Liu Xiaobo

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le militant des droits de l'homme. Pour le taekwondoïste, voir Liu Xiaobo (taekwondo).

Liu Xiaobo

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Liu Xiaobo

Naissance 28 décembre 1955 (58 ans)
Changchun, Jilin, Chine
Nationalité Chinoise
Pays de résidence Chine
Diplôme
Doctorat ès lettres
Profession
Activité principale
Formation
Université de Jilin
Université normale de Pékin
Distinctions
Conjoint

Liu Xiaobo (chinois simplifié : 刘晓波 ; chinois traditionnel : 劉曉波 ; pinyin : Liú Xiǎobō) né le 28 décembre 1955 à Changchun, est un écrivain, professeur d'université et militant des droits de l'homme de l'ère des réformes de la Chine.

Liu a été président du Centre chinois indépendant PEN de 2003 à 2007. Le 8 décembre 2008, Liu est placé en détention en réponse à sa participation à la Charte 08, un manifeste publié le 10 décembre. Il a été formellement arrêté le 23 juin 2009 sur, selon la China Review News, sous le chef de suspicion d’« incitation à la subversion du pouvoir de l’État[1],[2]. » Après plus d'un an de détention, la police chinoise l'accuse officiellement le 9 décembre 2009 et transmet son dossier aux procureurs[3]. Le 25 décembre 2009, Liu Xiaobo est condamné à onze ans de prison pour subversion, ce qui provoque de nombreuses réactions internationales[4].

Le 8 octobre 2010, le prix Nobel de la paix lui est attribué pour ses « efforts durables et non violents en faveur des droits de l’homme en Chine[5]. » Il est le premier citoyen chinois à se voir attribuer un prix Nobel alors qu'il réside en Chine[6]. Liu Xiaobo est la troisième personne à gagner un prix Nobel alors qu'il est en détention après Carl von Ossietzky (1935) et Aung San Suu Kyi (1991)[7], la deuxième personne (la première étant Ossietzky) à se voir refuser d'envoyer un représentant recevoir le prix en son nom et le dernier prix Nobel de la paix actuellement en prison[8].

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Liu Xiaobo est né en 1955 à Changchun, dans la province de Jilin, de parents intellectuels et communistes ; son père enseigne à l'université puis dans une académie militaire.

Lors de la grande famine pendant les années 1958 à 1961, liée au Grand Bond en avant, Liu Xiaobo et sa famille ont souffert de la faim. Entre 1969 et 1973, il connait l'exil en Mongolie-intérieure avec sa famille. Puis en 1974, dans le cadre du mouvement d'envoi des zhiqing à la campagne il doit partir travailler dans une ferme de la province de Jilin[9]. Pendant un an, en 1976-1977, il travaille comme peintre en bâtiment pour la Changchun construction Company. Liu déclare être reconnaissant à la révolution culturelle car elle lui a donné la liberté de faire ce qu'il voulait et permis d'échapper momentanément à des études dont le seul objet est l'assujettissement de l'individu. Sa lecture des œuvres de Marx en 40 volumes l'incite à se pencher sur les grands philosophes occidentaux[10].

Liu Xiaobo fait partie de la première génération qui accède à l'université en 1977 à l'issue de la révolution culturelle. Admis comme étudiant dans la section de Lettres de l'université de Jilin, il y fonde, avec six de ses condisciples, un cercle de poésie baptisé « Les cœurs innocents » (Chi Zi Xin)[11]. Il passe sa licence en littérature en 1982 puis est admis comme étudiant-chercheur dans la section de littérature chinoise de l'Université normale de Pékin. En 1984, il passe sa maîtrise et devient enseignant dans cette même section[12],[13],[14],[15]. Cette même année, il épouse Tao Li, avec qui il a un fils, Liu Tao, en 1985.

En 1986, année où il entame son doctorat, il publie des critiques littéraires dans plusieurs revues, scandalisant les milieux littéraires et idéologiques par ses commentaires contre les doctrines officielles et les élites en place[16]. L'année suivante, il publie son premier livre, Critique du choix : dialogue avec Li Zehou, où il se livre à une critique du confucianisme et remet en question Li Zehou, idéologue en vue qui exerçait à l'époque une grande influence sur les jeunes intellectuels[16]. En 1988, il soutient sa thèse de doctorat, « Esthétique et liberté humaine », laquelle, publiée, deviendra son deuxième livre[17].

Cette même année (il a 33 ans), il part pour la première fois à l'étranger, pour participer à une conférence sur le théâtre et le cinéma chinois à Oslo, conférence qu'il juge « d'un mortel ennui ». Après divers échanges de mots avec ses hôtes, il écrit à un ami qu'il s'était senti aussi isolé en Norvège qu'en Chine[18].

En 1988 et 1989, il est professeur-chercheur invité à l'Université d'Hawaï et l'Université Columbia aux États-Unis[19],[20].

Vues politiques[modifier | modifier le code]

Occidentalisation de la Chine[modifier | modifier le code]

En 1988, de passage à Hong Kong (à l'époque encore territoire britannique), il déclare, dans un interview accordé au magazine hongkongais Liberation Monthly, que « s'il a fallu 100 ans de colonisation à Hong Kong pour être ce qu'elle est, alors il faut 300 ans de colonisation à la Chine pour devenir comme Hong Kong mais je ne suis pas sûr que 300 ans suffiraient » pour réaliser une véritable transformation historique[21],[22]. Ces affirmations scandalisèrent certains membres des cercles pro-démocratie[23]. Liu Xiaobo déclare aussi que « la modernisation est synonyme d'occidentalisation totale », que « choisir de vivre signifie choisir le mode de vie occidental. La différence entre le mode de gouvernement occidental et le mode de gouvernement chinois, c'est la même que celle entre l'humain et le non humain, il n'y a pas de compromis. L'occidentalisation est le choix non pas de la nation mais de la race humaine »[24].

Le sinologue Jean-Philippe Béja replace ces propos dans leur contexte de 1988. Les 20 dernières années du règne de Mao Zedong ont plongé la Chine dans une situation dramatique, et nombre de Chinois, même au sein du Parti communiste chinois, sont en extase devant la réussite de la colonie de Hong Kong avec sa liberté et sa prospérité. La culture traditionnelle et le « féodalisme » maoïste apparaissent comme les obstacles majeurs à la modernisation[25].

Bien que ces propos aient été utilisés contre lui par le gouvernement chinois, Liu indiqua en 2006 qu'il n'avait pas l'intention de les retirer[26].

Politique extérieure américaine[modifier | modifier le code]

En 1996, dans un article intitulé « Leçons de la Guerre froide », il affirme que « le monde libre, sous la direction des États-Unis, a lutté contre tous les régimes qui foulent aux pieds les droits de l'homme. Les guerres importantes menées par le gouvernement américain sont, d'après Liu, défendables sur le plan éthique »[27].

En 2004, il publie un article intitulé « Victory to the Anglo-American Freedom Alliance », où il qualifie les guerres menées par les États-Unis après la guerre froide, comme étant « le meilleur exemple de la façon dont les guerres doivent être menées dans une civilisation moderne » ; il prédit qu'« un Irak libre, démocratique et paisible va naître »[28].

Pendant l'élection présidentielle américaine de 2004, il félicita le président sortant, George Bush, de son effort de guerre en Irak et reprocha au candidat démocrate John Kerry de ne pas soutenir suffisamment les guerres américaines. Il déclara que « quelle que soit la gravité des risques encourus en abattant Saddam Hussein, l'inaction entraînerait des risques encore plus grands, comme le prouvent la seconde Guerre mondiale et le 11 septembre ! ». À ses yeux, « la guerre contre Saddam Hussein est juste, la décision du président Bush est la bonne »[29],[30].

Pour Barry Sautman et Yan Hairong, Liu Xiaobo est « un néoconservateur et néolibéral façonné au moule des États-Unis », un apologiste non pas de la paix mais des guerres engagées par les États-Unis et leurs alliés[31].

Système politique et économique chinois contemporain[modifier | modifier le code]

En 2008, Liu a participé à la rédaction de la charte 08. Selon Arnaud de La Grange, cette charte présente un programme en dix-neuf points, pour réclamer les droits de l'homme et démocratiser le système politique chinois actuel[32]. Pour leur part, Barry Sautman et Yan Hairong écrivent que Liu Xiaobo réclame, dans la charte, l'instauration d'un système politique de type occidental en Chine et la privatisation des entreprises appartenant à l'État et celle des terres agricoles[33]. Le Quotidien du Peuple indique dans un article du 29 octobre 2010 que la Charte 08 « s'oppose à la dictature démocratique du peuple, au socialisme et à la structure unitaire de l'État, inscrits dans la Constitution chinoise »[34].

Selon la femme de lettres australienne Linda Jaivin (en), traductrice du chinois et amie de Liu Xiaobo, ce dernier a une conception particulière de la démocratie en Chine, étant en faveur non pas du suffrage universel dans son propre pays mais d'une démocratie au mérite[35], critique reprise par Barry Sautman et Yan Hairong[36].

Militant des droits de l'homme[modifier | modifier le code]

En mai 1989 il quitte son poste à la Columbia University à New York et retourne en Chine pour participer au mouvement démocratique.

Participation aux manifestations de la place Tian'anmen[modifier | modifier le code]

Lors des manifestations de la place Tian'anmen à Pékin, il fait une grève de la faim pour dénoncer le durcissement du régime et en solidarité avec les étudiants. Participent également à cette grève le chanteur taïwanais Hou Dejian et deux autres intellectuels, le sociologue Zhou Duo et l'éducateur Gao Xin[37]. Dans la nuit du 4 juin, avant l'intervention de l'armée populaire de libération, Liu Xiaobo, en compagnie de Hou Dejian, assure une médiation entre les factions les moins radicales des étudiants et les autorités afin de protéger les manifestants. Ils obtiennent des militaires qui entourent la place de laisser les derniers manifestants se retirer des lieux pacifiquement. À l'issue d'un vote à main levée, la majorité des étudiants est apparemment d'accord, une poignée est décidée à rester. Finalement, la place est évacuée sans victimes répertoriées, si bien que le gouvernement pourra affirmer, par la suite, que c'est grâce aux efforts de Liu et de Hou qu'il n'y a pas eu de morts à Tian'anmen[38]. Arrêté dans la nuit du 6 juin, Liu est accusé d'être l'un des instigateurs des « émeutes contre-révolutionnaires » et condamné à un an et demi de prison[39]. Une fois libéré, il ne sera plus autorisé à publier et à prendre la parole en public sur le territoire chinois. Il déclare : « Je ne pouvais plus m'exprimer qu'à travers les médias étrangers »[40]. De fait, il continue à publier de nombreux articles dans la presse chinoise internationale[41].

Selon Le Quotidien du Peuple, au milieu des années 1990, Liu Xiaobo commence à travailler pour le magazine Chine Démocratique (Democratic China), financé par la « Dotation Nationale pour la Démocratie » (National Endowment for Democracy), dont les fonds proviennent du gouvernement américain, et reçoit une paye régulière. Son salaire aurait été de 23 004 dollars américains, soit 157 600 yuans, d'après le taux de change de cette époque[42].

Selon Marc Bouffaré, du Figaro, entre 1996 et 1999, Liu Xiaobo a été envoyé dans un camp de rééducation par le travail pour avoir réclamé une réforme politique et la libération des personnes toujours emprisonnées en raison de leur participation au mouvement de juin 1989. Il critique dans ses œuvres la culture chinoise traditionnelle, la trouvant trop soumise au pouvoir[43].

De 2003 à 2007, Liu Xiaobo est président, deux fois de suite, de l'Independent Chinese Pen Center[44], un organisme non-officiel ayant son siège en Suède et qui, selon le politologue F. William Engdahl, est financé annuellement par la Dotation nationale pour la Démocratie et fait partie intégrante du réseau anglo-américain d'ONG promouvant les droits de l'homme et la démocratie, et d'organismes privés employés pour atteindre les buts géopolitiques particuliers de leurs sponsors[45],[46],[47],[48]. Selon Engdahl, en 2010, Liu Xiaobo est membre du comité d'administration de l'organisation[49].

Conditions de travail dans les mines[modifier | modifier le code]

Après avoir fait circuler une lettre collective dénonçant la négligence des responsables et des propriétaires de mines locaux à l'origine de la mort de centaines de personnes au Shanxi, Liu Xiaobo et d'autres dissidents sont mis en garde à vue pour une durée de 24 heures le 13 décembre 2004, Liu restant sous surveillance pendant les deux semaines qui suivent[50].

Tibet[modifier | modifier le code]

Le 22 mars 2008, lors des troubles au Tibet, Liu Xiaobo, Wang Lixiong et 28 intellectuels chinois lancent un appel pour demander au gouvernement chinois d'infléchir sa politique au Tibet et pour soutenir l'appel à la paix du dalaï-lama[51]. Il dénonce également la brutalité policière au Xinjiang : arrestations arbitraires, exécutions et menaces de mort[52].

Charte 08 et arrestation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Charte 08.
Manifestation pour la libération de Liu Xiaobo à Hong Kong en 2008.

Liu Xiaobo est un des auteurs de la Charte 08[53], voire son principal auteur[54],[55]. La Charte 08 a été signée par 303 intellectuels chinois en 2008, et depuis par plus de 10 000 citoyens chinois[56],[53]. Elle a été conçue et écrite dans l'inspiration de la Charte 77 de Tchécoslovaquie, où, au mois de janvier 1977, plus de deux cent intellectuels tchèques et slovaques avaient formé une association de personnes unies par la volonté d'agir individuellement et collectivement pour le respect de l'humain et des droits civils[57].

Arrestation et condamnation[modifier | modifier le code]

Tard dans la soirée du 8 décembre 2008, Liu Xiaobo est emmené de chez lui par la police[58], au même moment qu'un autre dissident et lettré, Zhang Zuhua. Selon ce dernier, tous deux sont détenus brièvement sous le motif d'avoir réuni des signatures pour une charte appelant à un plus grand respect de droits de l’homme en Chine[59].

Liu Xiaobo est officiellement arrêté le 23 juin 2009 sur suspicion d’« incitation à la subversion du pouvoir de l’état ». Le 25 décembre 2009, il est condamné à 11 ans de prison pour subversion[4]. C'est la peine la plus lourde qui ait été donnée pour l'inculpation de « subversion au pouvoir de l'État », créée en 1997[56]. Le procès, plus d’un an après son arrestation, dure deux heures. Les articles écrits par Liu Xiaobo concernant le mouvement pour la démocratie de juin 1989 sont retenus lors de son jugement comme éléments prouvant l’« incitation à la subversion »[60]. Les militants des droits de l'homme soulignent que le mois de décembre est la période privilégiée par le gouvernement chinois pour régler le cas des dissidents, par exemple celui de Hu Jia[56]. Liu Xiaobo décide de faire appel[43].

Réactions en Chine et en Occident[modifier | modifier le code]

Le 11 décembre 2008[61], les États-Unis auraient demandé au gouvernement de la Chine de « remettre en liberté Liu Xiaobo et de mettre fin au harcèlement des citoyens chinois qui expriment de manière pacifique leur aspiration aux libertés fondamentales reconnues par la communauté internationale[62] ».

Le 24 juin 2009, 52 intellectuels chinois, des enseignants et chercheurs notamment, ont signé une lettre ouverte demandant au gouvernement chinois la libération de Liu Xiaobo[63].

Le 1er octobre 2009, jour du soixantième anniversaire de la proclamation par Mao Zedong de la République populaire de Chine, le Congrès des États-Unis a appelé la Chine à libérer Liu Xiaobo. Howard Berman, président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis, a déclaré lors du débat :

« Le gouvernement chinois ne semble pas être conscient de l'ironie de ses actes, car ses efforts pour étouffer la Charte 2008 ne font que souligner l'incapacité de la Chine à se conformer aux principes mêmes qu'elle avance[64]. »

Le 4 décembre 2009, l'Union européenne et les États-Unis font une demande officielle pour la libération immédiate de Liu Xiaobo[37].

Le 25 décembre 2009, sa condamnation à 11 ans de prison pour subversion provoque de nombreuses réactions internationales : l'Organisation des Nations unies se dit « profondément inquiète » d'une décision qui remet en cause les avancées des droits de l'homme en Chine, l'Union Européenne s'affirme « très préoccupée par le caractère disproportionné de la condamnation infligée au défenseur des droits de l'Homme Liu Xiaobo », fait part de ses « inquiétudes quant au respect de la liberté d'expression et du droit à un procès équitable en Chine », les États-Unis redemandent sa libération immédiate et la chancelière allemande Angela Merkel se dit « consternée »[4]. Des ONG comme Human Rights Watch dénoncent cette décision comme un avertissement aux défenseurs des droits de l'homme en Chine[4], Liu Xiaobo étant un « bouc émissaire[56] », et un échec pour les pays occidentaux plus préoccupés par leurs intérêts économiques que pour les droits de l'homme en Chine[43]. Reporters sans frontières considère la condamnation comme une atteinte à la liberté d'expression[4], opinion partagée par Amnesty International qui s'inquiète pour les autres signataires de la charte 08[56]. Le 14e Dalaï Lama a déclaré son soutien affirmant : « en condamnant Liu Xiaobo et d'autres tels que lui, qui utilisent la liberté d'expression pour défendre publiquement leurs opinions, les autorités chinoises ont violé non seulement les principes obligatoires de la Déclaration universelle des droits de l'homme mais aussi la liberté d'expression mentionnée dans la Constitution de la République populaire de Chine[65] ».

Pour sa part, le ministère chinois des affaires étrangères a déclaré, concernant les soutiens à Liu Xiaobo : « Certains pays ou leur ambassade ont publié sur ce dossier de prétendues déclarations qui selon nous constituent de grossières ingérences dans les affaires intérieures chinoises[66]. »

Fin janvier 2010, une lettre ouverte est adressée aux dirigeants du PCC et du gouvernement soutenant Liu Xiaobo et écrite par Hu Jiwei, ancien dirigeant du Quotidien du peuple, Li Pu, ancien no 2 de l'agence Chine nouvelle, Dai Huang, un ancien journaliste de cette agence, et He Fang, membre de l'Académie chinoise des sciences sociales, affirmant qu’il est surtout reproché à Liu Xiaobo d'avoir proposé pour la Chine une structure de « république fédérale », ce qui, au regard de l’histoire du PCC n'a rien de subversif. Les auteurs déclarent : « Si le juge viole la Constitution et ne connaît pas l'histoire du Parti... et produit des accusations fausses et incorrectes, cela ternira sérieusement l'image du pays et du Parti, et il sera difficile de montrer que la Chine est un pays régi par la loi et une société harmonieuse[67]. »

Périodes d'emprisonnement de Liu Xiaobo[modifier | modifier le code]

Périodes d'emprisonnement de Liu Xiaobo[68]
Durée de la condamnation Accusation Conséquence
Juin 1989 – janvier 1991 À l'issue des manifestations de la place Tian'anmen : Inculpation pour diffusion de messages incitant à un comportement contre-révolutionnaire Emprisonné dans l'une des prisons de sécurité maximale, la prison de Qincheng. Libération après avoir signé une « lettre de repentance. »
Mai 1995 – janvier 1996 Implication dans le mouvement démocratique et des droits de l'homme et expression en public de la nécessité de corriger les erreurs du gouvernement après la révolte étudiante de 1989 Libéré après six mois de prison.
Octobre 1996 – octobre 1999 Inculpation pour trouble de l'ordre social Emprisonné dans un Laogai, camps de rééducation par le travail, pendant trois ans. En 1996, il épouse Liu Xia.
25 décembre 2009 – 2020 À la suite de la rédaction de la Charte 08, emmené de chez lui par la police en décembre 2008, arrestation officielle en juin 2009 et condamnation en décembre 2009 pour subversion du pouvoir de l'État Condamné à 11 ans de détention et privé de tous les droits politiques pendant deux ans. En octobre 2010, il est détenu à la prison de Jinzhou dans la province de Liaoning[69].

Prix Nobel de la paix[modifier | modifier le code]

Le 18 janvier 2010, Liu a été nommé pour le prix Nobel de la paix 2010 par Václav Havel, le Dalaï Lama, André Glucksmann, Vartan Gregorian, Mike Moore, Karel Schwarzenberg, Desmond Tutu et Grigori Iavlinski[70]. Ma Zhaoxu (马朝旭), le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la Chine a déclaré que l'attribution du prix Nobel de la paix à Liu serait « totalement erronée[71] ». Geir Lundestad, le secrétaire du Comité Nobel norvégien, a déclaré que la récompense ne serait pas influencée par l'opposition de Pékin[71].

Le 14 septembre 2010, Jón Gnarr, le maire de Reykjavik a rencontré sur une question sans rapport Liu Qi, membre du Politburo du PCC, et a demandé que la Chine libère le dissident Liu Xiaobo. En septembre, Václav Havel, Dana Nemcova et Václav Maly, les dirigeants de la Révolution de velours tchécoslovaque, ont publié une lettre ouverte dans le Herald Tribune demandant que la récompense soit donnée à Liu, le 25 le New York Times s'est fait l'écho d'une pétition réclamant la même chose[72],[73]. Le philosophe Xu Youyu, ancien professeur à l'Académie des sciences sociales de Chine, a également adressé une lettre ouverte au Comité Nobel pour lui demander de distinguer Liu Xiaobo[74].

Le 8 octobre 2010, ce prix lui est attribué pour ses « efforts durables et non violents en faveur des droits de l’homme en Chine. »

Après la libération de la Birmane Aung San Suu Kyi en novembre 2010, Liu Xiaobo reste le seul prix Nobel de la paix emprisonné.

Réactions officielles chinoises[modifier | modifier le code]

Le jour même de l'attribution du prix, le gouvernement chinois dénonce un « dévoiement » du prix, considère toujours le prisonnier politique comme un « criminel » et convoque l'ambassadeur de Norvège pour lui annoncer que ce choix allait nuire aux relations entre les deux pays[75].

Le mardi 12 octobre, Ma Zhaoxu, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, indique « donner le prix Nobel de la paix à un criminel qui purge une peine de prison traduit un manque de respect pour le système judiciaire de la Chine[76]. »

Le porte-parole du ministère des affaires étrangères de la Norvège a déclaré à l'AFP que le gouvernement de la Chine avait à la dernière minute annulé une rencontre entre le ministre norvégien des pêcheries Lisbeth Berg-Hansen et les autorités sanitaires chinoises. De même, le gouvernement chinois avait annulé une comédie musicale dont la vedette était le lauréat norvégien du concours de l'Eurovision 2009, Alexander Rybak[77].

Réactions de Liu Xiaobo et de Liu Xia[modifier | modifier le code]

Dès le 8 octobre, son épouse Liu Xia est placée en résidence surveillée dans son appartement de Pékin et son téléphone portable neutralisé[78].

Liu Xia, est autorisée à voir ses parents et à faire ses courses sous surveillance policière. Elle a précisé ne pas être surprise par les réactions officielles de Pékin. Selon elle, son mari dédie ce prix Nobel de la paix aux « âmes perdues du 4 juin », c'est-à-dire aux morts de Tiananmen victimes le 4 juin 1989 lors des répressions des manifestations de la place Tian'anmen.

Concernant la remise du prix Nobel, Liu Xia indique : « Xiaobo m'a dit qu'il espérait que je puisse aller en Norvège pour recevoir le prix à sa place[76]. »

Réactions de dissidents chinois[modifier | modifier le code]

Les dissidents chinois attendent de l'attribution du prix Nobel à Liu Xiaobo des retombées positives dans leur lutte pour les droits de l'homme[79].

L'avocat Teng Biao indique que quatorze militants chinois dont l'avocat Xu Zhiyong ont été arrêtés en octobre 2010 alors qu'ils s'étaient retrouvés dans un restaurant à l'heure de l'annonce du lauréat du prix[80]. Selon l'organisation non gouvernementale internationale, Reporters sans frontières, des soutiens de Liu Xiaobo ont été arrêtés à Pékin, à Jinan et à Shanghai mais également dans la province du Sichuan. Parmi eux, 3 ont été placés en détention pendant au moins 8 jours : Wu Gan, Wang Lihong et Zhao Changqing[81]. L'écrivain[82] Yu Jie est arrêté et torturé[83].

Le sociologue Zhou Duo, un des proches de Liu Xiaobo lors des événements de Tiananmen en 1989, indique que ce prix Nobel de la paix est une « bonne nouvelle, mais qui arrive si tard. » Bao Tong, l'ancien secrétaire de Zhao Ziyang un des inspirateurs des réformes de Deng Xiaoping, a affirmé que Liu mérite ce prix et qu'il s'agit d'un encouragement du monde libre qui doit renforcer « l'appel à la réforme politique au sein de la société civile. » L'artiste Ai Weiwei critique les autorités chinoises et indique que le peuple chinois ne tient plus compte du gouvernement[84]. Ai Weiwei a été arrêté par la police chinoise le 3 avril 2011[85].

Par ailleurs la dissidente chinoise Dai Qing déclare « Pourquoi le PCC considère comme un vil criminel un personnage si respecté de par le monde… Ce prix est aussi décerné à tous les Chinois opprimés[86]. »

Le lundi 18 octobre, Zhang Xianling, membre de l'association des Mères de Tiananmen, indique que Ding Zilin, une des leaders de l'association est incarcérée et détenue dans un lieu tenu secret. Mme Zhang précise que l'écrivain Jiang Qisheng, ami de Liu Xiaobo, a aussi disparu[87].

Près de 600 intellectuels chinois - universitaires, avocats et militants des droits de l'Homme - ont signé une lettre ouverte demandant une démocratisation en Chine et la libération de Liu Xiaobo et des prisonniers de conscience[88].

Réactions internationales[modifier | modifier le code]

Manifestation au Japon le 16 octobre 2010

Selon un article de Radio-Canada, malgré les pressions chinoises, de nombreux pays et organisations internationales ont officiellement félicité Liu Xiaobo[89].

Selon un article de l'agence Chine nouvelle, plus de cent pays et organismes internationaux, soit une grande majorité, ont appuyé la position de la Chine. Situation sans précédent, plus de vingt pays ayant une mission permanente en Norvège ont refusé d'assister à la cérémonie. Certains des pays et organismes présents à celle-ci n'avaient délégué qu'un représentant de second plan[90].

Pour l'ONU, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, la Sud-africaine Navi Pillay déclare : «  Liu Xiaobo est évidemment un défenseur majeur des droits de l'homme ». Navi Pillay précise : «  Des militants comme Liu Xiaobo peuvent contribuer de façon importante au développement de la Chine[91]. »

Barack Obama, président des États-Unis, déclare :

« Le comité Nobel a choisi un porte-parole éloquent et courageux de la cause des valeurs universelles...Au cours des trente dernières années, la Chine a accompli des progrès spectaculaires...Cette récompense nous rappelle que la réforme politique n'a pas suivi le même rythme et que les droits humains doivent être respectés[92]. »

Hillary Clinton insiste plus sur les valeurs et demande « à la Chine de respecter ses obligations internationales vis-à-vis des droits de l'homme » et appelle à une libération du dissident.

José Manuel Durão Barroso, président de la Commission européenne, indique :

« C'est un fort message de soutien à ceux qui, en faisant de grands sacrifices personnels, luttent pour la liberté et les droits de l'homme[92]. »
Manifestation pour la libération de Liu Xiaobo à Hong-Kong, 2010

Le dalaï-lama appela à la libération de Liu Xiaobo et celle d'autres prisonniers d'opinion incarcérés pour avoir usé de leur droit à la liberté d'expression en Chine[93].

Au Japon, le Premier ministre Naoto Kan déclare « le Comité Nobel a montré l'importance du respect des droits de l'Homme, « qui sont universels[91]. » Le 14 octobre, Naoto Kan demande la libération du prix Nobel de la paix[94].

Václav Havel, ancien président de la République tchèque, indique : « Liu Xiaobo est exactement ce citoyen engagé à qui une telle récompense appartient à juste titre... Je suis très satisfait qu'il soit le premier Chinois de l'Histoire à le recevoir... Je voudrais à nouveau saluer la naissance de la Charte 08 et tous ses signataires et leurs familles[91]. »

À l'inverse, le président du Venezuela, Hugo Chávez, a exprimé sa solidarité avec le gouvernement chinois[95].

En France, le président Nicolas Sarkozy et le premier ministre François Fillon n'ont pas réagi à l'attribution de ce prix[96],[97]. Par contre, le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré le 8 octobre 2010 : « La France appelle à la libération du dissident chinois Liu Xiaobo, prix Nobel de la Paix 2010 »[98].

Sommet 2010 des lauréats du Nobel de la paix[modifier | modifier le code]

En novembre 2010 lors du sommet d'Hiroshima au Japon, le dalaï-lama et cinq autres lauréats du Nobel de la paix ont participé au sommet des prix Nobel de la Paix. Ce sommet était consacré cette année au désarmement nucléaire et organisé à Hiroshima, ville détruite par une bombe atomique à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Liu Xiaobo, emprisonné en Chine, a été représenté à ce sommet par le Chinois Wuer Kaixi, un des leaders étudiants lors des manifestations de la place Tian'anmen en 1989. Ce dernier a appelé à la libération de Liu Xiaobo. Il a par ailleurs déclaré « Les militants en faveur de la démocratie et les avocats défenseurs des droits de l'homme continuent d'être harcelés et emprisonnés en Chine, au moment où nous sommes réunis à Hiroshima »[99].

Préparation de la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix[modifier | modifier le code]

En rouge, pays invités qui ont boycotté la cérémonie.

Le prix Nobel de la paix doit être remis le 10 décembre 2010 à Oslo en Norvège.

Le 26 octobre, Liu Xia, la femme du prix Nobel indique : « Si l'on se fonde sur la situation actuelle, la probabilité que Xiaobo et que moi-même allions recevoir le prix est minime. » En effet Liu Xia est assignée à résidence à son domicile de Pékin depuis l'attribution du Nobel à son mari, le 8 octobre 2010. Liu Xia demande que des proches de Liu Xiaobo puissent se rendre à Oslo pour la cérémonie de remise du prix Nobel. Selon une ONG, les frères du dissident emprisonné sont prêts à se déplacer à Oslo pour recevoir en son nom le prix Nobel. Ils pourraient être accompagnés de proches de Liu Xiaobo[100].

En novembre 2010, Mo Shaoping, avocat de Liu Xiaobo, a été empêché de prendre un vol aérien alors qu'il souhaitait rejoindre Londres pour assister à une conférence internationale. Selon Mo Shaoping : « le gouvernement chinois veut absolument éviter que les amis de Liu Xiaobo soient présents à la cérémonie » de remise du prix Nobel de la paix. Un autre avocat, He Weifang, a connu la même interdiction de quitter le pays[101]. Le Polonais Lech Wałęsa, chef historique du syndicat Solidarność et prix Nobel de la paix en 1983, se propose avec d'autres lauréats du prix Nobel, de représenter Liu Xiaobo aux cérémonies officielles de la remise du prix à Oslo[102]. Le 26 novembre, le Chinois Yang Jianli, qui vit en exil aux États-Unis, indique qu'une chaise vide représentera le lauréat actuellement emprisonné. M. Yang déclare : « Une chaise vide pour le lauréat rappellera au monde que Liu Xiaobo croupit en prison et que la situation des droits de l'homme en Chine mérite l'attention de la communauté internationale ». M. Yang précise qu'il sera présent à la cérémonie d'Oslo[103]. Le 3 décembre, l'artiste chinois Ai Weiwei, qui souhaitait rejoindre la Corée du Sud, indique que la police a refusé sa sortie du territoire chinois car il mettait alors « en danger la sécurité nationale ». Ai Weiwei analyse ainsi cette interdiction : « la police et les autorités aux frontières augmentent leurs efforts pour empêcher des membres éminents de la société civile chinoise de voyager à l'étranger à l'approche de la cérémonie du prix Nobel de la paix » [104]. Amnesty International estime que plus de 200 Chinois ont été empêchés de se rendre à l'étranger ou ont été placés en détention à l'approche de la cérémonie de remise du prix Nobel du 10 décembre[105].

L’Institut Nobel a invité à la cérémonie organisée le 10 décembre les ambassadeurs en poste à Oslo, alors que l'ambassade chinoise a envoyé une lettre aux représentations des autres pays pour leur demander de ne pas se rendre à la cérémonie. Le directeur de l'institut indique le 18 novembre : « À ce jour, 36 ambassadeurs ont accepté notre invitation, 16 n’ont pas répondu et six ont dit non ». Les six pays qui boycottent la cérémonie sont la Chine, Cuba, la Russie, le Kazakhstan, l'Irak et le Maroc[106]. Le 8 décembre parmi les 65 pays invités, car représentés par une ambassade à Oslo, 44 ont accepté l'invitation.

Cérémonie de remise du prix Nobel de la paix[modifier | modifier le code]

Projection d'un portrait de Liu Xiaobo sur un hôtel d'Oslo pendant la cérémonie.

Le lauréat du prix Nobel de la paix, Liu Xiaobo n'a pas pu se rendre à Oslo le 10 décembre 2010 pour recevoir son prix. Sa chaise est restée vide, aucun de ses proches n'ayant pu effectuer le déplacement. Le président du comité Nobel, Thorbjørn Jagland, a indiqué : « La dernière fois qu'un lauréat n'a pu venir ou être représenté, c'était en 1935. Carl von Ossietzky en a été empêché par Adolf Hitler. Il est mort moins d'un an plus-tard. »[107].

Liu Xiaobo a dédié ce prix aux « âmes perdues » lors de la répression de la place Tiananmen en 1989. Le président du comité Nobel a appelé à la libération du lauréat, qui purge une peine de prison de onze ans en Chine. Une chaise vide symbolisait l'absence de Liu Xiaobo, dont le discours lors de son dernier procès a été lu par l'actrice norvégienne Liv Ullmann.

Deux tiers des pays invités étaient représentés malgré l'intense campagne diplomatique de Pékin pour les en dissuader. Thorbjörn Jagland, président du comité, a estimé : « Si le pays est capable de développer une économie sociale de marché tout en garantissant les droits de l'homme, cela aura un impact favorable énorme sur le monde. Sinon, il y aura le danger d'une crise sociale et économique [...] avec des conséquences pour tous ». Barack Obama, qui avait obtenu ce prix l'année précédente, en appela à la libération du prix Nobel 2010 « au plus vite », indiquant que Liu incarnait des valeurs « universelles »[108].

Appels à la libération de Liu Xiaobo[modifier | modifier le code]

Pochoir sur un mur de Varsovie demandant « Solidarność (Solidarité, syndicat historique contre le régime communiste polonais) avec Liu Xiaobo ».

Appel d'ONG : anniversaire en prison (décembre 2010)[modifier | modifier le code]

Des ONG et des défenseurs des droits de l'homme ont renouvelé leur demande de libération de Liu Xiaobo, lors de son 55e anniversaire. Interrogé à cette occasion, un porte-parole de la diplomatie chinoise a refusé d'envisager sa libération, le qualifiant de "criminel". L'AFP ne put joindre la femme du Nobel, Liu Xia, toujours assignée à résidence à Pékin, toutes ses communications demeurant bloquées[109].

Appel de Hillary Clinton (janvier 2011)[modifier | modifier le code]

Le 14 janvier à l'occasion de la prochaine visite du président Hu Jintao à Washington, Hillary Clinton a lancé un appel à la libération de Liu Xiaobo. Lors de cette communication madame Clinton a aussi évoqué les cas de Gao Zhisheng disparu depuis avril 2010 et de Chen Guangcheng actuellement emprisonné. La secrétaire d'état considère que la Chine en matière de droits de l'homme n'a pas respecté ses engagements[110].

L'ONG Reporters sans frontières indique que, selon un haut responsable américain, le président Barack Obama a évoqué le cas de Liu Xiaobo auprès du président chinois Hu Jintao. Ce dernier a indiqué publiquement que « la Chine est toujours attachée à la protection et à la promotion des droits de l’homme », et que « d’énormes progrès ont été réalisés », mais « qu’il reste encore beaucoup à faire »[111].

Le silence des dirigeants occidentaux[modifier | modifier le code]

Le sinologue Jean-Philippe Béja fait remarquer en février 2011, à l'occasion du nouvel an chinois qu'à l'exception de l'Allemagne, les dirigeants des pays occidentaux n'ont pas osé demander en public la libération de Liu Xiaobo[112].

Famille[modifier | modifier le code]

En août 2013, Liu Hui, le beau-frère de Liu Xiaobo, a été condamné à onze ans de prison pour « fraudes immobilières ». Des dissidents chinois considèrent que cette condamnation fait partie d'une stratégie de harcèlement des proches du prix Nobel[113]. Après cette condamnation l'Allemagne critique le jugement et espère « un minimum de respect des règles de droit ainsi que de la transparence »[114].

Principales publications de Liu Xiaobo[modifier | modifier le code]

  • Élégies du 4 Juin trad. du chinois par Guilhem Fabre. Avant-propos du 14e dalaï-lama, Collection Bleu de Chine, Gallimard, 2014, (ISBN 9782070137183)
  • Liu Xiaobo (trad. Jean-Philippe Béja), La Philosophie du porc et autres essais, Gallimard,‎ 24 mars 2011 (ISBN 9782070132508)
  • (en) Critique on Choice - Dialogue with Le Zehou, Shanghai's People Publisher,‎ 1987
  • Aesthetics and Human Freedom, Bejiing Normal University Publishing,‎ 1988
  • Myths on Metaphysics, Shanghai's People publishing,‎ 1989
  • Naked to meet God, Times Literature and Art Publisher,‎ 1989
  • (en) Monologue:Survivors of Doomsday, Taiwan Times Publishing,‎ 1993
  • (en) Contemporary Politics and Intellectuals of China, Taiwan Tangshan Publishing,‎ 1990
  • (en) Selected Poems of Liu Xiabo and Liu Xia, Hong Kong Xiafeier International Publishing Ltd,‎ 2000
  • Under pen name Lao Xia and co-authored with Wang Shuo, A Belle Gave me Knockout Drug, Changjiang Literature and Arts Publishing,‎ 2000
  • (en) To the Nation that Lies to His Conscience, Jieyou Publishing,‎ 2002
  • (en) The Future of Free China in our life, Labor Reform Foundation,‎ 2005
  • (en) A Single Blade and Toxic Sword: Critique on Comtempory Chinese Nationalism, Boda Publishing,‎ 2006
  • (en) Sinking of Big Country: Memorandum to China, Yunchen Culture,‎ octobre 2009
  • (zh) Liu Xiaobo, A Collection of Essays by Liu Xiaobo, New Century Press,‎ 2010 (ISBN 978-988-19430-4-0)
  • (zh) Liu Xiaobo, Civil Awakening—The Dawn of a Free China, Laogai Research Foundation,‎ 2010 (ISBN 978-1-931550-10-9)
  • Liu Xiaobo, Vivre dans la vérité, Gallimard,‎ 11 octobre 2012 (ISBN 9782070136148)

Analyses politiques[modifier | modifier le code]

Selon le sinologue australien Geremie Barmé, paradoxalement les propos de Liu Xiaobo ne sont pas très différents de ceux du premier ministre chinois Wen Jiabao. Ce dernier plaidait, sur CNN le 3 octobre 2010, pour la démocratie, l'abandon du rôle dirigeant du PCC et la liberté de parole[86].

Jean-Luc Domenach indique que l'attribution du prix Nobel à Liu Xiaobo est un « camouflet absolu » pour la Chine qui refuse une ingérence dans ses affaires. Les dirigeants chinois devraient se montrer plus rigoureux dans leurs échanges avec les Occidentaux. Mais il est impossible de connaitre à l'avance l'ampleur des rétorsions car la direction chinoise est relativement divisée[115].

Pour Nikolaï Troïtsky, journaliste politique de l'agence de presse russe RIA Novosti, il ne fait aucun doute que Pékin ressentira l'attribution de ce prix Nobel comme un geste inamical, obéissant à des mobiles politiques[116].

Selon Jean-Philippe Béja, directeur de recherches au CERI[117], les déclarations du premier ministre Wen Jiabao seraient significatives de la possible évolution du système politique chinois. En effet ce dernier a écrit un article élogieux pour l'ancien secrétaire général réformateur du Parti Hu Yaobang et indiqué par ailleurs « sans réforme du système politique, les avancées de la réforme économique ne seront pas garanties ». L'arrestation de Liu Xiaobo puis l'attribution du prix Nobel seraient un accélérateur des interrogations au sein du Parti communiste chinois de « l'efficacité du tout répressif, à l'intérieur comme à l'international[118]. ». D'après Jean-Philippe Béja la condamnation de Liu Xiaobo n'avait pas fait l'unanimité au sein du Parti communiste chinois. En effet, l'aile réformiste du parti s'y était opposée. Jean-Philippe Beja estime que la libération de Liu Xiaobo dépendra « du rapport de forces au sein du régime » chinois et du niveau « de la pression internationale »[119].

Le 4 novembre 2010, interviewé par Robert Ménard sur la chaîne d'information I-Télé, le spécialiste de la Chine Pierre Picquart déclare que Liu Xiaobo est un opposant politique qui met en danger le gouvernement chinois et qu'il ne mérite pas le prix Nobel ; il est également d'avis que « sa place est en prison », ajoutant qu'« il y a des intégristes dans tous les pays » et que « ces gens là sont bien enfermés »[120].

Pour l'écrivain, metteur en scène et journaliste américain Andre Vltchek (en), le prix Nobel accordé à Liu Xiaobo n’a rien à voir avec les droits de l’homme : « Il s’agit d’une opération dirigée contre le plus grand système économique et socio-politique non occidental dans le monde. Les droits de l’homme servent à camoufler le soutien occidental à tout groupe prêt à confronter, affronter ou détruire tout pays ou état communiste ou socialiste, supposé ou réel ». Et de conclure : « Il y a des milliers de personnes qui résistent à la terreur occidentale partout dans le monde. C’est eux qu’il faudrait désigner et récompenser en priorité ». Ainsi, « Pramoedya Ananta Toer – ce très grand écrivain indonésien qui a passé plus de dix ans dans le camp de concentration de Buru – est mort sans avoir reçu le Prix Nobel de la Paix ou de Littérature »[121].

Barry Sautman et Yan Hairong citent son essai de 2001, « Leçons de la Guerre Froide », pour montrer que Liu Xiaobo défend rétrospectivement les guerres menées par les États-Unis dans le monde et notamment la guerre de Corée et la guerre du Viêt Nam, alors que ces guerres ont entraîné des violations massives des droits de l'homme[122].

Selon Le Quotidien du Peuple, journal officiel du Parti communiste chinois, Liu travaille depuis 2005 pour « les forces anti-chinoises de l'Occident », il est payé par l'étranger et a déclaré à ses codétenus : « Je ne suis pas comme vous, je ne manque pas d'argent. Les étrangers me paient chaque année, même quand je suis en prison ». Dans un entretien accordé à un éditeur de Hong Kong, Liu aurait affirmé que la tragédie du peuple chinois n'était pas due à « quelques célèbres empereurs », mais à « chaque Chinois », puisque ce sont les Chinois qui ont créé un système qui a causé leur propre tragédie[123]. Le même journal, dans un article précédent, se demandait si l'on est en droit de qualifier Liu Xiaobo de « combattant pour la paix » (selon les termes du testament de Nobel) alors qu'il a prétendu que « la Chine devrait de nouveau devenir une colonie pendant 300 ans [et qu'elle] devrait être divisée en 18 États »[124].

Pour le professeur Barry Sautman de l'université de science et de technologie de Hong Kong et l’anthropologue Yan Hairong, il ne suffit pas de dire que Liu Xiaobo est pour les droits de l’homme et la démocratie, il faut examiner de près ses objectifs politiques et sociaux, lesquels sont, selon eux, contraires aux intérêts de la grande majorité des Chinois. Pour Liu Xiaobo, s'il a fallu 100 ans de colonisation à Hong Kong pour être ce qu'elle est, alors il faut 300 ans de colonisation à la Chine pour devenir comme Hong Kong. Liu attribue le progrès de la Chine à l’occidentalisation, déclarant que plus il y a de sphères de la société chinoise qui sont occidentalisées, plus il y a de progrès. Pour Sautman, c’est là ignorer la nature du colonialisme en Chine, marqué par la discrimination raciale comme politique officielle et les monopoles politique et économique pour les colonisateurs. La Charte 08, dont Liu est le principal auteur, demandait l’instauration d’un système politique à l’occidentale mais aussi la privatisation des entreprises d’État et de la terre dans le cadre du libre marché. La privatisation qui a eu lieu entretemps a surtout enrichi d’anciens responsables communistes et aggravé les conditions de travail, et de l’instauration d’un capitalisme agraire fondé sur la propriété privée pourrait bien renaître l’opposition entre riches propriétaires et paysans sans terre. C’est pourquoi les Chinois, d’après les sondages, s’y opposent. Pour Sautman et Yan, il n’y avait nul besoin d’emprisonner Liu Liaobo, ce qu’il faut, c’est mettre en lumière, auprès du public, la voie qu’il préconise pour le pays et ainsi détourner les gens de l’« ignoble avenir» qu’il leur propose. Sautman ajoute : « dans les geôles de pays amis des gouvernements qui se proclament phares des droits de l’homme et de la démocratie, la plupart des prisonniers veulent, pour leur propre peuple, bien mieux que ce que Liu veut pour le sien et ont davantage de titre à un prix »[125].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Le sinologue Simon Leys a consacré, à Liu Xiaobo, un texte, Anatomie d’une dictature post-totalitaire. La Chine d’aujourd’hui, publié dans Le Studio de l'inutilité en 2012. Simon Leys y analyse deux textes du dissident chinois : un en français La philosophie du porc et autres essais, l'autre en anglais No Enemies, No Hatred, publié par Harvard University Press. Simon Leys comme Liu Xiaobo estiment que la situation où des grands pays développés, dont l'influence politique décroît et qui courtisent un régime chinois « post-totalitaire », constitue un obstacle au développement « global de la démocratie et du droit ». De même les deux auteurs évoquent le « miracle » chinois qui ponctue les discours des « thuriféraires » de la société chinoise, or le « miracle » serait de s'affranchir des « dommages causés à l’économie, aux droits de l’homme, à la société toute entière ». Simon Leys évoque une autre analyse de Liu Xiaobo à propos du Parti communiste qui exercerait une censure sur les nouvelles technologies de l'information afin de préserver son image. Cette censure s'appliquerait aussi bien à l'histoire récente qu'à l'actualité. Ainsi, il existe une continuité avec la période maoïste ce qui selon certains observateurs ne permet pas la « véritable modernisation du pays »[126].

Littérature[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Benjamin Kang Lim, China's top dissident arrested for subversion », Reuters, 24 juin 2009.
  2. « 刘晓波因涉嫌煽动颠覆国家政权罪被依法逮捕 » (« Liu Xiaobo Formally Arrested on 'Suspicion of Inciting Subversion of State Power' Charges »), China Review News, 24 juin 2009.
  3. (en) « China Moves to Bring Dissident to Trial », The New York Times (consulté le 10 décembre 2009)
  4. a, b, c, d et e « Réactions à la condamnation du dissident chinois Liu Xiaobo », Le Nouvel Observateur, 25 décembre 2009
  5. (en) « The Nobel Peace Prize 2010 », sur nobelprize.org,‎ 8 octobre 2010 (consulté le 8 octobre 2010)
  6. (en) Lovell, Julia, « Beijing values the Nobels. That's why this hurts », The Independent, UK, Independent Print Limited,‎ 9 octobre 2010 (lire en ligne)
  7. Wachter, Paul (18 November 2010). "Liu Xiaobo Isn't the First Nobel Laureate Barred From Accepting His Prize". AOL News
  8. China Chides Comparisons Between Nobel Laureates Nelson Mandela and Liu Xiaobo, Time World, 11/12/2013
  9. Liu Xiaobo Encyclopédie Universalis
  10. (en) Geremie Barmé, Confession, Redemption, and Death:Liu Xiaobo and the Protest Movement of 1989, http://www.chinaheritagequarterly, 34 p. : « Born in Changchun in the northeast of China in 1955, Liu spent his youth in Changchun with a three-year stint from 1970-73 in Inner Mongolia with his rusticated father. After middle school he spent two years as an ‘educated youth’ outside Changchun and then a year as a wall-painter for the Changchun Construction Company in 1976-77. Liu said later that he was extremely grateful to the Cultural Revolution because it gave him the freedom to do whatever he pleased; it allowed ‘a temporary emancipation from the educational process,’ one he declares was then and is today solely concerned with the ‘enslavement’ of the individual. Secondly, as the only books he had access to were thworks of Marx, by reading these — he claims to have read the 40-volume complete works — he was led to study the major Western philosophe ».
  11. (en) « 赤子心诗社 », Baidu,‎ 22 avril 2009.
  12. (zh) 明報記者陳陽、方德豪, « 劉曉波﹕六四損鄧歷史地位 », Ming Pao, Hong Kong,‎ 22 octobre 2008 (lire en ligne).
  13. (en) Asia Watch Committee, Repression in China since 4 June 1989: cumulative data, New York, Human Rights Watch,‎ 1990 (ISBN 978-0-929692-74-6, LCCN 90084977), p. 28
  14. (en) « 劉曉波簡歷 », Boxun.com (consulté le 12 octobre 2010).
  15. « Le prix Nobel de la paix de Liu Xiaobo exaspère Pékin - Un intellectuel engagé au parcours atypique », Le Monde,‎ 10 octobre 2010.
  16. a et b (zh) 貝嶺, « 別無選擇—記1989年前後的劉曉波 », United Daily News, Taiwan,‎ 17 juin 2010
  17. (en) 余世存, « 北京当代汉语研究所2008年公告 », Independent Chinese PEN Center,,‎ 2 juin 2008 (lire en ligne).
  18. (en) Linda Jaivin, A Nobel Affair: Liu Xiaobo, The Monthly. Australian politics, society & culture, December 2010 : « Xiaobo left China for the first time in 1988 at the age of 33 to attend a conference on Chinese theatre and film in Oslo that, he wrote in a letter to Geremie, he found “agonisingly boring”. After various run-ins with his hosts, he claimed he felt as isolated in Norway as he ever had in China. »
  19. Bruno Philip, « Liu Xiaobo, des camps de rééducation à la prison », Le Monde,‎ 25 décembre 2009 (lire en ligne)
  20. Linda Jaivin, op. cit. : « He then took up visiting fellowships at the University of Hawaii and Columbia University in New York ».
  21. « [It would take] 300 years of colonialism. In 100 years of colonialism, Hong Kong has changed to what we see today. With China being so big, of course it would take 300 years of colonialism for it to be able to transform into how Hong Kong is today. I have my doubts as to whether 300 years would be enough ».
  22. Linda Jaivin, op. cit. : « Occasionally Xiaobo managed to scandalise just about everyone. In 1988, while passing through Hong Kong, then still a British territory, he remarked that what China required for real, progressive change was “300 years of colonialisation”. The Chinese government has used this statement, which Xiaobo reaffirmed in 2007, to show him up as a traitor ».
  23. Linda Jaivin, op. cit. : « it outrages some members of pro-democracy circles as well ».
  24. Interview de Liu Xiaobo dans Liberty Monthly, December 1988 : (en) « Modernization means wholesale westernization, choosing a human life is choosing Western way of life. Difference between Western and Chinese governing systems is humane vs in-humane, there's no middle ground... Westernization is not a choice of a nation, but a choice for the human race. »
  25. Liu Xiaobo, Jean-Philippe Béja, La Philosophie du porc et autres essais, p. 17-18 : « Toutefois, il faut se replacer dans le contexte de l'époque. Devant la situation dramatique où se trouve la Chine après les vingt dernières années du règne de Mao, nombreux sont ceux, y compris à l'intérieur du Parti communiste, qui s'extasient devant la réussite de la colonie de Hong Kong où règnent la liberté et sa prospérité. La culture traditionnelle ainsi que le « féodalisme » maoïste sont alors considérés comme les principaux obstacles à la modernisation ».
  26. (zh) Xiaobo Liu, « 我與《開放》結緣十九年 », Open Magazine,‎ 19 décembre 2006 (lire en ligne).
  27. (en) Barry Sautman et Yan Hairong, Do supporters of Nobel winner Liu Xiaobo really know what he stands for?, op. cit. : « in his article Lessons from the Cold War, Liu argues that "The free world led by the US fought almost all regimes that trampled on human rights … The major wars that the US became involved in are all ethically defensible." »
  28. Liu Xiaobo, "刘晓波:美英自由联盟必胜" (Liu Xiaobo: Victory to the Anglo-American Freedom Alliance), Epoch Times, 13 April 2004.
  29. Liu Xiaobo, "« 伊战与美国大选 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-08" (The Iraq War and the US Presidential Election), Independent Chinese PEN Center, 13 October 2004.
  30. Barry Sautman and Yan Hairong, Do supporters of Nobel winner Liu Xiaobo really know what he stands for?, op. cit. : « The outstanding achievement made by Bush in anti-terrorism absolutely cannot be erased by Kerry's slandering … However much risk must be endured in striking down Saddam Hussein, know that no action would lead to a greater risk. This has been proven by the second world war and September 11! No matter what, the war against Saddam Hussein is just! The decision by President Bush is right! »
  31. (en) Barry Sautman, Yan Hairong, The “Right Dissident”: Liu Xiaobo and the 2010 Nobel Peace Prize, Positions: East Asia Cultures Critique, Volume 19, Number 2, Fall 2011, p. 581-613, abstract : « Since garnering the 2010 Nobel Peace Prize, imprisoned Chinese dissident Liu Xiaobo has been lionized, particularly by Western politicians and media, who now promote him as the leader of the “democratic forces” in China. Meanwhile, Liu’s politics and those of the award itself are studiously ignored. Liu, however, was chosen for the prize, over many other imprisoned dissidents (including Chinese) nominated for it, precisely because of his politics: he is a neoconservative/neoliberal in the U.S. mold. Not an advocate of peace, but of the wars waged by the United States and its allies, Liu also endorses the total Westernization of China and wholesale privatization of its economy ».
  32. Arnaud de La Grange, correspondant à Pékin - Le Figaro, janvier 2009.
  33. Barry Sautman and Yan Hairong, Do supporters of Nobel winner Liu Xiaobo really know what he stands for?, sur le site guardian.co.uk, 15 décembre 2010 : « Liu, in his "Charter 'O8", called for a Western-style political system in China and privatisation of all enterprises and farm land. »
  34. Qui est vraiment Liu Xiaobo ?, Le Quotidien du Peuple en ligne.
  35. (en) Linda Jaivin, A Nobel Affair: Liu Xiaobo, The Monthly. Australian politics, society & culture, December 2010 : « As for Xiaobo, his own somewhat meritocratic views on democracy in China don't even extend to universal suffrage ».
  36. (en) Barry Sautman, Yan Hairong, The “Right Dissident”: Liu Xiaobo and the 2010 Nobel Peace Prize, Positions: East Asia Cultures Critique, Volume 19, Number 2, Fall 2011, p. 581-613, abstract : « Despite the common conception of Liu as an advocate of democracy in the face of China’s authoritarian government, he seemingly does not even back universal suffrage ».
  37. a et b U.S., EU urge China to release prominent dissident, Reuters, 14 décembre 2009.
  38. (en) Orville Schell, John Delury, Wealth and Power: China's Long March to the Twenty-first Century, Random House LLC, 2013, 496 p. (Livre numérique Google) : « Liu Xiaobo and Hou Dejian managed to secure an agreement from soldiers surrounding the square for peaceful retreat of the remaining demonstrators. [...] A few, who had resolved to die, derided Hou and Liu as "capitulators". But in a chaotic voice vote, a majority of the exhausted, frightened students seemed to agree. [...] the heart of the Central Kingdom was finally cleared without any known loss of life. In a strange twist of fate, it was thanks to Liu and Hou's efforts that the government could later claim that "no one was killed in Tiananmen Square." »
  39. Le Nobel de la paix au dissident chinois Liu Xiaobo, Le Figaro, 12 octobre 2010.
  40. Liu Xiaobo - « J'espère être la dernière victime de l'inquisition intellectuelle en Chine », Rue89.
  41. (en) Linda Jaivin, A Nobel Affair: Liu Xiaobo, The Monthly. Australian politics, society & culture, December 2010 : « Banned from publication on the mainland, he continued to publish widely in the international chinese press and presided for a number of years over China's unofficial PEN Centre ».
  42. Qui est vraiment Liu Xiaobo ?, Le Quotidien du Peuple en ligne, 29-10-2010 : « Payé par des étrangers. Au milieu des années 1990, Liu Xiaobo a commencé à travailler pour le magazine Chine Démocratique, financé par la « Fondation Nationale pour la Démocratie », dont la majeure partie des fonds provient du ministère des affaires étrangères des États-Unis, et a été payé régulièrement. Aboluowang.com, un site d'information étranger, a publié un article disant que le salaire de Liu était de 23 004 Dollars US, soit 157 600 Yuans, d'après le taux de change de cette époque. Et même quand il était en prison, Liu recevait encore 13 000 Yuans chaque mois ».
  43. a, b et c Pékin condamne Liu Xiaobo à onze ans de prison, Le Figaro, 25 décembre 2009.
  44. (en) Joseph Y. S. Cheng, Challenges and Policy Programmes of China's New Leadership, City University of Hong Kong Press, 2007, 652 p., p. 586 : « In November 2004, dissident writer Liu Xiaobo, the chairman of the unofficial pen-club we mentioned ».
  45. (en) National Endowment for Democracy, « Description of 2007 Grants / China » (consulté le 10 décembre 2010).
  46. (en) National Endowment for Democracy, « Description of 2008 Grants / China » (consulté le 10 décembre 2010).
  47. (en) National Endowment for Democracy, « Description of 2009 Grants / China » (consulté le 10 décembre 2010).
  48. (en) National Endowment for Democracy, « Where We Work / Asia / China » (consulté le 11 octobre 2010).
  49. (en) F. William Engdahl, The Geopolitical Agenda behind the 2010 Nobel Peace Prize, sur le site Geopolitics - Geoeconomics, October 2010 : « Liu Xiaobo was President of the Independent Chinese PEN Center until 2007 and currently holds a seat on its board according to his official biography at the PEN International website.1 PEN is not just any random collection of writers. It is an integral part of the Anglo-American web of human rights and democracy advocacy NGOs and private organizations used to achieve defined geopolitical goals of its sponsors. »
  50. Joseph Y. S. Cheng, op. cit., p. 586 : « In November 2004, dissident writer Liu Xiaobo [...] launched a collective letter with Yu Jie and others to denounce the carelessness of local leaders and mine owners which caused hundreds of deaths in Shanxi. [...] on December 13th, Liu Xiaobo and Yu Jie were taken into custody for 24 hours, and Liu was kept unders surveillance for two weeks after that ».
  51. Trente intellectuels chinois s'engagent, Courrier international, 27 mars 2008.
  52. Marie Holzman, « Un prix Nobel de la paix pour Liu Xiaobo », Le Temps,‎ 7 octobre 2010 (lire en ligne).
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  99. L'Express du 12 novembre 2010 : Appel à la libération du dissident Liu Xiaobo au sommet des Nobel de la Paix
  100. Le Point : L'épouse de Liu Xiaobo demande à ses amis de recevoir le Nobel en son nom
  101. Rfi du mardi 09 novembre 2010 : Un avocat proche du prix Nobel de la paix empêché de prendre l’avion
  102. L'Express du 22 novembre 2010 : Des lauréats du Nobel de la Paix prêts à représenter Liu Xiaobo
  103. AFP : Une chaise vide représentera Liu Xiaobo à la remise du Nobel
  104. L'Express du 3 décembre 2010 : Avant le Nobel, un artiste chinois empêché de quitter le pays
  105. Le Nouvel Observateur du 8 décembre 2010 : Pékin renforce son contrôle sur les dissidents avant le Nobel
  106. Libération du 18 novembre 2010 : Six pays boycottent la cérémonie en l'honneur du Nobel Liu Xiaobo
  107. Le Nouvel Observateur du 10 décembre 2010 : L'âme de Liu Xiaobo plane sur Oslo
  108. Le Monde du 10 décembre 2010 : Le prix Nobel a été symboliquement remis à Liu Xiaobo, grand absent à Oslo
  109. Marianne BARRIAUX, Nouveaux appels à libérer Liu Xiaobo, Nobel de la Paix, qui célèbre ses 55 ans en prison, AFP, 28 décembre 2010
  110. Le Nouvel Observateur : États-Unis : Clinton appelle la Chine à libérer ses dissidents avant la visite de Hu
  111. Reporters sans frontière du 20 janvier 2011 : La femme de Hu Jia réitère la demande de libération de son mari pour raison médicale
  112. Jean-Philippe Béja, Un Prix Nobel en prison : Le silence assourdissant des dirigeants occidentaux, Le Monde, 23 février 2011, « À part les organisations des droits de l'homme et de courageux intellectuels chinois, personne n'est intervenu avec force en faveur du Prix Nobel de la paix ou de son épouse. Depuis le 8 octobre, Nicolas Sarkozy, David Cameron et Barak Obama ont rencontré Hu Jintao. Aucun des chefs des principales puissances occidentales (à l'exception de l'Allemagne) n'a soulevé en public la question de la libération de Liu Xiaobo ou, au moins, de la mise au secret de son épouse »
  113. Chine : le beau-frère du Nobel Liu Xiaobo condamné à onze ans de prison Le Monde, août 2013
  114. L’Allemagne hausse le ton face à la Chine après la condamnation du beau-frère du dissident Liu Xiaobo RFI,
  115. Pierre Tillinac, Sud Ouest, 9 octobre 2010, p. 2.
  116. (en) Nikolai Troitsky, Nobel Prize: A weapon in the battle for peace?, Reuters, 08/10/2010 : « It is hard to say whether this year's award to the Chinese dissident, in keeping with the Solzhenitsyn-Sakharov model, is a harbinger of a new cold war between the West and China. But there can be no doubt that Beijing will take this as an unfriendly, politically motivated gesture ».
  117. Note : le CERI est le Centre d'Études et de Recherches Internationales CERI
  118. Le Monde du 14 octobre 2008 : Le prix Nobel de la paix remis à Liu Xiaobo pourrait diviser le pouvoir à Pékin
  119. Le Monde des Idées du 25 novembre 2010 : La liberté de Liu Xiaobo vaut celle d'Aung San Suu Kyi
  120. Ménard sans interdit, sur le site itélé, chronique du jeudi 4 novembre.
  121. (en) Andre Vltchek, The West Perfecting Its Techniques To Hurt China, Znet, 13 octobre 2010 : « the Nobel Peace Prize that has been awarded this year (2010) to Liu Xiaobo, the primary drafter of Charter 08, has nothing to do with human rights. It is a direct attempt to harm the largest non-Western economy and socio-political system in the world. […] Human rights are camouflaging the West’s support for every group of people willing to antagonize, fight against or destroy any country or state that is Communist or Socialist by name or by deeds. […]There are thousands of people resisting Western terror all around the world. They should be noted and rewarded first. […] Pramoedya Ananta Toer – the greatest Indonesian writer who spent more than ten years in Buru concentration camp – died without receiving Nobel Price for either peace or literature. »
  122. (en) Barry Sautman et Yan Hairong, Do supporters of Nobel winner Liu Xiaobo really know what he stands for?, op. cit. : « He has endorsed the invasions of Iraq and Afghanistan, and he applauded the Vietnam and Korean wars retrospectively in a 2001 essay. All these conflicts have entailed massive violations of human rights. »
  123. Qui est vraiment Liu Xiaobo ?, Le Quotidien du Peuple en ligne, 29/10/2010.
  124. Le prix Nobel de la paix induit en erreur, Le Quotidien du Peuple en ligne, 18/10/2010.
  125. (en) [PDF] Barry Sautman et Yan Hairong, Medal Contention, in South China Morning Post, 12 octobre 2010 : « The award of this year's Nobel Peace Prize to imprisoned dissident Liu Xiaobo is being celebrated globally, mainly by elites who claim to know what Liu is about. They say he is for human rights and democracy, but there is more to it than that, because much of what he is about is ignoble. [...] There was no need to imprison Liu [...]. Rather, there has only been a need to bring to light Liu's self-proclaimed goals. If most Chinese, especially the non-elite majority, knew about his prescribed path for China, they would turn away from him as someone with things ignoble on offer. The world has many political prisoners; most are in fact imprisoned in countries with governments that continue to receive all manner of assistance from other countries that proclaim themselves beacons of human rights and democracy. Among those myriads languishing in prison, most want something far better for the peoples of their country than does Liu and are far worthier of an award because of it ».
  126. François Danjou, Hommage à Simon Leys et à la liberté de penser, Question Chine, 3 septembre 2014.