Sionisme

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Cet article se consacre surtout à l'analyse des courants idéologiques sionistes ainsi qu'aux réactions qu'ils ont suscitées. Pour le détail de son histoire, voir aussi : Histoire du sionisme.

Le sionisme est une idéologie politique, décrite comme nationaliste par les uns et comme émancipatrice par les autres, prônant l'existence d'un centre territorial ou étatique peuplé par les Juifs en Terre d'Israël (Eretz Israel). À la naissance du mouvement, à la fin du XIXe siècle, ce territoire correspondait à la Palestine ottomane, puis après la Première Guerre mondiale à la Palestine mandataire. Sur un plan idéologique et institutionnel, le sionisme entend œuvrer à donner ou redonner aux Juifs un statut perdu depuis l'annexion du Royaume d'Israël par l'Empire assyrien en -720, à savoir celui d'un peuple disposant d'un territoire. De nos jours, il comprend le post-sionisme, qui veut donner une orientation laïque à l'État d'Israël, normaliser les relations avec les Palestiniens, et le néosionisme, qui milite pour la migration des Palestiniens et des Arabes israéliens vers les autres pays arabes.

Le mouvement sioniste est né parmi les communautés ashkénazes d'Europe centrale et orientale sous la pression des pogroms, mais aussi en Europe occidentale, à la suite du choc causé par l'affaire Dreyfus – qui compte parmi les motifs du lancement du Congrès sioniste par Theodor Herzl[1]. Bien qu'ayant des caractères spécifiques du fait de la dispersion des Juifs, cette idéologie est contemporaine de l'affirmation d'autres nationalismes en Europe.

Le sionisme doit son nom au mont Sion, une des collines sur laquelle fut bâtie Jérusalem.

Terminologie[modifier | modifier le code]

La terminologie a une certaine importance pour comprendre le sionisme. Elle n'est pas toujours neutre, et peut avoir des implications politiques.

Eretz Israël[modifier | modifier le code]

La tradition biblique désigne sous le nom d'Eretz Israël (Terre d'Israël) la terre promise par Dieu au peuple juif, terre des deux royaumes israélites (voir Royaume d'Israël et Royaume de Juda).

Dans la Bible, « Terre d'Israël » fait référence à plusieurs concepts :

  • un terme politique, c'est la terre donnée aux Juifs pour s'y installer ;
  • un terme religieux, car renvoyant à une promesse divine ;
  • un terme géographique. La définition géographique donnée par la Bible est par ailleurs floue : dans certains textes bibliques, on parle de la Terre promise comme allant « depuis le fleuve d’Égypte [le Nil] jusqu’au grand fleuve, au fleuve d’Euphrate[2] » (soit de l'Égypte à l'actuel Irak), d'autres se limitent à une zone comprise entre la mer et le fleuve Jourdain.

À partir du début du sionisme, le terme va prendre une dimension moins religieuse et plus politique : c'est le territoire ancestral revendiqué pour la recréation de l'État juif.

Au cours du XXe siècle, la question de l'appartenance de la Jordanie (surtout de sa partie occidentale) à Eretz Israël a fait débat au sein du mouvement sioniste (voir le chapitre La scission des sionistes révisionnistes (1925-1935)).

Au début du XXIe siècle, ce terme désigne généralement l'État d'Israël et les territoires palestiniens occupés durant la guerre des Six Jours en 1967 : la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza.

Par principe, la plupart des tendances politiques du mouvement sioniste considèrent qu'Eretz Israël appartient de droit au peuple juif (pour des raisons au moins historiques, voire pour des raisons religieuses chez les sionistes religieux).
Mais toutes les tendances du mouvement sioniste ne revendiquent pas un État juif sur la totalité de Eretz Israël : certaines sont favorables à un certain degré de partage avec les Palestiniens, d'autres y sont hostiles.

Israël[modifier | modifier le code]

Theodor Herzl, auteur du manifeste sioniste L'État des Juifs.

"Israël" est à l'origine le second nom de Jacob, fils d'Isaac, petit-fils d'Abraham.

Par extension, la Torah désigne sous ce nom la population supposée descendre d'Israël, désignée fréquemment comme Bnei Yisrael : « les fils d'Israël », ou les « Enfants d'Israël ».

Israël fait également référence à un des deux royaumes juifs antique : le Royaume d'Israël en référence duquel fut choisi à l'époque contemporaine le nom de l'État d'Israël, créé en 1948.

Palestine[modifier | modifier le code]

Dans les textes non bibliques, le terme de « Palestine » (Palaïstinê) apparaît pour la première fois sous la plume de l'historien grec Hérodote, au Ve siècle av. J.-C., en référence au peuple des Philistins, habitant la région côtière de la Méditerranée (de l'actuelle région de Tel-Aviv jusqu'à l'actuelle frontière égyptienne, en incluant la bande de Gaza). Sous la domination romaine, le terme a pris un sens plus large pour finalement englober toute la région.

Avant les révoltes juives et notamment la chute du Second temple en 70, la Judée forma une province distincte, gouvernée par un légat propréteur (plus tard consulaire), qui commandait en même temps les troupes d'occupation.

Après les révoltes juives de 132-135, la destruction complète de la Ville sainte, la fondation de plusieurs colonies grecques et romaines en Judée, le nouveau nom de Ælia Capitolina donné à Jérusalem (dont l'entrée est interdite aux juifs) manifestent le refus de l'Empire romain d'accepter le maintien d'une nation juive en Judée. La région perd son autonomie et est intégrée dans la province de « Syrie-Palestine » (Syria Palæstina).

À l'époque moderne avant la création d'Israël, le terme est utilisé dans les textes officiels pour désigner la région où un « foyer national juif » doit s'établir, comme dans la Déclaration Balfour ou dans le Mandat britannique sur la Palestine.

Cisjordanie ou Judée-Samarie[modifier | modifier le code]

Cisjordanie est un terme moderne, employé dès la fin du XIXe en français, pour désigner les territoires à l'ouest du Jourdain[3]. Après la création de la Transjordanie par les Britanniques, le terme de Cisjordanie s'oppose à celui de Transjordanie pour désigner les territoires de la Palestine situés à l'ouest du Jourdain, comme le montre le Larousse universel de 1928, à l'article Juif[4]. À partir de 1948 et de la création de l'État d'Israël, « Cisjordanie » a été restreint dans son usage courant aux territoires annexés par Israël[5], sur la rive ouest du Jourdain. Quant à l'expression « territoires occupés », elle renvoie aux territoires conquis par Israël lors de la guerre des Six Jours, par opposition à ceux conquis lors de la Première Guerre israélo-arabe.

Judée et Samarie sont des termes utilisés depuis l'Antiquité, par exemple par Pline l'Ancien dans son Histoire naturelle, pour désigner différentes parties de ces territoires de la rive occidentale du Jourdain[6] et repris de l'hébreu. Ces termes ont été utilisés dans la résolution 181 de l'ONU pour désigner précisément certains des territoires dans le partage de la Palestine[7].

Terminologie : synthèse[modifier | modifier le code]

On utilise de façon relativement neutre les termes Israël (pour désigner l'État d'Israël), Palestine pour désigner la région administrée sous le mandat britannique consécutif à la chute de l'Empire ottoman, Jérusalem-Est pour désigner la partie de Jérusalem sous administration jordanienne de 1948 à 1967 (cette partie comprend la vieille ville de Jérusalem) et bande de Gaza pour désigner cette partie du territoire palestinien administrée jusqu'en 1967 par l'Égypte, puis occupée par Israël de 1967 à 2005.

Les termes « Palestine » ou « Eretz Israël » pour désigner l'ensemble de la région postérieurement à la création d'Israël expriment par contre de fortes préférences idéologiques, pro-palestinienne pour la première, pro-israélienne pour la seconde.

L'utilisation des termes Cisjordanie ou Judée-Samarie pour désigner l'ouest du Jourdain n'est pas totalement neutre non plus. Cisjordanie est un terme utilisé par les instances internationales, et Judée-Samarie par la partie israélienne.

À l'intérieur même du sionisme, défendre Israël ou défendre Eretz Israël n'a généralement pas la même signification. Dans le premier cas, on veut défendre le principe d'un État, sans insister sur des frontières particulières. Dans le second, on se réfère au territoire désigné par la Bible, en particulier le Livre de Josué, qui s'étend sur les deux rives du Jourdain.

Dans l'article ci-dessous, le terme « Palestine » sera utilisé pour désigner le territoire entre la seconde révolte juive (vaincue en 135) et la proclamation d'Israël (en 1948). Le mouvement sioniste lui-même a utilisé les deux terminologies assez largement avant la création de l'État d'Israël en 1948.

Pour la partie de cet article postérieure à la création d'Israël, on parlera généralement d'« Israël », de la « Cisjordanie », de « Jérusalem-Est » et de la « bande de Gaza », termes les plus utilisés en français et reconnus par l'ONU.

Histoire du sionisme avant Israël[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du sionisme.

Au cours de l'Antiquité, les populations juives se sont (et ont été) largement dispersées, d'abord autour de la Méditerranée et au Moyen-Orient, puis en Europe. Le lien entre les populations juives actuelles et les juifs de l'Antiquité n'est pas total, des conversions ayant existé dans l'Antiquité, et même après[8],[9],[10],[11], même si des études génétiques montrent le maintien de certains marqueurs génétiques typiquement moyen-orientaux dans la majorité des populations juives[12].

Mais indépendamment des origines géographiques des communautés, les Juifs ont toujours affirmé leur nostalgie de Jérusalem comme dans le psaume 137 composé lors du premier exil à Babylone au VIe siècle av JC : « Si je t’oublie jamais, Jérusalem, que ma droite me refuse son service! Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens toujours de toi, si je ne place Jérusalem au sommet de toutes mes joies! »[13]. Depuis la destruction du Temple en 70, à la suite de la Première Guerre judéo-romaine de 66-73, une partie des Juifs exprime le désir de se rassembler en « Eretz Israel ». Ainsi, tous les ans durant la fête de Pessah, le souhait L'an prochain à Jérusalem est prononcé, et des petits groupes de Juifs religieux « montent » régulièrement en Terre sainte depuis l'Antiquité, surtout vers les villes saintes de Safed, Tibériade, Hébron et Jérusalem. L'eschatologie juive affirme aussi la venue d'un messie qui ramènera les Juifs sur leur terre. Ainsi pour Maïmonide : « Les Temps messianiques auront lieu lorsque les Juifs regagneront leur indépendance et retourneront tous en terre d'Israël[14] ».

Léon Pinsker, auteur de la brochure Auto-émancipation et l'un des leaders de l'organisation des Amants de Sion.

Sous la pression de l’antisémitisme européen et sous l’influence des idéologies nationalistes et d'indépendance nationale, une partie de la population juive européenne (surtout en Europe centrale et orientale, où l'intégration est difficile) transforme à la fin du XIXe siècle ce désir religieux en un projet politique : le sionisme. Les premières organisations (Amants de sion) apparaissent en 1881. À partir de 1882, le baron français Edmond de Rothschild achète de la terre en Palestine ottomane et finance le premier établissement à Rishon LeZion. L'Organisation sioniste mondiale est créée en 1897.

En s'appuyant sur les ambitions coloniales britanniques au Moyen-Orient, le mouvement sioniste se voit attribuer un « Foyer national juif » en Palestine, par la déclaration Balfour (1917), la conférence de San Remo (1920) et le mandat de la Société des Nations (1922), contre l’avis des Arabes palestiniens qui craignent d'être à terme dépossédés. La Palestine est alors placée sous mandat britannique : on parlera pour cette période de « Palestine mandataire ». Voir aussi le chapitre de Histoire du sionisme : le mandat de la SDN.

De 1918 à 1948, au cours de l'Alya, la population juive en Palestine passe de 83 000 personnes à 650 000. La croissance est due à une forte natalité, mais surtout à une forte immigration due aux troubles politiques de l'Europe de l'entre-deux-guerres, ainsi qu'à la montée de l’antisémitisme en Europe centrale et orientale dès les années 1920. Cet antisémitisme culminera avec la Shoah. Pendant cette période, l'Agence juive favorise l'immigration juive par tous les moyens : en 1933, elle est contrainte de passer un accord avec les nazis[15] pour rendre possible l'émigration de Juifs allemands vers la Palestine. Dès la seconde moitié des années 1930, après les restrictions sur les certificats d'immigration délivrés par les Britanniques, elle organise l'immigration clandestine.

Durant la même période, la conscience nationaliste palestinienne se développe et la population arabe de Palestine s'oppose au sionisme, à l'immigration juive et au mandat britannique, parfois dans la violence.

En 1939, après 3 ans de révolte arabe et à la veille de la Seconde Guerre mondiale, la Grande-Bretagne prend une orientation plus pro-arabe. Dans son livre blanc sur la Palestine, elle annonce la diminution drastique de l’immigration juive et promet la création d'un État arabe indépendant dans les 10 ans. Mais après un conflit violent cette fois contre les Juifs sionistes entre 1944 et 1947, les Britanniques remettent leur Mandat à l'Organisation des Nations unies.

Articles connexes : Haganah, Irgoun et Lehi.

En novembre 1947, l’ONU propose un plan de partage de la Palestine entre un État juif (sur 55 % du territoire) et un État arabe tandis que Jérusalem devient un corpus seperatum sous administration internationale. Le plan est accueilli avec allégresse par l'Agence juive et le Yichouv mais il est rejeté par les Arabes palestiniens, par les États arabes et par les factions sionistes de droite. Les Britanniques, qui se sont abstenus lors du vote, annoncent qu'ils ne collaboreront pas à sa mise en place. Dès le lendemain, la violence débute, opposant les forces paramilitaires de chaque camp et faisant de nombreuses victimes civiles. L'État d'Israël est proclamé le 14 mai 1948, dernier jour du mandat. La Ligue arabe déclare l'état de guerre[16],[17] et la Transjordanie, l'Égypte, la Syrie et l'Irak prennent part au conflit. En quelques mois, les forces israéliennes prennent l'avantage sur leurs adversaires et « libèrent » Jérusalem-Ouest. La guerre entraîne un bouleversement démographique : 750 000 arabes[réf. nécessaire] fuient ou sont chassés d'Israël et se réfugient en Cisjordanie, dans la Bande de Gaza, en Transjordanie et au Liban tandis que dans les années qui suivront, 800 000 Juifs quitteront le monde arabe, dont 500.000 environ[réf. nécessaire] sont chassés. En 1949, Israël et ses voisins signent des armistices qui mettent fin à la « guerre d'indépendance ». L'objectif principal du sionisme, la création d'un État juif, Israël, est réalisé et le pays entre à l'ONU la même année.

Histoire du sionisme et d’Israël depuis 1948[modifier | modifier le code]

Concernant l’histoire du sionisme après 1948 (idéologies, institutions), voir le chapitre Le sionisme après la création d'Israël - 1948-2005.
Concernant l’histoire générale d’Israël, voir l’article détaillé Histoire d'Israël.

Démographie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Démographie d'Israël et Aliyah.

En 1948, Israël compte 650 000 Juifs. Dans les 3 années qui suivent, sa population double à la suite de l'accueil notamment de près de 200 000 personnes déplacées, réfugiés de la Seconde Guerre mondiale et de plusieurs centaines de milliers de Juifs du monde arabe. Fin des années 1990, elle voit l'afflux de nombreux russes qui forment aujourd'hui la plus grande communauté du pays. En 2006, La population israélienne se monte à environ 7 000 000 de personnes dont 5 500 000 Juifs et 1 500 000 Arabes. C'est le pays qui compte le plus de Juifs au monde, après les États-Unis.

Développement économique[modifier | modifier le code]

Entre 1948 et 2010, Israël est devenue une puissance industrielle parmi les plus performantes de la planète. Selon les statistiques du FMI de 2010, elle présente un revenu par habitant de 28 685 USD, se classant ainsi 28e.

Grand Israël[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Colonie israélienne.

Après la guerre de 1967, un débat profond va diviser le sionisme : quelle proportion des territoires occupés après la guerre de 1967 doit être annexée par Israël ?

  • Un courant, plutôt à gauche et au centre, considère que ces annexions doivent être limitées.
  • Plus à droite, un courant de pensée défend le « Grand Israël » : l'annexion intégrale de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Pour ce courant, c'est dans l'intérêt d'Israël. Mais la croissance démographique arabe et les intifada palestiniennes ont poussé la majorité de ce courant vers une optique de retrait partiel des territoires.
  • Enfin, le courant sioniste religieux défend également le Grand Israël, mais pas seulement comme un droit ou un intérêt pour Israël : c'est surtout une obligation divine. Il s'oppose en cela à un autre courant religieux juif antisioniste.

Ce débat renvoie à la définition même de l'objectif du sionisme : un État laïque pour les Juifs (aux frontières somme toute secondaires), un État laïque pour les Juifs dans les frontières bibliques, ou un État juif dans les frontières bibliques se soumettant à la loi divine ?

Voir le chapitre : La question du Grand Israël depuis 1967.

Conflits[modifier | modifier le code]

Fumée au-dessus de Tyr après un bombardement aérien israélien lors du conflit de 2006.

Depuis sa création, Israël a été impliqué dans de nombreux conflits frontaliers et internes :

  • 1948-1949 première guerre israélo-arabe: l'indépendance de l'état d'Israël est contestée par une coalition d'états arabes voisins.
  • Une importante série d'incursions frontalières palestiniennes et israéliennes entre 1950 et 1956. Elles feront des milliers de morts en particulier chez les Palestiniens[18]. La Crise de Suez y met un terme notamment de par la volonté des Égyptiens et des Jordaniens de ne pas provoquer Israël[19].
  • La guerre du Sinaï de 1956, déclenchée par Israël contre l'Égypte pour mettre fin aux attaques frontalières, au blocus du port Israélien d'Eilat, au développement rapide de l'armée que l'Égypte affirmait vouloir utiliser pour détruire Israël. L'action israélienne se conjugue avec les attaques britannique et française (le Royaume-Uni et la France sont hostiles à la nationalisation du canal de Suez et de plus, la France reproche à l'Égypte son soutien au FLN algérien)[20].
  • Entre 1965 et 1967, le Fatah armé par la Syrie, ainsi que d'autres organisations armées palestiniennes, organisent plus d'une centaine d'incursions contre Israël depuis la Jordanie et le Liban, provoquant des représailles israéliennes[21].
  • La guerre des Six Jours de 1967, déclenchée par Israël contre l'Égypte et la Syrie, pour répondre à des concentrations de troupes à la frontière, au blocus du Détroit de Tiran ordonné par Nasser, et la menace d'une invasion[22]. La Jordanie attaque alors Israël et est vaincue[23]. La guerre des Six Jours entraîne l'occupation de la Cisjordanie y compris Jérusalem-Est, de la bande de Gaza, de la péninsule du Sinaï et du plateau du Golan. La victoire jugée « miraculeuse » fait naître un courant « messianique et expansionniste » en Israël[24] qui bouleverse le mouvement sioniste et que les sociologues ont appelé néosionisme[25].
  • Du début 1969 à août 1970, l'Égypte mène le long du canal de Suez une « guerre d'usure » contre les troupes israéliennes retranchés dans la Ligne Bar-Lev.
  • La guerre du Kippour de 1973, déclenchée par l’Égypte et la Syrie pour récupérer leurs territoires occupés en 1967
  • De 1975 à 1982, les organisations palestiniennes utilisent le sud du Liban (« Fatahland ») pour lancer des attaques contre Israël par le biais de commandos ou d'attaques d'artilleries.
  • La guerre du Liban de 1982, déclenchée par Israël pour détruire les bases palestiniennes et expulser les fedayinns du Liban.
  • La guerre menée contre l'occupation israélienne du Liban entre 1982 et 1985 par des organisations palestiniennes et surtout libanaises, en particulier le Hezbollah et avec le soutien de la Syrie et de l'Iran.
  • La guerre menée par le Hezbollah contre la présence militaire qu'Israël maintient au sud-Liban de 1985 à 2000, et contre l'Armée du Liban-Sud, milice libanaise alliée d'Israël. Malgré le maintien d'une contestation sur une zone de 6 km2, dite des fermes de Chebaa, les attaques du Hezbollah diminuent fortement entre 2000 et 2006.
  • Une première révolte populaire palestinienne dans les territoires occupés, l'intifada, entre 1988 et 1990 et qui débouchera sur le « Processus de paix »
  • Une seconde révolte dénommée Seconde Intifada ou Intifada Al-Aqsa entre 2001 et 2006.
  • Le conflit israélo-libanais de 2006 contre le Hezbollah et l'armée libanaise.
  • La guerre de Gaza de 2008-2009 menée contre le Hamas.

Courants politiques du sionisme[modifier | modifier le code]

Le sionisme rassemble des courants très divers allant de l’extrême droite à l’extrême gauche.

Tous ont en commun la volonté de créer un État juif. Mais ils se sont historiquement divisés sur trois questions fondamentales :

  • Les objectifs territoriaux : Le sionisme vise-t-il à établir un État juif :
  • Les objectifs sociaux : la société que doit créer le sionisme doit-elle être marxiste (Poaley Tzion), sociale-démocrate (Mapaï), libérale (sionistes généraux, Parti révisionniste), voire fasciste (Brit Ha’Birionim) ?
  • La place de la religion : la société que doit créer le sionisme doit-elle être athée (marxiste, cananéens), ouverte sur la religion, mais sans plus (une partie de la gauche et la majorité de la droite) ou religieuse (sionisme religieux) ?

Il y a eu d’autres divergences (l'usage de la force/violence dans la construction de l’État, par exemple), mais ces trois thématiques expliquent les structurations fondamentales des courants sionistes.

À l'époque actuelle, ces différentes thématiques se regroupent en trois grands ensembles au sein de la société israélienne :

  • le post-sionisme, qui veut donner une orientation laïque à l'État d'Israël, normaliser les relations avec les Palestiniens et dans lequel certains voient parfois même une forme d'antisionisme ;
  • le néosionisme, héritier du sionisme révisionniste et du sionisme religieux, qui revendique le caractère purement juif d'Israël, les territoires de l'Israël biblique et le transfert des Palestiniens et des Arabes israéliens vers les autres pays arabes ;
  • ceux qui se définissent comme les héritiers du « sionisme classique » et qui défendent une position située entre les deux précédentes.

Les caractéristiques à la fois du « néosionisme » et du « postsionisme » ne sont pas entièrement étrangères au « sionisme classique » mais elles diffèrent en accentuant des divergences existant déjà au sein du sionisme. Pour Chan & al., « le néosionisme accentue les dimensions messianiques et particularistiques du nationalisme sionisme tandis que le postsionisme accentue ses dimensions universalistes et de normalisation[26]. »

Extrême-gauche[modifier | modifier le code]

Ce sont le Poale zion gauche et le Hachomer Hatzaïr, qui donneront plus tard le Mapam (en 1948).

Ces deux partis ont été créés avant la Première Guerre mondiale. Le premier se réclame du marxisme, et le second du socialisme populiste russe, avec une forte influence anarchiste.

Ils veulent une société socialiste, sans religion, sont partisans d’un État en Palestine, mais sont relativement souples sur les frontières. Avant 1948, ils ont même envisagé un État mixte judéo-arabe.

La gauche « réformiste »[modifier | modifier le code]

Ce sont l'Achdut Ha'avoda (issu du Poale sion) et le Hapoel Hatzaïr, qui donneront naissance en 1930 au parti socialiste Mapaï, renommé ensuite parti travailliste.

Ces deux partis ont été créés avant la Première Guerre mondiale. Le premier se réclame du marxisme, et le second du socialisme populiste russe. Les deux partis d'extrême gauche précédemment cités sont leurs dissidences respectives.

Révolutionnaires à leurs origines, ils évoluent après la Première Guerre mondiale vers le réformisme. Ils veulent une société social-démocrate. Ce sont des laïcs, mais reconnaissant une place du religieux dans la définition de l’identité juive. Ils sont partisans d’un État en Palestine, mais sont relativement souples sur les frontières. Cette souplesse même a entraîné des évolutions et des débats internes importants sur les questions territoriales :

  • En 1922, Berl Katznelson, l'idéologue du Achdut Ha'avoda s'est fermement opposé à la création de l'émirat hachémite de Transjordanie, qui était ainsi retiré du « Foyer National Juif ».
  • En 1937, lors des débats de la commission Peel sur un éventuel partage de la Palestine entre juifs et arabes, David Ben Gourion a accepté la proposition (non suivie d'effet) d'un État juif sur 15% seulement de la Palestine mandataire, mais a été mis en minorité au sein du Mapaï.
  • En 1947, le Mapaï a accepté le plan de partage de la Palestine mandataire entre un état juif sur 55 % du territoire (mais sans la partie juive de Jérusalem), au côté d'un État palestinien. À la suite du refus palestinien de ce partage, David Ben Gourion a refusé de fixer les frontières de l’État, ouvrant la possibilité de revendications territoriales futures.
  • Après la guerre des Six Jours de 1967, le dirigeant de l'aile gauche du Mapaï (Achdut Ha'avoda) Ygal Allon, a proposé un plan annexant 30 % de la Cisjordanie et une partie de la Bande de Gaza, plan qui ne fut pas officiellement adopté par son parti. Le parti travailliste a cependant fait adopter en 1967 une « loi sur Jérusalem » qui rattachait à la municipalité la partie arabe de la ville, ainsi que certains quartiers et villages avoisinants.
  • en 1985, Shimon Peres, Premier ministre travailliste, a proposé de donner l'essentiel de la Cisjordanie et de la bande de Gaza à une confédération jordano-palestinienne.
  • À l'été 2000, le Premier ministre travailliste Ehud Barak a proposé aux négociations de Camp David avec Yasser Arafat la création d'un État palestinien sur 88-90 % de la Cisjordanie et sur la Bande de Gaza, mais sans la partie arabe de Jérusalem.
  • Pour les élections de 2006, le parti travailliste a proposé un partage de Jérusalem, en attribuant à un futur État palestinien les quartiers arabes de Jérusalem.

Ces évolutions et positions ne sont pas exhaustives.

Le dirigeant le plus connu de la gauche réformiste est David Ben Gourion. On peut aussi citer Shimon Peres ou Yitzhak Rabin.

La droite modérée[modifier | modifier le code]

Ce sont surtout les Sionistes généraux. Le dirigeant historique, jusqu’à la création d’Israël, est Haïm Weizmann.

Ils existent comme courant de pensée depuis la création du sionisme, à la fin du XIXe siècle. Theodor Herzl en était proche. Ils ne s'organisent comme parti qu'en 1922.

Les sionistes généraux seront le second groupe fondateur (en importance électorale) du Likoud, en 1973. Ils sont partisans du Libéralisme économique. Ce sont des laïcs, mais accordant une place au religieux dans la définition de l’identité juive. Ils sont partisans d’un État en Palestine, mais sont relativement souples sur les frontières (du moins avant 1967).

La droite nationaliste laïque[modifier | modifier le code]

Il s’agit surtout du Parti révisionniste, créé en 1925, qui donnera naissance en 1948 au Hérout. Ce sera le principal groupe fondateur du Likoud, en 1973.

Le dirigeant historique est Vladimir Jabotinsky, auquel succédera Menahem Begin. Les révisionnistes sont partisans du libéralisme économique. Ce sont des laïcs, mais accordant une place au religieux dans la définition de l’identité juive. Ils sont partisans d’un État en Palestine dans les frontières d’Eretz Israël (« Terre d'Israël »). Pendant longtemps, ils ont revendiqué l’annexion de toute la Palestine mandataire, mais aussi de la Jordanie. Cette dernière thématique a été progressivement abandonnée. Mais, parmi les insignes du Betar, leur mouvement de jeunesse, on trouve toujours des représentations de la terre d’Israël incluant la Jordanie.

Depuis la fin des années 1990, ce courant a dû faire face à la croissance démographique arabe et au soulèvement palestinien (Intifada).

La majorité du Likoud a donc accepté de renoncer à une partie de la « Terre d’Israël », pour assurer la majorité juive dans l’État d’Israël.

Les plus modérés se sont ralliés au parti Kadima fin 2005, derrière Ariel Sharon et Ehoud Olmert, les plus nationalistes sont restés au Likoud derrière Benyamin Netanyahou. Mais même chez eux, on note l’abandon du Grand Israël : Netanyhaou a proposé début 2006 d’abandonner 40 % de la Cisjordanie et l’essentiel de la bande de Gaza.

La droite nationaliste religieuse[modifier | modifier le code]

Le rav Kalischer, un des fondateurs de l'idéologie nationaliste religieuse.

Il s’agit surtout du parti Mizrahi, créé en 1902 et réorganisé en 1956 dans le Parti national religieux (PNR).

Ils sont aujourd’hui plutôt partisans du libéralisme économique, mais il a longtemps existé une branche « ouvrière » (Hapo'el Hamizrachi), plutôt attirée par une démarche « sociale-démocrate ». Ils sont partisans d’un État religieux, ou la Halakha, loi religieuse juive, serait un élément important dans la définition de la loi civile. Ils acceptent cependant la démocratie. Sur le plan Nationaliste, ils ont longtemps été modérés. Mais après la victoire de 1967 (occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza), ils ont durci leur position, surtout après 1977.

La majorité des sionistes religieux adhère aujourd’hui au Grand Israël. Au contraire de la droite nationaliste laïque, qui considérait le Grand Israël comme un intérêt, et qui y renonce progressivement sous l’influence des deux intifada et de la croissance démographique arabe, les sionistes religieux considèrent qu’il s’agit d’un ordre divin. On ne peut donc y renoncer.

Ils sont particulièrement actifs dans les colonies israéliennes. Le PNR est aujourd’hui considéré par certains politologues de gauche comme un parti de droite (ce qu’il n’était pas à l’origine). De fait, pour les élections de 2006, le Parti national religieux a décidé de se présenter sur la liste de l’« Union nationale », le cartel électoral de droite nationaliste.

L’extrême droite nationaliste laïque[modifier | modifier le code]

Photo non datée d'Avraham Stern

Sa première organisation date de 1931, avec Brit Ha’Birionim. Il s’agit d’une faction interne au Parti révisionniste, qui se réclame du fascisme italien. L’organisation paramilitaire Lehi, créée fin 1940, reprendra bon nombre de leurs thèses, du moins jusqu’à la mort de son premier leader, Avraham Stern en 1942. Après la création de l’État d’Israël, ce courant n’est plus guère actif, mais reste cependant vivant à travers des intellectuels comme Israël Eldad, un ancien dirigeant du Lehi. On voit réapparaître ce courant après les accords de Washington de mars 1979, qui restituent le Sinaï à l’Égypte.

La question de l’organisation sociale est secondaire. Ils ont selon les époques adopté des positions « sociales » ou « libérales ». Ce qui est historiquement au centre, c’est la revendication du « Grand Israël ». Si l’annexion de la Jordanie n’est plus guère défendue, celle de la Cisjordanie et de la bande de Gaza reste centrale. La question de la démographie arabe sera réglée par un « transfert » vers les pays arabes, ou par une privation du droit de vote.
On trouve aujourd’hui les partisans de ce courant dans plusieurs petites organisations, en particulier dans les tendances laïques de l’ « Union nationale » ou du Moledet.

Preuve de l'évolution profonde de la droite nationaliste sur la question du « Grand Israël », un autre parti classé comme à l'extrême droite, Israël Beiteinu (« Notre Maison Israël », un parti essentiellement russophone) de Avigdor Liberman, propose pour les élections de 2006 non seulement de quitter la fraction de la Cisjordanie la plus peuplée par les Arabes palestiniens (environ 40 %), mais de réaliser un échange de territoires avec eux. Il s'agit de donner certaines parties du territoire israélien (dans ses frontières de 1949) aux Palestiniens : celles qui sont les plus peuplées par les Arabes israéliens. Lieberman a même proposé de quitter certains quartiers arabes de Jérusalem, pour des raisons démographiques. Cette nouvelle approche de la droite radicale n'est donc plus centrée sur le territoire (même si les annexions envisagées représentent 60 % de la Cisjordanie), mais sur l'établissement d'un État avec le moins d'Arabes possible. Cette position est donc proche de celle d'Ariel Sharon et du parti Kadima, mais en plus affirmée : à la fois plus d'annexions de territoires sans Palestiniens en Cisjordanie, et des retraits de territoires israéliens. Cette position est en totale rupture avec l'histoire politique de la droite sioniste.

Mais preuve de l'évolution de l'extrême-droite, les élections de mars 2006 ont apporté onze sièges sur 120 à Israël Beiteinu, soit plus que les neuf sièges de l'Union Nationale (qui regroupe l'extrême droite religieuse et laïque). Une partie de ce succès doit cependant être attribuée à l'autre spécificité du programme d'Israël Beiteinu : la défense des immigrants venus de l'ancienne URSS.

L’extrême droite nationaliste religieuse[modifier | modifier le code]

Logo du Kach.
Article détaillé : néosionisme.

Elle exprime de façon radicale les positions en faveur du Grand Israël et d’un État religieux. Ses membres se retrouvent dans certaines factions du Parti national religieux, au Kach, ou dans d’autres petits groupes extraparlementaires.

Cette tendance est très présente dans les colonies religieuses et dans certaines Yechivot (écoles religieuses). « L'Occident libéral parle du règne de la démocratie, de l'autorité de la majorité, tandis que le judaïsme parle de l'autorité divine, qui est immuable et n'est pas sujette à l'urne ou à l'erreur d'une majorité… C'est le joug de Dieu, l'effacement de notre volonté devant la Sienne qui constitue le principe essentiel du Judaïsme[27]. »

Autres courants[modifier | modifier le code]

Quelques courants marginaux ont existé. Ils ne subsistent plus réellement aujourd’hui :

  • Anarcho-sionisme : pour la construction d'un foyer national juif révolutionnaire et sans État. Ce courant est marginal par lui-même. Mais les doctrines anarchistes ont fortement influencé le Hapoel Hatzaïr, et plus encore le Hachomer Hatzaïr et le mouvement Kibboutzim.
  • Sionisme territorialiste : pour la construction d’un État juif n’importe où dans le monde, sans référence à la Palestine. Ce courant sera surtout actif avant la déclaration Balfour de 1917, quand l’établissement d’un État en Palestine, refusé par les Ottomans, semblait une utopie. Il s’organise au sein d’une « Organisation sioniste territorialiste », entre 1905 et 1925, date de sa dissolution.
  • Le « sionisme culturel » de Ahad HaAm, surtout intéressé par la Palestine comme centre moral et culturel, plus que comme centre de peuplement.
  • Les Cananéens : un petit courant de droite, qui se réclamait d’un nationalisme « hébreu », et prônait la rupture pure et simple avec le judaïsme. Actif au sein du Lehi dans les années 1940, avant de quasiment disparaître dans les années 1960-70.
  • En marge du sionisme juif, on peut aussi citer un courant essentiellement religieux, celui de certains chrétiens fondamentalistes (surtout nord-américains). Pour ceux-ci, la réunion des juifs en Terre sainte favorisera le retour du messie (Jésus-Christ) et la conversion des Juifs au christianisme. Ce courant soutient la colonisation des territoires palestiniens, et est généralement opposé au retrait israélien de la bande de Gaza (2005). Voir l'article Sionisme chrétien.
  • En septembre 2011, il est fait état[réf. nécessaire] de la création d'un Mouvement Sioniste Africain (M.S.A.), créé par Saday Marah, un africain converti au judaïsme. Ce sionisme africain se caractérisant la volonté de rapprocher politiquement, économiquement et socialement Israël de l'Afrique noire.

Opposition au sionisme[modifier | modifier le code]

Pour l'article détaillé sur l'antisionisme, voir : Antisionisme.

Le sionisme a suscité des adhésions et des oppositions. On regroupe ces dernières sous le terme générique d'antisionisme. On peut définir sept courants historiques au sein de l’antisionisme, qui se superposent parfois.

L’antisionisme de Juifs religieux[modifier | modifier le code]

Manifestants du Neturei Karta
Voir les articles détaillés Haredim, Edah Haredit, Neturei Karta, Agoudat Israël et Trois serments.

Pour les religieux non sionistes, l’État juif de l'Antiquité a été détruit par Dieu, en punition des péchés du peuple juif. Pour eux, seul le messie de Dieu pourra rétablir le royaume d'Israël[28]. Il s'agit donc d'un antisionisme assez particulier, puisqu'il ne conteste pas l'idée d'un État juif, considéré au contraire comme inévitable, mais conteste les modalités de sa création par les sionistes, c'est-à-dire par les hommes et non par la volonté divine.

Ce courant est historiquement le premier, puisqu'il existe depuis la création du sionisme. Il regroupait à l'origine la majorité des orthodoxes et ultra-orthodoxes, encore que certains orthodoxes aient dès le départ soutenu le mouvement sioniste[29].

Les ultra-orthodoxes ont généralement évolué vers des positions plus neutres, sauf chez certains groupes restés très hostiles, comme les Satmar, les Toldot Aharon et plus particulièrement les Neturei Karta[30].

Les ultra-orthodoxes ashkénazes ne se sont toujours pas officiellement ralliés au sionisme. Par contre, les ultra-orthodoxes séfarades du Shass ne voient aujourd'hui pas de contradiction entre le sionisme et la religion, pour autant que l'État prenne une orientation plus religieuse[31]. Cependant, pour les ultra-orthodoxes actuels, toutes tendances confondues, l'acceptation officielle ou officieuse de l'État n'enlève rien aux exigences que celui-ci fonctionne selon la Loi divine. À défaut, le sionisme, au moins dans sa version laïque, est critiqué comme une révolte contre l’œuvre de Dieu.

En fin de compte, l'antisionisme militant des juifs religieux, originellement puissant, est aujourd'hui restreint à des groupes minoritaires. La majorité des juifs religieux accepte ou soutient aujourd'hui le sionisme, éventuellement avec certaines réserves.

L'antisionisme dans le mouvement ouvrier juif du Yiddishland[modifier | modifier le code]

Parmi les organisations social-démocrates, socialistes et communistes du Yiddishland, beaucoup, comme le Bund (Union générale des travailleurs juifs), le Parti social-démocrate juif de Galicie, le Folksgrupe de Russie n'étaient pas sionistes, voire s'opposaient politiquement au sionisme[32],[33].

En Pologne, le Folkspartei (en yiddish: Yidishe folkspartay), tout en souhaitant une autonomie nationale et culturelle des Juifs, ne l'envisageait pas comme impliquant le déracinement d'un départ vers la Palestine. L'Alliance israélite universelle, organisation française, républicaine et patriote, est connue avant-guerre pour son antisionisme, positions qu'elle nuance après 1945[34].

L'antisionisme des juifs assimilationistes ou intégrationistes[modifier | modifier le code]

Bon nombre de juifs très intégrés à leurs sociétés d'origine ont refusé le sionisme, avec des attitudes allant de l'indifférence à l'hostilité. La priorité était donnée à une meilleure intégration dans les pays de résidence, pas à un départ de ces pays. Il peut s'agir d'un rejet très structuré, au nom du nationalisme du pays de résidence, ou d'une simple méfiance.

Ce courant antisioniste a surtout été actif à la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle. L'attitude est devenue beaucoup plus favorable au sionisme depuis la création d'Israël en 1948. Bien que ce courant soit devenu tout à fait marginal, ses pays d'origine (surtout occidentaux) génèrent toujours une émigration limitée vers Israël. L'adhésion progressive à l'idée sioniste des communautés bien intégrées, qui étaient à l'origine assez réticentes, s'est donc faite plus dans le domaine des idées que de l'aliyah concrète (la « montée » en Israël).

L’antisionisme du nationalisme arabe et palestinien[modifier | modifier le code]

Il s’agit d’un antisionisme nationaliste, qui regroupe chrétiens et musulmans. Le nationalisme de référence est à l’origine le nationalisme arabe, puis progressivement le nationalisme palestinien. Il est soutenu tant par des courants « de gauche » que « de droite ».

En tant que nationalisme, il privilégie le destin du groupe qu'il défend, et s'oppose donc au nationalisme juif et à sa volonté de s'approprier une terre qui est considérée comme arabe.

L'opposition arabe à l'existence d'un état juif n'est plus aussi homogène depuis la reconnaissance d'Israël par l'Égypte en 1977. Par la suite, d'autres états arabes ont reconnu Israël, comme la Jordanie en 1994, ainsi que certains mouvements politiques palestiniens, comme l'OLP grâce aux voix du Fatah au Conseil national palestinien, organe législatif de l'OLP[35].

L'antisionisme anticolonialiste ou anti-impérialiste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parti communiste d'Israël.

Les antisionistes anticolonialistes ou anti-impérialistes ne rejettent pas le nationalisme par principe, mais considèrent que le nationalisme du colonisé ou des « premiers peuples » est par principe plus légitime que celui des « colonisateurs ». Au contraire du nationalisme arabe ou palestinien, cet antisionisme ne revendique pas de préférence théorique pour un nationalisme particulier. Mais sa préférence de principe pour le nationalisme des « premiers peuples » le rapproche de fait du nationalisme palestinien. C'est un courant politique généralement plutôt ancré à gauche, voire à l'extrême gauche.

La condamnation par l'Assemblée générale de l’ONU du sionisme le 10 novembre 1975 (résolution 3379[36]), s’est faite en utilisant le vocabulaire anticolonialiste ((en)[3]). La résolution décrit ainsi dans ses préambules le sionisme comme une « idéologie raciste et impérialiste » et énonce dans sa conclusion que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ». Au-delà de la terminologie, la résolution a attiré plusieurs antisionismes, comme celui du monde arabe, souvent religieux.

La conclusion de cette résolution est annulée le 16 décembre 1991 par l'Assemblée générale (Rés. 46/86 Élimination du racisme et de la discrimination raciale). Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, désapprouvera publiquement la résolution de 1975 en l'associant à de l'antisémitisme[37].

Tous les mouvements se réclamant de l'anticolonialisme ou de l'anti-impérialisme ne sont pas antisionistes. Beaucoup acceptent aujourd'hui l'existence d'Israël, mais restent hostiles à son contrôle sur les territoires occupés après la guerre des Six Jours de 1967.

Une forme atténuée d'antisionisme s'est également développée sur la base intellectuelle de ce courant. Elle ne refuse pas, ou plus, l'existence d'Israël, mais la notion d'« État juif », c'est-à-dire d'état dédié de façon symbolique à une catégorie de citoyens et organisant des règles d'immigration plus favorables pour certains étrangers (Juifs) sur des bases ethniques. Pour ce courant, qui est revendiqué par les partis arabes israéliens ou par le parti communiste israélien, l'état d'Israël doit être « l'État des citoyens » et non un « État juif », même si les Juifs y sont majoritaires. D'où la revendication de certains changements symboliques (ne plus utiliser le terme d'« État juif »), ou pratiques (ne plus avoir de règles d'immigration favorisant un groupe ethnique, arrêt des confiscations des terres des citoyens israéliens d'origine arabe)[38].

L’antisionisme religieux musulman[modifier | modifier le code]

Ce courant rappelle que Jérusalem est le troisième lieu saint de l’islam, et que la conquête d’une terre musulmane quelle qu'elle soit est illégitime[39]. C'est donc un motif de djihad défensif obligatoire pour tous les croyants.

Ainsi, selon l'article 11 de la charte du Hamas de 1988, la lutte contre le sionisme est une obligation religieuse car « la terre de Palestine est une terre islamique waqf [donation religieuse inaliénable] pour toutes les générations de musulmans jusqu'au jour de la résurrection »[40].

L’antisionisme des antisémites[modifier | modifier le code]

Article connexe : Antisémitisme.

Il s’agit d’une hostilité aux Juifs, qui se traduit par une hostilité à leur État. Le vocable «sioniste» a été largement utilisé par des antisémites de tous bords en tant que substitut au mot «juif»[41]. Ainsi les suprémacistes blancs américains ont-ils recours au terme ZOG (Zionist Occupation Government) pour désigner le gouvernement fédéral supposé inféodé aux Juifs[42].

Tous les antisémites historiques n’ont cependant pas été antisionistes : le gouvernement polonais qui demandait dans la seconde moitié des années 1930 « une réduction substantielle du nombre des Juifs en Pologne[43] » eut des contacts suivis avec Vladimir Jabotinsky pour organiser ce départ vers la Palestine[44].

L’antisionisme antinationaliste[modifier | modifier le code]

Il s’agit d’une hostilité de principe à tout nationalisme, quel qu’il soit, surtout s’il s’établit au détriment d’une population « indigène » colonisée ou expulsée.

Ce courant est aujourd'hui très marginal. Il recrute chez des militants d'extrême gauche, comme les membres israéliens du Matzpen, ou des anarchistes. Il s'oppose en théorie aussi au nationalisme palestinien. « Seul le rejet de tout nationalisme et l’entente libre et fraternelle des populations travailleuses pourront sauver la Palestine de la barbarie qui va en s’étendant »[45]. « En Palestine, l’État apporte l’indiscutable preuve qu’il provoque la guerre du fait même de sa présence »[46]

Cependant, avant la création de l’État d’Israël en 1948, cette vision antinationaliste était très largement répandue au sein du mouvement communiste, et chez certains socialistes. Lénine était ainsi opposé à « la création d'une armée de plus sur la terre ».

Ce courant s'attache aujourd'hui plus à remettre en cause la caractère « ethnique » officiellement juif de l'État d'Israël que son existence. Il soutient généralement la revendication des arabes israéliens d'un « État des citoyens », même à majorité juive, opposé à l'« État juif », notion considérée comme intrinsèquement discriminatoire, car dédié de façon préférentielle aux aspirations nationales et culturelles d'une catégorie de citoyens, les Juifs.

L’antisionisme : synthèse[modifier | modifier le code]

Il a existé et il existe toujours plusieurs formes d'hostilité au projet politique de création puis de maintien de l'état d'Israël. Certaines personnes peuvent d'ailleurs être influencées par différents types d’antisionisme à la fois.

Ainsi, le mouvement radical palestinien Hamas est à la fois antisioniste par nationalisme palestinien, par antisionisme religieux musulman[47], et a inséré dans sa charte (écrite en 1988) de nombreuses citations antisémites (protocoles des sages de Sion, accusations contre les Juifs d’être la cause des révolutions française et russe, etc.)[48].

Mais en tant que tel, l’antisionisme n’est pas forcément antisémite, ni même pro-palestinien. C’est le cas de certaines factions juives ultra-orthodoxes, par exemple.

Assez différenciés quant à leur origine ou leur attitude vis-à-vis des Juifs, les différents courants de l'antisionisme sont également partagés quant à l'existence présente et future d'Israël.

Pour un premier groupe, l'État d'Israël n'aurait pas dû être créé, et doit donc être détruit. C'est généralement le point de vue des nationalistes arabes et des musulmans les plus stricts.

Pour un second groupe, essentiellement les Juifs ultra-orthodoxes, l'État d'Israël est un péché, et doit donc être détruit. Mais un état juif sera recréé par le messie à l'heure de la venue de celui-ci. Le rejet de l'État juif actuel se double donc de l'espérance de la création d'un État juif futur.

Enfin pour troisième groupe d'antisionistes, l'État d'Israël ne doit pas disparaître, mais doit évoluer vers un modèle post-nationaliste, supprimant les différenciations symboliques et pratiques entre citoyens d'origines différentes.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Yaakov Ben-Dov, Shivat Zion (« Retour vers Sion »), 1920
  • Tsilla Hershco, Entre Paris et Jérusalem. La France, le sionisme et la création de l’État d’Israël, 1945-1949, Honoré Champion DVD / Vidéos
  • Percy Norma, Israël et les Arabes (La guerre de cinquante ans), Coffret de 2 VHS

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Le Rider : Les juifs viennois à la belle époque (1867-1914), Éditeur : Albin Michel, 2013, ISBN 2226242090
  2. « En ce jour-là, l’Éternel fit alliance avec Abram, et dit : Je donne ce pays à ta postérité, depuis le fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, au fleuve d’Euphrate ». Genèse 15:18.
  3. Élisée Reclus, « Nouvelle géographie universelle: la terre et les hommes, page 746 (extrait) », sur Google Books,‎ 1884 (consulté le 18 avril 2010)
  4. « Larousse universel », sur Gallica,‎ 1928
  5. Éditions Larousse, « Encyclopédie Larousse en ligne - Cisjordanie » (consulté le 11 janvier 2014)
  6. Livre V
  7. (en) Résolution 181 de l'ONU
  8. Rabbin Josy Eisenberg, Une histoire des Juifs, 1970, page 128 et suivantes. « Il est probable que le monde gréco-romain compta davantage de semi-prosélytes que d'authentiques prosélytes. […] Toujours est-il que leur nombre total fut considérable ».
  9. « d'autres hommes […] ont adopté les institutions de ce peuple, quoiqu'ils lui soient étrangers. Il y a des Juifs même parmi les Romains : souvent arrêtés dans leur développement, ils se sont néanmoins accrus au point qu'ils ont obtenu la liberté de vivre d'après leurs lois » - Dion Cassius, Histoire romaine, Livre trente-septième, chapitre 17.
  10. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XIII, chapitre 9, paragraphe 1 : « Hyrcan prit aussi les villes d'Idumée, Adora et Marissa, soumit tous les Iduméens et leur permit de rester dans le pays à la condition d'adopter la circoncision et les lois des Juifs. Par attachement au sol natal, ils acceptèrent de se circoncire et de conformer leur genre de vie à celui des Juifs. C'est à partir de cette époque qu'ils ont été des Juifs véritables ».
  11. Voir aussi la critique du sionisme, basée sur ces conversions, que fait l'historien israélien contesté Shlomo Sand : « Déconstruction d’une histoire mythique : comment fut inventé le peuple juif ? », Shlomo Sand, 2008.
  12. Behar DM, Thomas MG, Skorecki K, Hammer MF, Bulygina E, Rosengarten D, Jones AL, Held K, Moses V, Goldstein D, Bradman N, Weale ME (2003) Multiple Origins of Ashkenazi Levites: Y Chromosome Evidence for Both Near Eastern and European Ancestries Am. J. Hum. Genet. 73 768–779
  13. « Psaume 137, 5 & 6 », sur Sefarim
  14. Maïmonide, Mishneh Torah, Hilkhot Melakhim, chapitre 12.
  15. Roland Charpiot, Histoire des Juifs d'Allemagne du Moyen Âge à nos jours, Vuibert, 2009, p. 158.
  16. (en) « League Declares State of War », sur New York Times,‎ 15 mai 1948
  17. (en) « Arab league Declares State of War against palestine Jewry », sur Archives australiennes, The Mercury,‎ 15 mai 1948
  18. Entre 1949 et 1956, plus de 200 civils israéliens et entre 2700 et 5000 infiltrés palestiniens furent tués selon Benny Morris, Israël’s Border Wars 1949-1956, Oxford University Press, 1993, p. 147.
  19. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexes, 1999, p. 330.
  20. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexes, 1999, pp. 312-313.
  21. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexes, 1999, p. 332.
  22. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexes, 1999, p. 331.
  23. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexes, 1999, p. 351.
  24. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexes, 1999, p. 359.
  25. Jeffrey K. Olic, States of Memory Continuities, Conflicts, and Transformations in National, Duke University Press, 2003, p. 241.
  26. Steve Chan, Anita Shapira, Derek Jonathan, Israeli Historical Revisionism: from left to right, Routledge, 2002, pp. 57-58.
  27. Meir Kahane, Uncomfortable questions for comfortable jews - Secaucus, Lyle Stuart, 1987, P.159-160 - cité par Alain Dieckhoff
  28. Site web des "Juifs contre le sionisme" (en anglais)
  29. Voir à ce sujet les articles Sionisme religieux et Agoudat Israël.
  30. Neturei Karta oppose the so-called "State of Israel" not because it operates secularly, but because the entire concept of a sovereign Jewish state is contrary to Jewish Law. - Les Neturei Karta s'opposent au soi-disant " État d'Israël", non parce qu'il est séculier, mais parce que tout le concept d’État juif souverain est contraire à la loi juive" - Site officiel des Neturei Karta, mai 2006.
  31. "Unlike Agudat Israel, Shas saw no contradiction between its religious beliefs and Zionism. It was far more anti-Arab than Agudat Israel and sought increased representation for its adherents in all government bodies, in Zionist institutions, and in the Jewish Agency." - Site de la Librairie du Congres US [1]. Voir aussi : "Redefining Religious Zionism: Shas' Ethno-Politics" by Aaron P. Willis, Princeton University [2]
  32. voir, par exemple, Nathan Weinstock, Le pain de misère, Histoire du mouvement ouvrier juif en Europe, 2 tomes, La Découverte, 2002, ou Alain Brossat et Syvia Klinberg, Le Yiddishland révolutionnaire, Syllepse, 2009, ISBN 9782849502174, ou encore Ilan Greilsammer, Le sionisme, Presses Universitaires de France, Que sais-je ? no 1801, 2005, p. 60-62.
  33. voir aussi le film de Nat Lilenstein, Les révolutionnaires du Yiddishland, produit par Michel Rotman, Antenne 2, 1983
  34. Nicault C., « L’Alliance au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : ruptures et continuités idéologiques », Archives juives 2001/1, no 34, pp. 23-53. [lire en ligne]
  35. Accord d'Oslo en 1993, puis vote en avril 1996 du Conseil national palestinien (organe législatif de l'OLP), par 504 voix contre 54 et 14 abstentions. Voir la page du Département d'État américain.
  36. 3379 (XXX). Elimination of all forms of racial discrimination
  37. UN Chronicle | The Secretary-General's Opening Remarks at DPI Seminar on anti-Semitism
  38. Voir une présentation des partis arabes israéliens et de leurs revendications sur l'article « Les Palestiniens de l'Intérieur et les élections israéliennes », par le « Centre d'information sur la résistance en Palestine », 20-03-2006, publié sur le site The International Solidarity Movement.
  39. Jacob Neusner et Tamara Sonn (1999). Comparing Religions Through Law: Judaism and Islam. Routledge. ISBN 0415194873. p. 201.
  40. « Le Mouvement de la Résistance Islamique considère que la terre de Palestine est une terre islamique waqf [donation religieuse inaliénable] pour toutes les générations de musulmans jusqu'au jour de la résurrection. Il est illicite d'y renoncer en tout ou en partie, de s'en séparer en tout ou en partie » - Article 11 de la charte du Hamas (1988).
  41. Pierre-André Taguieff, L'imaginaire du complot mondial: Aspects d'un mythe moderne, Mille et une nuits, 2006, 213 p. (ISBN 978-2842059804) p. 167.
  42. Steven E. Atkins, Encyclopedia of Right-Wing Extremism In Modern American History, ABC-CLIO, 2011, 345 p. (ISBN 978-1598843507) p. 177-178 ainsi que Mattias Gardell (en), Gods of the Blood: The Pagan Revival and White Separatism, Duke University Press, 2003, 445 p. (ISBN 978-0822384502) p. 68-69.
  43. Programme politique de l’OZON, mai 1938, rapporté dans Histoire de la droite israélienne, 1991, page 140.
  44. Histoire de la droite israélienne, 1991, pages 141-147 - page 180.
  45. Gaston, « Juifs et arabes sacrifiés par les « grands » », no 131 du Libertaire, 28 mai 1948. Gaston, de son vrai nom Armand Schuer est un militant anarchiste d’origine autrichienne, proche du conseillisme.
  46. Éric-Albert, « Palestine terre stratégique », no 133 du Libertaire, 11 juin 1948
  47. « Le mouvement de la résistance islamique est un mouvement palestinien distinct qui doit loyauté à Allah, prend son mode de vie dans l'islam et aspire à élever la bannière d'Allah sur chaque pouce de la terre de Palestine » - Article 6 de la charte du Hamas (1988).
  48. « Ils [les juifs] ont fait éclater des révolutions dans différentes régions du monde pour réaliser leurs intérêts et les faire fructifier. Ce sont eux qui étaient derrière la Révolution française, la révolution communiste » - Article 22 de la charte du Hamas (1988)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Un livre sur la stratégie de colonisation mise en œuvre par premiers gouvernements Likoud (surtout), avant la 1re intifada.
Un livre généraliste, qui balaie toute l'histoire du Sionisme puis d'Israël, des origines à nos jours.
  • Ella Shohat, Le Sionisme du point de vue de ses victimes juives : Les juifs orientaux en Israël (1986), La Fabrique, 124 pages, 2006 (pour la première traduction en français), (ISBN 978-2913372597)
  • Georges Bensoussan, Une histoire intellectuelle et politique du sionisme, Fayard, 2001
  • Ilan Greilsammer, Israël, les hommes en noir, Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, 1991, (ISBN 2-7246-0592-6).
Un livre sur les ultra-orthodoxes juifs, leur rapport difficile au sionisme, et les rapports du sionisme avec eux.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]