Hubert Védrine

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Hubert Védrine
Hubert Védrine, en 2006.
Hubert Védrine, en 2006.
Fonctions
Ministre des Affaires étrangères
15e ministre des Affaires étrangères de la Ve République
4 juin 19976 mai 2002
Président Jacques Chirac
Gouvernement Lionel Jospin
Prédécesseur Hervé de Charette
Successeur Dominique de Villepin
18e secrétaire général de la présidence de la République
17 mai 199117 mai 1995
Président François Mitterrand
Prédécesseur Jean-Louis Bianco
Successeur Dominique de Villepin
Biographie
Date de naissance 31 juillet 1947 (67 ans)
Lieu de naissance Saint-Silvain-Bellegarde, Creuse
Nationalité Française
Parti politique Parti socialiste
Diplômé de IEP de Paris
ENA
Profession Diplomate

Hubert Védrine, né le 31 juillet 1947 à Saint-Silvain-Bellegarde (Creuse), est un diplomate et homme politique français membre du Parti socialiste (PS). Après avoir travaillé avec le président François Mitterrand, il a été nommé au Conseil d'État. Hubert Védrine est ensuite devenu ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement Jospin, de 1997 à 2002. Il est consultant depuis 2003.

Études[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

Hubert Védrine est le fils de Jean Védrine, ami et collaborateur de François Mitterrand et le petit-fils du peintre verrier Francis Chigot. Il fait ses études à Sciences Po Paris avant d'intégrer l'ENA.

À sa sortie de l'ENA en 1974 (promotion Simone Weil), il est affecté au ministère de la Culture, puis à l'Environnement avant de rejoindre les Affaires étrangères. Parallèlement, il milite à « Échanges et Projets », alors présidé par Jacques Delors. Par ailleurs, il a été conseiller municipal de Saint-Léger-des-Vignes dans la Nièvre de 1977 à 1995.

François Mitterrand l’appelle à l’Élysée dès 1981. Durant le premier septennat, il est conseiller à la cellule diplomatique, puis rejoint le Conseil d'État lors de la première cohabitation. En 1988, il devient porte-parole de la présidence. En 1991, il est nommé secrétaire général de la présidence de la République, jusqu'au départ de François Mitterrand en mai 1995. Il réintègre ensuite le Conseil d’État avant de rejoindre le cabinet d’avocats Jeantet Associés. Il assure également des chroniques dans Le Point (rubrique « Étranger »), aux côtés de Claude Allègre (rubrique « Science » ).

Le 4 juin 1997, après la victoire de la gauche consécutive à la dissolution, il est nommé par le Président Chirac, sur la proposition du Premier ministre Lionel Jospin, ministre des Affaires étrangères. Il le reste cinq ans jusqu'en mai 2002. Il l'est notamment pendant la Guerre du Kosovo en 1998-1999. Il copréside avec le ministre britannique Robin Cook la conférence de Rambouillet où fut tenté, sans succès, de régler diplomatiquement la question du Kosovo. C'est durant cette période qu'il définit également la notion et l'utilisation du terme d'« hyperpuissance » pour qualifier les États-Unis. L'action d'Hubert Védrine au Quai d'Orsay fut appréciée aussi bien par la gauche que par la droite. Jacques Chirac écrira à ce propos dans ses Mémoires :

« Ce qui caractérise Hubert Védrine, c'est une grande finesse d'analyse alliée à une parfaite maîtrise des rouages diplomatiques, la fidélité à des convictions affirmées en même temps qu'une ouverture d'esprit à rebours de tout esprit dogmatique. À cela s'ajoute ce qui fait de lui un homme d'un commerce toujours agréable : sa courtoisie, sa pondération naturelle. Hubert Védrine n'est ni le représentant d'une caste, ni celui d'un parti. Sa liberté de jugement le distingue tout autant des cercles diplomatiques traditionnels. Dans sa conception de la politique étrangère française comme dans sa vision du monde, il réussit à concilier l'exigence gaullienne et le pragmatisme mitterrandien, l'attachement profond à la souveraineté nationale et la conscience éclairée d'une nécessaire adaptation aux évolutions de l'Histoire[1]. »

Hubert Védrine quitte ses fonctions ministérielles après l'échec de Lionel Jospin à l'élection présidentielle de 2002. En 2003, il crée une société de conseil géostratégique : Hubert Védrine Conseil. Depuis 2003, il préside l'Institut François-Mitterrand[2]. Il est également membre du club Le Siècle.

Depuis 2005, il est administrateur du groupe LVMH, qui appartient à Bernard Arnault[3]. Hubert Védrine est aussi membre du conseil d'administration de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS)[4] et depuis juin 2006 du Conseil d'orientation de l'Institut Aspen France[5].

Il a été nommé en 2005, par le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, membre du Haut Conseil pour l'Alliance des Civilisations. Il a participé en 2007, aux côtés de Nicolas Hulot, Alain Juppé, et Edgar Morin au comité chargé de préparer la Conférence de Paris sur l'environnement visant à poser les bases d'une future Organisation des Nations unies pour l'Environnement. Il est pressenti pour être nommé ministre des Affaires étrangères par Nicolas Sarkozy. Selon le journaliste José Meidinger, le chef de l'État lui aurait alors préféré Bernard Kouchner, du fait de son profil davantage « pro-israélien et américain »[6].

Le 2 juillet 2007, Nicolas Sarkozy lui confie la rédaction d'un rapport sur la France et la mondialisation qu'il lui remet en septembre.

Le 28 novembre 2007, Hubert Védrine est aspergé de peinture rouge en pleine rue par un collectif altermondialiste qui exige qu'il soit traduit en justice « pour sa responsabilité dans la politique française d'assistance à la préparation et à l'accomplissement du génocide des Tutsis au Rwanda ». Édouard Balladur, Alain Juppé et Hubert Védrine contestent et rejettent absolument cette présentation de la politique française menée au Rwanda avant 1994[7],[8]. Après cette agression, Hubert Védrine porte plainte pour violences en réunion.

Il assure depuis mars 2008 un cours sur les Réalités Internationales à l'Institut d'études politiques de Paris.

Son épouse, Michèle Froment-Védrine, médecin et conseiller-maître à la Cour des comptes, a dirigé de 2002 à 2008 l'Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail).

En 2011, il siège au conseil consultatif de la banque d'affaires américaine « Moelis & Company »[9].

François Hollande, devenu président de la République, le charge d'un rapport sur l'OTAN qu'il remet le 14 novembre 2012[10],[11]. Le 4 décembre 2013, il remet un rapport intitulé « Un partenariat pour l'avenir » (au sujet des relations économiques franco-africaines), commandé par le ministre de l'Économie Pierre Moscovici[12],[13].

Carrière[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Rapport[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

  • 2009 : Gorbatchev / Védrine : une histoire inédite du Mur (face à Hubert Védrine, Mikhaïl Gorbatchev revient sur les quatre années, de 1985 à 1989, qui ont préparé la fin du mur de Berlin et la chute du rideau de fer. Mikhaïl Gorbatchev raconte à Hubert Védrine la façon dont l'Histoire s'est déroulée de l'autre côté du Mur)
  • 2012 : Un monde dans tous ses états (film sur l'état du monde comme son titre l'indique, Hubert Védrine rencontre des personnalités du monde entier, scientifiques, hommes d'État, chef d'entreprise, ambassadeur, pour tirer le bilan de la situation mondiale)

Musique[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Chirac : morceaux choisis des "Mémoires" d'un président sur lemonde.fr du 8 juin 2011
  2. http://www.hubertvedrine.net/bio/
  3. « Exigences exagérées », rubrique « La Mare aux Canards », Le Canard enchaîné, 16 mai 2007
  4. IRIS - Institut de Relations Internationales et Stratégiques
  5. http://www.aspenfrance.org/fr/publications/CO_fr.pdf
  6. L’Élysée infiltré par le CRIF…, José Meidinger, bvoltaire.fr, 2 décembre 2012
  7. Hubert Védrine. Rwanda : les faits. Institut François Mitterrand, 15 juin 2004
  8. Blog d'Alain Juppé. 27 janvier 2008
  9. (en) « Chasing Business, Moelis Adds Advisers », dealbook.nytimes.com,‎ 28 Juin 2011
  10. "Hubert Védrine, L'influent désabusé", Le Monde, supp. "Géo & Politique", p. 8, 11-12 novembre 2012
  11. Rapport d'Hubert Védrine sur le site officiel de la diplomatie française
  12. Hubert Védrine, interviewé par Anne Cheyvialle et Marie-Amélie Lombard-Latune, « Védrine : "La France a cédé trop de terrain en Afrique" », in Le Figaro, mercredi 4 décembre, page 18.
  13. [1]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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