Paul Hymans

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Paul Hymans en 1919.

Paul Louis Adrien Henri Hymans, né à Ixelles (Bruxelles) le et mort à Nice (Alpes-Maritimes) le , est un avocat et homme politique belge, ami de Paul Janson. Il prête serment d'avocat en 1885 à l'âge de vingt ans. Il entre en stage chez Jules van Dievoet, avocat à la Cour de Cassation et gendre de Jules Anspach, ancien bourgmestre de Bruxelles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul Hymans fit ses études de droit à l'Université libre de Bruxelles. Nommé bibliothécaire adjoint du Parlement, il continua sa formation. Il continua l'œuvre de son père, Louis Hymans, en publiant des ouvrages d'histoire. Il enseigna à l'École des sciences politiques et sociales. Il fut également correspondant politique du journal La Meuse et chroniqueur judiciaire à l'Indépendance Belge, ainsi que rédacteur de la Liberté. Léopold II lui demanda de collaborer à l'introduction du référendum dans les institutions belges.

Carrière politique et Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il est élu par la suite député de Bruxelles. Il œuvra pour le redressement libéral et la réunification du parti, qui intervint après les élections de 1900 en raison de l'introduction du mode de scrutin proportionnel. Le parti libéral passe de onze à trente-quatre sièges[1]. Il participa aux questions coloniales, électorales, militaires et scolaires. Dans la question coloniale, il fut un des premiers à proposer la reprise de l'État indépendant du Congo par la Belgique. Dès 1911, Hymans prôna le suffrage universel pur et simple. Dans la question scolaire, il défendait la doctrine libérale. La Première Guerre mondiale fit de lui un diplomate. En 1915, il est nommé Ministre plénipotentiaire à Londres où il négocia la Déclaration de Sainte-Adresse qui associait la Belgique à la France, la Grande-Bretagne et la Russie pour des négociations de paix et pour lui permettre d'être largement indemnisée des dommages de guerre. Cette déclaration permet également à la Belgique d'être aidée par les trois pays pour se relever économiquement. En 1916, il rejoint le gouvernement en exil comme ministre des Affaires Économiques puis comme ministre des Affaires Étrangères.

À la Conférence de la paix, soutenu par Vandervelde et Van den Heuvel, Hymans obtint une priorité de réparation de deux milliards et demi de francs belges. Il permet aussi la fin de la neutralité de la Belgique. Albert Ier, opposé à une trop grande humiliation de l'Allemagne, intervint en personne à la conférence, à la demande de Paul Hymans, et réclame des indemnités de guerre et la révision du traité des XXIV articles concernant le statut de l'Escaut. Hymans permit aussi de récupérer Eupen-Malmédy. Enfin, avec l'aide de son bras droit, le ministre plénipotentiaire Pierre Orts, il obtint l'administration du Ruanda-Urundi (Accords Orts-Milner, 1919). En ce qui concerne l'occupation de la Ruhr, il prit la responsabilité de suivre la France.

Entre-deux-guerre diplomatique et Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il contribua à la formation de la Société des Nations, dont il fut le deuxième président en 1920. Il prépara aussi les Accords de Locarno. Avec Herman Adriaan van Karnebeek, il élabora un traité hollando-belge portant révision des Traités de 1839. Ce traité ne fut cependant pas ratifié par les États Généraux des Pays-Bas. Avec Briand, il permit d'assouplir l'accord militaire franco-belge en l'intégrant dans les Accords de Locarno. En 1929, il plaida le désarmement économique. Il négocia notamment la Convention d'Oslo et la Convention d'Ouchy. Il visait une réconciliation européenne et la création d'un marché commun. La répudiation du Pacte Rhénan le détruisit la coopération internationale dont il avait été l'un des artisans.

Il deviendra de 1935 à 1936 ministre sans portefeuille. Il quitta le gouvernement par après, tout en restant ministre d'État. Lorsque la guerre éclata, alors vice-président de l'ULB, il accompagna le gouvernement Pierlot - Spaak en exil vers la France où il décéda à Nice.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pascal Delwit, La vie politique en Belgique de 1830 à nos jours, Bruxelles, Editions de l'Université de Bruxelles, 2010, pp. 74-75.

Décorations[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Mémoires, publiés par Frans van Kalken et John Bartier, 2 tomes, 1079 pp., Institut de Sociologie Solvay (ULB), Bruxelles, 1958 (publication posthume).
  • Paul Hymans, Frère Orban, tome I : 1812-1857, 570 pp.; tome II : La Belgique et le Second Empire, 370 pp., Ed. Lebègue & Cie, Bruxelles, 1905 et 1910.
  • Paul Hymans, Portraits, Essais et Discours, 639 pp., Ed. Henri Lamertin, Bruxelles, 1914.
  • Paul Hymans, Pages Libérales, p. 513-518, Les Éditions du Flambeau, Bruxelles, 1936.
  • Paul Hymans, Fragments d'Histoire - Impressions et souvenirs, Préface de Jules Bordet, 195 pp., Éditions de la Connaissance, Bruxelles, 1939.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Fenaux, Paul Hymans - Un homme, un temps - 1865-1941, préface de Maurice Bourquin, Bruxelles, Ed. Office de Publicité S. C., 1945, 507 pp.
  • Robert Fenaux, « Hymans Paul », dans : Biographie Nationale de Belgique, t. XXIX, Bruxelles, 1956-1957, col. 712-718.
  • Catherine Leclercq, Jacques de Lalaing. Artiste et homme du monde (1858-1917). Avec de larges extraits de son journal, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2006, p. 82, 85-86, 166, 168.

Lien externe[modifier | modifier le code]