Christian Pineau

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Christian Pineau
Christian Pineau avec le Premier ministre israélien David Ben Gourion, en Israël, en janvier 1959.
Christian Pineau avec le Premier ministre israélien David Ben Gourion, en Israël, en janvier 1959.
Fonctions
Parlementaire français
Député 1945-1958
Gouvernement IVe République
Groupe politique SFIO
Biographie
Date de naissance 14 octobre 1904
Lieu de naissance Chaumont
Date de décès 5 avril 1995 (à 90 ans)
Lieu de décès Paris
Résidence Sarthe

Christian Pineau, né le 14 octobre 1904 à Chaumont (Haute-Marne), mort le 5 avril 1995 à Paris, est un homme politique et résistant français.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Licencié en droit et diplômé en sciences politiques, il travaille à la Banque de France de 1926 à 1928, puis à la Banque de Paris et des Pays-Bas.

Il milite à la CGT dans les années 1930 et devient un proche de Léon Jouhaux. De 1936 à 1939, il est secrétaire adjoint de la Fédération des employés de Banque, et secrétaire du conseil économique de la CGT en 1938-1939.

Au début de la guerre, il est nommé chef de cabinet de Jean Giraudoux[1],, commissaire à l'information. Christian Pineau dira plus tard, que c'est Giraudoux qui lui a transmis l'amour de l'écriture.

La Résistance[modifier | modifier le code]

Résistant, il est l'un des fondateurs du mouvement Libération Nord dès octobre 1940.

Il est membre du comité d'action socialiste, mis sur pied par Daniel Mayer pour impulser la résistance au sein de la SFIO.

En novembre 1940, il rédige le « Manifeste des douze » qui, suite à la dissolution des syndicats professionnels par le régime de Vichy, affirme la nécessité d'un syndicalisme libre. Puis, à partir de décembre, il diffuse un bulletin clandestin, Libération, dont il assure à peu près seul la rédaction jusqu'en mars 1942.

Le no 52 (30 novembre 1941) publie le « Manifeste du mouvement Libération-Nord » qui va recruter surtout dans les milieux socialistes et syndicalistes non communistes.

En 1942, Pierre Brossolette lui propose de se rendre à Londres. Il rencontre le général de Gaulle et se rallie à la France libre, bien qu'il ait des doutes sur les convictions républicaines du Général. Il est à l'origine de la Déclaration du général de Gaulle aux mouvements de Résistance, publiée le 3 juin 1942 par le journal clandestin Libération.

Il fonde les réseaux Phalanx et Cohors-Asturies, avec Jean Cavaillès.

Revenu à Londres le 15 janvier 1943, il plaide pour une unification des mouvements de Résistance et des partis politiques, ce qui sera réalisé dans le Conseil national de la Résistance.

De retour en France, il est arrêté par la Gestapo en mai 1943 et déporté au camp de Buchenwald. Il est sans doute le dernier résistant à avoir vu à Lyon Jean Moulin vivant[2].

La Quatrième République[modifier | modifier le code]

Après la Libération, Pineau devient député socialiste de la Sarthe en 1945 et le reste jusqu'en 1958. Il est aussi conseiller général de la Sarthe à partir de 1955.

Plusieurs fois ministre sous la Quatrième République, il est désigné comme président du Conseil après la chute du gouvernement Pierre Mendès France, mais le gouvernement qu'il constitue en février 1955 n'est pas investi par l'Assemblée nationale, ne recueillant que 268 voix contre 312.

De février 1956 à mai 1958, il est ministre des Affaires étrangères et participe à la mise en œuvre de l'expédition de Suez.

Il négocie le Traité de Rome créant la Communauté économique européenne qu'il signe avec Maurice Faure au nom de la France.

Il tente une « ouverture vers l'Est » en se rendant à Moscou avec le président du Conseil Guy Mollet.

Christian Pineau a été toute sa vie un partisan convaincu de l'intégration européenne.

Après 1958[modifier | modifier le code]

Le retour au pouvoir du général de Gaulle (mai 1958) lui fait abandonner la politique au niveau national ; il reste conseiller général de la Sarthe jusqu'en 1979.

Il se reconvertit un temps dans les affaires et se consacre surtout à l'écriture.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • La simple vérité, regard sur la période 1940-1945, Julliard
  • Mon cher député, Julliard, 1959
  • Khrouchtchev, Librairie académique Perrin, 1965
  • Suez, Robert Laffont, 1976
  • Le grand pari, l'aventure du Traité de Rome (avec Christiane Rimbaud)
Livres pour enfants
  • Cornerousse le mystérieux, Plume et le saumon, L'ourse aux pattons verts, Histoire de la forêt de Bercé, La planète aux enfants perdus[3], la Marelle et le Ballon.

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Legion Honneur GO ribbon.svg Grand Officier de la Légion d'Honneur
  • Ordre de la Liberation 2nd ribbon.svg Compagnon de la Libération
  • Croix de Guerre 1939-1945 ribbon.svg Croix de Guerre 39/45 (3 citations)
  • Médaille de la Résistance avec rosette
  • Commandeur de l'Ordre de l'Empire Britannique
  • Grand Croix de l'Ordre de Léopold de Belgique
  • Croix de Guerre Belge

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Les papiers personnels de Christian Pineau sont conservés aux Archives nationales sous la cote 580AP[4]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Christian Pineau
  • Notice biographique sur le site de l'Assemblée nationale
  • Jean-Frédéric Desaix, Christian Pineau, de la Résistance à l'Europe[5], L'Encyclopédie du socialisme, 2003
  • Alya Aglan et Denis Lefebvre (dir.), Christian Pineau, de Buchenwald aux traités de Rome, Bruno Leprince, 2004
La Résistance et Libération-Nord
  • Alya Aglan, La Résistance sacrifiée : le mouvement Libération-Nord[6], Flammarion, 1999, et « Champs », 2006
  • Marc Sadoun, Les Socialistes sous l'Occupation[7], Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1982
La SFIO, Suez

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Giraudoux est son beau-père, second mari de sa mère.
  2. Mémoire vive de la Résistance
  3. Divers textes extraits des ouvrages cités figurent dans des manuels de lecture scolaire des années 1950-60, tels que Toute une année de lecture ou Lectures actives (Hachette).
  4. Voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales
  5. D'après une thèse de doctorat en sciences politiques
  6. Ouvrage issu d'une thèse de doctorat en histoire, sous la direction de Jean-Pierre Azéma
  7. Ouvrage issu d'une thèse de doctorat d'État dirigée par Maurice Duverger