Jimmy Carter

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Jimmy Carter
Portrait officiel de Jimmy Carter, en 1977.
Portrait officiel de Jimmy Carter, en 1977.
Fonctions
39e président des États-Unis
20 janvier 197720 janvier 1981
(&&&&&&&&&&&014614 ans, 0 mois et 0 jour)
Élection 2 novembre 1976
Vice-président Walter Frederick Mondale
Prédécesseur Gerald Ford
Successeur Ronald Reagan
76e gouverneur de Géorgie
12 janvier 197114 janvier 1975
Prédécesseur Lester Maddox
Successeur George Busbee
Biographie
Date de naissance 1er octobre 1924 (89 ans)
Lieu de naissance Plains (Géorgie, États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti démocrate
Conjoint Rosalynn Carter
Diplômé de Académie navale d'Annapolis
Georgia Southwestern State University
Georgia Tech
Profession Dirigeant d’exploitation agricole
Religion Baptiste

Signature

Jimmy Carter
Président des États-Unis
Prix Nobel de la Paix 2002

James Earl Carter, Jr., dit Jimmy Carter, né le 1er octobre 1924 à Plains (Géorgie), est un homme politique américain. Il est le trente-neuvième président des États-Unis, de 1977 à 1981. Son mandat est marqué par d'importantes réussites en politique extérieure dont les traités sur le Canal de Panama, les Accords de Camp David (le traité de paix entre l'Égypte et Israël), le traité SALT II sur la limitation des armements stratégiques avec l'Union soviétique et l’ouverture de relations diplomatiques avec la République populaire de Chine. En politique intérieure, son gouvernement a permis la création du ministère de l’Énergie et du ministère de l’Éducation et a renforcé la législation sur la protection environnementale. Mais à la fin de son mandat, ce qui fut interprété comme de la faiblesse de sa part dans des crises comme celles des otages de l'ambassade américaine à Téhéran, l'intervention soviétique en Afghanistan, ainsi que les conséquences économiques du Deuxième choc pétrolier et des nouvelles stratégies boursières sacrifiant l'emploi à la rentabilité, lui coûtèrent de nombreuses voix, et il ne fut pas réélu.

Depuis son départ de la Maison-Blanche, il s’est proposé en tant que médiateur de conflits internationaux et il met son prestige au service de causes caritatives. En 2002, il reçoit le Prix Nobel de la paix en récompense de ses « efforts pour résoudre les conflits internationaux par des solutions pacifiques, pour faire progresser la démocratie et les Droits de l'homme, et pour promouvoir le développement économique et social ». Il se distingue également en littérature, étant l'auteur de nombreux livres. Il est actuellement le plus ancien président américain encore en vie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

James Earl Carter, Jr. naît le 1er octobre 1924 à Plains, un petit village de l’État de Géorgie. Ses parents, James Earl Carter et Bessie Lillian Gordy, sont fermiers et Baptistes pratiquants. Il est le premier président à voir le jour dans un hôpital. Il grandit à proximité, dans la ville d’Archery. Il est admis à l'université de Georgia Southwestern College puis au Georgia Institute of Technology, et obtient le B.S. degree (Bachelor of Sciences) à l'United States Naval Academy en 1946, l'année où il épouse Rosalynn Smith. Carter est un étudiant brillant et termine 59e de sa promotion sur 820 élèves. Jeremiah Denton, héros de la guerre du Viêt Nam et prisonnier de guerre, est l'un de ses camarades de classe. Carter est affecté dans les sous-marins de la flotte Atlantique et Pacifique des États-Unis, et il est ensuite choisi par l'amiral Hyman Rickover pour participer au programme de sous-marins nucléaires. Carter aime la Navy et projette d'y faire carrière ; il a l'ambition de devenir le Chef des Opérations Navales (Chief of Naval Operations). Cependant, à la suite de la mort de son père, en 1953, il démissionne de la marine et se lance dans la culture de l'arachide dans sa ville natale de Plains. Dès son plus jeune âge, Carter manifeste son attachement aux valeurs chrétiennes, et il continue d’enseigner le catéchisme tout au long de sa carrière politique (il est d'ailleurs diacre de l'Église baptiste).

Les débuts de sa carrière politique[modifier | modifier le code]

Carter débute sa carrière politique en faisant partie de la Commission scolaire de la ville de Plains. Dans les années 1960, il est élu pour deux mandats au Sénat de l'État de Géorgie.

Il fait campagne en 1970, et est élu gouverneur en soutenant le programme électoral de George Wallace. Ses partisans distribuent des photos de son concurrent en compagnie de basketteurs noirs. Il s’engage à renommer au Conseil des Régents de l'État, un homme dont les opinions ségrégationnistes sont connues. Il promet que la première décision qu'il prendrait serait d'inviter l'ancien Gouverneur de l'État de l'Alabama à s'exprimer en Géorgie. Les ségrégationnistes purs et durs de tout l'État soutiennent sa candidature au poste de gouverneur.

Néanmoins, une fois élu, Carter déclare dans ses discours que le temps de la ségrégation raciale est révolu, et qu’elle n’a pas de place dans l’avenir de l’État. Il est le premier homme politique, avec autant de responsabilités au sein d'un État du Sud des États-Unis, qui ose tenir de tels propos en public (moins de quinze ans auparavant, ce genre d’opinion aurait pu mettre un terme à la carrière d’un homme politique de cette région comme ce fut le cas pour le maire d'Atlanta Ivan Allen (en), qui déclara devant le Congrès être en faveur du Voting Rights Act). C’est pourquoi sa victoire attire l'attention car elle est considérée comme le signe d'une évolution. Carter est gouverneur de Géorgie de 1971 à 1975.

Élection présidentielle de 1976[modifier | modifier le code]

Résultats par État de l'élection de 1976

Lorsque Carter se présente aux élections primaires de 1976 pour obtenir l’investiture du Parti démocrate, on lui donne tout d'abord très peu de chances face à d'autres hommes politiques de renommée nationale. En janvier 1976, il n'est ainsi crédité que de 4 % des électeurs démocrates. Cependant, le scandale du Watergate est encore présent à l’esprit des électeurs et le fait de ne pas appartenir à la classe politique de Washington devient un atout. Il mène une campagne efficace, se montre éloquent lors des débats. Dès la mi-mars 1976, il devance les autres candidats démocrates (Jerry Brown, George Wallace, Mo Udall (en)…) mais aussi le président républicain sortant Gerald Ford dans les sondages. Il est nommé candidat démocrate pour l'élection présidentielle, avec Walter Mondale comme candidat à la Vice-présidence.

Il gagne l'élection présidentielle de novembre avec 50,1 % du vote populaire contre 48 % à Ford et 0,9 % à Eugene McCarthy (indépendant) et 297 votes des délégués contre 240 à son concurrent républicain.

La réorganisation du Gouvernement est le cheval de bataille de sa campagne. Il est le premier candidat originaire du Sud profond à être élu président depuis 1848, avant la guerre de Sécession.

Présidence[modifier | modifier le code]

Jimmy Carter et le Roi Hussein de Jordanie, le 25 avril 1977 à la Maison-Blanche

Parmi ses efforts de réorganisation du gouvernement, Carter divise le ministère de la Santé, de l'Éducation et de la Protection sociale en deux, le ministère de l’Éducation d'une part et le ministère de la Santé et des Affaires sociales d'autre part. Il élève également l'agence pour l'énergie au rang de ministère de l'énergie.

On se souvient de la politique extérieure menée par le gouvernement Carter particulièrement en raison de la crise des otages en Iran, du traité de paix qu'il négocie entre l'Égypte et Israël connu sous le nom d’Accords de Camp David, du Traité SALT II sur la limitation des armements stratégiques négocié avec l'Union soviétique, du traité du canal de Panama qui remet le canal sous autorité panaméenne, et enfin de la crise de l'énergie. Il a beaucoup moins de succès au niveau de la politique intérieure, en se mettant à dos à la fois son propre parti et l’opposition à cause de ce qui est perçu comme un manque de volonté de coopérer avec le Congrès, ce qui était déjà le cas lorsqu'il était gouverneur.

Le 15 juillet 1979, Carter s'adresse à la nation entière dans un discours télévisé au cours duquel il parle de la crise de confiance dont souffrirait le peuple américain. Ces propos restent connus sous le nom de discours du « malaise », bien qu'il n'ait jamais utilisé le mot « malaise » dans son texte :

Extrait de son discours :

« Je souhaite maintenant vous parler d'une menace fondamentale qui pèse sur la Démocratie de notre pays… Je ne fais pas référence à l’influence exercée par l’Amérique, une nation actuellement en paix avec le reste du monde, et dont la puissance économique et militaire est inégalée…

Cette menace est à peine perceptible par des moyens ordinaires. Il s'agit d'une crise de confiance. Il s'agit d'une crise qui frappe la volonté de notre nation en son sein même, en son âme et en son esprit. Nous percevons cette crise à cause du doute croissant que l'on porte sur la signification de nos propres vies et de la perte d'un objectif unique pour notre nation. »

Le discours de Carter, que certains comparent à un sermon, est bien accueilli car le pays s'enlise dans la pire récession depuis les années 1930, est touché par des taux d’inflation records et par le chômage. Mais ceux qui attendent que leurs dirigeants leur montrent la voie à suivre sont déçus. Deux jours après ce discours, Carter exige la démission de tous les responsables de son gouvernement, mais en fin de compte n'en accepte que 5. Le manque de mesures concrètes destinées à sortir le pays de ce malaise fait encore chuter son indice de popularité dans les sondages.

Parmi les présidents qui ont effectué un seul mandat complet de quatre ans, Carter est le seul qui n’a pas eu à proposer de candidats à la Cour Suprême.

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Jimmy Carter et le secrétaire d'État Cyrus Vance le 3 juillet 1977.

Carter met les droits de l'homme au cœur de sa politique étrangère, rompant avec la politique du gouvernement Nixon, fondée sur la Realpolitik.

Le gouvernement Carter met fin très tardivement et après beaucoup d'hésitations (l'assassinat d'un ressortissant américain par la junte somoziste) au soutien apporté par les États-Unis depuis des décennies au dictateur Somoza au Nicaragua, frappe d'un embargo sur les armes le régime militaire argentin et accorde une aide de plusieurs millions de dollars au régime sandiniste [réf. nécessaire]. Il signe le 7 septembre 1977, les traités de Torrijos-Carter permettant la rétrocession du canal de Panama en 1999.

L’opposition entre les droits de l'Homme et les intérêts des États-Unis est particulièrement visible dans la relation entre Carter et le Shah d'Iran. Depuis la Seconde Guerre mondiale, le Shah est l'un des plus fidèles alliés des États-Unis et l’un des seuls gouvernements du Moyen-Orient amis des États-Unis. Le problème est que ce régime est clairement autocratique. Bien que Carter considère le Shah comme un dirigeant sage et de qualité, son gouvernement n'intervient pas lorsqu'un soulèvement populaire contre la monarchie éclate en Iran. Le Shah est renversé et contraint à l'exil. Depuis, de nombreux observateurs ont établi un lien de cause à effet entre le déclin du soutien des États-Unis et la rapide destitution du Shah ; certains, comme la journaliste Dominique Lorentz, parlent même de soutien explicite de l'administration américaine à la révolution islamique de 1979. Initialement Carter avait l’intention de reconnaître le gouvernement révolutionnaire, mais face à l'évolution rapide de la situation, en particulier avec l'influence de plus en plus grande de l'ayatollah Khomeiny, il change d'avis.

En 1979, Carter autorise à contrecœur Mohammad Reza Pahlavi à se réfugier aux États-Unis en tant que réfugié politique et pour raisons médicales. L'arrivée du Shah aux États-Unis a pour écho la prise en otage de 52 Américains de l'ambassade américaine à Téhéran par des militants iraniens qui réclament le retour du Shah en Iran pour qu'il y soit jugé et exécuté. Cette crise des otages en Iran s'enlise et domine l'actualité de la dernière année de la présidence de Carter, bien que plus tard le Shah ait quitté les États-Unis et soit mort en Égypte. Les tentatives ultérieures pour trouver une solution à cette crise, que ce soit le pourrissement ou la tentative avortée pour libérer les otages par l’ opération Eagle Claw, contribuent largement à la défaite de Carter aux élections de 1980. Il est néanmoins partiellement réhabilité retrospectivement dans cette crise à travers ce que l'on apprend de son action dans le film Argo : il aurait autorisé une opération top-secrète et rocambolesque - réussie - d'exfiltration de diplomates américains réfugiés dans l'ambassade du Canada. Modestement, Carter attribue néanmoins le succès de l'opération principalement aux autorités canadiennes[1].

Téhéran ne signe un accord que le 19 janvier 1981 pour la libération des otages, après l’élection de Ronald Reagan, et attend sa prise de fonction officielle pour laisser partir les otages. Ces derniers sont restés prisonniers pendant 444 jours et l’attitude des Iraniens est considérée comme une insulte volontaire au président Carter.

En juin 1979, il rencontre à Vienne Léonid Brejnev et signe avec lui le traité SALT II sur une nouvelle limitation de la course aux armements ; mais il ne donne aucune garantie quant à sa ratification par le sénat américain ; le fait est que celui-ci fait traîner les choses en longueur, cherchant de multiples prétextes, comme la prétendue découverte d'une brigade soviétique à Cuba en septembre 1979, en réalité présente dans l'île depuis la crise des missiles. Ces tergiversations auraient en Afghanistan levé les dernières hésitations du Kremlin régulièrement sollicité depuis plus de six mois par le gouvernement afghan pour une intervention[2]. Les hésitations américaines à ratifier le traité Salt II s'expliquent aussi par le fait que la révolution iranienne a provoqué en février 1979 le démantèlement des bases américaines chargées de surveiller l'URSS et en mars 1979, une révolution pro- castriste prend le pouvoir à la Grenade. D’après Zbigniew Brzeziński, conseiller à la sécurité nationale de Carter, l’invasion de l’Afghanistan par l’Union soviétique, en décembre 1979, est une réponse à la présence militaire des États-Unis dans la région. En effet, six mois avant l'entrée des troupes soviétiques en Afghanistan, Carter autorise un programme afghan à la CIA[3], un programme de 40 M$ destiné à assister les opposants moudjahidins en Afghanistan. On s’aperçoit plus tard que ce programme, continué durant toute la durée de la guerre, a aidé à la chute de l’Union soviétique mais qu’il a aussi contribué à aider indirectement les futurs Talibans à prendre le pouvoir et, d'une manière plus générale, a favorisé l'islamisme, avec Oussama ben Laden. Le 1er octobre 1979, Carter annonce la formation des United States Rapid Deployment Forces (en) (RDF, Forces de déploiement rapide, qui deviendront le United States Central Command en 1983).

Carter affirme que les États-Unis ne laisseraient pas une puissance étrangère contrôler le golfe Persique (doctrine Carter). Il organise une vigoureuse campagne mondiale d'appel au boycottage des Jeux olympiques d'été de Moscou, campagne suivie par une quarantaine de pays, et il rétablit l'inscription obligatoire des hommes sur le Selective Service System (en)[4].

Observation d'un OVNI[modifier | modifier le code]

Jimmy Carter a vu un objet volant non identifié (OVNI) en 1969 et, à la suite de la demande du International UFO Bureau (Bureau international des OVNI), a rempli un formulaire d'observation[5] en 1973, alors qu'il était Gouverneur de la Géorgie. L'observation de Jimmy Carter a été par la suite démentie par le scepticisme scientifique de Robert Sheaffer[6], membre du Committee for Skeptical Inquiry : il s'agit d'une méprise avec Vénus entourée d'un halo. L'objet observé par Carter correspond à la position de Vénus dans le ciel, et Robert Sheaffer explique même que si ce n'est pas Vénus que le président Carter a vu, l'objet devait se trouver juste devant la planète, ce qui serait une coïncidence extraordinaire.

Certains ont prétendu que lors de sa campagne présidentielle, il aurait promis de faire éclater la vérité sur tout témoignage concernant les OVNI que l'on tenterait de cacher. Lors d'un entretien accordé récemment au podcast The Skeptics' Guide To The Universe[7], il a affirmé qu'il n'y avait aucun fondement à cette rumeur. De plus, contrairement à ce que certains ufologues ont affirmé, il n'a jamais demandé au directeur de la CIA, George H. W. Bush, à avoir accès aux dossiers de la CIA concernant les OVNI[8]. Toujours dans cette interview, il affirme ne pas croire que l'objet de son observation ait été en rapport avec des visiteurs d'origine extraterrestre et affirme clairement ne pas croire que des extraterrestres visitent notre planète à l'heure actuelle. Il explique de plus que pour lui le sujet OVNI n'est pas très important, qu'il a rempli sans vraiment y penser le formulaire du Bureau international des OVNI, probablement à la suite de la suggestion d'un de ses fils alors adolescent.

Controverses[modifier | modifier le code]

Certains membres de la campagne Reagan-Bush et de son gouvernement (et particulièrement Barbara Honegger, auteur de October Surprise[9]), ainsi que le président de l'Iran en 1980 (Abu Al-Hasan Bani-Sadr, auteur de My Turn to Speak: Iran, the Revolution and Secret Deals With the U.S.) ont déclaré qu'un arrangement secret entre Reagan et les Iraniens (orchestré par George H. W. Bush) était responsable de la destruction d'un pacte qui liait le gouvernement Carter et le gouvernement iranien, qui aurait pu permettre la libération des otages en octobre 1980. L'équipe de Reagan appelait ce scénario « Surprise d'octobre ». Des sources anonymes prétendent même que lorsque les États-Unis s’engagèrent dans ce qui devint le scandale Iran-Contra (Irangate), c’est-à-dire la vente d’armes à l’Iran pour faire la guerre à l'Irak, ce fut à cause d’un chantage exercé par les Iraniens qui menaçaient de dévoiler l’accord avec le gouvernement Reagan. On note qu'aucune de ces accusations n'a été prouvée ou n'a été l'objet d'une enquête officielle.

En 1977, Carter déclare que les États-Unis n’ont pas à s’excuser auprès du peuple vietnamien des dégâts causés pendant la guerre car les deux camps se sont mutuellement infligés des dommages.

On accusa Carter d'avoir cherché à étouffer les événements de Three Mile Island, la fusion partielle du réacteur dans cette centrale nucléaire. On lui reprocha également de ne pas avoir promu suffisamment sa politique étrangère fondée sur le respect des Droits de l'Homme et en particulier en ce qui concerne le soutien au Gouvernement indonésien alors même que celui-ci était impliqué par un génocide pendant son occupation du Timor oriental.

En 1979, alors que Carter était en train de pêcher sur sa barque dans son étang, un lapin des marais a nagé vers son embarcation avec l'intention d'y monter. Carter évacua l'animal en agitant sa rame. L'incident ayant été pris en photo, il en devint un objet d'hilarité contre Carter accusé de couardise envers un animal apparemment inoffensif. Les médias surnomment cet épisode « l’attaque du lapin tueur ».

Élection présidentielle de 1980[modifier | modifier le code]

Résultats par État de l'élection de 1980

Le président sortant est nouveau candidat pour un second mandat, mais, discrédité il ne parvient pas à rééditer la brillante campagne de 1976. Conformément à ce qu'indiquaient les sondages, Ronald Reagan est élu président des États-Unis avec 51,20 % des suffrages, le président sortant récoltant 42 % des suffrages.

Après la présidence[modifier | modifier le code]

Les présidents américains, Gerald Ford, Richard Nixon, George Bush, Ronald Reagan et Jimmy Carter, dans la réplique du bureau ovale de la Ronald Reagan Presidential Library lors de l'inauguration de cette dernière en 1991.

Après sa défaite à la présidentielle, Carter n'aspira pas à une paisible retraite mais resta profondément impliqué dans les affaires du monde, devenant selon le Time Magazine en 1989 le "meilleur ex-président des États-Unis". En 1982, il fonda à Atlanta la Fondation Carter qui se donna pour mission la résolution des conflits, la promotion de la démocratie ou encore l'aide au développement humanitaire. Ainsi, on le vit mener des missions d'observation des élections à travers le monde (Panama, Nicaragua, Haïti, Éthiopie, Indonésie, les Territoires Palestiniens…). L'ancien président s'est fait médiateur dans de nombreux conflits. En 1994, il désamorça une crise nucléaire entre son pays et la Corée du Nord. La même année, il évita une invasion armée des troupes américaines en Haïti et négocia un cessez-le-feu en Bosnie-Herzégovine. En Afrique, il mène d'ambitieux programmes de développement avec notamment l'éradication du dangereux ver de Guinée. En 2002, Jimmy Carter fit une visite historique à Cuba durant laquelle il s'exprima ouvertement sur la télévision d'État à propos des carences du gouvernement cubain dans le domaine des Droits de l'homme, mais se prononça également en faveur d'une levée du blocus économique de l'île. Toutes ces actions menées depuis 20 ans furent récompensées par le Prix Nobel de la paix attribué en 2002 à l'artisan des Accords de Camp David.

Son action sur le plan international suscite les réactions les plus diverses dans son propre pays. En particulier, Carter a condamné les deux guerres lancées contre l'Irak en 1991 et 2003 et il s'avère être l'un des auteurs de critiques les plus constants de l'administration Bush. À côté de ces engagements politiques, l'ancien président n'hésite pas à manier régulièrement la truelle ou le marteau pour le compte de la fondation Habitat pour l'humanité qui vient en aide aux plus démunis. En outre, il a écrit nombre d'ouvrages dans les domaines les plus divers s'essayant même à la poésie ou à la fiction historique.

Rencontre à la Maison Blanche le 8 janvier 2009 entre tous les présidents des États-Unis encore vivants : George H. W. Bush, Barack Obama, George W. Bush, Bill Clinton et Jimmy Carter.

Le 3 décembre 2006, lors d'une interview télévisée, l'ancien président a émis le souhait d'être inhumé devant sa maison de Plains, expliquant que c'est dans cette ville que lui et son épouse sont nés. Il a précisé qu'à son décès une cérémonie serait organisée à Washington et que sa dépouille serait brièvement exposée au public à Atlanta.

Il fait partie depuis 2007 du groupe des Global Elders (anglais signifiant les anciens, ou sages, universels), créé par Nelson Mandela afin de promouvoir la paix et les droits de l'homme dans le monde.

En mai 2007, il publie un livre audio intitulé Measuring Our Success : Sunday Mornings In Plains - Bible Study with Jimmy Carter s'inspirant de sa vie au sein de l'église baptiste de Maranatha de Géorgie[10].

En octobre 2007, il adopte une position critique envers la politique mise en place par l'administration Bush, déclare que les États-Unis "utilisent la torture" et qu'à ce sujet, George W. Bush ment[11].

Le 8 janvier 2009, à l'invitation du président en exercice, George W. Bush, il participe à un déjeuner à la Maison Blanche réunissant tous les présidents des États-Unis encore vivants : George H. W. Bush, Barack Obama (alors président élu mais non encore en fonction), George W. Bush, Bill Clinton et Jimmy Carter.

Vie de famille[modifier | modifier le code]

Il a épousé le 7 juillet 1946 Rosalynn Smith, née dans le même village que lui et avec laquelle il a eu quatre enfants :

  • John William "Jack" (1947-).
  • James Earl III "Chip" (1950-).
  • Jeffrey Donnel (1952-).
  • Amy Lynn (1967-).

La dernière a connu pendant son adolescence les feux des médias car elle vivait avec ses parents à la Maison-Blanche, première enfant à y habiter depuis la famille Kennedy au début des années 1960.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir sur wikipedia anglais Jimmy Carter Bibliography

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1], New Yorker, 22 février 2013.
  2. Pierre Melandri, La politique étrangère des États-Unis de 1945 à nos jours, Paris, PUF, 1982, 1re édition.
  3. Chalmers Johnson (en), The Largest Covert Operation in CIA History, History News Network, 6 septembre 2003.
  4. Programme servant à préparer une éventuelle conscription.
  5. (en) President Jimmy Carter's Actual UFO Sighting Report
  6. (en) President Carter's "UFO" Is Identified as the Planet Venus
  7. (en) Podcast #105, 25 juillet 2007 - The Skeptics' Guide To The Universe
  8. Bob Novella : « President Carter, in my research I've come across rumors in the UFO community that you asked then CIA director George H. W. Bush for access to the CIA's UFO files and he refused. Is there any truth to this? » President Carter : « No »
  9. (en) Barbara Honegger, October surprise, New York, Tudor Pub. Co,‎ 1989, 19764169 p. (ISBN 978-0-944-27646-4, OCLC 19764169)
  10. (en) Jimmy Carter, Sunday mornings in Plains Bible study with Jimmy Carter : measuring our sucess, New York, NY, Simon & Schuster Audio,‎ 2007 (ISBN 978-0-743-56726-8, OCLC 133071045)
  11. Les États-Unis pratiquent bien la torture, selon Jimmy Carter | International | Cyberpresse

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]