la trésorerie par le peuple et le 3 mai il proposa un décret d'accusation contre les journalistes incendiaires, qui amena l'arrestation de Marat et de l'abbé Royou, ce qui lui valut la haine des Jacobins.
Après le 10 août 1792, il ne reparut plus à l'assemblée, fut arrêté et emprisonné à La Force en 1793 d'où il ne sortit qu'après le 9 thermidor.

Premier Empire[modifier | modifier le code]

Il entra en relation avec la famille Bonaparte et, après le coup d'État du 18 brumaire, devint conseiller de Lucien Bonaparte, alors ministre de l'intérieur, et il eut notamment comme mission de désigner les nouveaux préfets. Le 11 ventôse an VIII il s'adjugea la préfecture de Rouen, qu'il conserva jusqu'au 11 mars 1806. Le 25 prairial an XII, il avait été nommé membre de la Légion d'honneur.

En 1807, il fut chargé de l'organisation du nouveau royaume de Westphalie et fut nommé ministre des finances de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie. En 1808, il devint administrateur du grand-duché de Berg, chevalier de l'Empire, le 6 juin, officier de la Légion d'honneur, le 3 décembre 1809 et comte de l'Empire, le 24 février 1810.

Restauration française[modifier | modifier le code]

De retour en France, en 1813, il devint préfet à Lille et, en 1814, ministre de l'intérieur du gouvernement provisoire. À la demande de Talleyrand, il rédigea une longue allocution à l'occasion de l'entrée à Paris du comte d'Artois ; Talleyrand n'en retint que la phrase : « Il n'y a rien de changé en France, il n'y a qu'un Français de plus », ce qui lui valut les plus vives protestations du comte d'Artois.

Une ordonnance du 7 juin 1814, de Louis XVIII, nomma Beugnot directeur général de la police. Il rétablit les processions et le repos obligatoire du dimanche. Il devint ministre de la marine alors que Napoléon Bonaparte rentrait de l'île d'Elbe. Beugnot accompagna le roi à Gand et, à son retour, reçut, le 9 juillet 1815, la direction générale des postes, qui lui fut bientôt retirée, sans doute à cause de son manque de soutien aux ultra-royalistes, pour une fonction plutôt honorifique de ministre d'État.

Le 4 octobre 1816, il fut élu député de la Seine-Inférieure et siégea avec les libéraux, alors appelés « doctrinaires », petit parti qui, selon ses dires « tiendrait tout entier sur mon canapé ». Le 24 avril 1817, il est fait Grand officier de la Légion d'honneur et, le 16 juin, il devint directeur général de la caisse d'amortissement.

Le 11 septembre 1819, il fut réélu député et se rapprocha du ministère Decazes. Il contribua au rejet de la proposition de Barthélemy, qui avait pour but de restreindre les droits électoraux et défendit la liberté de la presse, qu'il combattit un peu plus tard.

En 1820, il donna sa démission de député et se retira de la vie publique. Il a laissé des Mémoires. Entre autres, il y prétend avoir fourni le texte de la déclaration adressée par le roi au peuple français avant son retour en France - mais il est connu à présent que c'est un autre texte qui fut adopté.

En 1830, il fut fait Pair de France par Charles X, confirmé par Louis-Philippe après la Révolution de Juillet.

Il prétendait que son père et l'abbé de Langres avaient tiré la comtesse de La Motte de la misère.

Les papiers personnels de Jacques Claude Beugnot sont conservés aux Archives nationales sous la cote 40AP [1]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Orn ext chevalier de l'Empire CLH.svg
Blason à dessiner.svg
Armes du chevalier Beugnot et de l'Empire (lettres patentes du ).

Tiercé en fasce: d'argent à un chevron d'azur accompagné de trois raisins de gueules; de gueules au signe des chevaliers légionnaires, et d'un échiqueté d'or et d'azur.[3]

Orn ext comte de l'Empire ComLH.svg
Blason à dessiner.svg
Armes du comte Beugnot et de l'Empire (lettres patentes du ).

Coupé ; le premier parti à dextre du quartier des comtes conseillers d'État, et de gueules au signe des chevaliers ; le deuxième d'argent au chevron d'or accompagné de trois grappes de raisin de gueules.[3]

Orn ext Comte (baron-pair) GCLH.svg
Blason à dessiner.svg
Armes du comte Beugnot, pair de France (baron-pair héréditaire le , lettres patentes du )[4],

Écartelé aux 1 et 4 d'argent au chevron d'or accompagné de trois grappes de raisins de sinople au 2 d'azur à un livre ouvert d'argent au 3 d'azur à une ancre d'argent.[3]

ou

D'azur, au chevron de gueules accompagné de trois grappes de raisin de sable, feuillées de sinople, au chef d’azur chargé d’un rouleau d’argent.[4]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Précédé par Jacques Claude Beugnot Suivi par
Jean-Pierre Bachasson, comte de Montalivet
Ministre français de l'Intérieur
François-Xavier de Montesquiou-Fézensac
Pierre-Victor Malouet
Meuble héraldique Ancre 02.svg Ministre de la Marine Meuble héraldique Ancre 02.svg
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Denis Decrès