Célestin Bouglé

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Célestin Bouglé

Description de l'image  Célestin Bouglé 1924.jpg.
Naissance 1870
Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord,actuellement Côtes-d'Armor)
Décès 1940 (à 70 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession philosophe et sociologue
Autres activités
Professeur de sociologie (la Sorbonne 1901)

Célestin Charles Alfred Bouglé, né à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord, actuellement Côtes-d'Armor) en 1870 et décédé à Paris en 1940, est un philosophe et sociologue français. Il fut professeur de sociologie à la Sorbonne en 1901 et il dirigea l'École normale supérieure à partir de 1935. Défenseur de la sociologie comme science positive dans la lignée d'Auguste Comte, Bouglé fut également un républicain militant, engagé dans les luttes sociales de son temps : l'affaire Dreyfus, la Grande Guerre. Dans ses travaux, il s'est efforcé de concevoir une sociologie ayant pour fondement une morale laïque et libérale qui n'est pas étrangère à ses positions politiques.

Bouglé le sociologue[modifier | modifier le code]

Proche d'Émile Durkheim, il contribua à diffuser sa pensée, bien qu'il en soit resté distant dans ses propres travaux. C'est également avec lui qu'il lança la revue L'Année Sociologique, revue à laquelle est également attaché le nom de Marcel Mauss (le neveu de Durkheim).

Bouglé fut aussi influencé par Georg Simmel et son travail sur la différenciation sociale. La pensée de Simmel est présente dans son premier ouvrage : Les Sciences sociales en Allemagne. Les méthodes actuelles

Si Bouglé reste aujourd'hui méconnu, il n'en demeure pas moins un protagoniste capital dans l'institutionalisation de la sociologie en France et dans le développement de celle-ci comme science autonome. Il restera aussi dans l'Histoire comme l'homme qui orienta la carrière de Claude Lévi-Strauss. Il l'avait connu étudiant en 1927, en dirigeant son mémoire d’études supérieures de philosophie. En 1934 il lui proposa, alors qu'il était professeur de philosophie au lycée de Mont-de-Marsan, d'aller enseigner la sociologie à l'université de Sao Paulo au Brésil. C'est là que Claude Lévi-Strauss découvrit et commença à pratiquer l'ethnologie.

Il participa en 1928 au premier cours universitaire de Davos, avec de nombreux autres intellectuels français et allemands.

Le Centre de documentation sociale[modifier | modifier le code]

Voulant contribuer au débat public et à la recherche, Bouglé a dirigé le Centre de documentation sociale à l'École normale supérieure qui compta Raymond Aron, Marcel Déat, Georges Friedmann, Robert Marjolin, Pierre Uri, Etienne Mantoux et son père Paul Mantoux, Jean Stoetzel, centre financé par le banquier et mécène Albert Kahn.

Bouglé a également été actif dans les conférences internationales d'experts et d'économistes qu'a organisé la Société des Nations dans l'entre-deux-guerres. Il a en particulier participé à la Première Conférence Internationale d'Etudes, organisé par l'Institut International de Coopération intellectuelle (l'ancêtre de l'UNESCO) en mai 1932 à Milan sur le thème : L'état et la vie économique.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Sciences sociales en Allemagne. Les méthodes actuelles, Paris, Alcan 1896[1]
  • Anthropologie et démocratie, Revue de métaphysique et de morale, V, 1897, 443-461.
  • Les idées égalitaires. Étude sociologique, Paris, Alcan, 1899
  • « Philosophie de l’antisémitisme (l’idée de race »), La Grande Revue, 1899, 143-158.
  • « Note sur la différenciation et le progrès », Revue de synthèse historique, 1902, 129-146.
  • La démocratie devant la science. Études critiques sur l’hérédité, la concurrence et la différenciation, Paris, Alcan, 1904
  • Solidarisme et Libéralisme, Paris, Rieder, 1904
  • Le solidarisme, Paris, Giard, 1907
  • Qu'est-ce que la sociologie?, 1907
  • Essais sur le régime des castes, Paris, Alcan, 1908[2]
  • La sociologie de Proudhon, Paris, Armand Colin, 1911
  • avec P. Gastinel, Qu'est-ce que l'esprit français ? Vingt définitions choisies et annotées, Paris, Librairie Garnier Frères, 1920
  • Du sage antique au citoyen moderne : études sur la culture morale, Paris, Armand Colin 1921
  • Leçons de sociologie sur l’évolution des valeurs, Paris, Armand Colin, 1922
  • De la sociologie à l’action sociale, Paris, Presses Universitaires de France, 1923
  • Le solidarisme, Giard, 1924
  • Sociologie et Philosophie,Paris, Librairie Félix Alcan, 1924
  • Qu'est-ce que la sociologie ? La sociologie populaire et l'histoire. Les rapports de l'histoire et de la science sociale d'après Cournot. Théories sur la division du travail. Paris, Alcan, 1925
  • Proudhon, Paris, Alcan, 1930
  • De la sociologie à l'action sociale : pacifisme, féminisme, coopération, Paris, Alcan, 1931
  • Socialismes français : du socialisme utopique à la démocratie industrielle, Paris, Armand Colin, 1932
  • Bilan de la sociologie française contemporaine, Paris, Alcan, 1935
  • Les Maîtres de la philosophie universitaire en France, Paris, Maloine, 1938
  • Humanisme, sociologie, philosophie : remarques sur la conception française de la culture générale. Paris, Hermann, 1938
  • Socialismes français. Paris, Armand Colin, 1941, 200 p.

Sur Bouglé[modifier | modifier le code]

  • Alain Policar. De la critique de la sociologie biologique à l'autonomie de la morale : itinéraire de Célestin Bouglé, Paris, Mil neuf cent, 2000, 137-166.
  • Alain Policar, Célestin Bouglé et le modèle biologique en sociologie, Cahiers de psychologie politique (ISSN 1776-274X) No 4, décembre 2003[3]
  • W.P. Vogt. Un durkheimien ambivalent, Célestin Bouglé, 1870-1940, Revue française de sociologie, 1979, XX, 123-139.
  • Robert Leroux, Histoire et sociologie en France --De l'histoire-science à la sociologie durkheimienne, Paris, Presses Universitaires de France, 1998.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Il est possible de trouver des éléments intéressants sur Célestin Bouglé in Jean-Fabien Spitz, 2005, Le moment républicain en France, Gallimard
  • Société des Nations, 1932, L'Etat et la vie économique, Institut International de coopération Intellectuelle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]