Élie Decazes

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Élie Decazes
Gravure représentant Élie, duc Decazes.
Gravure représentant Élie, duc Decazes.
Fonctions
4e président du Conseil des ministres français
et Ministre de l'intérieur

(&&&&&&&&&&&&&0933 mois et 1 jour)
Monarque Louis XVIII
Gouvernement Decazes
Législature IIe législature
Prédécesseur Jean Joseph Dessolles
Successeur Armand Emmanuel du Plessis de Richelieu
Ministre de l'Intérieur
Monarque Louis XVIII
Gouvernement Dessolles
Decazes
Prédécesseur Joseph Lainé
Successeur Joseph Jérôme Siméon
Ambassadeur de France au Royaume-Uni
18201821
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Saint-Martin-de-Laye
Province de Guyenne
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Date de décès (à 80 ans)
Lieu de décès Paris
Drapeau français Empire français
Nationalité française
Parti politique Royaliste modéré
Père Michel Decazes (1747-1832)
Mère Catherine Tringant (1752-1834)
Conjoint 1° Elisabeth Fortunée Muraire ( † 1806)
2° Wilhelmine de Saint-Aulaire
Enfant(s) Louis Charles Elie Amanieu (1819-1886)
Frédéric Xavier Stanislas (1823-1887)
Henriette Wilhelmine Eugénie (1824-1899)
Diplômé de École militaire de Vendôme
Profession Ambassadeur
Religion catholique

Signature

Élie Decazes
Présidents du Conseil des ministres français

Élie Louis Decazes ( à Saint-Martin-de-Laye à Paris, 26 rue Jacob[1]), comte Decazes, puis 1er duc Decazes et duc de Glücksberg, est un homme politique français du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du lieutenant particulier de la sénéchaussée et présidial de Libourne (Gironde) et frère de Joseph-Léonard Decazes, Élie Decazes commence des études à l’école militaire de Vendôme de 1790 à 1799. Après ses études militaires, il entame des études de droit, et deviendra en 1805, après son mariage avec la seconde fille du comte Muraire, juge au tribunal civil de la Seine. Il est nommé ensuite conseiller de Louis Bonaparte en 1807, et devient avocat-conseil à la cour de l’appel de Paris en 1811. Il fut en même temps attaché comme conseil au jeune roi du Royaume de Hollande, Louis, et à l’impératrice mère.

Immédiatement après la chute de l’Empire, il n’en accueillit pas moins la Restauration avec empressement, refusa de signer une adresse de félicitations à Napoléon Ier après son retour de l’île d'Elbe, se déclarant royaliste, il reste fidèle aux Bourbons pendant les Cent-Jours. Par l’entremise du baron Joseph-Dominique Louis, il peut rencontrer le roi Louis XVIII pendant cette période, qui le récompense pour sa fidélité en le nommant préfet de police de Paris le .

Favori de Louis XVIII[modifier | modifier le code]

Bien que Louis XVIII ait l’habitude de ne s’entretenir de politique qu’avec ses ministres, Decazes obtient l’autorisation de faire ses rapports directement au roi. Il devient le favori de Louis XVIII qui l’appelle même « mon fils ». Détesté des Ultraroyalistes, cet homme de police, ancien collaborateur de Fouché en 1815, puis ministre du duc de Richelieu, sait attirer les faveurs du roi pour qui il devient indispensable.

Louis XVIII se prend peu à peu d’amitié intime avec Decazes, car il est pour lui le plus sincère des ministres qui ne parle pas inutilement mais simplement, sans respect excessif, ni sans trop d’humilité.

Il prit sur ce prince un grand ascendant qu’il devait à l’amabilité de ses manières et au charme de son esprit, tout autant qu’à l’accord des vues ; il s’opposa de toutes ses forces aux excès de la réaction ultra-royaliste.

Dans ses Mémoires d'outre-tombe, Chateaubriand écrit au sujet des rapports entre Louis XVIII et Élie Decazes :

« Se fait-il dans le cœur des monarques isolés, un vide qu'ils remplissent avec le premier objet qu'ils trouvent ? Est-ce sympathie, affinité d'une nature analogue à la leur ? Est-ce une amitié qui leur tombe du ciel pour consoler leur grandeur ? Est-ce un penchant pour un esclave qui se donne corps et âme, devant lequel on ne se cache de rien, esclave qui devient un vêtement, un jouet, une idée fixe, liée à tous sentiments, à tous les goûts, à tous les caprices de celui qu'elle a soumis et qu'elle tient sous l'empire d'une fascination invincible ? Plus le favori est bas et intime, moins on le peut renvoyer, parce qu'il est en possession de secrets qui feraient rougir s'ils étaient divulgués. »

Royaliste modéré[modifier | modifier le code]

Elie duc Decazes, pair de France, Eugène Devéria, vers 1845, Musée national du château de Pau.

Entre temps, il avait été élu député de la Seine en août 1815, défendant un royalisme modéré par ses fonctions de député et de ministre. Les royalistes modérés étant en minorité dans la « Chambre introuvable » de 1815 face aux ultras. Les élections législatives d’août 1815 voient le triomphe des ultras, remportant 350 sièges sur 389, ce qui incite Louis XVIII à dire qu’il s’agit d’une Chambre introuvable parce que, pour lui, elle ne représente pas la réalité de l’opinion française. Louis XVIII persuadé par Decazes ne peut que dissoudre la Chambre, c’est l’ordonnance du 5 septembre 1816. Après la dissolution de la Chambre, par Louis XVIII, et l’élection d’une nouvelle Chambre en 1816, un groupe politique se fait plus remarquer que les autres : les constitutionnels modérés avec par exemple le duc Decazes. Ce parti est surtout attaché à la Charte, et est hostile à la Révolution comme à la Contre-révolution.

Les élections de 1816 ont épuré l’administration des ultras (rupture avec la droite du ministère de Richelieu). Decazes devient, grâce à l’appui du Roi, le chef de la majorité et le ministre de l’intérieur jusqu’en novembre 1819. À 38 ans, il devient ainsi le plus jeune président du conseil que la France ait connu. Il mène une politique qui se veut libérale sans le dire explicitement. Son ambition : « Royaliser la nation et nationaliser les royalistes ». Ses diverses actions en faveur de l’industrie, du commerce et de l’agriculture témoignent d’une volonté de développer économiquement la France.

Peu à peu, Decazes va voir son champ d’action se réduire. Il se retrouve avec une multitude d’ennemis, entre des ultras qui dénoncent quotidiennement son libéralisme et des libéraux qui trouvent ses réformes trop timides. Decazes essaye alors de mettre en place un rapprochement avec les ultras en modifiant la loi électorale, vers une tendance plus favorable aux grands propriétaires : il prend donc la direction d’un gouvernement « droitisé » en novembre 1819.

Mais une affaire de meurtre va peu à peu entraîner la chute de Decazes et de sa carrière politique. En effet, le 13 février 1820, le duc de Berry est assassiné par un ouvrier sellier, Louvel. La presse ultra se déchaîne alors contre Decazes, accusé d’être responsable de l’assassinat du duc de Berry. Pour la dynastie des Bourbons, l’événement est encore plus grave car le duc de Berry était le seul à pouvoir assurer une descendance à la dynastie. De plus, les lois d’exception proposées par Decazes sont refusées par la Chambre. Decazes n’a plus le choix, et est obligé de démissionner. Ces derniers événements marqueront la fin de la carrière politique d’un homme dont le principal mérite aura été de comprendre que la durée d’un régime dépend d’une entente des différentes forces vives de la nation.

Ministre de la Police[modifier | modifier le code]

L'Illustration du annonçant la mort du duc Decazes.

Comme ministre de la Police, il réprima les insurrections provoquées par les royalistes ultras (la Terreur blanche). Decazes fut à l’initiative de plusieurs lois et réformes tendant à libéraliser la France comme :

  • l’abolition des lois d’exceptions
  • l’élargissement du vote électoral en matière d’âge et cens (révisé par l’ordonnance du 13 juillet 1815)
  • la loi Gouvion-Saint-Cyr en 1817 sur le recrutement militaire
  • les lois de Serre en 1819 imposent aux journaux de se déclarer et de payer un cautionnement mais elles suppriment également l’autorisation préalable et la censure, entraînant un développement de la presse nationale.

Après la démission du duc de Richelieu en 1818, il prit la direction effective du gouvernement du général-marquis Dessolles. Le ministère Dessolles, comprenant Decazes à l’Intérieur, le baron Louis aux Finances, et le maréchal Gouvion-Saint-Cyr à la Guerre, était entièrement libéral; et son premier acte fut de supprimer le ministère de la Police, car Decazes avait senti son incompatibilité avec le régime de la Liberté. Ses réformes rencontrèrent une vive hostilité à la Chambre des pairs, où les ultras étaient majoritaires, Decazes brisa leur avantage à la Chambre en obtenant du Roi la création d’une fournée de soixante pairs constitutionnels, le 5 mars 1819. Par ses réformes, la France retrouve sa prospérité économique, et le ministère devient populaire.

Mais les grandes puissances de l’alliance observaient la montée du libéralisme en France avec une inquiétude croissante. Metternich déplora particulièrement la « faiblesse » du ministère, et quand en 1819 les élections confirmèrent cette tendance, notamment avec l’élection du célèbre abbé Grégoire, les gouvernements européens réfléchirent à mettre en œuvre les clauses secrètes du Traité d'Aix-la-Chapelle (1818). C’est cette menace d’interposition étrangère, plutôt que la clameur des « Ultras », qui obligea Louis XVIII à une modification de la loi électorale afin de rendre impossible à l’avenir un « scandale » tel que l’élection de l’abbé Grégoire.

Il recourut pour se maintenir à un système de bascule qui laissait dominer alternativement chaque parti : cette situation va même pousser Decazes à établir une modification de sa propre loi électorale et à constituer un ministère royaliste : Dessolles et le baron Louis, refusèrent de s’embarquer dans cette politique et démissionnèrent ; Decazes prit la tête du nouveau ministère, en tant que président du conseil le . L’exclusion de Grégoire de la chambre et des changements de la Charte rendirent les libéraux hostiles sans pour autant réconcilier les « Ultras ». Quand le 13 février, le duc de Berry fut assassiné, on l’accusa d’être, directement ou indirectement, complice du crime par sa complaisance envers les libéraux.

Decazes, prévoyant l’orage, remit immédiatement sa démission au roi, qui la refusa dans un premier temps, en lui disant : « ils attaqueront non votre système, mon cher fils, mais le mien ». Finalement contraint à la démission en février 1820, Decazes est élevé au rang de duc, et se retire honorablement comme ambassadeur en Grande-Bretagne. Ceci mit fin à sa carrière dans l’exécutif. Rappelé de ce poste sous le ministère Villèle en décembre 1821 il prend place à la Chambre des pairs, où il continua à prôner une politique libérale. Il adhéra après 1830 à la monarchie de juillet. Il fut nommé en 1834 grand référendaire de la Chambre des pairs. Il quitta entièrement les affaires et la vie politique à partir de 1848. Il regagna son sud-ouest natal. Du temps de sa puissance politique, Elie Decazes avait inspiré à ses admirateurs, la construction de nombreux châteaux sur la commune de Bonzac[2]. C'est au milieu d'eux, dans sa terre girondine qu'il repose.

Autres activités[modifier | modifier le code]

Photographie du Duc Decazes à la fin de sa vie

Indépendamment de son rôle politique, Decazes signala son administration par des mesures favorables aux arts, à l’agriculture et à l’industrie : il rétablit en 1819 l’exposition quinquennale des produits de l’industrie. En 1826, il fonde avec sa fortune personnelle une société pour développer le charbon et le fer dans l’Aveyron. La ville qui abritait les ouvriers prit le nom de Decazeville en 1829.

Haut dignitaire de la franc-maçonnerie française, il fut « Grand Commandeur » du Suprême Conseil de France du à sa mort.

Titres et distinctions[modifier | modifier le code]

Élie Decazes, veuf de la fille du comte Muraire, a épousé le mademoiselle Wilhelmine de Saint-Aulaire (12 avril 1802 † 8 août 1873 - Versailles), fille du comte Louis de Saint-Aulaire et d’Henriette de Seiglières de Soyécourt-Feuquière. En considération de ce mariage, il reçut de Frédéric VI, roi de Danemark le titre et le « duché » de Glücksberg.

En France, comte depuis le et duc Decazes le [3], il fut fait Chevalier du Saint-Esprit le 30 septembre suivant et grand-croix de la Légion d'honneur le [4].

Chevalier du Saint-Esprit Grand-croix de la Légion d'Honneur

Armoiries[modifier | modifier le code]

Armes du duc Decazes, « pair de France » (membre de la Chambre des pairs le , lettres patentes du [5], grand référendaire de la Chambre en 1836, majorat dissous le [3]) :

« D'argent à trois têtes de corbeau arrachées de sable.[5],[6],[7],[3] »

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. voir AD 75 en ligne
  2. Thierry PIGEON-GUIMBERTEAU : Le fils spirituel de Louis XVIII - 1996
  3. a, b et c André F. Borel d'Hauterive et Albert Révérend, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, vol. 17, Paris, Champion,‎ 1860 (lire en ligne)
  4. « Notice no LH/682/2 », base Léonore, ministère français de la Culture
  5. a et b (en) François Velde, « Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) », Lay Peers, sur www.heraldica.org,‎ 27 septembre 2005 (consulté en 22/11/2013)
  6. Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. (tome 1 et 2), Gouda, G.B. van Goor zonen,‎ 1884-1887
  7. « Liste des blasons », sur www.genheral.com (consulté en 22/11/2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

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Création du titre
Orn ext Duc et pair de France (Restauration) OSE.svg
Blason fam fr Decazes de Glücksbierg.svg
1er Duc Decazes
(1820-1860)
1er Duc de Glücksberg
(1818-1860)
Louis Decazes
Joseph-Henri-Joachim Lainé
Ministre de l'Intérieur
1818-1820
Joseph Jérôme Siméon
Joseph Fouché
Ministre de la Police
1815-1818
Charlemagne de Maupas

1852-1853