Gouvernement Émile Combes

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Gouvernement Émile Combes
Régime Troisième République
Président de la République Émile Loubet
Président du Conseil Émile Combes
Début 7 juin 1902
Fin 18 janvier 1905
Durée 2 ans, 225 jours
VIIe législature
338 / 589
Chronologie
Précédent Gouvernement Pierre Waldeck-Rousseau
Suivant Gouvernement Maurice Rouvier (2)

Le gouvernement Émile Combes est en place du 7 juin 1902 au 18 janvier 1905.

Le cabinet est formé d'une majorité de radicaux et s'appuie sur la majorité du Bloc des gauches élue le mois précédent. Cette majorité est diminuée à cause de la division des Républicains modérés. Elle compte 338 députés et 57,4 % de sièges. La majorité se réduira encore après le retrait de socialistes du Bloc des Gauches en 1904, suite la décision de l'Internationale socialiste de ne plus soutenir de gouvernements "bourgeois". Le gouvernement Émile Combes se signale notamment par son anticléricalisme et son action en matière de séparation des Églises et de l'État.

Composition[modifier | modifier le code]

Président du Conseil : Émile Combes (PRS)

Le nouveau ministère en 1902

Politique menée[modifier | modifier le code]

La politique du ministère Combes s'explique par le contexte de l'affaire Dreyfus qui a fortement réactivé l'anticléricalisme et a suscité une méfiance des milieux républicains envers une partie de l'armée.

Emile Combes applique avec intransigeance les lois de 1901 et 1904 sur le droit des associations et la liberté d'enseignement. Les congrégations religieuses se voient interdites d'enseigner. En mai 1904 les relations diplomatiques avec le Vatican sont rompues, ce qui débouchera, après la démission du cabinet, sur le vote de la loi de séparation des Églises et de l'État du 9 décembre 1905.

A la tête du ministre de la guerre, le général André est compromis dans le scandale de l'affaire des fiches (fichage clandestin des officiers catholiques par des relais maçonniques) et est contraint à la démission en novembre 1904.

A la tête du ministère de la Marine, Camille Pelletan mène une politique "jeune Ecole", privilégiant les petites unités (torpilleurs, sous-marins) au dépend des navires cuirassés, et une politique "démocratique" de méfiance envers les amiraux de l'état-major, de soutien aux carrières des officiers d'origines modestes et d'écoute des matelots et des ouvriers des arsenaux. Accuser d'ébranler la discipline et d'être un "péril national", il doit accepter la nomination d'une commission d'enquête extra-parlementaire sur la situation la Marine.

Postérité du ministère Combes[modifier | modifier le code]

Le ministère Combes laissera un souvenir très différent et très clivé selon les milieux politiques. Pour la gauche anti-cléricale, il sera l'incarnation d'un gouvernement de combat tenace et courageux. Pour la droite catholique et nationaliste, qui le surnommera le "régime abject", il sera l'incarnation du sectarisme républicain.

Le "combisme" incarnera jusqu'à la guerre de 1914 la tendance gauche du Parti radical, attaché au maintien du "bloc des gauches" incarné par la formule "pas d'ennemis à gauche".

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Membre du précédent gouvernement ayant conservé son poste
  2. Suite à l'affaire des fiches.
  3. Membre du précédent gouvernement ayant changé de poste

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gabriel Merle, Emile Combes, Fayard, 1995
  • Paul Baquiast, Une dynastie de la bourgeoisie républicaine, les Pelletan, L'Harmattan, 1995
  • Serge Doessant, Le général André, de l'affaire Dreyfus à l'affaire des fiches, Éditions Glyphe 2009, 416 p.
  • Émile Combes, Mon ministère : mémoires, 1902-1905, Plon, 1956, 293 p.
  • L’Affaire des fiches (1900-1904) : Chronique d’un scandale, Paris, Éditions universitaires, Collection « Documents », 1989, 237 p.
  • Louis André, Cinq ans de ministère, Paris, Louis Michaud, 1907.