Christian Pineau

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Christian Pineau
Christian Pineau avec le Premier ministre israélien David Ben Gourion, en Israël, en janvier 1959.
Christian Pineau avec le Premier ministre israélien David Ben Gourion, en Israël, en janvier 1959.
Fonctions
Parlementaire français
Député 1945-1958
Gouvernement IVe République
Groupe politique SFIO
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Chaumont
Date de décès (à 90 ans)
Lieu de décès Paris
Résidence Sarthe

Christian Pineau, né le à Chaumont (Haute-Marne), mort le à Paris, est un homme politique et résistant français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Activités dans l'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Licencié en droit et diplômé en sciences politiques, il travaille à la Banque de France de 1926 à 1928, puis à la Banque de Paris et des Pays-Bas. Il milite à la CGT dans les années 1930 et devient un proche de Léon Jouhaux. De 1936 à 1939, il est secrétaire adjoint de la Fédération des employés de Banque, et secrétaire du conseil économique de la CGT en 1938-1939.

Au début de la guerre, il est nommé chef de cabinet de son beau-père, le mari de sa mère, Jean Giraudoux, commissaire à l'information et écrivain. Plus tard, Christian Pineau dira que c'est Giraudoux qui lui a transmis l'amour de l'écriture.

La Résistance[modifier | modifier le code]

Résistant, il est l'un des fondateurs du mouvement Libération Nord dès . Il est membre du comité d'action socialiste, mis sur pied par Daniel Mayer pour impulser la résistance au sein de la SFIO.

Il rédige en novembre 1940 le « Manifeste des douze » qui, à la suite de la dissolution des syndicats professionnels, affirme la nécessité d'un syndicalisme libre. Il diffuse à partir de décembre un bulletin clandestin, Libération, dont il assure à peu près seul la rédaction jusqu'en mars 1942.

Le no 52 du publie le Manifeste du mouvement Libération-Nord qui va recruter surtout dans les milieux socialistes et syndicalistes.

Pierre Brossolette lui propose de se rendre à Londres en 1942 et lui propose sa place sur la première opération d'exfiltration par Lysander. Il se rallie à de Gaulle, tout en étant sceptique sur les convictions républicaines du Général. Il est à l'origine de la Déclaration du général de Gaulle aux mouvements de Résistance, publiée le par le journal clandestin Libération. Il fonde les réseaux Phalanx et Cohors-Asturies, avec Jean Cavaillès.

Revenu à Londres le , il plaide pour une unification des mouvements de Résistance et des partis politiques, ce que sera effectivement le Conseil national de la Résistance. De retour en France, il est arrêté par la Gestapo en mai 1943 et déporté au camp de Buchenwald. Pineau est connu pour être le dernier résistant à avoir vu Jean Moulin vivant, à Lyon[1].

Vie politique[modifier | modifier le code]

Après la libération, Pineau devient député socialiste de la Sarthe de 1945 à 1958.

Il est aussi conseiller général de la Sarthe de 1955 à 1979.

Après avoir déjà été plusieurs fois ministre et afin de résoudre la crise gouvernementale succédant à la chute du gouvernement Pierre Mendès France, il fut désigné comme président du Conseil des ministres et constitua en février 1955 un gouvernement qui ne fut pas investi par l'Assemblée nationale, ne recueillant que 268 voix contre 312.

De février 1956 à mai 1958, il est ministre des Affaires étrangères et participe à la mise en œuvre de l'expédition de Suez.

Il négocie le Traité de Rome créant la Communauté économique européenne qu'il signe avec Maurice Faure au nom de la France.

Il tente une « ouverture vers l'Est » en se rendant à Moscou avec le président du Conseil Guy Mollet.

Christian Pineau fut toute sa vie un avocat convaincu de l'intégration européenne.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Le retour du Général de Gaulle et la fin de la IVe République lui font cesser toute activité politique.

Il se reconvertit un temps dans les affaires et se consacre surtout à l'écriture.

Ce Compagnon de la Libération est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

On lui doit les ouvrages suivants :

  • La simple vérité, regard sur la période 1940-1945, Julliard
  • Mon cher député, Julliard, 1959
  • Khrouchtchev, Librairie académique Perrin, 1965
  • Suez, Robert Laffont, 1976
  • Le grand pari, l'aventure du Traité de Rome (avec Christiane Rimbaud)

et des livres pour enfants  : Cornerousse le mystérieux, Plume et le saumon, L'ourse aux pattons verts, Histoire de la forêt de Bercé, La planète aux enfants perdus[2], la Marelle et le Ballon.

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Legion Honneur GO ribbon.svg Grand Officier de la Légion d'Honneur
  • Ordre de la Liberation 2nd ribbon.svg Compagnon de la Libération
  • Croix de Guerre 1939-1945 ribbon.svg Croix de Guerre 39/45 (3 citations)
  • Médaille de la Résistance avec rosette
  • Commandeur de l'Ordre de l'Empire Britannique
  • Grand Croix de l'Ordre de Léopold de Belgique
  • Croix de Guerre Belge

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mémoire vive de la Résistance
  2. Divers textes extraits des ouvrages cités figurent dans des manuels de lecture scolaire des années 1950-60, tels que Toute une année de lecture ou Lectures actives (Hachette).

Chronologie[modifier | modifier le code]

Précédé par Christian Pineau Suivi par
Paul Reynaud
Ministre des Finances
Henri Queuille
Antoine Pinay
Ministre français des Affaires étrangères
1956-1958
René Pleven