Gouvernement Léon Gambetta

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Gouvernement Léon Gambetta
Régime Troisième République
Président de la République Jules Grévy
Président du Conseil Léon Gambetta
Début 14 novembre 1881
Fin 26 janvier 1882
Durée &0000000000000073.00000073 jours
Coalition Union Républicaine, Gauche Républicaine, républicain modérés
IIIe législature
411 / 545
Chronologie
Gouvernement précédent Gouvernement Jules Ferry I
Gouvernement suivant Gouvernement Charles de Freycinet II

Le gouvernement Léon Gambetta (ou Grand ministère Gambetta) désigne les 73 jours, du 14 novembre 1881 au 26 janvier 1882, pendant lesquels Léon Gambetta accéda à la Présidence du Conseil.

Lors des élections législatives d'août-septembre 1881, l'Union républicaine de Gambetta arrive en tête (204 députés) des formations de gauche. Il devient difficile pour Jules Grévy de différer de nouveau sa nomination au poste de chef de gouvernement. La nouvelle Chambre s'installe à la mi-octobre. Jules Ferry, violemment attaqué par Clemenceau sur l'affaire tunisienne démissionne le 10 novembre. Grévy invite Gambetta à composer le nouveau ministère.

Composition[modifier | modifier le code]

Ministres nommés le 14 novembre 1881[modifier | modifier le code]

Léon Gambetta

Président du Conseil des ministres : Léon Gambetta

Nomination du 16 novembre 1881[modifier | modifier le code]

  • Sous-secrétaire d'État à l'Instruction publique et aux Cultes : Arthur Chalamet

Bilan[modifier | modifier le code]

L'opinion est déçue et le qualificatif de grand ministère est appliqué plutôt par dérision. Gambetta ne peut convaincre les grands chefs républicains d'entrer dans le gouvernement. Jules Ferry est trop marqué par un an de gouvernement ; Charles de Freycinet et Léon Say se récusent, le premier par prudence, le second car il n'approuve pas le recours à l'emprunt et le rachat des chemins de fer souhaités par Gambetta ; Henri Brisson préfère conserver la présidence de la Chambre. Gambetta fait appel à des hommes jeunes et peu connus, essentiellement ses propres fidèles.

Le cabinet est jugé pléthorique par ses contemporains[3]. La création de deux nouveaux ministères à l'agriculture et aux arts est contestée au point que la Chambre en mégote les crédits. Dans sa déclaration, Gambetta présente un programme de réformes : réforme constitutionnelle sur le recrutement du Sénat et le recours au scrutin de liste pour l'élection des députés ; réforme de la magistrature ; création de l'impôt sur le revenu ; recours à emprunt pour soutenir l'agriculture et conversion de la rente[4].

Gambetta indispose la gauche en nommant à des postes clé des personnalités conservatrices. La circulaire de Waldeck-Rousseau invitant les préfets à faire preuve d'autorité et ne pas se laisser abuser par les pressions des élus locaux est mal perçue par les députés qui supportent mal par ailleurs l'attitude parfois arrogante du chef du gouvernement. René Goblet, aidé par l'extrême gauche crée le groupe de la Gauche radicale et entraîne avec lui une partie des députés de l'Union républicaine. Le président Jules Grévy combat le ministère en sous-main. Son gendre Daniel Wilson marque son hostilité plus directement à la tribune de la Chambre.

Après le renouvellement du tiers du Sénat en janvier 1882 qui conforte la majorité républicaine, Gambetta dépose son projet de révision le 14 janvier. Il prévoit l'extinction des sénateurs inamovibles, l'élargissement du corps électoral par une meilleure représentation des grandes villes, la prééminence de la chambre des députés en matière budgétaire. L'extrême gauche est favorable à la suppression du Sénat et souhaite une révision illimitée. La commission chargée d'étudier le projet est très opposée à Gambetta. En séance publique, le 26 janvier, c'est le principe de la révision illimitée qui est adopté. Gambetta remet le jour même sa démission à Grévy.

Sur le plan extérieur, Gambetta poursuit la politique de Jules Ferry en Tunisie et met en place le protectorat. Dans l'affaire d'Égypte, il est partisan d'une présence française au côté des britanniques, mais les gouvernements suivant, plus timorés abandonneront la tutelle de ce pays à la Grande-Bretagne.

C'est à la fin du ministère que se produit le krach de l'Union générale.

Fin du gouvernement et passation des pouvoirs[modifier | modifier le code]

  • Le 26 janvier 1882, Léon Gambetta remet la démission du Gouvernement au président de la République, Jules Grévy suite au vote de la chambre en faveur d'une révision illimitée de la Constitution, alors que Gambetta souhaitait une révision limitée.
  • Le 30 janvier 1882, Jules Grévy nomme Charles de Freycinet à la présidence du Conseil.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Membre du précédent gouvernement ayant conservé son poste
  2. Détachée du commerce, l'agriculture devient un ministère à part entière
  3. d'où le mot d'humour répété dans les couloirs « Gambetta a de l'étoffe, mais trop de doublure » cité par François Broche dans La Troisième République Pygmalion 2001
  4. François Broche op. cit. p. 339