Annam

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Drapeau de la Dynastie Nguyễn (1802 – 1945) avant l'arrivée des troupes coloniales françaises.

L'Annam (Sud pacifié) était le nom du protectorat chinois sur une partie du territoire formant aujourd'hui le Viêt Nam de 618 à 939, avant l'indépendance du Dai-Viêt. Par la suite, le mot a continué d'être employé par les Chinois pour désigner le Viêt Nam ; l'usage a ensuite été repris par les Occidentaux pour désigner le Viêt Nam dans son ensemble. Enfin, le nom a servi à désigner le protectorat français d'Annam, de 1883 à 1945, dans le centre de l'Indochine française, le Nord du Viêt Nam étant alors appelé le Protectorat français du Tonkin, et le Sud la Cochinchine française. Le terme de Viêt Nam selon son usage moderne s'est imposé après 1945.

Origine du mot[modifier | modifier le code]

Drapeau de l’Indochine française.

Annam ou Annan (chinois : 安南 ; pinyin : ānnán ; littéralement : « le Sud pacifié »), de An (la paix), et Nam ou Nan (le sud), en chinois classique et moderne, le nom d'un pays.

Ce nom fut donné par la Dynastie Tang (618 - 907), chinoise, à un pays qu'elle colonisait, et qui est devenu le Viêt Nam actuel.

Après l'indépendance (939), les empereurs vietnamiens ont donné des noms différents à leur pays, et le nom Annam est tombé en désuétude jusqu'à la fin du XIXe siècle.

Carte de l'Annam, dessinée par Alexandre de Rhodes en 1651.

Dans les écrits d'Alexandre de Rhodes, « Annam » désignait tout le pays du Đại Việt, qui ne comprenait alors que deux parties : le « Tonquin » et la « Cochinchine », le Nord et le Sud en son époque, dirigés par deux camps rivaux séparés par le fleuve Gianh, à Quảng Bình. Lorsque le livre La Glorieuse mort d’André, catéchiste de la Cochinchine parut à Paris en 1653, les armées vietnamiennes, dans leur longue conquête du Sud, n'atteignaient alors que Nha Trang. Ainsi, les Français avaient rebaptisé administrativement le centre Annam, tandis que l'ancien nom de Cochinchine passait du centre à la partie située plus au sud…

Période coloniale[modifier | modifier le code]

Par l'expédition du Tonkin, la France, qui avait déjà conquis la Cochinchine, assure son contrôle sur le reste du territoire vietnamien. Le traité de Hué de 1883 puis celui de 1884 font de l'Annam et du Tonkin deux protectorats distincts. Le mot Annam désigne dès lors non plus le Viêt Nam dans son ensemble mais sa partie centrale, appelée en vietnamien Trung Ky (« pays du Centre »), ou Trung Bo (« région du Centre »). Alors que le protectorat du Tonkin évolue vers l'administration directe, celui d'Annam est soumis à un régime d'administration plus indirecte, bien que l'empereur soit relégué à des fonctions d'apparat.

Carte postale de la tour d'Annam lors de l'exposition coloniale en 1906 à Marseille.

Avec les royaumes du Cambodge et du Laos, les trois régions vietnamiennes formaient l'Indochine française. Il y avait cependant une confusion étrange : les autorités françaises appelaient le territoire entier du Viêt Nam par le même nom : Annam. Par conséquent, le nom Annam désignait à la fois le Viêt Nam et sa partie centrale, et le nom « Annamite » désignait l'habitant du Viêt Nam ou de l'Annam, et l'adjectif « annamite » désignait tout ce qui concerne le Viêt Nam ou seulement l'Annam. Les royaumes du Cambodge et du Laos étaient vassaux de fait et de droit de l'empire d'Annam à l'arrivée des Français du Second Empire de Napoléon III.

Le terme Viêt Nam, selon son usage moderne, s'est imposé dans les milieux nationalistes dans les années 1920, puis définitivement après 1945.

Presse[modifier | modifier le code]

Plusieurs journaux de l'époque coloniale paraissaient sous ce titre, dont :

Postérité du terme[modifier | modifier le code]

Dans la chanson La petite Tonkinoise, interprétée notamment par Joséphine Baker, on retrouve le terme Annamite pour désigner la petite amie du soldat en campagne. Dans le roman Belle du Seigneur d'Albert Cohen, le valet de Solal est annamite.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Loti, Trois journées de guerre en Annam. Éditions du Sonneur : 104 p. (ISBN 2-916136-04-5). Pierre Loti embarque au mois de mai 1883 sur L’Atalante pour participer à la campagne du Tonkin. Il publie le récit, heure par heure, de la prise de Hué dans Trois journées de guerre en Annam, texte qui paraît dans les colonnes du Figaro.
  • Nguyen Ai Quoc, futur président Hô Chi Minh, Appel à la Société des Nations pour le droit du peuple annamite à disposer de lui-même, Paris, 1926.
  • Cahier des vœux annamites présenté à Monsieur le gouverneur général Alexandre Varenne, Saïgon, 1926.
  • Coulet G., Les Sociétés secrètes en pays d'Annam, Saïgon, ?
  • Dumarest A., La Formation des classes sociales en pays d'Annam, Lyon, 1935.
  • Jean Marquet, De la rizière à la montagne, 1920, Grand Prix de littérature coloniale et Prix Corrard de la Société des gens de lettres en 1921, éditions Delalain.
  • Jean Marquet, Du village à la cité : mœurs annamites, 1930, éditions Delalain.
  • Jean Marquet, La Jaune et le blanc, 1926, Monde moderne, Paris; Nouvelles éditions Delalain.
  • Jean Marquet, Lettres d'Annamites - Lettres de Guerre, Lettres de Paix, 1929, éditions du Fleuve Rouge, Hanoï, Libr. Delalain.
  • Monet P., Français et Annamites, Paris, 1925.
  • Hoàng Cao Khải, En Annam, Hanoï, 1910.
  • Christophe Bataille, Annam, Éditions du Seuil, 1996

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'Écho annamite dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF
  2. Vĩnh Đào, Quelques notes sur Eugène Dejean de la Batie
  3. Pierre Brocheux