René Massigli

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René Massigli, chef des services français à la Société des Nations en 1929

René Massigli, né à Montpellier le 22 mars 1888 et mort à Paris le 3 février 1988, est un haut diplomate français, qui fut notamment commissaire aux Affaires étrangères de la France libre durant la Seconde Guerre mondiale, puis ambassadeur de France.

Un brillant universitaire versé dans la diplomatie[modifier | modifier le code]

Ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé d'histoire, René Massigli Maître de conférences à l'université de Lille (1913/14), est mobilisé pour contrer la propagande allemande en Suisse. Remarqué par Philippe Berthelot, il intègre le Quai d'Orsay. Il a connu une riche carrière dans la diplomatie française de la Première Guerre mondiale à 1956. Entre les deux guerres, il assiste à de nombreuses conférences internationales et se spécialise dans les questions de la Société des Nations. Il collabore avec Philippe Berthelot et Alexis Léger. Dans les années 1930, il devient directeur des affaires politiques (1937/38) et se distingue au sein du ministère des Affaires étrangères par son opposition à l'apaisement face aux dictatures.

Au moment de l'occupation de la Rhénanie (mars 1936), il est l'auteur de la phrase : " Nous ne tolérerons pas les canons allemands sur Strasbourg ! ", reprise par le Président du conseil, Albert Sarraut. Éloigné à la suite des accords de Munich, il est nommé ambassadeur en Turquie en 1939–1940, et en gardera de la rancune contre Alexis Léger ; dans ce poste il est le principal artisan du traité franco-turc d'octobre 1939 ( cession du sandjak d'Alexandrette contre une alliance).

Un grand diplomate[modifier | modifier le code]

Il est mis en disponibilité par le gouvernement de Vichy, il rejoint la France libre au début de 1943 et devient commissaire aux Affaires étrangères, sur la recommandation de Jean Moulin, dans le Comité national français présidé par le général de Gaulle. De 1944 à 1954, ambassadeur à Londres, il prend position dans les débats sur la guerre froide et la construction européenne, prônant notamment le maintien d'une forte relation franco-britannique et hostile aux solutions d'Europe fédérale préconisées par Jean Monnet. Il termine sa carrière comme secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. Il est grand-croix de la Légion d'honneur. En 1972, après la publication des œuvres complètes d'Alexis Léger, il accusera ce dernier, avec l'ambassadeur Léon Noël, d'être un faussaire. En effet, Alexis Léger y publie des lettres à sa mère, datant de sa mission à Pékin (1916/21), dans lesquelles il énonce des prédictions géopolitiques concernant la Chine et l'Union soviétique, que l'on ne retrouve pas dans les notes qu'il adressait au Quai d'Orsay à la même époque[1]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Raymond de Sainte Suzanne, Une politique étrangère. Le Quai d'Orsay et Saint John Perse à l'épreuve d'un regard, Paris, Viviane Hamy,‎ , 350 p.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]