Médecins sans frontières

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Médecins Sans Frontières
Logo de l'organisation

Région Monde
Création 20 décembre 1971
Type Organisation non gouvernementale internationale
Association à but non lucratif
Siège Genève, Suisse
Langue(s) anglais, français
Membre(s) 34 146
Fondateurs Jacques Bérès
Philippe Bernier
Raymond Borel
Jean Cabrol
Marcel Delcourt
Xavier Emmanuelli
Pascal Grellety Bosviel
Gérard Illiouz
Bernard Kouchner
Gérard Pigeon
Vladan Radoman
Max Récamier
Jean-Michel Wild
Présidents Joanne Liu, Mégo Terzian
Secrétaire général Jérôme Oberreit
Site web msf.org

Médecins sans frontières (MSF) est une organisation non gouvernementale internationale à but humanitaire d'origine française mais dont le Bureau international siège à Genève (Suisse).

Fondée en 1971, elle offre une assistance médicale d'urgence dans des cas comme les conflits armés, les catastrophes naturelles, les épidémies et les famines. MSF offre aussi des actions à plus long terme lors de conflits prolongés ou d'instabilité chronique, dans le cadre de l'aide aux réfugiés ou à la suite de catastrophes. Elle a reçu le prix Nobel de la paix en 1999[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'ONG Médecins Sans Frontières a été créée le 20 décembre 1971 par des médecins français qui s'étaient rendus au Biafra avec la Croix-Rouge pour tenter d'y aider la population lors de la guerre qui avait opposé cette région indépendantiste au gouvernement central nigerian entre 1967 et 1970. Estimant que la politique de neutralité et de réserve de la Croix-Rouge avait été une erreur, ils voulurent fonder une association qui allierait aide humanitaire et actions de sensibilisation auprès des médias et des institutions politiques[2].

Bernard Kouchner, le plus médiatique de ses cofondateurs, a créé en premier lieu l'Organisation pour la lutte contre le génocide au Biafra, et l'année suivante, le Groupe d'intervention médicale et chirurgicale en urgence (GIMCU) qui envoie des volontaires suite au séisme péruvien de 1970 et à Amman en Jordanie après le massacre de Palestiniens, le GIMCU formant l'ossature de MSF. En même temps, le cyclone de Bhola frappe le Pakistan oriental, actuel Bangladesh, et fait près de 500 000 victimes. Raymond Borel et Philippe Bernier, directeur et journaliste du journal médical Tonus ont commencé à y envoyer les médecins, sous le nom de Secours médical français (SMF). Bernard Kouchner a jugé qu'une association serait meilleure pour les deux organisations, et après quelques mois, MSF voit le jour[3].

Les cofondateurs de Médecins Sans Frontières sont au nombre de 13[4] :

Rupture[modifier | modifier le code]

À l'occasion de l'opération « Un bateau pour le Viêt-nam » en 1979, le cofondateur le plus connu du public, Bernard Kouchner, a défendu l'idée d'affréter un bateau avec des médecins et des journalistes pour témoigner des violations des Droits de l'homme dans ce pays et aussi pour évacuer les Vietnamiens qui avaient fui leur pays après que le Viêt Nam fut devenu un pays totalement communiste. Il s'ensuivit une violente querelle à l'origine d'une scission au sein de MSF, certains estimant l'opération vaine ou trop couteûse, dont Xavier Emmanuelli, auteur d'une attaque violente dans Le Quotidien du médecin intitulée « Un bateau pour Saint-Germain-des-Prés »[5]. Bernard Kouchner quittera alors définitivement MSF et créera avec une quinzaine d'autres médecins l'organisation « Médecins du monde » en 1980.

La Charte[modifier | modifier le code]

La Charte de MSF[6] rappelle que les interventions se font au nom de l'éthique médicale universelle et ne permet aucune discrimination de race, de religion, de philosophie ou de politique. Son auteur est Philippe Bernier.

Tous les Médecins Sans Frontières doivent adhérer aux principes suivants:

« Les Médecins Sans Frontières apportent leurs secours aux populations en détresse, aux victimes de catastrophes d'origine naturelle ou humaine, de situation de belligérance, sans aucune discrimination de race, de religion, de philosophie ou de politique.
Œuvrant dans la neutralité et en toute impartialité, les MSF revendiquent, au nom de l’éthique médicale universelle et du droit à l’assistance humanitaire, la liberté pleine et entière de l'exercice de leur fonction.
Ils s’engagent à respecter les principes déontologiques de leur profession et à maintenir une totale indépendance à l'égard du pouvoir, ainsi que de toute force politique, économique ou religieuse.
Volontaires, ils mesurent les risques et les périls des missions qu’ils accomplissent et ne réclameront, pour eux ou leurs ayants droit, aucune compensation autre que celles que l’association sera en mesure de leur fournir. »

Organisation interne[modifier | modifier le code]

MSF compte 23 sections implantées dans autant de pays (Allemagne, Afrique du Sud, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Brésil, Canada, Chine (Hong Kong), Danemark, Émirats arabes unis Espagne, États-Unis, France, Grèce, Italie, Japon, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède, et Suisse). Seules cinq sont dites opérationnelles, c'est-à-dire en charge d'opérations humanitaires sur le terrain. Celles-ci sont :

  • MSF Belgique, basée à Jette (Bruxelles)
  • MSF Espagne, basée à Barcelone
  • MSF France, basée à Paris
  • MSF Pays-Bas, basée à Amsterdam
  • MSF Suisse, basée à Genève

Depuis quelques années, les sections sont devenues des centres opérationnels. On parle aujourd'hui par exemple de l'OCB (Operational Center of Brussels), l'OCA (Operational Center of Amsterdam) en utilisant l'acronyme anglais et ne se basant plus sur la section mais sur le siège où gravitent les sections satellites. Une nouvelle vague a débuté aussi en « décentralisant » les opérations des 5 sections opérationnelles vers les sections satellites (ou encore appelées « sections partenaires »). Il existe ainsi une cellule à Rome pour l'OCB, une à Berlin et à Toronto pour l'OCA, une à New York et à Tokyo pour l'OCP (Operational Center of Paris). Cette dernière abréviation n'est pas très utilisée, on parle encore de MSF France. Les deux autres abréviations sont OCG (Operational Center of Geneva) et OCBA (Operational Center of Barcelona). Les cellules opérationnelles de Luxembourg et Athènes sont respectivement liées à l'OCB et à l'OCBA. Elles ont été fermées après une évaluation interne.

Toutes les sections sont actives au niveau des campagnes de sensibilisation, recrutement et suivi des expatriés, et de mobilisations de fonds. Les sections non opérationnelles font partie à part entière d'un des cinq centres opérationnels.

Un Bureau international situé à Genève se charge de la coordination de l'action entre les différentes sections. Sur le terrain, une coordination inter-section plus informelle assure la cohérence des opérations. À titre d'exemple, les 5 sections opérationnelles de MSF sont présentes en République démocratique du Congo au cours de la Deuxième guerre, mais sur des projets différents quant à leur localisation, leurs actions dans la durée (des situations d'urgence au support au système de santé) ou leur nature (urgence, Sida, campagnes de vaccination, support au système de santé…).

En France, des « antennes régionales », animées par des bénévoles, participent aux activités d'information et de communication de l'association ainsi qu'à l'accueil et au recrutement des nouveaux volontaires au départ en mission.

Chiffres[modifier | modifier le code]

En 2012, MSF France a :

  • collecté 236,9 millions d'euros
  • dépensé 231,2 millions d'euros dont 88,8% au titre de ses missions sociales.

source : http://msf.fr/actualite/publications/rapport-financier-2012-medecins-sans-frontieres

En 2012, MSF dans son ensemble a collecté 937,7 millions d'euros, dont 839,9 (89 %) de sources privées. MSF s'appuie sur 4,6 millions de donateurs privés à travers le monde[7]

Présidents[modifier | modifier le code]

MSF France[modifier | modifier le code]

MSF International[modifier | modifier le code]

  • Rony Brauman (02/1991-01/1992)
  • Reginald Moreels (01/1992-08/1992)
  • Rony Brauman (08/1992-02/1994)
  • Jacques De Milliano (02/1994-02/1995)
  • Doris Schopper (02/1995-06/1996)
  • Philippe Biberson (06/1996-09/1997)
  • Doris Schopper (09/1997-06/1998)
  • James Orbinski (06/1998-11/2000)
  • Morten Rostrup (11/2000-12/2003)
  • Rowan Gillies (01/2004-12/2006)
  • Christophe Fournier (01/2007-06/2010)
  • Unni Karunakara (06/2010-09/2013)
  • Joanne Liu (10/2013-en cours)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Site officiel du prix Nobel.
  2. Marie-Thérèse Neuilly, Gestion et prévention de crise en situation post-catastrophe. Prise en charge des traumatismes collectifs, De Boeck Supérieur,‎ 2008, p. 116
  3. Nathalie Affre, Les ONG et l'État. L'exemple du Guatemala, Éditions L'Harmattan,‎ 2001, p. 64
  4. (fr) « 1971 : La création de Médecins Sans Frontières », Médecins Sans Frontières,‎ 18 octobre 2004 (consulté le 19 décembre 2012), Marie-Édith Alouf, « Médecins Sans Frontières : une histoire d'aventures », Politis,‎ 6 janvier 2005 (consulté le 25 janvier 2009)
  5. Jean-Francis Pécresse, « MSF, une vie de révoltes », Les Échos,‎ 20 décembre 2001 (lire en ligne)
  6. (fr) Charte de MSF [1]
  7. Source : http://www.msf.org/international-activity-report-2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Caroline Abu-Sada (dir.), Dans l'œil des autres. Perception de l'action humanitaire et de MSF, Antipodes, Lausanne, 2011, 205 p. (ISBN 9782889010677)
  • Jean-Hervé Bradol et Claudine Vidal (dir.), Innovations médicales en situations humanitaires : le travail de Médecins sans Frontières, L'Harmattan, 2009, 193 p. (ISBN 978-2-296-10046-6)
  • Jean Lacouture et Rony Brauman (textes), Rip Hopkins (phot.), Sept fois à terre, huit fois debout, Médecins sans frontières, Chêne, Paris, 2011, 126 p. (ISBN 978-2-8123-0508-5)
  • Claire Magone, Michaël Neuman et Fabrice Weissman (dir.), Agir à tout prix ? : négociations humanitaires : l'expérience de Médecins Sans Frontières, La Découverte, Paris, 2011, 343 p. (ISBN 978-2-7071-6944-0)
  • Louis Schittly, L'homme qui voulait voir la guerre de près : médecin au Biafra, Viêt Nam, Afghanistan, Sud-Soudan, Arthaud, Paris, 2011, 380 p. (ISBN 978-2-08-125841-9)
  • Anne Vallaeys, Médecins Sans Frontières, la biographie, Fayard, 2004)
  • Olivier Weber, French doctors : L’épopée des hommes et des femmes qui ont inventé la médecine humanitaire (Robert Laffont, 1995)
  • Olivier Weber, Humanitaires (Le Félin, 2002)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Une goutte dans l'océan, réalisé par Lise Ethier, Office national du film du Canada, 2001, 48 min (DVD)
  • L'Aventure MSF, film documentaire en deux volets : 1. De l'utopie à la réalité (1968-1990) ; 2. Les Insoumis (1991-2006), réalisé par Patrick Benquet et Anne Vallaeys, Maha Productions/INA, 2006, 2 x 52 min
  • Guerre et santé, réalisé par Olivier Weber, 1996, 52 min, France 5
  • Revues des troupes : médecins sans frontières, réalisé par Marco Lamensch et Olivier Lamour, AMIP, Paris, 2007, 51 min (DVD)
  • Chirurgie de guerre : médecins sans frontières, réalisé par Marco Lamensch et Olivier Lamour, AMIP, Paris, 2007, 57 min (DVD)

Liens externes[modifier | modifier le code]