Gouvernement Georges Clemenceau (2)

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Gouvernement Georges Clemenceau (2)
Régime Troisième République
président de la république Raymond Poincaré
Président du Conseil Georges Clemenceau
Début 16 novembre 1917
Fin 18 janvier 1920
Durée 2 ans, 63 jours
Coalition Union sacrée
XIe législature
349 / 601
[réf. nécessaire]
Chronologie
Précédent Gouvernement Paul Painlevé I
Suivant Gouvernement Alexandre Millerand I

Raymond Poincaré appelle Georges Clemenceau en novembre 1917 à la tête du gouvernement, avec pour mission de restaurer la confiance et de tout mettre en oeuvre pour que la République soutienne le choc de la Première Guerre mondiale. Le Tigre s'acquitte de sa tâche en mettant en place une « dictature de salut public »[réf. nécessaire], ce qui lui vaut le surnom de « Père-la-victoire »[réf. nécessaire] à la sortie du conflit.

Ce deuxième gouvernement Clemenceau dure près de deux ans et demi, une longévité remarquable[réf. nécessaire] pour un gouvernement de la IIIe République.

La fin de la guerre voit la mise en place de certaines lois sociales, notamment la loi des 8 heures.

Composition du gouvernement[modifier | modifier le code]

Georges Clemenceau

Sous-secrétariats d'État[modifier | modifier le code]

  • Ernest Albert-Favre - Sous-secrétaire d'État à l'Intérieur
  • Ernest Vilgrain - Sous-secrétaire d'État au Ravitaillement
  • Henry Lémery - Sous-secrétaire d'État aux Transports Maritimes et à la Marine Marchande (16 novembre 1917 - 5 décembre 1918)
  • Jean Cels-Couybes - Sous-secrétaire d'État à la Marine de Guerre (16 novembre 1917 - 19 novembre 1918)
  • Jean Cels-Couybes - Sous-secrétaire d'État aux Travaux publics aux Transports et à la Marine Marchande (19 novembre 1918 - 19 janvier 1920)
  • Charles Sergent - Sous-secrétaire d'État aux Finances
  • Paul Morel - Sous-secrétaire d'État à la Liquidation des stocks (6 février 1919 - 27 novembre 1919)
  • Yves le Trocquer - Sous-secrétaire d'État aux finances chargé de la Liquidation des stocks (27 novembre 1919 - 19 janvier 1920)
  • Jules Jeanneney - Sous-secrétaire d'État à la Présidence du Conseil et Ministère de la Guerre
  • Jacques-Louis Dumesnil - Sous-secrétaire d'État Aéronautique (militaire et maritime) (16 novembre 1917 - 9 janvier 1919)
  • Justin Godart - Sous-secrétaire d'État au Service de santé militaire (16 novembre 1917 - 5 février 1919)
  • Louis Mourier - Sous-secrétaire d'État à la présidence de conseil et à la Guerre chargé de l'Administration général de l'armée (12 septembre 1917 - 15 novembre 1917)
  • Louis Mourier - Sous-secrétaire d'État à la présidence de conseil et à la Guerre chargé du Service de santé militaire (5 février 1918 - 19 janvier 1920)
  • Édouard Ignace - Sous-secrétaire d'État à la Justice militaire (17 novembre 1917 - 19 janvier 1920)
  • Louis Deschamps - Sous-secrétaire d'État à la présidence du conseil et à la Guerre chargé de la démobilisation (6 décembre 1918 - 28 novembre 1919)
  • Louis Deschamps - Sous-secrétaire d'État au Commerce à l'Industrie chargé des Postes et Télégraphes (28 novembre 1919 - 19 janvier 1920)
  • Léon Abrami - Sous-secrétaire d'État à la Guerre chargé des effectifs et des pensions puis de l'Administration (17 novembre 1917 - 19 janvier 1920)
  • Henry Bérenger - Commissaire général aux Essences et Combustibles (21 août 1918 - 18 février 1919).

Remaniements[modifier | modifier le code]

  • 23 novembre 1917 - Albert Lebrun remplace Charles Jonnart au poste de ministre du Blocus et des Régions libérées.
  • 26 novembre 1918 - Louis Loucheur devient ministre de la Reconstruction industrielle. Le poste de ministre de l'Armement et des fabrications de guerre est supprimé.
  • 24 décembre 1918 - Le poste de ministre du Blocus est supprimé. Lebrun reste ministre des Régions libérées.
  • 5 mai 1919 - Albert Claveille remplace Étienne Clémentel au poste de ministre de la Marine marchande. Il reste ministre des Travaux publics et du Transport, tandis que Clémentel reste ministre du Commerce, de l'Industrie, des Postes et Télégraphes.
  • 20 juillet 1919 - Joseph Noulens remplace Victor Boret au poste de ministre de l'Agriculture et du Ravitaillement.
  • 6 novembre 1919 - André Tardieu remplace Albert Lebrun au poste de ministre des Régions libérées.
  • 27 novembre 1919 - Léon Bérard remplace Louis Lafferre au poste de ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. Louis Dubois remplace Étienne Clémentel au poste de ministre du Commerce, de l'Industrie, des Postes et Télégraphes.
  • 2 décembre 1919 - Paul Jourdain remplace Pierre Colliard au poste de ministre du Travail et de la Prévoyance sociale.

Actions de politique intérieure[modifier | modifier le code]

  • 1919
    • Les débats de la Chambre et du Sénat sont divergents. Dans un contexte économique dopé par la reconstruction du pays et propice aux revendications ouvrières, Clemenceau incite son ministre du Travail à déposer un projet de loi prévoyant une réduction du temps de travail à huit heures la journée, sans perte de salaire. Cette mesure vise à lutter contre le chômage dû à l'afflux de main-d'œuvre provoqué par le retour des combattants du front. Le Sénat vote la journée de huit heures mais pas la Chambre. Dans le même temps, la Chambre vote le droit de vote pour les femmes mais pas le Sénat. La CGT organise des manifestations pour la journée de huit heures. Le 2 juin les métallurgistes se mettent en grève pour la semaine de 44 heures, le 3 les employés du métropolitain et des omnibus les rejoignent. La grève se termine le 16 sans succès. Le 21 août, les grandes entreprises françaises se regroupent dans la Confédération Générale de la Production Française (CGPF).
    • Le 25 mars, la loi sur les conventions collectives est adoptée. C'est la première loi à donner un statut légal à ces conventions, même si elle leur conserve un caractère essentiellement contractuel. Le 23 avril, la loi des 8 heures est finalement adoptée. Elle sera relativement bien appliquée et permet aux salariés de bénéficier de la « semaine anglaise » (week-end).
    • Le Bloc national (droite et centre-droit) remportent largement les élections législatives de novembre (433 députés et 70,6 % des sièges). Fin de l'Union sacrée. Le discours de fermeté face à l'Allemagne et la division de la gauche a facilité la victoire du Bloc. La chambre des députés voient le retour en force de la droite, mettant fin à 43 ans de gouvernement républicain. les élections accouchent de la chambre la plus à droite depuis 1871, la chambre « bleu horizon ». 28,9 % d'abstention. Malgré le changement de majorité, le gouvernement garde la confiance de la chambre.
  • 1920
    • Élection du président de la République française, sont en présence les candidatures de Clemenceau et de Paul Deschanel. Les parlementaires vont faire payer à Clemenceau des années d'humiliation[non neutre] pendant lesquelles il a gouverné seul[réf. nécessaire], menant une « dictature de salut public »[réf. nécessaire]. Porté par un soutien populaire, il a ignoré le Parlement, le tenant éloigné de toute information sur la guerre. La gauche lui reproche son autoritarisme. Mais à droite, on reproche à Clemenceau son anti-cléricalisme et l'attitude hautaine du « Père-la-victoire ». Clemenceau est devancé par Deschanel, il ne réunit que 389 voix contre 408 à la réunion préliminaire, il retire sa candidature et démissionne de la présidence du Conseil. Son successeur sera Alexandre Millerand.