Christian Poncelet

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Christian Poncelet
Christian Poncelet en octobre 2013.
Christian Poncelet en octobre 2013.
Fonctions
Sénateur des Vosges
En fonction depuis le 3 octobre 1977
Élection 25 septembre 1977
Réélection 28 septembre 1986
24 septembre 1995
26 septembre 2004
4e président du Sénat français
2 octobre 19981er octobre 2008
(9 ans, 11 mois et 29 jours)
Réélection 1er octobre 2001
1er octobre 2004
Prédécesseur René Monory
Successeur Gérard Larcher
Député européen
17 juillet 197930 septembre 1980
Député de la
3e circonscription des Vosges
2 avril 197312 mai 1973
Prédécesseur André Boileau
Successeur Gérard Braun
6 décembre 19626 août 1972
Prédécesseur Jean-Marie Grenier
Successeur André Boileau
Biographie
Date de naissance 24 mars 1928 (86 ans)
Lieu de naissance Blaise (Ardennes)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique UDT, UNR, UNR - UDT, UD-Ve, UDR, RPR, UMP
Profession Contrôleur des télécommunications

Christian Poncelet
Présidents du Sénat français

Christian Poncelet, né le 24 mars 1928 à Blaise (Ardennes), est un homme politique français, président du Sénat de 1998 à 2008.

Député gaulliste de la troisième circonscription des Vosges dans les années 1960-1970, il est secrétaire d'État lors des présidences de Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing entre 1972 et 1977, après quoi il est élu sénateur des Vosges, puis siège, un an durant, au Parlement européen, de 1979 à 1980. Élu dans le canton de Remiremont depuis 1963, il est président du conseil général des Vosges depuis 1976. Il préside le Sénat de 1998 à 2008.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né dans une famille de modestes exploitants agricoles, Christian Poncelet n'a pas connu son père − Raoul − qui avait quitté le foyer et sa compagne, Raymonde Chamillard, âgée de dix-huit ans, quelques mois après que celle-ci l'eut mis au monde[1]. Sa mère décide alors de quitter Blaise pour s'installer avec son jeune fils à Acy-Romance, village non loin de Rethel, où ses grands-parents maternels exploitaient une ferme[2]. Il entre à l'École nationale professionnelle des PTT, dont il sort sous-ingénieur, et débute sa carrière en 1950[3]. Il avait pourtant échoué au brevet en juin 1947, avant de faire son service militaire et d'épouser une Vosgienne de Saulxures-sur-Moselotte, Yvonne Miclot[4]. Contrôleur des télécommunications aux PTT de 1953 à 1962[5], il assume parallèlement à son activité professionnelle, des responsabilités syndicales dans le cadre de la CFTC, dont il est membre du Comité confédéral national.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Christian Poncelet en novembre 2006

En 1953, il rencontre Pierre Mendès France, auquel il se lie et qui l'initie à la politique. Gaulliste de gauche, il est élu en 1962, 1967 et 1968 député des Vosges dans la circonscription de Remiremont. Il s'implante dans cette commune en en devenant le conseiller général à partir de 1963, conseiller municipal chargé du budget en 1965, puis premier adjoint à partir de 1971. Maire de Remiremont de 1983 à 2001, il démissionne à cette date pour respecter la règle du non-cumul des mandats.

Ainsi se vante-t-il de n'avoir jamais perdu une élection, ayant écarté ceux, à droite ou à gauche, qui ont tenté de le supplanter, comme Lionel Stoleru, candidat aux législatives de 1978, Philippe Séguin, député-maire d'Épinal, et Christian Pierret, maire de Saint-Dié, ou qui se sont opposés à son pouvoir[6].

Localement, il développe une image d'homme convivial et disponible[6]. Homme de pouvoir, il fait profiter son département et sa commune, faisant notamment desservir Remiremont par le TGV et deux routes à deux fois deux voies. Il embellit sa commune, la dote d'un cinéma, d'un centre culturel, et d'un centre hippique[7].

En 1972, il est appelé par le Premier ministre Pierre Messmer pour entrer dans son gouvernement en tant que secrétaire d'État auprès du ministre d'État chargé des Affaires sociales (1972-1973), puis secrétaire d'État auprès du ministre du Travail, de l'Emploi et de la Population (1973-1974), et enfin secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé de la Fonction publique (1974). Après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing et la nomination de Jacques Chirac à Matignon, il devient secrétaire d'État chargé du Budget, reconduit sous le gouvernement Raymond Barre.

Ayant abandonné son mandat de député en 1972 et 1973 pour entrer au gouvernement, il est élu, le 17 mars 1976, président du conseil général des Vosges, puis sénateur l'année suivante, démissionnant de sa fonction de secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement, qu'il occupait depuis quelques mois. Entré la même année au conseil régional de Lorraine, il est réélu jusqu'en 1992.

Président de la commission des finances du Sénat à partir de 1986, il dispose dès lors, du rôle clé du versement mensuel de la réserve parlementaire aux sénateurs. Le 2 octobre 1998, il crée la surprise en succédant à René Monory à la présidence du Sénat. Alors que le groupe centriste qui soutient René Monory est le plus puissant au Sénat, Christian Poncelet, grâce au « fruit de tant de services rendus, de tant de mains serrées, de tant de mots convenus, d'amitiés maçonniques et catholiques à la fois »[3], le devance de 16 voix au premier tour, et après le retrait du président sortant, recueille 189 des 283 suffrages exprimés au troisième tour[8].

À sa tête, il cherche à moderniser l'image de la Haute assemblée, en l'ouvrant davantage à travers le musée du Luxembourg rénové, des expositions de photographies le long des grilles du jardin du Luxembourg, et des événements comme les Tremplins entreprise ou les Rendez-vous citoyens[9]. Durant la campagne du référendum sur le quinquennat présidentiel, qui se déroule le 24 septembre 2000, il prend position pour le « non », préférant un « mandat présidentiel de sept ans non renouvelable immédiatement »[10]. L'année suivante, puis en 2004, il est réélu président du Sénat dès le premier tour[11]

Le 27 janvier 2003, candidat face au président du Conseil constitutionnel Yves Guéna, il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques.

Alors qu'il souhaite conserver la présidence du Sénat et que quelques sénateurs tentent de l'en dissuader, plusieurs affaires judiciaires impliquant Christian Poncelet paraissent dans la presse[8]. En juillet 2005, Le Monde affirme que Christian Poncelet aurait été au début des années 1990, actionnaire d'une petite banque de Floride, South Florida Bank[12]. En juin 2007, une enquête préliminaire est ouverte sur « d'éventuels faits de trafic d'influence »[13] contre le président du Sénat qui serait intervenu à plusieurs reprises en France et à l'étranger en faveur de la Sogea et du Groupe Carrefour[14]. Dénonçant « une tentative de déstabilisation », il nie tout enrichissement et pression de sa part, expliquant avoir simplement « voulu aider des entreprises françaises à s'installer à l'étranger en toute transparence »[15]. À quelques jours de sa fin de présidence, la presse révèle qu'un appartement de 200 mètres carrés lui a été affecté à vie, en 2004, rue Bonaparte à Paris à partir de son départ de la présidence du Sénat ; face à la polémique naissante, il annonce y renoncer le jour de l'élection de son successeur, Gérard Larcher[16].

Christian Poncelet (au centre) lors du Festival international de géographie de 2011.

Dès lors, il est de plus en plus contesté au sein du conseil général des Vosges : la majorité de droite se scinde en deux, plusieurs élus critiquant des projets qu'il a lancés et un manque de transparence dans la gestion des affaires publiques du département[17],[18]. Son âge (83 ans) et sa longévité à la tête du département (11 mandats consécutifs, soit 35 ans) sont également présentés comme étant un problème par ces « rénovateurs », qui, à la suite du renouvellement de 2011, présentent la candidature du divers droite Philippe Faivre à la présidence du conseil général. Le 31 mars 2011, lors du troisième tour de scrutin, Christian Poncelet recueille 15 voix, soit le même score que son adversaire, ce qui lui permet finalement d'être réélu au « bénéfice de l'âge » (le candidat le plus âgé l'emporte en cas d'égalité)[19].

Il soutient la candidature de François Fillon pour la présidence de l'UMP lors du congrès d'automne 2012.

Christian Poncelet est actuellement le parlementaire français qui a la plus grande longévité électorale. Le journal Le Monde indique que l'ancien président du Sénat a cumulé, en 2013, 147 années de mandats électifs[20].

Mi-juin 2014, il annonce qu'il ne se représentera pas lors des élections sénatoriales qui ont lieu en septembre de la même année[21].

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

À l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Au Parlement européen[modifier | modifier le code]

Au Sénat[modifier | modifier le code]

  • Depuis le 3 octobre 1977 : sénateur des Vosges (réélu en 1986, 1995 et 2004)
  • Janvier 1981 :
    • Rapporteur de la commission sénatoriale d'enquête sur les difficultés de l'industrie textile
    • Prise de fonctions au Conseil de l'Europe
  • Avril 1983 : rapporteur de la mission d'information chargée d'étudier le déroulement et la mise en œuvre politique de la décentralisation
  • 1986 - 1998 : président de la Commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation
  • 2 octobre 1998 - 1er octobre 2008 : président du Sénat (réélu en 2001 et 2004)

Mandats régionaux[modifier | modifier le code]

Mandat locaux[modifier | modifier le code]

Fonctions politiques[modifier | modifier le code]

  • Février 1971 : secrétaire général adjoint de l'UDR
  • Septembre 1979 : membre du Conseil politique du RPR
  • Février 1980 : président de la Commission des affaires sociales du RPR
  • Septembre 1986 : élu conseiller national du RPR, chargé des problèmes financiers et budgétaires

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marc Toussaint, Christian Poncelet, Le monarque républicain, Éditions Place des Vosges, p. 15
  2. Ibid. p. 16
  3. a et b Philippe Jarrasse, « “Ponpon”, baron de Remiremont », L'Est républicain, 1er octobre 2008.
  4. J.-M. Toussaint, op. cit. p. 19
  5. Pierre Roeder, « Les secrets du système Poncelet - Christian Poncelet au scanner », L'Express, 20 octobre 2005.
  6. a et b Pierre Roeder, « Les secrets du système Poncelet - La politique avant tout », L'Express, 20 octobre 2005.
  7. Pierre Roeder, « Les secrets du système Poncelet - Remiremont richement dotée », L'Express, 20 octobre 2005.
  8. a et b François Bazin, « Petits meurtres au Sénat », Le Nouvel Observateur no 2290, 25 septembre 2008.
  9. Betty Ruby, « L'empreinte durable de Christian Poncelet », Le Petit journal, 25 septembre 2008.
  10. Clarisse Vernhes, « Pour ou contre : clivages au sein des partis » sur le site de RFI, 30 mai 2000.
  11. Comptes rendus des séances du 1er octobre 2001 et du 1er octobre 2004 sur le site du Sénat.
  12. Hervé Gattegno, « M. Poncelet, actionnaire masqué d'une banque en Floride », Le Monde, 14 juillet 2005.
  13. Gérard Davet, « Un président du Sénat trop serviable ? », Le Monde, 11 avril 2008.
  14. « Enquête relancée pour Christian Poncelet », Le Figaro, 11 avril 2008.
  15. « Mis en cause, Poncelet contre-attaque », LCI-TF1, 6 juin 2007.
  16. Dominique Richard, « Un fauteuil convoité », Sud Ouest, 1er octobre 2008.
  17. « Philippe Faivre explique les raisons de sa candidature », Vosges Matin, 30 mars 2011.
  18. « Poncelet : stop ou encore ? », Vosges Matin, 30 mars 2011.
  19. « C’est le “Ponpon” ! », L'Est républicain, 1er avril 2011.
  20. « Christian Poncelet, 147 ans de mandats électifs », Le Monde, 2 juillet 2013.
  21. « Christian Poncelet renonce à se représenter au Sénat », Le Figaro, samedi 21 / dimanche 22 juin 2014, page 6.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]