Ferdinand Buisson

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Ferdinand Buisson
Image illustrative de l'article Ferdinand Buisson
Fonctions
Député de la Seine
19021914
19191924
Groupe politique RRRS
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris
Date de décès (à 90 ans)
Lieu de décès Thieuloy-Saint-Antoine
Nationalité Française
Profession Enseignant
Prix Nobel de la paix 1927

Ferdinand Buisson, né le à Paris et mort le à Thieuloy-Saint-Antoine, est un homme politique français, cofondateur et président de la Ligue des droits de l'Homme, président de la Ligue de l'enseignement (1902-1906).

En 1927 le prix Nobel de la paix lui est attribué conjointement à Ludwig Quidde.

Philosophe et éducateur, il a été directeur de l'Enseignement primaire. Il est l'auteur d'une thèse sur Sébastien Castellion, en qui il voit un « protestant libéral » à son image.

Ferdinand Buisson a été le président de l'Association nationale des libres penseurs. En 1905, il préside la commission parlementaire chargée de mettre en œuvre la séparation des Églises et de l'État.

Célèbre pour son combat en faveur d'un enseignement laïque à travers la Ligue de l'enseignement, fonctionnaire, député radical, proche de Jules Ferry, il a créé le mot « laïcité ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Ferdinand Buisson est élève au lycée Condorcet, puis obtient l'agrégation de philosophie.

Figure historique du protestantisme libéral, il s'exile volontairement en Suisse sous le Second Empire, de 1866 à 1870, car il refuse de prêter serment au nouveau pouvoir ; il est professeur à ce qui deviendra l'université de Neuchâtel. Dès 1867, il suit les trois congrès internationaux de la Ligue de la Paix et de la liberté. C'est au dernier congrès à Lausanne, en 1869, qu'il lit un discours[1]. Parallèlement, il tente de mettre en place une Église protestante libérale, faisant appel aux pasteurs Jules Steeg et Félix Pécaut.

Dès l'annonce de la proclamation de la République, il revient en France et participe activement aux initiatives politiques et sociales de la municipalité du 17e arrondissement. En décembre 1870, il prend la direction de l'orphelinat municipal du 17e, premier orphelinat laïque, qui deviendra plus tard l'orphelinat de la Seine[1].

Refusant d'enseigner la philosophie, car désireux d'œuvrer en faveur des enfants les plus pauvres, il est, grâce à son amitié avec le ministre de l'Instruction publique Jules Simon, nommé à la direction des établissements scolaires parisiens. Soucieux de l'avenir des enfants de l'orphelinat, il se met en relation avec le philanthrope Joseph-Gabriel Prévost et place les enfants dans son orphelinat à Cempuis, dans l'Oise. En 1880, il nomme Paul Robin directeur de cet orphelinat[1].

De 1879 à 1896, il est appelé par Jules Ferry, successeur de Jules Simon, à la direction de l’Enseignement primaire. En 1890, il devient professeur de pédagogie à la Sorbonne. Puis il supervise le travail d’écriture et de conception des lois sur la laïcité. En 1905, il est le président de la commission parlementaire qui rédige le texte de la loi de séparation des Églises et de l'État.

En 1898, partisan du capitaine Dreyfus, Buisson participe à la création de la Ligue française des droits de l'Homme dont il sera président de 1913 à 1926.

Député de la Seine de 1902 à 1914, puis de 1919 à 1924, il est en particulier un ardent défenseur de l'enseignement professionnel obligatoire et du droit de vote pour les femmes.

Ferdinand Buisson fut également le maître d'œuvre d'un chantier éditorial remarquable, le Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, pour la rédaction duquel il s'entoura de plus de 350 collaborateurs. La première édition est publiée par Hachette entre 1882 et 1887. Une nouvelle édition paraît en 1911[2]. Ne se limitant pas à un rôle de responsable éditorial, Buisson rédige lui-même des articles emblématiques, comme Laïcité, Intuition, Prière... Son dictionnaire est considéré comme la « bible » de l’école laïque et républicaine, et introduit le concept d'une religion laïque de remplacement.

Partisan de la première heure de la Société des Nations (SDN), Buisson se consacre ensuite au rapprochement franco-allemand, surtout après l'occupation de la Ruhr en 1923, en invitant des pacifistes allemands à Paris et en se rendant à Berlin. Il reçoit le prix Nobel de la paix en 1927 avec le professeur allemand Ludwig Quidde.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Les écrits de Ferdinand Buisson sont constitués d'abord de conférences et d'articles parus sur des supports divers. Ils ont été quelquefois réunis par lui en ouvrage sous un titre unique et, aujourd'hui, les ouvrages consultables sont souvent des compilations, des extractions ou des rééditions qui peuvent regrouper plusieurs documents.

  • Le Christianisme libéral, Cherbuliez, Paris, 1865, rééd.Théolib, 2008
  • De l'enseignement de l'histoire sainte dans les écoles primaires, 1869, rééd.Théolib, 2008
  • Sébastien Castellion, sa vie, son oeuvre, Hachette, Paris, 1892, 2 tomes [(fr) lire en ligne]
  • La Religion, la Morale et la Science, quatre conférences. Fischbacher, Paris, 1900, rééd.Théolib, 2008
  • Libre Pensée et protestantisme libéral, quatre lettres au Protestant et réponses de Charles Wagner. Fischbacher, Paris, 1903, rééd.Théolib, 2008
  • Condorcet. Réédition : Alcan, Paris, 1929
  • (Dir.) Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (deux éditions, en 1887 et en 1911). Réédition  : Alcan, Paris, 1929. Le texte intégral du Nouveau Dictionnaire (1911) a été réédité par Théolib en 2011-2012.
  • (Dir.) Nouveau Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire [(fr) lire en ligne]
  • Éducation et République. Choix de 111 textes, effectué par Pierre Hayat, avec des notes et une présentation, aux éditions Kimé, Paris, 2003 (ISBN 2-84174-293-8)
  • La Politique radicale, 1908
  • Le Vote des femmes, Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1911
  • L'avenir du sentiment religieux (1914), Fischbacher, 1923 ; rééd.Théolib, 2008
  • Le Fonds religieux de la morale laïque, in Revue pédagogique, rééd.Théolib, 2008
  • Sommes-nous tous des libres croyants ? Libre pensée et protestantisme libéral, Éditions Le foyer de l'âme/Église réformée de la Bastille, 1992 (coauteur : le pasteur Charles Wagner)
  • Souvenirs et autres écrits, sous ce titre Theolib a réédité en 2011 la conférence Souvenirs prononcée par F. Buisson en 1916 (et éditée une seule fois chez Fischbacher en 1916) ; l'Hommage à Félix Pécaut du 3 août 1898 ; L'École et la nation en France, une synthèse de sa vision républicaine de l'école paru en 1913 dans L'Année pédagogique (ISBN 978-2-36500-000-0)
  • Conférence sur l'enseignement intuitif[3] (31 août 1878), publiée dans Les Conférences pédagogiques faites aux instituteurs délégués à l'Exposition universelle de 1878[4].

Hommages[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Martine Brunet, « L'unité d'une vie », in Ferdinand Buisson, souvenirs et autres écrits, Théolib, 2011, p. 119-170.
  2. Il est symptomatique de l’esprit de Ferdinand Buisson que cette version contienne un article favorable aux syndicats d'instituteurs, quatre ans seulement après la révocation de Marius Nègre par Clemenceau, et alors même que le Syndicat national des instituteurs ne sera constitué qu'en 1920 et reconnu de facto par le gouvernement qu’en 1924. Il est non moins symptomatique que la rédaction de cet article ait été confiée à Émile Glay, alors secrétaire adjoint de la Fédération nationale des amicales d'instituteurs et futur secrétaire général adjoint du SNI, lui-même présenté comme « disciple » de Ferdinand Buisson
  3. Sur le site ecolereferences.
  4. Voir sur Gallica.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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