Willy Brandt

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Willy Brandt
Willy Brandt en mars 1980.
Willy Brandt en mars 1980.
Fonctions
30e chancelier d'Allemagne
4e chancelier fédéral allemand
21 octobre 19697 mai 1974
(&&&&&&&&&&&016594 ans, 6 mois et 16 jours)
Président fédéral Gustav Heinemann
Gouvernement Cabinets Brandt I et II
Législature 6e et 7e Bundestag
Coalition Sociale-libérale
Prédécesseur Kurt Georg Kiesinger
Successeur Helmut Schmidt
Vice-chancelier d'Allemagne
5e vice-chancelier depuis 1949
Ministre fédéral des Affaires étrangères
1er décembre 196620 octobre 1969
Chancelier Kurt Georg Kiesinger
Prédécesseur Gerhard Schröder
Successeur Walter Scheel
Bourgmestre-gouverneur de Berlin (Ouest)
3 octobre 19571er décembre 1966
Prédécesseur Otto Suhr
Successeur Heinrich Albertz
Président du Bundesrat
1er novembre 195731 octobre 1958
Président Theodor Heuss
Prédécesseur Kurt Sieveking
Successeur Wilhelm Kaisen
Président de l'Internationale socialiste
28 novembre 197617 septembre 1992
Prédécesseur Bruno Pittermann
Successeur Pierre Mauroy
Biographie
Nom de naissance Herbert Ernst Karl Frahm
Date de naissance 18 décembre 1913
Lieu de naissance Lübeck (Allemagne)
Date de décès 8 octobre 1992 (à 78 ans)
Lieu de décès Unkel (Allemagne)
Nationalité allemande
Parti politique Parti social-démocrate (SPD)
Conjoint Rut Brandt
Profession Journaliste
Religion Protestantisme

Signature

Willy Brandt
Prix Nobel de la Paix 1971
Chanceliers fédéraux allemands

Willy Brandt, né Herbert Ernst Karl Frahm le 18 décembre 1913 à Lübeck et mort le 8 octobre 1992 à Unkel, est un homme politique ouest-allemand du Parti social-démocrate (SPD). Il fut chancelier fédéral de 1969 à 1974 à la tête d’une coalition sociale-libérale, devenant le premier social-démocrate à diriger le gouvernement depuis 1930. Son Ostpolitik a ouvert une nouvelle phase des relations avec la République démocratique allemande et lui a valu le prix Nobel de la paix en 1971.

Il a également été président de la Chambre des députés de Berlin de 1955 à 1957, puis bourgmestre-gouverneur de Berlin de 1957 à 1966, président du SPD de 1964 à 1987, vice-chancelier et ministre fédéral des Affaires étrangères de 1966 à 1969.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il est né Herbert Ernst Karl Frahm à Lübeck d'un père comptable, John Möller, dont il n'a jamais porté le nom et qui n'a jamais cherché à le connaître, et d'une mère vendeuse, Martha Frahm, âgée de 19 ans. Son grand-père adoptif[1], Ludwig Frahm, exerce une forte influence sur lui  : le grand-père est lui aussi un membre actif du SPD[2]. Il devient apprenti chez un courtier maritime et dès 1929, rejoint la Sozialistische Arbeiterjugend (Jeunesse ouvrière socialiste), une branche du parti socialiste d'Allemagne, le SPD. Il la quitte en 1931 pour rejoindre le Sozialistische Arbeiterpartei (SAP, parti des travailleurs socialistes). Il obtient ensuite son Abitur[3] au Reform-Realgymnasium de Lübeck en 1932.

Hitler devient chancelier le 30 janvier 1933. Dès février 1933, lors d'un déplacement de Berlin à Dresde, Herbert Frahm adopte le pseudonyme de Willy Brandt pour participer à une réunion désormais illégale de son parti[4]. Il fera plus tard reconnaître Willy Brandt comme son nom légal. Dans la nuit du 31 mars au 1er avril 1933, il fuit l'Allemagne nazie grâce à un pêcheur de Travemünde qui le fait passer au Danemark[4]. De là, il passe en Norvège, où il s'installe.

En 1934, il participe à la création du Bureau international des organisations révolutionnaires des jeunes (lié au Bureau international pour l'unité socialiste révolutionnaire), et à l'automne séjourne secrètement en Allemagne se faisant passer pour un étudiant norvégien, sous le nom de Gunnar Gaasland. En 1937, il suit la guerre d'Espagne comme journaliste. En 1938, le régime nazi révoque sa nationalité allemande et il demande alors la nationalité norvégienne, qu'il obtient en 1940. La même année, il est arrêté par les forces allemandes qui occupent la Norvège mais qui ne l'identifient pas comme Allemand car il porte un uniforme norvégien. Il se réfugie alors en Suède, pays neutre, où il reçoit son passeport à l'ambassade norvégienne de Stockholm. Il réside en Suède jusqu'à la fin de la guerre.

Il épouse Rut Hansen, une écrivaine norvégienne. De cette union, il a trois fils, Peter (de), né en 1948, professeur réputé d'histoire contemporaire, Lars (de), en 1951, écrivain et Matthias (de), en 1961, acteur.

Après guerre[modifier | modifier le code]

Willy Brandt ne revient en Allemagne qu'après la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1946. Il s'installe à Berlin en tant que représentant du gouvernement norvégien. En 1948, il commence sa carrière politique au sein du SPD après avoir recouvré sa nationalité allemande. Il est bourgmestre-gouverneur de Berlin de 1957 à 1966, période particulièrement difficile car marquée par une série de crises, comme l'ultimatum de Khrouchtchev en 1958 et surtout la construction du mur de Berlin en 1961, contre lequel il est — avec ses administrés — seul à s'opposer. Il entretient d'ailleurs des rapports glaciaux avec l'administration américaine jusqu'au fameux discours de John F. Kennedy, Ich bin ein Berliner le 26 juin 1963.

En 1964, Willy Brandt devient président fédéral du SPD, poste qu'il conservera jusqu'en 1987.

Willy Brandt avec John Fitzgerald Kennedy, le 13 mars 1961.

En 1961, il est le candidat du SPD au poste de chancelier. Il perd contre Konrad Adenauer. Il est de nouveau candidat en 1965 et perd contre Ludwig Erhard. Mais en 1966, la grande coalition entre le SPD et la CDU le propulse au rang de ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier dans le gouvernement de Kurt Georg Kiesinger. Après les élections de 1969, il est élu quatrième chancelier fédéral de la République fédérale d'Allemagne.

Il participe à la relance de La Haye, qu'il marque par sa volonté de rompre avec la retenue traditionnelle de l'Allemagne dans les affaires européennes en se montrant intransigeant sur la question de l'élargissement de la Communauté face à la France.

L'Ostpolitik[modifier | modifier le code]

Willy Brandt a marqué l'histoire de l'Allemagne d'après-guerre par sa politique étrangère très tournée vers la RDA et l'Europe de l'Est, l'Ostpolitik, commencée symboliquement par sa tombée à genoux de Varsovie au mémorial du soulèvement du ghetto de Varsovie. Ainsi, il reconnaît officiellement la RDA et entretient de bonnes relations diplomatiques avec la Pologne, l'Union soviétique et d'autres pays du bloc de l'Est.

Cette politique était très largement controversée. En mai 1972, une tentative de censure constructive de la CDU échoue, à la surprise générale, de quelques voix. Il sera plus tard révélé qu’au moins un membre de la CDU, Julius Steiner, avait été payé par le ministère pour la Sécurité d’État de la RDA, la Stasi, pour voter pour le maintien de Brandt. Certains Allemands considéraient l'Ostpolitik comme illégale et comme une haute trahison.

Willy Brandt vers 1987.

En 1971, Willy Brandt obtint le prix Nobel de la paix pour sa politique de rapprochement avec l'Europe de l'Est et l'Allemagne de l'Est.

L'affaire « Guillaume »[modifier | modifier le code]

C'est dans une atmosphère de scandale politique sans précédent en Allemagne que Willy Brandt démissionne le 7 mai 1974, une quinzaine de jours après l'arrestation le 24 avril 1974 de l'un de ses conseillers personnels, Günter Guillaume, qui avoue être un espion de la RDA. Il est remplacé à la chancellerie par intérim par Walter Scheel (vice-chancelier) pendant une semaine, puis par Helmut Schmidt.

Rapport Brandt[modifier | modifier le code]

En 1977, la Banque mondiale charge Willy Brandt de diriger une commission indépendante sur les problèmes de développement humain. Le Rapport Brandt est publié sous le titre Nord-Sud : un programme de survie en 1980. C'est l'ouvrage qui popularise la division Nord-Sud du monde[1].

Fin de carrière politique[modifier | modifier le code]

De 1979 à 1983, Willy Brandt est membre du Parlement européen.

L'une de ses dernières apparitions publiques est un voyage à Bagdad pour demander la libération d'otages occidentaux détenus par Saddam Hussein en 1990.

Il meurt le 8 octobre 1992 à Unkel.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Vergesst nicht : Wer Unrecht lange geschehen lässt, bahnt dem nächsten den Weg. »[5]
    « Ne l'oubliez jamais : celui qui laisse commettre une injustice ouvre la voie à la suivante. »
  • « I sell you something, I speak your language. If I buy », « dann müssen Sie Deutsch sprechen. »[6]
    « Je vous vends quelque chose, je parle votre langue. Si j'achète, alors vous devez parler allemand. »

Postérité[modifier | modifier le code]

  • Le siège central du SPD a été baptisé Willy-Brandt-Haus.
  • Le nom de Willy Brandt a été choisi comme nom de baptême par la promotion 2007-2009 de l'École nationale d'administration.
  • Doté d'un nouveau terminal dès 2012, l'aéroport international de Berlin-Schönefeld portera le nom de Berlin-Brandebourg Willy Brandt. Il remplacera ainsi les deux autres aéroports berlinois, Tegel, qui fermera fin 2013, et Tempelhof, qui est déjà fermé.
  • Le pont Willy-Brandt est un des ponts nantais enjambant la Loire (bras de la Madeleine).
  • Une résidence existe à Lens portant son nom.
  • Un bâtiment du Parlement européen à Bruxelles porte son nom.
  • À Francfort, la place où se situent la BCE et « l'Euro géant » a été nommée Willy Brandt Platz.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b En fait, le père adoptif de sa mère
  2. Carola Stern, Willy Brandt,p. 11
  3. Équivalent allemand du baccalauréat
  4. a et b Carola Stern, Willy Brandt, p. 19
  5. citation exposée sur la place Willy-Brandt, en face du centre commercial Euralille, à Lille
  6. La politique linguistique fédérale américaine

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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