Organisation internationale du travail

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46° 13′ 45.8″ N 6° 08′ 03.4″ E / 46.229389, 6.134278

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Organisation internationale du travail
Image illustrative de l'article Organisation internationale du travail
Organe de l'ONU
Type d'organisation Agence spécialisée de l'ONU
Acronymes OIT, ILO
Directeur général Drapeau du Royaume-Uni Guy Ryder
Statut Active
Siège Drapeau de la Suisse Genève
Création 1919
Site web www.ilo.org
Organisation(s) parente(s)

L’Organisation internationale du travail ou OIT (en anglais : International Labour Organization, ILO) est depuis 1946 une agence spécialisée de l'ONU.

Sa mission est de rassembler gouvernements, employeurs et travailleurs de ses États membres dans le cadre d'une institution tripartite, en vue d'une action commune pour promouvoir les droits au travail, encourager la création d'emplois décents, développer la protection sociale et renforcer le dialogue social dans le domaine du travail [1].

Elle est fondée en 1919, à la suite de la Première Guerre mondiale, dans le but de « poursuivre une vision basée sur le principe qu'il ne saurait y avoir une paix universelle et durable sans un traitement décent des travailleurs »[2]. En 1946, l'OIT devient la première agence spécialisée des Nations Unies. En 2012, l'Organisation regroupe 183 États membres. Son siège est situé à Genève, en Suisse, et son directeur général est le Britannique Guy Ryder depuis le 1er octobre 2012. L'organisation est distinguée en 1969 par l'attribution du prix Nobel de la paix.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1919, les États signataires du traité de Versailles créent l'Organisation internationale du travail (OIT).
Avec la résolution du premier conflit mondial, beaucoup sont conscients du fait « qu'il existe des conditions de travail impliquant pour un grand nombre de personnes l'injustice, la misère et les privations, ce qui engendre un tel mécontentement que la paix et l'harmonie universelles sont mises en danger[3] », . Arthur Fontaine – l'un des rédacteurs de la partie XIII qui a permis la création de l'institution[4] – débute sa constitution en affirmant qu'« une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale[5] ».

En 1926, la nouvelle organisation s'installe au Centre William Rappard, à Genève .

Le 10 mai 1944, La Conférence générale de l'Organisation internationale du travail, réunie à Philadelphie, adopte la déclaration de Philadelphie. Parmi les institutions de la Société des Nations (SDN), l'OIT est la seule organisation qui survit à la disparition de celle-ci en 1946. L'OIT devient une institution spécialisée de l'Organisation des Nations unies (ONU). Dotée d'une structure tripartite unique, elle réunit sur un pied d'égalité les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs pour débattre des questions relatives au travail et à la politique sociale. Le secrétariat de l'Organisation, le Bureau international du travail (BIT), a son siège à Genève en Suisse et gère des bureaux extérieurs dans plus de 40 pays.

En 1969, à l'occasion de son cinquantième anniversaire , l'OIT reçoit le prix Nobel de la paix.

En février 2002, l'OIT crée une Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation. Cet organe indépendant a pour but d'amener le débat à quitter le terrain de la confrontation pour celui du dialogue et de jeter ainsi les bases de l'action pour faire en sorte que la mondialisation profite à davantage de personnes.

Le 10 juin 2008, l'OIT adopte à l'unanimité sa nouvelle déclaration de foi[6], la « Déclaration sur la justice sociale pour une mondialisation équitable »[7].

En 2012, L'OIT compte 185 États membres.

Publications et données de l'OIT[modifier | modifier le code]

Rapport, enquêtes et résolutions[modifier | modifier le code]

L'OIT constitue un observatoire international incomparable pour toutes les questions ayant trait au monde du travail[8].
Voir site de publication trilingue : ILO bookshop

Outre son « Rapport annuel sur le travail dans le Monde » ainsi que les publications de résultats d'enquêtes, figure une « Résolution concernant les statistiques du travail, de l'emploi et de la sous-utilisation de la main d'œuvre »[9].

Statistiques[modifier | modifier le code]

  • ILOSTAT [10] : fournit des statistiques annuelles et infra-annuelles du marché du travail sur plus de 100 indicateurs couvrant 230 pays, régions et territoires.
  • LABORSTA [11]: présente les principales statistiques du travail officielles pour plus de 200 pays de 1969 à 2008. N'étant plus mise à jour, elle est progressivement remplacée par ILOSTAT.
  • ICMT [12] : indicateurs clés du marché du travail : ils dépeignent en détail la quantité et la qualité des emplois dans le monde selon 20 indicateurs. Ils couvrent des aspects quantitatifs (comme le taux d'activité, l'emploi, l'inactivité, l'élasticité de l'emploi, les secteurs d'activité, la productivité du travail et le chômage) et des aspects qualitatifs (comme les heures de travail, les salaires, le statut dans l'emploi, la durée du chômage et d'autres).
  • Enquête de main d'œuvre [13] : c'est une enquête standard fondée sur les ménages et présentant des statistiques en rapport avec le travail.

Bases de Données[modifier | modifier le code]

  • NORMLEX [14] : Base de données très complète qui réunit des informations sur les normes internationales du travail et fournit un accès libre aux dernières informations concernant les normes internationales du travail ainsi que les législations nationales en matière de travail et de sécurité sociale.
  • NATLEX [15] : Base de données sur les législations nationales du travail, de la sécurité sociale et des droits de l'homme. Les enregistrements figurant dans NATLEX contiennent ( en anglais/français/espagnol) des résumés de la législation et des informations bibliographiques. Ces contenus sont classés par sujet et indexés avec des mots-clés. Dans la mesure du possible, le texte complet de la loi répertoriée ou une source électronique pertinente sont annexés à l'enregistrement.
  • EPLEX [16] : Base de données sur les législations de protection de l'emploi. Elle fournit des informations sur les législations régissant le licenciement dans plus de 85 pays. La Base est structurée autour de 50 variables reprenant les thèmes clés du domaine. Elle est mise à jour annuellement pour permettre l'analyse des changements législatifs dans le temps, par thème et par pays.
  • CISDOC [17] : Base de données bibliographiques qui contient environ 70.000 signalements de documents traitant des accidents du travail, des maladies professionnelles ainsi que des moyens de les prévenir : Lois et règlements, fiches de sécurité chimique, matériel de formation, normes et articles de périodiques.
  • LABORDOC [18] : Base de données de la bibliothèque du BIT qui contient des références et des accès en ligne à des documents du monde entier sur le monde du travail. Ces documents traitent de tous les aspects du travail et des moyens de subsistance durables, ainsi que des aspects du développement économique et social, des droits de l'Homme et du changement technologique relatifs au travail. Ces documents sont disponibles à la bibliothèque du BIT à Genève et dans plusieurs bibliothèques de l'OIT dans le monde.

Organisation[modifier | modifier le code]

La Conférence internationale du Travail, réunit une fois par an les mandants de l'OIT (représentants gouvernementaux, représentants travailleurs et représentants employeurs) et oriente les travaux de l'Organisation. Elle adopte les nouvelles normes internationales du travail et détermine le programme et le budget de l’Organisation. Entre deux sessions de la Conférence, le Conseil d’administration -composé de 28 membres gouvernementaux, de 14 membres employeurs et de 14 membres travailleurs- pilote les activités de l’OIT.

Normes et déclarations relatives aux principes et droits fondamentaux au travail[modifier | modifier le code]

Il existe actuellement 189 conventions et 202 recommandations, dont certaines remontent à la création de l'OIT en 1919.

Le Conseil d'administration du BIT a qualifié de fondamentales les conventions qui traitent de questions considérées comme des principes et des droits fondamentaux au travail :

  1. liberté syndicale et reconnaissance effective du droit de négociation collective,
  2. élimination du travail forcé ou obligatoire (à l'exception du "service militaire, [du] travail des prisonniers sous surveillance appropriée et [des] cas de force majeure tels que les guerres, les incendies ou les séismes"[19]),
  3. abolition effective du travail des enfants : L'OIT a établi un Programme international pour l'abolition du travail des enfants
  4. amélioration de la condition de travail,
  5. élimination de la discrimination en matière d'emploi et de profession.

Ces principes sont également énoncés dans la Déclaration de l'OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail de 1998.

Conventions[modifier | modifier le code]

Conventions fondamentales[modifier | modifier le code]

Les huit conventions fondamentales sont les suivantes :

  • convention (no 87) sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical (1948)
  • convention (no 98) sur le droit d’organisation et de négociation collective (1949)
  • convention (no 29) sur le travail forcé (1930)
  • convention (no 105) sur l'abolition du travail forcé (1957)
  • convention (no 138) sur l'âge minimum (1973)
  • convention (no 182) sur les pires formes de travail des enfants (1999)
  • convention (no 100) sur l'égalité de rémunération (1951)
  • convention (no 111) concernant la discrimination (emploi et profession) (1958)

Conventions prioritaires[modifier | modifier le code]

Le Conseil d'administration du BIT a également qualifié quatre autres conventions d'instruments prioritaires, encourageant ainsi les États membres à les ratifier en raison de leur importance pour le fonctionnement du système de normes internationales du travail. Les quatre conventions prioritaires sont les suivantes:

Recommandations adoptées par la Conférence internationale du travail[modifier | modifier le code]

Directeurs généraux[modifier | modifier le code]

Présidents du conseil d'administration[modifier | modifier le code]

Ils sont élus pour un mandat d'un an renouvelable. On peut citer les Français qui ont été présidents :

L'OIT et le travail des enfants[modifier | modifier le code]

La nécessité de protéger les travailleurs en général et les travailleurs mineurs en particulier s’est soldée par l’adoption de plusieurs conventions dites conventions sur le travail. Ces conventions sont le fait de l’OIT, organisme spécialisée de l’ONU au travers du BIT. Cet organisme a produit des textes qui constituent des instruments juridiques protecteurs pour régir le travail des mineurs. L’une de ces conventions la C 182 revêt une certaine importance.

Les conventions relatives au travail des mineurs[modifier | modifier le code]

Parmi ces conventions, celles intéressant le travail des mineurs sont : la convention no 6 dénommée « convention sur le travail de nuit des enfants » de 1919, mise en vigueur le 21 novembre 1960. Elle vise la réglementation du travail de nuit des enfants dans l’industrie. Son objectif majeur est d’ériger en principe l’interdiction du travail de nuit des enfants. Cette mesure est reprise par le code du travail de 1995. Cependant, la protection est atténuée dans la mesure où il est admis des dérogations à ce principe. Ce qui justifie[non neutre] la dénonciation de cette convention[Par qui ?].

Ensuite la convention no 138 de 1973 dénommée « convention sur l’âge minimum ». Elle est rentrée en vigueur le 7 février 2002. Cette convention recommande un âge minimum d’admission au travail. Elle traduit la volonté de la communauté internationale d’uniformiser la barre de l’âge minimum d’admission à l’emploi. C’est une mesure pour interdire l’emploi d’un individu en dessous de 14 ans.

La convention no 29 sur le travail forcé est également applicable au travail des mineurs dans la mesure où la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 interdit l’esclavage pour tout individu. Au travers de l’application de cette norme, le mineur devrait être en principe exempt de pratiques l’aliénant au travail.

La convention C 138 couplée à celle sur les pires formes de travail des enfants la C 182 oblige les États à fixer un âge minimum d’admission des enfants à l’emploi et un âge de fin de scolarité obligatoire.

L’OIT a aussi fait de la lutte contre le travail illicite, son « cheval de bataille ». Le travail illicite des mineurs rentre aussi dans le cadre de son combat. Mais il faut noter que dans l’édiction de ses conventions, l’OIT laisse la latitude aux États signataires de définir leur modalité d’application sur la base de certaines recommandations. Parmi les conventions de l’OIT, la C 182 est intervenue dans un contexte particulier et semble avoir hérité d’une certaine importance.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définition en page d'accueil du site officiel francophone de l'OIT
  2. Site de l'OIT
  3. (fr) « Origines et histoire », Organisation internationale du travail
  4. Michel Cointepas, Arthur Fontaine, 1860-1931 : un réformateur, pacifiste et mécène au sommet de la Troisième République, Presses Universitaires de Rennes, 2008, p. 255.
  5. Origines et histoire de l'OIT
  6. Selon les termes de son secrétaire général en préambule de ladite déclaration
  7. (fr) « Déclaration de l'OIT sur la justice sociale pour une mondialisation équitable », Organisation internationale du travail,‎ 10 juin 2008 (consulté le 20 novembre 2008)
  8. http://www.ilo.org/public/french/support/lib/index.htm
  9. [http//:www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---dgreports/---stat/documents/normativeinstrument/wcms_233215.pdf]
  10. [1]
  11. [2]
  12. [3]
  13. [4]
  14. [5]
  15. [6]
  16. [7]
  17. [8]
  18. [9]
  19. OIT. Feuillet d'information sur l'OIT. http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---dgreports/---dcomm/---webdev/documents/publication/wcms_082362.pdf
  20. élection de Guy Ryder

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]