Jean-Yves Le Drian
Jean-Yves Le Drian est un homme politique français, né le 30 juin 1947 à Lorient (Morbihan). Membre du Parti socialiste, il a notamment été maire de Lorient de 1981 à 1998 et président du conseil régional de Bretagne de 2004 à 2012. En septembre 2010, il est devenu président de la Conférence des régions périphériques maritimes d'Europe. Ayant déjà été, sous François Mitterrand entre 1991 et 1992, secrétaire d'État à la Mer dans le gouvernement d'Édith Cresson, il est nommé le 16 mai 2012 ministre de la Défense dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.
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Biographie[modifier]
Enfance et jeunesse[modifier]
Jean-Yves Le Drian est issu d’une famille ouvrière de Lorient ; son père Jean et sa mère Louisette se sont connus alors qu’ils militaient à la JOC et ils se sont ensuite engagés dans des mouvements syndicaux et familiaux, notamment la Confédération syndicale des familles dont Jean fut président national[1]. Ses bons résultats scolaires lui permettent d’intégrer le collège Sainte-Anne[réf. nécessaire], puis le lycée Saint-Louis où il est un des rares fils d’ouvriers. Il milite au sein de la Jeunesse étudiante chrétienne, dont il devient premier secrétaire dans le Morbihan alors qu’il est en terminale. Lors du congrès national de Dijon, il fait la rencontre d’Henri Nallet, leader national de la JEC et futur ministre socialiste[1]. Après son baccalauréat, il passe un an en hypokhâgne à Quimper, puis arrive à Rennes où il s’inscrit en faculté d’histoire en 1966.
Il accomplit son service militaire au 512e régiment du train de Saint-Lô (Manche).
Étudiant, il passe les deux étés 1966 et 1967 en Algérie, pour donner des cours de rattrapage à des élèves, de Petite Kabylie puis de la banlieue d’Alger[2].
Il milite alors à l’UNEF de Rennes. En mai 68, il est à la fois responsable local de l’UNEF et leader national de la JEC ; il prend une part active aux manifestations à Rennes. Il est reçu à l'agrégation d'histoire en 1971 et est nommé maître assistant à l’université de Rennes 2.
Engagement politique[modifier]
Entrée en politique[modifier]
Il a été militant au PSU[réf. nécessaire]. Après avoir écouté un discours de François Mitterrand à Rennes en mai 1974 en compagnie de son collègue Jean-Michel Gaillard, il décide d’adhérer au Parti socialiste et milite au sein de la section de Lorient[3].
Il commence sa carrière politique à l'occasion des élections municipales de 1977 en se faisant élire sur la liste du maire socialiste de Lorient, Jean Lagarde, dont il devient adjoint chargé de l’action économique. Il est élu maire de la ville le 4 juillet 1981, à la suite de la démission de ce dernier qui s’était engagé à se retirer à 70 ans[3]. Il occupe cette fonction pendant 17 ans jusqu'en 1998, date de sa démission pour cause de cumul de mandats après son élection au conseil régional de Bretagne. Il est alors remplacé par Norbert Métairie, son ancien adjoint, mais reste membre du conseil municipal. Il est réélu sur la liste de Norbert Métairie lors des élections municipales de 2001. Il démissionne cependant de ce mandat municipal au lendemain des élections régionales de 2004 pour se consacrer pleinement à son nouveau mandat de président de Région.
Député du Morbihan[modifier]
Le 3 avril 1978, il fait son entrée à l'âge de 30 ans à l'Assemblée nationale en étant élu député de la cinquième circonscription du Morbihan[4]. Il assure ainsi la succession du député sortant Yves Allainmat, l'ancien maire socialiste de Lorient, qui se présentait en tant que suppléant[3]. Il parvient à conserver son siège pendant 13 ans, jusqu'à son entrée au gouvernement d'Édith Cresson le 18 mai 1991 comme secrétaire d'État à la mer, auprès du ministre de l'équipement, du logement, des transports et de l'espace, Paul Quilès. Sa carrière ministérielle est cependant de courte durée puisqu'il ne retrouve pas son poste après la nomination à l'Hôtel Matignon de Pierre Bérégovoy le 2 avril 1992. Son successeur est un autre élu breton, le costarmoricain Charles Josselin.
En octobre 1980, il prend la défense de militants bretons du Front de Libération de la Bretagne lors d'un procès devant la Cour de sûreté de l'État. Les indépendantistes avaient été accusés d'avoir perpétré l'attentat du 6 mars 1979 contre l'immeuble des renseignements généraux de Saint-Brieuc. Jean-Yves le Drian fut alors entendu lors du procès, où il dénonça le retard économique de la Bretagne et compara la France à l'Espagne franquiste[5].
Lors des élections législatives de 1993, il cède à la « vague bleue » et ne parvient pas à récupérer son mandat de député, cédé à son suppléant Pierre Victoria pendant deux ans. Il est battu le 28 mars 1993 par le candidat UDF Michel Godard.
Il récupère finalement son siège de député à l'occasion des élections législatives de 1997. Il bat alors nettement la candidate RPR Catherine Giquel en obtenant 56,79 % des voix au second tour. Il est réélu député le 16 juin 2002 pour un sixième mandat en battant de justesse le candidat UDF Fabrice Loher avec 50,39 % des voix au second tour. Au cours de la XIIe législature (2002-2007), il fait partie du groupe socialiste et est membre de la commission de la défense et du groupe d'études sur le problème du Tibet de Assemblée nationale[6]. Il décide de ne pas se représenter pour les législatives de 2007 et soutient la candidature de sa chargée de mission à la région, Françoise Olivier-Coupeau.
Président du conseil régional de Bretagne[modifier]
En 1998, il est élu au conseil régional de Bretagne sur la liste socialiste du Morbihan mais il devra se contenter de mener l'opposition au nouveau président Josselin de Rohan (RPR). Touché par le cumul des mandats, il choisit d’abandonner son mandat municipal pour conserver un rôle de chef de l’opposition régionale. Dans le portrait que fait de lui le journaliste Michel Rouger en 2007, il confie : « Il était important d’exercer sans arrêt un contre-poids à l’action de Rohan et de me faire connaître au niveau breton. […] On a entrepris surtout un travail de longue haleine pour préparer un projet et gagner en 2004. »[7]. En effet, le 28 mars 2004 il mène à la victoire la liste « Bretagne à gauche, Bretagne pour tous » (PS - PCF - PRG + Les Verts - UDB), qui obtient 58,66 % des suffrages exprimés et 58 sièges. Cette nette victoire concrétise le progressif basculement à gauche de la Bretagne[Note 1]. Le 2 avril suivant, il devient ainsi le premier président socialiste du conseil régional de Bretagne. Il est également délégué national chargé de la défense auprès du premier secrétaire du PS.
Après les législatives de juin 2007, il affirme avoir reçu un appel téléphonique du président de la République Nicolas Sarkozy lui proposant d'entrer dans le gouvernement Fillon 2, ce qu'il refuse[8],[9].
En octobre 2009, candidat à sa propre succession, Jean-Yves Le Drian est choisi par le Parti socialiste pour mener la campagne en vue des élections régionales de mars 2010. À l'issue du premier tour le 14 mars 2010, la liste qu’il mène obtient 37,2 % des voix, le plaçant loin devant la liste de l’UMP de Bernadette Malgorn (23,7 % des voix) et devant la liste Europe Écologie - UDB de Guy Hascoët (12,2 % des voix)[10]. Sa liste l’emporte au second tour en obtenant 50,27 % des voix et 52 sièges, contre 32,36 % à la liste UMP (20 sièges) et 17,37 % à la liste Europe-Écologie (11 sièges)[11]. Le 26 mars 2010, il est réélu président du conseil régional en obtenant 52 voix ; les élus UMP, Europe-Écologie et UDB s’étant abstenus[12].
Engagement auprès de François Hollande[modifier]
Lors de la primaire PS pour la présidentielle de 2007, il avait soutenu la candidature de Ségolène Royal.
Lors des primaires citoyennes de 2011 en vue de la présidentielle de mai 2012, il soutient François Hollande, un ami de longue date. Chargé des questions de défense du candidat, il dirige un groupe d'experts réunissant des hauts-fonctionnaires, des cadres de l'industrie de l'armement et des membres des cabinets des précédents ministres socialistes de la Défense. Il établit, durant la campagne, des contacts avec les administrations étrangères, se rendant notamment à Washington au début du mois de mars 2012[13]. Il prépare également le discours sur la Défense prononcé par le candidat le 11 mars 2012[14].
Ministre de la Défense[modifier]
Après la victoire du candidat socialiste, il est nommé ministre de la Défense dans son gouvernement. Durant son ministère, il a notamment à gérer le retrait des troupes françaises d'Afghanistan, annoncé par le candidat Hollande lors de sa campagne, ainsi que l'intervention militaire française au Mali, la rédaction d'un nouveau Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale rendu public le 29 avril 2013 et la préparation de la nouvelle loi de programmation militaire (LPM) pour la période 2014-2019.
Autres engagements[modifier]
Selon plusieurs médias, Jean-Yves Le Drian serait initié à la franc-maçonnerie[15],[16].
Famille[modifier]
Il a pour sœurs Thérèse Thiéry, conseillère générale et maire de Lanester, et Marie Le Drian, écrivain.
En secondes noces, Jean-Yves Le Drian a épousé Maria Vadillo, élue rennaise et conseillère régionale de Bretagne.
Mandats[modifier]
- Député
- 03/04/1978 - 22/05/1981 : député de la cinquième circonscription du Morbihan
- 02/07/1981 - 01/04/1986 : député de la cinquième circonscription du Morbihan
- 02/04/1986 - 14/05/1988 : député du Morbihan
- 13/06/1988 - 17/06/1991 : député de la cinquième circonscription du Morbihan
- 01/06/1997 - 18/06/2002 : député de la cinquième circonscription du Morbihan
- 19/06/2002 - 19/06/2007 : député de la cinquième circonscription du Morbihan
- Conseiller régional
- 16/03/1998 - 28/03/2004 : membre du conseil régional de Bretagne
- 28/03/2004 - 26/03/2010 : président du conseil régional de Bretagne
- 26/03/2010 - 29/06/2012 : président du conseil régional de Bretagne
- Depuis le 29/06/2012 : membre du conseil régional de Bretagne
- Conseiller municipal / Maire
- 14/03/1977 - 03/07/1981 : adjoint au maire de Lorient (58 300 hab[17].), Morbihan
- 04/07/1981 - 13/03/1983 : maire de Lorient
- 14/03/1983 - 12/03/1989 : maire de Lorient
- 20/03/1989 - 18/06/1995 : maire de Lorient
- 19/06/1995 - 30/03/1998 : maire de Lorient
- 31/03/1998 - 18/03/2001 : membre du conseil municipal de Lorient
- 19/03/2001 - 30/04/2004 : membre du conseil municipal de Lorient
- 1990-2000 : Président du District du pays de Lorient
- 2000-2004 : Président de la Communauté d'agglomération du pays de Lorient
Fonctions ministérielles[modifier]
Notes et références[modifier]
Notes[modifier]
- Ce même jour, les conseils généraux de l'Ille-et-Vilaine et de la Loire-Atlantique basculent également à gauche, à la suite du Conseil général des Côtes-d'Armor en 1976 et de celui du Finistère en 1998
Références[modifier]
- Michel Rouger (ill. Nono), Têtes de Bretons… : Portraits de 12 leaders politiques bretons, Nantes, Éditions du temps, 2007, 192 p. (ISBN 978-2-84274-415-1), p. 42
- Paris Match, no 3325, 7 février 2013, p. 95.
- Rouger 2007, p. 46
- En 1978, le putsch de Jean-Yves Le Drian à Lorient, Le Figaro, 17 août 2012.
- Lionel Henry et Annick Lagadec, FLB-ARB : l'histoire, 1966-2005, Yoran Embanner, 2006, p. 261 & p. 351
- Groupe d'études sur le problème du Tibet
- Rouger 2007, p. 51
- http://fr.news.yahoo.com/photos/070620113926.klntg3yg-photo-jean-yves-le-drian---paris--le-07-avril-2004.html
- Régis Le Sommier, « Le Drian cherche la porte de sortie », in Paris Match, du 26 juillet au 1er août 2012, no 3297, page 58.
- Résultats officiels des élections régionales sur le site du ministère de l’Intérieur.
- Source : France 3
- Session d'installation du Conseil régional du 26 mars 2010 sur le site du Conseil régional.
- Les Américains découvrent tardivement le "socialiste" Hollande sur lemonde.fr du 12 mars 2012
- « Jean-Yves Le Drian, programmé pour la Défense », Le Point, 11 mars 2012
- Le nouveau pouvoir des francs-maçons, Vincent Nouzille, Le Figaro.fr, 7 décembre 2012
- Le vrai pouvoir des francs-maçons, Ottenheimer Ghislaine, L'Express.fr, 2 avril 1998
- Estimation 2005, source : INSEE
Voir aussi[modifier]
Articles connexes[modifier]
- Liste des députés du Morbihan
- Députés de la douzième législature par circonscription
- Députés de la XIIe législature
- Liste des maires de Lorient
- Élection régionale de 2010 en Bretagne
Liens externes[modifier]
- Fiche et action du ministre sur gouvernement.fr
- Notice biographique sur le site du Conseil régional
- Interview de Jean-Yves Le Drian dans la brochure « 1905 - 2005, les socialistes à la conquête du Morbihan » sur le site de la fédération morbihannaise du Parti socialiste
Sources[modifier]
- Fiche d'identité sur le site de l'Assemblée nationale
- Le Monde des 12 et 19 juin 2007
- Ministre français de la Défense
- Personnalité du Parti socialiste (France)
- Président de conseil régional
- Conseiller régional de Bretagne
- Ancien député du Morbihan (cinquième République)
- Ancien maire du Morbihan
- Ancien ministre de la Cinquième République
- Maire de Lorient
- Personnalité bretonne du XXIe siècle
- Personnalité bretonne du XXe siècle
- Député de la VIIe législature de la Ve République
- Député de la VIIIe législature de la Ve République
- Député de la IXe législature de la Ve République
- Député de la XIe législature de la Ve République
- Député de la XIIe législature de la Ve République
- Enseignant à l'université Rennes 2 Haute Bretagne
- Étudiant de l'université de Rennes
- Naissance en 1947
- Naissance à Lorient