Lucien Lacaze

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Officier général francais 5 etoiles.svg Lucien Lacaze
L'amiral Lacaze en 1916
L'amiral Lacaze en 1916

Naissance 22 juin 1860
à Pierrefonds (Oise)
Décès 23 mars 1955 (à 94 ans)
à Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Civil and Naval Ensign of France.svg Marine nationale française
Grade Amiral
Années de service 1879 – 1922
Conflits Première Guerre mondiale
Distinctions Grand-croix de la Légion d'honneur
Médaille militaire
Officier des Palmes académiques
Membre de l'Académie française
Membre et secrétaire de l'Académie de marine
Membre de l'Académie des sciences coloniales
Membre libre de l'Académie des beaux-arts
Autres fonctions Ministre de la Marine
Ministre de la Guerre
Préfet maritime de Toulon (août 1917-1919)
Vice-président du conseil de la Marine (1919- 1922)
Président du Conservatoire national des arts et métiers (1945-1955)

Lucien Marie Jean Lacaze, né le 22 juin 1860 à Pierrefonds (Oise) et mort à Paris le 23 mars 1955, est un amiral et homme politique français. Il joue un rôle important dans la rénovation de la Marine française peu de temps avant le déclenchement du premier conflit mondial puis devient ministre de la Marine de 1915 à 1917, fonction pendant laquelle il oriente résolument la flotte vers la lutte contre les sous-marins. Retiré du service en 1922, il exerce jusqu'à sa mort de multiples fonctions officielles et honorifiques liées à la mer, aux sciences et à la culture.

Ses débuts et son ascension[modifier | modifier le code]

Fils d'un médecin d’origine ariégeoise et d'une Créole descendante d'un officier de marine, il nait à Pierrefonds, dans l’Oise, le 22 juin 1860[1]. Il passe son enfance à la Réunion dans le domaine paternel situé près de Saint-Denis. À l'âge de douze ans, il rentre en France métropolitaine pour poursuivre ses études chez les jésuites de Sarlat. Il entre à l’École navale en octobre 1877, à 17 ans. Il est aspirant de deuxième classe en juillet 1879 et reçoit une médaille d’argent pour avoir sauvé un de ses camardes tombé à la mer dans le goulet de Brest[1]. Embarqué sur la Flore et sur la Résolue à la division volante d’instruction, il passe en mars 1881 sur la Reine-Blanche avec laquelle il prend part à la campagne de Tunisie. Il passe en 1882 sur La Galissonnière au Levant, et est fait enseigne de vaisseau. En février 1883, il est transféré sur le Beautemps-Baupré dans l’océan Indien et commande la compagnie de débarquement lors des combats qui ont lieu dans la région de Tamatave à Madagascar en novembre-décembre 1884[1].

Second de l’aviso à roues Cigale au Sénégal en décembre 1885, lieutenant de vaisseau en mai 1886, breveté torpilleur en 1887, il commande l’année suivante un torpilleur à Cherbourg[1]. Il passe ensuite au Sénégal où il commande la Mésange en septembre 1888. En avril 1890, il est second sur le croiseur D’Estrées en Tunisie. En 1891, il commande le torpilleur 130 à Cherbourg puis sert comme officier de manœuvre sur les cuirassés Richelieu et Formidable en escadre de Méditerranée (1892-1893)[1]. En 1894, il envoyé à Fiume dans l’Adriatique en mission de renseignement au sujet des torpilles autopropulsées de la marine austro-hongroise. Il commande ensuite la canonnière Estoc au Tonkin (1894-1896). Chargé en juillet 1897 des torpilleurs en réserve à Alger, il sert l’année suivante comme aide de camp de l’amiral Besnard, ministre de la Marine, puis de l’amiral de Cuverville, chef d’état-major général. Capitaine de frégate en octobre 1899, commandant le croiseur Chasseloup-Laubrat à Cherbourg, il est nommé en août 1900 chef d’état-major de l’escadre de Méditerranée et se distingue à la fin de 1901 par une mission diplomatique auprès du gouverneur de l’île grecque de Mytilène[1]. Chef d’état-major de la division de Tunisie en 1902, il aide activement son chef, l’amiral Ponty, dans la construction et l’aménagement de la rade et du port de Bizerte[2]. En juin 1903, il commande le croiseur Du Chayla en Méditerranée, puis est second du Châteaurenault en escadre du Nord en mai 1905. En juin 1905, il effectue sa deuxième mission diplomatique en étant nommé attaché naval à Rome et, en juin 1906, sa troisième mission comme délégué à la conférence navale de La Haye.

Capitaine de vaisseau en août 1906, chef d’état-major de l'amiral Paul-Louis Germinet à l’escadre de Méditerranée en novembre 1907, il contribue à la réorganisation et à l’entrainement de cette force navale, puis commande la cuirassé Masséna à la division des écoles[1]. En octobre 1911, il est fait contre-amiral et entame véritablement sa carrière politique en devenant chef de cabinet de Delcassé, ministre de la Marine. Il met au point la théorie de la collaboration des flottes franco-anglaises en cas de conflit (La Royal Navy devant se concentrer en mer du Nord face à l’Allemagne et la Marine nationale en Méditerranée face à l’Autriche-Hongrie)[3] . Il poursuit en parallèle la rénovation du matériel et de la flotte en s’efforçant de pousser les constructions neuves, dont des sous-marins de haute-mer[3]. En août 1913, il prend le commandement de la 2e division de la 1re escadre sur le Mirabeau, puis en mars 1914 sur le Voltaire et préside la Commission permanente d’artillerie de l’armée navale. Il a, à ce moment là, de sérieux conflits avec son supérieur Boué de Lapeyrère qui l’accuse d’indiscipline[1]. Néanmoins, en 1914, c’est l’un des amiraux français les plus en vue[2].

Son action pendant la Grande Guerre[modifier | modifier le code]

Conférence des Alliés de mars 1916. Lacaze y participe en tant que ministre de la Marine et cherche à développer la coopération interalliée en mer. (Assis au fond, entre Briand, à gauche et Joffre, à droite).

En mai 1915, il commande la marine à Marseille et organise le transport de troupes vers l’armée d’Orient pour les Dardanelles[1]. En octobre 1915, soutenu par Delcassé et Léon Bourgeois, il devient ministre de la Marine, fonction qu’il va exercer dans quatre gouvernements jusqu’en août 1917 (voir Annexes)[1]. Homme d’autorité et de décision, Lacaze donne alors une vigoureuse impulsion à la guerre navale qui avait pris une forme très différente que celle qui avait été prévue par les états-majors (qui pensaient voir les cuirassés jouer un rôle décisif dans une guerre courte alors que la menace principale passe dans les sous-marins sur une guerre d’usure longue)[1]. Il créé la Direction générale de la guerre sous-marine, achète de nombreux chalutiers qu’il constitue en escadrilles pour la chasse aux sous-marins, fait armer les bâtiments de commerce malgré l’opposition des Américains, réorganise les commandements maritimes en Manche et en Méditerranée, fait reprendre les constructions neuves arrêtées depuis 1914 en commandant 22 avisos en France, 12 torpilleurs au Japon, 15 sloops en Angleterre et en faisant achever une partie des cuirassés français sur cale en 1914[1]. Il fait poser de nombreux champs de mines et filets anti-sous-marins et s’attache à développer une très importante aviation navale ainsi que de nombreux ballons captifs pour protéger les côtes[2]. Pour mieux faire connaitre l’action de la flotte en guerre –largement ignorée de l’opinion qui ne regarde que les combats terrestres– il créé le Service cinématographique de la marine[1].

Conscient des limites de la Marine nationale dont le « poids militaire » est très inférieur à celui de la marine anglaise, Lacaze cherche à développer la coopération interalliée, tâche difficile, car en dépit des accords signés en 1912, les amiraux anglais continuent souvent d’agir sans concertation avec leurs collègues français en Méditerranée[2]. Néanmoins, il réussit à mettre sur pied un embryon de commandement interallié sous forme d’une commission présidée par l’amiral Ronarc’h[1]. Le point le plus épineux réside dans la protection des lignes de commerce et de ravitaillement menacées par les sous-marins. Lacaze soutient très tôt l’idée qu’il faut organiser la navigation en convois escortés pour tenir en échec les U-Boote. Londres, qui a pourtant testé cette tactique en 1914 pour protéger les renforts venus de l’Empire, n’envisage pas d’aller plus loin et finit même par se montrer hostile aux convois car elle estime que cela immobiliserait beaucoup trop de navires[4]. Il faut attendre les pertes catastrophiques du début de 1917 (sous les effets de la guerre sous-marine à outrance) pour que l’idée s’impose enfin à tous, mais Lucien Lacaze n’en verra pas les effets victorieux pendant sa fonction[4]. Membre de gouvernements faibles régulièrement contestés (Briand, Ribot), son action est continuellement critiquée à la Chambre par les députés de gauche ou d’extrême gauche[1]. Excédé, il démissionne le 2 août 1917, « ne voulant pas accepter de commission d’enquête sur la marine de guerre » alors que sa stratégie anti-sous-marine commence à porter ses fruits et que les pertes en mer –françaises comme alliées– sont en diminution sensible[2]. Vice-amiral en septembre, il est nommé préfet maritime de Toulon en octobre, commandant supérieur des patrouilles en Méditerranée occidentale et termine la guerre en installant la base américaine de Toulon[1].

L’après-guerre et ses honneurs[modifier | modifier le code]

En 1919, encore en poste à Toulon, il se distingue par sa fermeté et son tact lors des incidents survenus dans la base suite aux mutineries de la mer Noire[1]. Cette même année, il devient vice-président du Conseil supérieur de la marine et représentant naval de la France à la Société des Nations[2]. Il participe à la conférence de Lausanne en 1922 et quitte le service actif en juin de cette même année. Membre de l’Académie de marine en 1921, il la préside à partir de 1928 puis en devient secrétaire perpétuel à partir de 1932[1]. En 1930, il préside la Société centrale de sauvetage des naufragés. Membre de l’Académie des sciences coloniales, il est élu en 1935 à l’Académie des beaux-arts et en novembre 1936 à l’Académie française[1]. Lucien Lacaze décède à Paris le 23 mars 1955 à près de 95 ans.

Annexes[modifier | modifier le code]

Fonctions ministérielles[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Académie française[modifier | modifier le code]

L'amiral Lacaze est élu au premier tour à l'Académie française le 12 novembre 1936, le même jour que le futur cardinal Grente et Jacques de Lacretelle. Il s'était déjà porté candidat la même année au même fauteuil, mais l'élection avait été blanche. Il succède à Jules Cambon, mort le 19 septembre 1935, au fauteuil 40. Sa réception officielle a lieu le 4 novembre 1937. Jacques Chastenet lui succèdera le 29 novembre 1956.

Décorations et distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Lucien Lacaze n'a publié aucun ouvrage, mais il est l'auteur de quelques brochures, telle que La Politique maritime de la France, parue en 1936, ainsi que de plusieurs discours et de nombreuses préfaces d'ouvrages sur des sujets maritimes et historiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s Taillemite 2002, p. 284-285.
  2. a, b, c, d, e et f Rémy Porte, Cochet et Porte 2008, p. 619-620.
  3. a et b Michèle Battesti, dans Vergé-Franceschi 2002, p. 822.
  4. a et b Rémy Porte, Cochet et Porte 2008, p. 275.
  5. Home of heroes en anglais.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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