Henri Moissan

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Henri Moissan

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Henri Moissan

Naissance
Paris (France)
Décès (à 54 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau : France Française
Champs Chimie générale et minérale
Institutions École supérieure de pharmacie, École de chimie de Paris, Faculté des Sciences de l'Université de Paris
Renommé pour Isolement du fluor
Distinctions Prix Nobel de chimie (1906)[1]

Signature

Signature de Henri Moissan

Ferdinand Frédéric Henri Moissan ( à Paris - à Paris) était un chimiste français, un physico-chimiste spécialiste des corps à hautes températures. Il est principalement connu pour avoir isolé le premier le fluor. Ses travaux eurent beaucoup d'applications dans l'industrie. Il reçut le prix Nobel de chimie de 1906[1].

Études[modifier | modifier le code]

Henri Moissan est née dans une famille juive de Paris.

Il commence ses études au collège de Meaux. Après la Commune de Paris en 1870, il s'inscrit à l'École supérieure de pharmacie à Paris, où il obtient son diplôme de pharmacien de deuxième classe. Il s'intéresse en même temps à la chimie et rejoint le laboratoire d'Edmond Frémy (chaire de Chimie appliquée aux corps inorganiques) au Muséum national d'histoire naturelle, où il suit les cours de Henri Sainte-Claire Deville et Henri Debray. Il travaille également dans le laboratoire de Pierre-Paul Dehérain à l'École pratique des hautes études ainsi qu'au laboratoire de chimie de la Sorbonne. Il obtient sa licence de chimie en 1874 et son doctorat de chimie en 1880 avec une thèse sur le cyanogène ( (CN)2) et ses réactions pour former les cyanures.

Le chercheur[modifier | modifier le code]

Henri Moissan dans son laboratoire travaillant sur la synthèse des diamants.

Il travaille sur l'absorption du dioxyde de carbone et l'émission d'oxygène par les plantes. En 1882, il est nommé professeur agrégé à l'École supérieure de pharmacie de Paris (aujourd'hui, Faculté de pharmacie) et il commence à y travailler sur la chimie du fluor en 1883. Il isole le fluor en 1886 en réalisant l'électrolyse d'un mélange de fluorure de potassium (KF) et d'acide fluorhydrique (HF). Il est alors professeur de toxicologie à l'École supérieure de pharmacie.

En 1892, il émet une théorie démontrant la possibilité de synthétiser du diamant. Avec Frédéric Chaplet, il met au point un four à arc électrique permettant d'atteindre de hautes températures, jusqu'à 3 500 °C[2], avec lequel il isole plusieurs métaux et met au point la fabrication de plusieurs composés tels que divers carbures réfractaires, en particulier des carbures métalliques ou de métalloïdes. Les carbure de silicium obtenus s'approchent de l'aspect du diamant, en présentant parfois une dureté équivalente ou supérieure. Les carbures de bore présentent une dureté supérieure, en particulier les cristaux noirs et brillants B13C2 ou le composé B4C. Il effectue en 1905 la première identification du carbure de silicium dans une météorite. Un minéral rare sera aussi appelé « moissanite » en son honneur.

En 1896, ce chercheur spécialiste de la chimie des hautes températures assiste Charles Friedel lors de la création de l'École nationale supérieure de chimie de Paris, dont il est directeur de 1899 à 1907. Il succède à Louis Joseph Troost à la chaire de chimie générale de la Faculté des sciences de Paris de 1900 à sa mort.

Il est lauréat de la médaille Davy en 1896. Il est lauréat du prix Nobel de chimie de 1906 « en reconnaissance des grands services qu'il a rendus dans sa recherche et l'isolation de l'élément [chimique] fluor, et pour l'adoption au service de la science du four électrique nommé d'après lui[1] ».

Il meurt soudainement d'une crise d'appendicite[3] le 20 février 1907, peu de temps après son retour de Stockholm où il venait de recevoir son prix.

Henri Moissan était commandeur de la Légion d'honneur. Il fut élu membre de l'Académie de médecine en 1888 et de l'Académie des sciences en 1891.

Tombe de Henri Moissan (cimetière du Père Lachaise, division 81)

La découverte du fluor[modifier | modifier le code]

Portrait par Paul Saïn

La séparation du fluor par Moissan peut être résumée en trois expériences qu'il réalisa en 1886.

En 1885, il découvrit qu'un mélange de fluorure de potassium et d'acide fluorhydrique restait liquide aux températures inférieures à °C et conduisait la chaleur. Toutes ses tentatives furent vaines jusqu'au moment où il mit au point un récipient en platine ayant une forme de U.

Le 26 juin et 19 juillet 1886, il réalisa deux électrolyses d'acide fluorhydrique dans des conditions de températures différentes : −50 °C et −23 °C. Il fit également varier les conditions électriques. Il constata à la cathode un dégagement d'hydrogène et à l'anode d'un gaz que, dans un premier temps, il décrivit et, dans un deuxième temps, identifia comme étant du fluor gazeux ou du perfluorure d'hydrogène.

La troisième expérience lui permit de démontrer que le gaz inconnu ne contenait pas d'hydrogène et était donc du fluor. Il effectua l'électrolyse d'un mélange de fluorure de potassium (KF) et d'acide fluorhydrique (HF), qui combinent pour former le sel KHF2 au solvant HF. Le gaz émis était entièrement absorbé par du fer rougi (formation de fluorure de fer) sans dégagement d'hydrogène. Il démontra par son expérience que l'augmentation de masse du morceau de fer correspondait à la masse d'hydrogène dégagée à la cathode.

Publications[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Philatélie[modifier | modifier le code]

  • La Suède a émis en 1966 un timbre où figure Henri Moissan en compagnie de deux autres lauréats du prix Nobel de l'année 1906.
  • La Poste française a édité en 1986 un timbre[4] pour le centenaire de l'isolement du fluor et, en 2006[5], un timbre pour le centenaire du prix Nobel de Henri Moissan.

Patronage[modifier | modifier le code]

  • Le lycée mixte de Meaux, qui avait pris la suite du Collège de Meaux où il fut étudiant, a choisi comme nom lycée Henri-Moissan.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) « in recognition of the great services rendered by him in his investigation and isolation of the element fluorine, and for the adoption in the service of science of the electric furnace called after him » in Personnel de rédaction, « The Nobel Prize in Chemistry 1906 », Fondation Nobel, 2010. Consulté le 5 août 2010
  2. « Fours Moissan et Chaplet. — Ce four breveté par M. Chaplet le 9 août 1893 a été employé par M. Moissan pour ses travaux de laboratoire : Le four est constitué par 2 briques bien dressées de chaux vive ou de pierre de Courson appliquées l'une contre l'autre. » Maurice Laboureur, Encyclopédie électrotechnique : Fours électriques: Construction.--Applications, vol. 45, Paris, L. Geisler,‎ (notice BnF no FRBNF33366384), p. 15.
  3. Paul Lebeau, La Vie et les travaux de Henri Moisson. Texte du 4 octobre 1931, date de l'inauguration d'un monument en hommage à Henri Moissan au Collège de Meaux Site des Annales des Mines
  4. http://www.phil-ouest.com/Timbre.php?Nom_timbre=Henri_Moissan_1986 La fiche
  5. http://www.wnsstamps.ch/fr/stamps/FR105.06 La fiche

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Viel, Henri Moissan, 1852-1907 : pharmacien, premier Français prix Nobel de chimie, Paris : Pharmathèmes édition-communication, 2006. (OCLC 76742517)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]