Woodrow Wilson

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Woodrow Wilson
Image illustrative de l'article Woodrow Wilson
Fonctions
28e président des États-Unis

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Élection
Réélection
Vice-président Thomas R. Marshall
Prédécesseur William Howard Taft
Successeur Warren G. Harding
34e gouverneur du New Jersey
Prédécesseur John Franklin Fort
Successeur James Fairman Fielder
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Staunton, Virginie
Date de décès (à 67 ans)
Lieu de décès Washington, D.C.
Nationalité Américaine
Parti politique Parti démocrate
Conjoint Ellen Wilson († 1914)
Edith Bolling Wilson
Diplômé de Université de Princeton
Université de Virginie (droit)
Université Johns-Hopkins
Profession Professeur, universitaire, politicien, avocat
Religion Presbytérianisme

Signature

Woodrow Wilson
Prix Nobel de la Paix 1919
Présidents des États-Unis

Thomas Woodrow Wilson, né à Staunton (Virginie) le et mort à Washington, D.C. le , est le vingt-huitième président des États-Unis. Il est élu pour deux mandats de 1913 à 1921.

Il lance l’idée d’une instance de coopération internationale, la Société des Nations, que les États-Unis ne rejoindront jamais. Le prix Nobel de la paix lui est décerné en 1919.

Biographie[modifier | modifier le code]

Thomas Woodrow Wilson naît le 28 décembre 1856 à Staunton, en Virginie. Son père est pasteur de l'église presbytérienne et le jeune Woodrow reçoit une éducation fortement imprégnée de ces croyances ; il est aussi marqué par ses souvenirs de la Guerre de Sécession et les désastres qu’elle a entraînés. À 19 ans, il entre à l'université de Princeton puis commence des études de droit. Il s'installe en tant qu'avocat mais au bout d'un an il reprend ses études et se tourne vers l'histoire et les sciences politiques. Il présente sa thèse de doctorat à 30 ans ; une analyse en faveur d'un plus grand pouvoir de l'exécutif au sein du gouvernement central qui devint un classique des études en sciences politiques. Influencé par des théoriciens britanniques comme Edmond Burke, Wilson est un libéral nostalgique de la pureté démocratique des premières années de la République. Il se destine à une carrière de professeur d'histoire mais rêve de s'engager en politique. En 1902, il devient président de l'université de Princeton et se lance dans une vaste réforme du système d'enseignement.

Le Parti démocrate le contacte en 1910 et le présente en tant que candidat au poste de gouverneur de l'État du New-Jersey. Il est élu et, en à peine un an, se lance dans une réforme des lois électorales, désignation des candidats par des élections primaires directes, afin d’empêcher les machinations politiques. Il se fait rapidement remarquer par les chefs du parti au niveau national et réussit à se faire désigner candidat du Parti démocrate en 1912. Son colistier est un gouverneur de l'Indiana dont la notoriété reste désormais liée à cette remarque : « la seule chose dont ce pays a besoin, c'est d'un bon cigare à 5 cents ».

Sa campagne électorale est basée sur l'élimination des conglomérats industriels, la création d'un impôt fédéral sur le revenu et des élections sénatoriales au suffrage universel. Il s'oppose ainsi à Theodore Roosevelt qui est partisan d'un pouvoir présidentiel fort, garant des libertés, alors qu'il défend la concurrence comme facteur d'équilibre.

L’élection présidentielle de 1912 est une vraie triangulaire entre le candidat du Parti démocrate, le président sortant et candidat du Parti républicain et enfin Theodore Roosevelt qui fonde son propre Parti progressiste quand il ne peut obtenir la nomination du Parti républicain. Woodrow Wilson est élu grâce à la division au sein du Parti républicain ; le total des votes de Taft et de Roosevelt est en effet supérieur à celui obtenu par Wilson[1].

Candidat Parti Vote populaire % Collège électoral
Woodrow Wilson Démocrate 6 293 152 41,9 435
Theodore Roosevelt Progressiste 4 119 207 27,4 88
William H. Taft Républicain 3 486 333 23,2 8

Présidence[modifier | modifier le code]

Thomas Woodrow Wilson

1913[modifier | modifier le code]

4 mars : Investiture de Woodrow Wilson en tant que vingt-huitième président des États-Unis.

8 avril : Wilson fait un discours au Congrès pour obtenir la réforme des droits de douane. Il est le premier président depuis plus d’un siècle à s’être adressé en personne au Congrès.

2 mai : Wilson signe l’acte de reconnaissance de la République de Chine proclamée en 1912.

31 mai : Adoption du XVIIe amendement à la Constitution instituant l’élection des sénateurs au suffrage universel direct. Ils étaient auparavant élus par les assemblées législatives de chaque État.

27 août : Wilson refuse de reconnaître le coup d’État au Mexique qui a porté le général Victoriano Huerta au pouvoir sans toutefois décider d’une intervention des États-Unis.

3 octobre : Wilson signe la loi réduisant fortement les droits de douanes, augmentés par les gouvernements républicains précédents.

23 décembre : Wilson signe le décret de création de la Réserve fédérale qui fait suite aux réflexions engagées après la Panique bancaire américaine de 1907

1914[modifier | modifier le code]

21 avril : Wilson ordonne à la marine d'envahir le port de Vera Cruz, Mexique. Le prétexte est l’arrestation de quelques marins américains en goguette par les autorités mexicaines. L'Argentine, le Brésil et le Chili tentent une médiation qui se révèlera inutile après la démission forcée du président Huerta en juillet. Les troupes américaines se retireront du Mexique en novembre.

4 août : Les États-Unis déclarent leur neutralité dans le conflit entre l’Allemagne et la Belgique, la France, le Royaume-Uni.

15 août : Ouverture du canal de Panama.

14 octobre : Wilson signe une loi majeure sur la réglementation des entreprises. Elle fait partie de son programme des « nouvelles libertés » et interdit les ententes entre entreprises, les participations au capital croisées dans un même secteur d’activité etc. Elle autorise les arrêts de travail, les grèves et le boycott par les ouvriers.

1915[modifier | modifier le code]

7 mai : Wilson et le gouvernement américain adressent une protestation à l’Allemagne suite au torpillage du RMS Lusitania, paquebot britannique, par un sous-marin allemand et au décès de 114 américains parmi les 1198 victimes civiles.

29 juillet : Wilson ordonne l'intervention des troupes américaines à Haïti à la suite de l’assassinat du président et dictateur Guillaume Sam.

1916[modifier | modifier le code]

28 janvier : Wilson propose la nomination de Louis Brandeis à la Cour suprême, le premier juge appartenant à la minorité juive.

15 mars : Wilson ordonne l’intervention des troupes américaines au Mexique pour capturer Pancho Villa qui combat le gouvernement mexicain légitime. Les américains ne quitteront le Mexique qu’au début de 1917 sans avoir réussi dans leur mission.

Mai : Wilson ordonne l’intervention des troupes américaines en République dominicaine pour restaurer l’ordre public. L’occupation américaine durera jusqu’en 1924.

3 juin : Le Congrès vote l’augmentation de l’armée américaine en réponse à la détérioration des relations avec l’Allemagne.

16 juin : Le Parti démocrate désigne Wilson en tant que candidat à un second mandat présidentiel.

25 août : Wilson signe le décret créant le Service des parcs nationaux.

3 septembre : Wilson signe la loi instituant la journée de 8 heures pour les cheminots.

7 novembre : Wilson est élu pour un second mandat. Son slogan électoral « Nous ne sommes pas en guerre, grâce à moi » résume la politique étrangère de son premier mandat.

Candidat Parti Vote populaire % Collège électoral
Woodrow Wilson Démocrate 9 126 300 49,2 277
Charles E. Hughes Républicain 8 546 789 46,1 254

1917[modifier | modifier le code]

3 février : devant la violation des droits des neutres par l'Allemagne, Wilson rompt les relations diplomatiques avec celle-ci.

5 février : Le Congrès annule le veto du président Wilson opposé aux lois empêchant l’admission des immigrants illettrés et restreignant l’immigration en provenance des pays d’Asie.

Le président Wilson demandant au Congrès de déclarer la guerre à l'Allemagne, le 2 avril 1917.

4 mars : Investiture de Woodrow Wilson pour un second mandat présidentiel. Dans son discours il rappelle que les États-Unis sont neutres dans la guerre entre l’Allemagne et les autres puissances européennes mais indique que cette position sera probablement très difficile à tenir.

2 avril : Wilson fait un discours au Congrès pour demander une déclaration de guerre des États-Unis contre l’Allemagne. Elle sera adoptée par le Congrès et le président le 6 avril. Le pays s'engage dans la Première Guerre mondiale.

14 avril : Wilson signe un décret créant un bureau chargé de l’information, de la propagande et de la censure pour la durée de la guerre.

18 mai : Adoption de la loi instituant le service militaire obligatoire pour les jeunes hommes âgés de 21 à 30 ans. Les États-Unis n’avaient pas connu de conscription depuis la fin de la Guerre de Sécession.

18 décembre : Proposition par le Congrès d'un amendement à la Constitution instituant la prohibition (fabrication, transport et vente) de l’alcool. Il deviendra le XVIIIe amendement en 1919.

1918[modifier | modifier le code]

8 janvier : Wilson prononce un discours au Congrès donnant la liste des 14 points nécessaires à l’obtention de la paix. « The world must be made safe for democracy » (La paix dans le monde pour l'établissement de la démocratie) réclame notamment la création d'une « League of Nations » (SDN)). Les autres points serviront de base au traité de Versailles de 1919. La première partie du traité de Versailles crée la SDN.

11 novembre : après la signature de l'Armistice, le gouvernement allemand accepte d’ouvrir les négociations de paix à partir des « 14 points » développés par le président Wilson.

4 décembre : Wilson embarque pour la France afin d’assister à la Conférence de paix de Paris.

1919[modifier | modifier le code]

Une caricature de Woodrow Wilson avec Georges Clemenceau et David Lloyd George à la Conférence de paix de Paris (Noël Dorville, 1919)

18 janvier : Wilson assiste à l’ouverture de la Conférence de paix de Paris. C'est la première fois qu'un chef d'État américain se rend à l'étranger durant son mandat[2].

14 février : Wilson présente la Charte de la Société des Nations au cours de la Conférence de paix de Paris.

28 juin  : Wilson présente en personne le Traité de Versailles à la ratification par le Congrès. Les Républicains y sont opposés ainsi qu'une partie significative des démocrates, conduite par Henry Cabot Lodge qui souhaite la soumettre à d'importantes restrictions. Les raisons de cette opposition sont multiples  : certaines sont économiques, d'autres politiques (il y a beaucoup de citoyens de souche allemande dans le middle-west, or le Traité de Versailles est jugé trop sévère envers les vaincus auxquels le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est refusé).

4 septembre : Alors que le Congrès n’a toujours pas ratifié le Traité de Versailles, Wilson décide de parcourir les États-Unis pour prononcer des discours en faveur de sa ratification et pour promouvoir son idée de Société des Nations. La dégradation de sa santé l'empêchera de finir sa tournée. Épuisé, il a une attaque cérébrale après quoi il est paralysé et psychologiquement affaibli. Il intime, à partir de ce moment, que les démocrates votent la ratification sans concession, mais le Congrès votera finalement contre la ratification le 19 novembre. Une deuxième tentative, explorant la voie d'un accord bipartisan, échouera en mars 1920 en raison de l'intransigeance de Lodge et Wilson[3].

20 novembre : Wilson reçoit le Prix Nobel de la paix pour son action pendant la Première Guerre mondiale alors que sa popularité est au plus bas.

1920[modifier | modifier le code]

5 mai : Wilson déclare l’illégalité du Parti communiste.

20 mai : Le Congrès, qui continue à refuser la ratification du Traité de Versailles, vote la fin de l’état de guerre avec l’Allemagne. Wilson met son veto.

Novembre : Le républicain Warren Harding, qui se présente contre l'héritage de Wilson, est élu avec une large majorité par les électeurs américains[4].

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Wilson a une vision idéaliste des relations entre les nations[5]. Il pense que le modèle américain peut être exporté car les peuples ont envie de démocratie. Il fait ainsi pression sur le gouvernement britannique pour une issue pacifique durant les troubles consécutifs à l'insurrection de Pâques 1916 en Irlande. Toutefois Woodrow Wilson n’hésite pas à ordonner des interventions armées en Amérique centrale et dans les Caraïbes pour faciliter le transfert. Il déclarait, en 1901 : « No Nation can live any longer to itself and the West would necessarely dominate the East. The East is to be opened and transformed, whether we will it or no ; the standards of the West are to be imposed upon it"[6] : " Il n'est de nation encore capable de se refermer sur elle-même et l'Ouest finirait nécessairement par dominer l'Est. L'Est doit être ouvert et transformé, qu'on le veuille ou non ; les standards de l'Ouest ont à être imposés à celui-ci."

Amérique centrale et Caraïbes[modifier | modifier le code]

À Haïti, il fait intervenir les Marines le 28 juillet 1915 à la suite de l'assassinat du président et dictateur Vilbrun Guillaume Sam. Sous la supervision des Marines, la législature d'Haïti élit le candidat de Wilson, Philippe Sudre Dartiguenave, qui signera un traité faisant de jure d'Haïti un protectorat américain[7].

Au Nicaragua, des troupes américaines seront stationnés dans le pays tout au long de l'administration Wilson, choisissant le président nicaraguayen et forçant le pays à la signature du Traité Bryan-Chamorro portant principalement sur le canal de Panama.

Intervention en Russie[modifier | modifier le code]

À la révolution de Février 1917 la Russie devient une république socialiste dirigée par Kerenski, mais en octobre 1917, un coup d'État bolchevik met au pouvoir un gouvernement intransigeant, celui de Lénine, qui décide de faire la paix avec l'Allemagne (qui l'avait financé dans ce but) et dont l'objectif avoué est de renverser l'ordre capitaliste du monde. Face à cette situation, les Alliés décidèrent d'intervenir en Russie sous prétexte de sauver les légions tchèques (soldats austro-hongrois prisonniers en Russie) et d'empêcher les Allemands ou les Bolcheviques de s'emparer de l'armement allié envoyé pour soutenir l'effort de guerre russe. Wilson envoya des forces armées à Vladivostok pour aider au retour des prisonniers tchèques et slovaques reculant vers l'est (face à l'avance de l'Armée rouge) le long de la voie du transsibérien. Les troupes américaines débarquèrent également à Arkhangelsk pour sécuriser les fournitures envoyées aux forces tsaristes. Bien que n'ayant pas été envoyées pour affronter les Bolcheviques, les forces américaines eurent plusieurs engagements contre l'Armée rouge. Wilson retira la majeure partie de ces forces en avril 1920 mais à Vladivostok, certaines restèrent jusqu'en 1922.

Intervention en Europe[modifier | modifier le code]

Le premier mandat de W. Wilson est marqué par son attitude vis-à-vis du conflit qui éclate en Europe, qui deviendra la Première Guerre mondiale. Tout en poursuivant une politique d'accroissement des forces militaires pour faire face à un éventuel engagement forcée, les États-Unis tentent de rester neutres et font des tentatives de paix car 15 % de la population américaine est née dans un des pays en guerre et une majorité a des attaches familiales dans ces mêmes pays.

Woodrow Wilson envoie une note à tous les belligérants le [8]. Il leur demande de préciser leurs buts de guerre[9] et se présente comme intermédiaire entre les pays. Mais l'Allemagne, qui s'oppose à toute médiation américaine, refuse également de préciser ses buts de guerre et rejette la proposition le 26 décembre[10].

En 1917, soit trois ans après le début du conflit, les États-Unis interviennent massivement dans la guerre en Europe suite à la guerre sous-marine à outrance et au télégramme Zimmermann. La mobilisation de l'économie et de l'industrie est totale et les volontaires s'engagent pour rejoindre les conscrits dans l'armée. En janvier 1918, alors que la Première Guerre mondiale n'est pas terminée, le président Wilson adresse un message au congrès des États-Unis, qui doit garantir la paix. Ce discours des 14 points (« The world must be made safe for democracy »), prononcé au nom du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes », réclame notamment la création d'une « Société des Nations » (SdN). Les autres points servent de base au traité de Versailles de 1919. Wilson demande :

Les principes wilsoniens peuvent être résumés en trois termes : autodétermination des peuples, liberté et paix. Le discours des 14 points est diffusé dans les colonies où il suscite des espoirs de libération[5].

En juin 1918, plus de deux millions de soldats américains sont engagés dans la guerre et la victoire est acquise. W. Wilson espère alors modifier radicalement l'ordre mondial, promouvoir les démocraties et la paix. Il participe aux négociations avec les trois autres puissances européennes victorieuses (le Royaume-Uni, la France et l'Italie) qui se terminent par le Traité de Versailles (1919). La ratification du traité se heurte à l'opposition du Sénat et Wilson se lance dans une campagne de discours dans les principales villes des États-Unis pour promouvoir le traité et sa « Ligue des nations ». Sa santé en pâtit et une attaque le laisse à moitié paralysé. Il finira son mandat reclus dans la Maison-Blanche en faisant transmettre ses ordres par sa femme et une petite équipe de fidèles.

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Bien que membre du Parti démocrate et concurrent de Theodore Roosevelt, républicain progressiste, dans la course à la présidence, Wilson et lui ont un programme dont les objectifs, sinon les moyens, sont similaires. Sur bien des points il continue sa politique en luttant contre les grands conglomérats industriels et financiers, en renforçant le pouvoir du gouvernement fédéral et même en mettant en place un service chargé des parcs nationaux.

Wilson est aussi le créateur du système bancaire actuel. Il met en place la « Réserve fédérale », autorité qui régule la quantité d'argent en circulation et le taux d'intérêt de base dans le pays et qui définit les conditions permettant aux banques de disposer de fonds permettant d'accorder des prêts.

Durant son mandat, la Constitution des États-Unis est amendée trois fois :

Politique concernant les droits civiques, les minorités et l’immigration[modifier | modifier le code]

Lorsqu’en mai 1915, un sous-marin allemand coule un navire britannique, le Lusitania, dont une partie des passagers sont américains, l’incident génère un fort ressentiment anti-allemand. C’est dans ce climat que se déroulent les élections de 1916 où le Parti socialiste monte une campagne virulente contre l'engagement américain dans la guerre. Son audience est limitée sur le plan national mais il obtient plus de 20 % des voix dans certaines villes de la côte Est, dont New York. Les libertés individuelles sont attaquées par le passage de lois interdisant la critique du gouvernement et les américains d'origine germanique font souvent l'objet d'agressions de la part de la population.

La politique intérieure est aussi influencée par l'attitude des américains d'origines allemande et irlandaise qui soutiennent leurs compatriotes opposés en Europe aux britanniques.

Par contre la mobilisation des hommes pour faire la guerre permet aux femmes de tenir un plus grand rôle dans l’économie et la politique. Le XIXe amendement leur donne le droit de vote.

Les mandats de Wilson sont aussi marqués par les lois, auxquelles il s’opposera sans succès, limitant fortement l’immigration à partir des pays d’Asie et celle obligeant les immigrants à subir un test pour éliminer les illettrés.

Ségrégationniste[modifier | modifier le code]

Citation de Wilson reprise dans le film Naissance d'une nation.

Woodrow Wilson, dont l'épouse affirmait faire partie de la lignée des descendants de la célèbre Pocahontas, est aussi le premier président à désigner à la Cour suprême des États-Unis (les juges sont nommés à vie), un juge appartenant à la minorité juive, Louis Brandeis.

S'il n'était donc pas raciste envers les Amérindiens, ni antisémite, il était en revanche raciste envers les Afro-Américains[11]-[12]-[13] : durant ses mandats il conforte les blancs du Sud dans une idéologie ségrégationniste.

W.E.B. Du Bois dénonçant dans le journal NAACP la ségrégation que subissent les noirs dans le Sud. Woodrow Wilson répond « Segregation is not a humiliation but a benefit, and ought to be so regarded by you gentlemen » : « La ségrégation n'est pas une humiliation, mais un avantage, et devrait être considéré comme tel par vous, messieurs ».

Parlant de l'Histoire du peuple américain, Wilson déclare : « The white men were roused a mere instinct of self-preservation… until at last there had sprung into existence a great Ku Klux Klan, a veritable empire of the South to protect the southern country » : « Les hommes blancs ont développé un instinct simple d'auto-préservation… jusqu'à ce qu'enfin ils fassent naître un grand Ku Klux Klan, un véritable empire du Sud pour protéger le Sud du pays ».

Ainsi, malgré les nécessités du service militaire national, les 400 000 soldats noirs ont été affectés dans des régiments particulièrement exposés ou, au contraire, relégués à des tâches considérées alors subalternes. Dans la marine, par exemple, ce sont les noirs qui sont aux cuisines.

Politique partisane[modifier | modifier le code]

Wilson transforme fondamentalement le rapport de force entre les pouvoirs législatifs et exécutifs en donnant la prééminence à ce dernier. Le président devient un acteur majeur de la politique américaine et en devient responsable.

Retraite[modifier | modifier le code]

Wilson abandonne le pouvoir en 1921. Il se retire dans sa maison de Washington, handicapé par sa paralysie et un début de cécité. Il continue malgré tout à soutenir son idée de « Ligue des nations » en publiant un livre et des articles. Il meurt le 3 février 1924 et sera inhumé dans la Cathédrale nationale de Washington.

Autres réalisations[modifier | modifier le code]

Wilson et le Congrès instituent la célébration de la « Fête des Mères » le deuxième dimanche de mai à partir de 1914.

Publications[modifier | modifier le code]

Wilson a beaucoup écrit, ci-dessous il ne s'agit que d'une partie de l'œuvre.

Livres
  • Congressional Government, 1884, Mifflin Company
  • The State 1889
  • A History of the American People (5v.) 1902 Harper and Bros
Quelques articles universitaires
  • « The Study of administration », Political Science Quaterly, II (june 1887)
  • « Hide and Seek Politics », North American Review, cxci (May 1910)
Autres articles
  • « Democracy and Efficiency », Atlantic Monthly, xxxviiixc (March 1901)
  • « The Ideals of America » Atlantic Monthly, xc (December 1902)

Hommages[modifier | modifier le code]

Toponymes[modifier | modifier le code]

En France, des places, des rues, des quais, et des ponts portent son nom dont :

Le cours Wilson à Bordeaux

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Authur S.Link, 1947, Wilson : the road to the White House, Princeton University Press
  • Arthur Link, Woodrow Wilson and the Progressive Era. 1910-1917
  • Kendrick Clements, The Presidency of Woodrow Wilson
  • Zacharie Leclair, Woodrow Wilson et les philanthropes américains face à la question ottomane : une manifestation méconnue du wilsonisme
  • Sigmund Freud & William C. Bullitt, Le président Wilson, éditions Albin Michel, coll. 1018, 1974

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À cet égard, la situation politique ressemble à celle de 1992, lorsque Bill Clinton a affronté deux adversaires de la droite américaine, G. Bush père et Ross Perot.
  2. Bruno Cabanes, « Le vrai échec du traité de Versailles », L’Histoire, no 343,‎ juin 2009, p. 82 (ISSN 01822411)
  3. Obama's prize, Wilson's legacy, article de John Milton Cooper, IHT, 12/10/09, views
  4. ibid
  5. a et b Bruno Cabanes, « Le vrai échec du traité de Versailles », L’Histoire, no 343,‎ juin 2009, p. 86 (ISSN 01822411)
  6. Cité par Julian Go, « American colonial Empire : The limit of power’s reach », Items & Issues (Social Science Research Council), 4, 4, 2003, p. 18-23 (ici, p. 18).
  7. (fr) 6420.- Liste des Chefs d'États Haitiens, Haiti Reference
  8. (de) Ulrich Heinemann, Die verdrängte Niederlage, Göttingen, 1983, p. 160.
  9. (de) Alexander Sedlmaier, Deutschlandbilder und Deutschlandpolitik : Studien zur Wilson-Administration (1913-1921), Stuttgart, 2003, p. 67.
  10. (en) Lloyd E. Ambrosius, Woodrow Wilson and the American Diplomatic Tradition : The Treaty Fight in Perspective, Cambridge, 1987, p. 26.
  11. Eric Foner. "Expert Report Of Eric Foner". The Compelling Need for Diversity in Higher Education. University of Michigan.
  12. Joanne Turner-Sadler (2009). African American History: An Introduction. Peter Lang. p. 100. ISBN 1-4331-0743-0. "President Wilson's racist policies are a matter of record."
  13. Kathleen L. Wolgemuth (April 1959). "Woodrow Wilson and Federal Segregation". The Journal of Negro History (Association for the Study of African-American Life and History, Inc.) 44 (2): 158–173. doi:10.2307/2716036. JSTOR 2716036.
  14. (pl) Doktorzy honoris causa, sur le site de l'université jagellonne de Cracovie

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]