Jules Siegfried

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Jules Siegfried
Jules Siegfried en 1913
Jules Siegfried en 1913
Fonctions
Parlementaire français
Député (1885-1897)
puis 1902-1922
Sénateur (1897-1900)
Gouvernement IIIe république
Groupe politique UR (1885-1889)
GD (1906-1914)
RDG (1914-1919)
GRD (1919-1922)
Biographie
Date de naissance 12 février 1837
Date de décès 26 septembre 1922 (à 85 ans)
Résidence Seine-Inférieure

Jules Siegfried, né à Mulhouse le 12 février 1837 et mort au Havre le 26 septembre 1922, est un entrepreneur et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d’un grand-père drapier et d’un père qui avait commencé comme commissionnaire avant de créer une maison de négoce avec son cousin, Jules Siegfried interrompit ses études à l’âge de treize ans pour entrer comme apprenti dans la maison de commerce de son père, auquel il s’associe avant de partir pour les États-Unis. Rentré en France en 1862, il fonde, avec son frère Jacques Siegfried, au Havre et à Mulhouse, la société Siegfried Frères, spécialisée dans le négoce du coton. Elle deviendra la Compagnie cotonnière vers 1870. Dès l’automne 1862, la société a une succursale à Bombay. Les frères Siegfried ne tarderont pas à devenir millionnaires.

Toujours avec son frère, il sera à l’origine de la création de l’École supérieure de commerce de Mulhouse, fondée en 1866 sur le modèle de l’Institut supérieur de commerce d’Anvers. Celle-ci sera fermée en juillet 1872, en raison de l’annexion de l’Alsace. Elle servira de modèle à celle de Lyon qui recrutera nombre de ses professeurs. Les frères Siegfried quittent alors l’Alsace pour s’installer en Normandie, où ils fondent l’École supérieure de commerce de Rouen et l’École supérieure de commerce du Havre qui existent toujours. Une succursale de leur maison de négoce est ouverte à La Nouvelle-Orléans tandis que son frère Jacques se retire en 1865, remplacé par son autre frère Ernest.

Siegfried fut premier adjoint, puis maire du Havre (1870-1873 et 1878-1886), député et conseiller général de la Seine-Inférieure (1886-1897 et 1902-1922), sénateur (1897-1900), puis ministre du Commerce, de l’Industrie et des colonies, du 6 décembre 1892 au 30 mars 1893, dans le 1er et le 2e cabinet Ribot.

À la Chambre, il traita avec compétence les questions commerciales, maritimes, financières et sociales. Préoccupé par le sort des plus pauvres et cherchant la prospérité de son pays, il chercha à promouvoir l’habitat social. Ainsi, la « loi Siegfried » du 30 novembre 1894 encourage la création d’organismes d’habitations à bon marché.

Jules Siegfried lors d'une réunion politique au Havre en 1914

Par ailleurs, Jules Siegfried milita pour le vote des femmes : il présidera le « groupe des droits de la femme » créé à la Chambre des députés en 1918. En 1905, lors du vote le la loi de séparation des Églises et de l'État, il est absent par congé.

C’est auprès de cet homme politique influent, « le plus représentatif de l’esprit havrais » selon René Coty, que ce dernier entama sa carrière politique. Il était, par ailleurs, le mari de la féministe Julie Siegfried et le père de l’historien André Siegfried, de l’Académie française.

Il était en outre chevalier de la Légion d'honneur, membre de la Chambre de commerce du Havre, fondateur de la Société des cités ouvrières, du Cercle Franklin, des Bains et lavoirs publics. Sa Compagnie cotonnière est devenue une filiale de Dagris (anciennement Compagnie française pour le développement des fibres textiles (CFDT).

À Strasbourg, une plaque de bronze à son effigie, exécutée par P. Klein, honore sa mémoire sur la route du Polygone, à côté de l'église protestante de Neudorf[1].

Il existe une rue Jules-Siegfried dans le lotissement « Campagne à Paris » du 20e arrondissement de Paris. De la même façon, une telle rue rejoint, au Havre (76600), la place de l'hôtel de ville à l'avenue du Général Archinard, en longeant le Pasino, situé dans les locaux de l'ancienne Chambre de Commerce et de l'Industrie. Le nom de Jules Siegfried est également porté par un lycée technologique et professionnel au Havre ainsi qu'un lycée général et technologique dans le 10e arrondissement de Paris.

Mandats[modifier | modifier le code]

Député
  • 1885 - 1897 : Seine-Inférieure
  • 1902 - 1922 : Seine-Inférieure (groupes parlementaires de l’Alliance démocratique)
Sénateur
  • 1897 - 1900

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Jules Siegfried », in Les statues de Strasbourg, Éditions Coprur, Strasbourg, p. 75 (ISBN 2-903297-42-8)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Roger Merlin, Jules Siegfried sa vie, son œuvre, Paris, Musée social, 1923.
  • Raymond Oberlé et Léon Strauss, « Jules Siegfried », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 35, p. 3629
  • André Siegfried, Jules Siegfried, 1837-1922, Paris, Firmin-Didot, 1942.
  • André Siegfried, Mes souvenirs de la 3e république. Mon père et son temps, Jules Siegfried, 1836-1922, Paris, Presses universitaires de France, 1946.
  • Th. Vallée, Quarante Ans de vie républicaine : Jules Siegfried, Le Havre, O. Randolet, 1910, in-8°, 28 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]