Jules Hoffmann

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Jules Hoffmann

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Jules A. Hoffmann
lors d'une conférence de presse à Stockholm (6 décembre 2011)

Naissance 2 août 1941 (73 ans)
Echternach (Drapeau du Luxembourg Luxembourg)
Nationalité Drapeau : France Française
Champs Biologie
Institutions Académie française
Académie des sciences
Université de Strasbourg
Diplôme Université de Strasbourg
Renommé pour Travaux sur les défenses immunitaires des insectes
Distinctions Officier de la Légion d'honneur,
Médaille d'or du CNRS (2011),
Prix Nobel de physiologie ou médecine (2011)

Jules Hoffmann, né le 2 août 1941 à Echternach au Grand-Duché de Luxembourg, est un biologiste français d'origine luxembourgeoise[1]. Il est membre de l'Académie des sciences depuis 1992, et en fut le président en 2007-2008, et de l'Académie française depuis 2012.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jules Alphonse Nicolas Hoffmann est né en pleine guerre et grandit avec son frère Jean-Paul dans la petite ville d’Echternach. Son père est issu d’une famille de modestes fermiers de la campagne luxembourgeoise, sa mère est une fille de boucher d’Echternach[2].

C’est avec son père lui-même entomologiste et professeur de sciences naturelles dans un lycée que Jules Hoffmann découvre l’univers des insectes[3]. Il fait des études à l'université de Strasbourg où il obtient une thèse de biologie expérimentale et effectue des recherches dans le laboratoire de l’Institut de zoologie auprès de Pierre Joly qui dirige un groupe de recherche sur la régulation endocrine du développement et de la reproduction des criquets migrateurs et qui encadrera sa thèse de science. Il rencontre durant cette période sa future femme, Danièle Hirtzel, alors technicienne du laboratoire[4].

En 1970, Jules Hoffmann prend la nationalité française[5]. Après un stage postdoctoral en Allemagne entre 1972 et 1974, auprès de Peter Karlson (de)[6], qui vient tout juste de décrire la structure de l’ecdysonehormone stéroïde chez les insectes —, il succède en 1978 à Pierre Joly à la tête du laboratoire de « Biologie humorale des insectes ». Il travaille alors à l’université de Strasbourg, d’abord dans l’Institut de zoologie, puis à l’Institut de biologie moléculaire et cellulaire, qu’il dirige entre 1992 et 2005 et où il se consacre à l'étude des mécanismes de l’immunité innée et l’expression des gènes de la réponse immédiate chez la mouche du vinaigre, le récepteur Toll[4]. Il précise les mécanismes moléculaires de cette immunité innée dans un article princeps paru dans la revue Science en 1999[7].

En 1993, Jules Hoffmann organise à Versailles, avec Charles Janeway (en) de l’université Yale, Alan Ezekowitz de l'université Harvard, Shunji Natori de l'université de Tokyo et Fotis Katafos, directeur du laboratoire de biologie moléculaire de l'université d'Heidelberg, le premier congrès consacré à l’immunité innée[4].

Directeur de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique, Jules Hoffmann a des relations privilégiées avec les Académies des sciences étrangères, des places d’honneur dans les congrès et a reçu 14 prix scientifiques : il est notamment lauréat de la médaille d'or du CNRS 2011. La même année, il reçoit le prix Nobel de physiologie et de médecine, avec Bruce Beutler et Ralph Steinman, pour ses travaux sur l’immunité innée[4]. Il est également membre depuis 2011 du conseil d'orientation de la fondation Écologie d'avenir[8], conseil présidé par Claude Allègre.

Le 5 janvier 2012, l’Académie française officialise sa candidature au fauteuil no 7, vacant depuis la mort de Jacqueline de Romilly[9]. Il est élu lors de la séance du jeudi 1er mars 2012 avec 17 voix sur 23[10]. Succédant à Jacqueline de Romilly, il est reçu sous la coupole par Yves Pouliquen le 30 mai 2013[11].

Jules Hoffmann est passionné par la lecture, la randonnée et le chant grégorien, réalisant à cette occasion[Laquelle ?] un pèlerinage rituel avec sa femme et ses enfants Marc et Isabelle, à l’abbaye de Hohenbourg sur le mont Sainte-Odile[4].

Apports scientifiques[modifier | modifier le code]

En 1959, à 18 ans, Jules Hoffmann publie son premier article sur les hétéroptères aquatiques du Grand-Duché de Luxembourg dans les Archives de l’Institut Grand-ducal de Luxembourg, Section des sciences naturelles, physiques et mathématiques[12].

La remise de la médaille d’or du CNRS est venue récompenser « ses découvertes [qui] ont fait émerger une vision nouvelle des mécanismes de défense que les organismes, des plus primitifs jusqu’à l’Homme, opposent aux agents infectieux ».

Ils concernent essentiellement le système immunitaire inné chez les insectes. Il a mis ainsi en évidence l’existence chez la drosophile de récepteurs Toll à certains champignons permettant d’activer la synthèse de certaines molécules antifongiques[13].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Le groupe scolaire de Lipsheim en Alsace prend son nom en 2013 et est inauguré en sa présence[18].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Progress in Ecdysone Research, éd. Elsevier North Holland, 1980 (ISBN 0444801944)
  • (avec M. Porchet), Biosynthesis Metabolism and Mode of Action of Invertebrate Hormones, Berlin, New York, éd. Springer-Verlag, 1985 (ISBN 0387136673)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il a pris la nationalité française en 1970, ce qui lui fit abandonner sa nationalité luxembourgeoise. Jean-Yves Nau, « Nobel 2011: comment notre soi nous défend contre les attaques de ce qui nous est étranger », sur slate.fr, 3 octobre 2011.
  2. Geneviève Daune-Anglard, « Le couronnement de Jules Hoffmann », sur lalsace.fr,‎ 11 décembre 2011
  3. Martine Perez, « Un Nobel à l'Académie française », Le Figaro, 2 mars 2012.
  4. a, b, c, d et e Yves Pouliquen,« Réponse au discours de réception de M. Jules Hoffmann à l'Académie française » par Yves Pouliquen, 30 mai 2013
  5. Marielle Court, « À 70 ans, le Français nobelisé n’envisage pas la retraite », Le Figaro, 3 octobre 2011.
  6. Jules Hoffmann, biologiste, document CNRS
  7. (en) JA Hoffmann, FC Kafatos, CA Janeway, RA Ezekowitz, « Phylogenetic perspectives in innate immunity », Science, vol. 284, no 5418,‎ 21 mai 1999, p. 1313-8
  8. http://fondationecologiedavenir.org/Conseil_Orientation.htm
  9. Communiqué de l’Académie Française
  10. « Le biologiste Jules Hoffmann élu à l’Académie française », Le Figaro, 1er mars 2012.
  11. Rédaction, avec AFP, « Le nobel de médecine Jules Hoffmann intronisé à l'Académie française », Le Quotidien le 30 mai 2013
  12. Hoffmann, J., 1959. Les Hétéroptères aquatiques du Grand-Duché de Luxembourg. Archvs Inst. gr.-d. Luxembourg, sect. sc. nat., phys. et math. 26: 125-186.
  13. Mangin L, Jules Hoffmann, médaille d'or 2011 du CNRS, Pour la Science du 22 septembre 2011
  14. La Recherche, janvier 2011
  15. Le biologiste Jules Hoffmann reçoit la médaille d'or du CNRS
  16. Publié au Journal officiel de la République française du 1er janvier 2012.
  17. Le 17 mai 2014 a 10h00, s'est tenue au Théâtre de Liège la cérémonie de remise des insignes de Docteur honoris causa sur proposition des Facultés et de mise à l'honneur des Docteurs avec thèse de l'Université de Liège.Jules Hoffmann était le Docteur honoris causa de la Faculté de Médecine Vétérinaire.
  18. Actualité sur le site de la mairie de Lipsheim.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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