Alexandre Bérard

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Alexandre Octave Bérard
Portrait d'Alexandre Bérard
Portrait d'Alexandre Bérard
Fonctions
Vice-président du Sénat français
14 janvier 191920 avril 1923
Président Antonin Dubost
Léon Bourgeois
Gaston Doumergue
Sous-secrétaire d'État aux Postes
et Télégraphes
10 juin 190219 octobre 1906
Président Émile Loubet
Armand Fallières
Président du Conseil Émile Combes
Maurice Rouvier
Sénateur de l'Ain
9 février 190820 avril 1923
Député de l'Ain
18931908
conseiller Général d'Ambérieu
188620 avril 1923
Président du Conseil général de l'Ain
190920 avril 1923
Prédécesseur Joseph Pochon
Successeur Eugène Chanal
Biographie
Date de naissance 3 février 1859
Lieu de naissance Lyon
Date de décès 20 avril 1923 (à 64 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Parti politique Parti républicain, radical et radical-socialiste
Diplômé de Doctorat de droit
Profession avocat

Alexandre Bérard, né le 3 février 1859 à Lyon[1] et mort le 20 avril 1923 à Paris, est un avocat et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunes années[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'Ernest Bérard[2], fabricant de soieries et député du Rhône de 1889 à 1898[Note 1]. Ernest est engagé dans le mouvement fouriériste lyonnais, et lutte farouchement contre Napoléon III.

Malgré l'engagement républicain et radical de son père, Alexandre étudie chez les chartreux de Lyon, avant d'obtenir le doctorat de Droit à la Faculté de la ville en 1882.

En tant que jeune attaché du Procureur général de Lyon, Alexandre Bérard porte en 1883 la parole dans « l'affaire Antoine Cyvoct »[3], anarchiste qu'il réussit à faire condamner. L'affaire aura un certain retentissement et marquera Bérard qui se passionnera pour l'anarchisme.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Le parlementaire[modifier | modifier le code]

D'abord élu conseiller Général d'Ambérieu[a 1] (il le restera jusqu'à sa mort), il deviendra en 1893, député de l'Ain, remportant l'élection dans la circonscription de Trévoux[a 2]. Dès ses débuts au Conseil général, Bérard est très actif en séance. Il se place rapidement dans le camp de Joseph Pochon, facilitant la prise de pouvoir de celui-ci en 1892. À la mort de Pochon, il fait figure d'héritier naturel de ce dernier, ce qui lui assurera une carrière politique ; il deviendra ainsi président du conseil général de l’Ain à la mort de celui-ci.

Le 9 février 1908, il est élu sénateur de l'Ain[4], il laisse donc son mandat de député. Il sera réélu deux fois[4] : le 7 janvier 1912 et le 9 janvier 1921. Il restera sénateur jusqu'à sa mort, devenant même vice-président[a 3] de cette assemblée à partir de 1919 (d'ailleurs réélu chaque année à cette fonction, jusqu'à sa mort).

Pendant sa carrière de sénateur, il est le chef de file de l'opposition au droit de vote des femmes, estimant notamment que :

« Plus que pour manier le bulletin de vote, les mains de femmes sont faites pour être baisées, baisées dévotement quand ce sont celles des mères, amoureusement quand ce sont celles des femmes et des fiancées. Séduire et être mère, c’est pour cela qu’est faite la femme. »[5].

Il est le promoteur de certaines lois :

  • la loi sur les étangs de la Dombes (adoptée en 1901 via un subterfuge : le passage par un amendement à la loi de finances qui a permis de contourner l'opposition du gouvernement) ;
  • la loi sur la retraite des pompiers (financée par une taxe de 1 % sur les assurances) ;
  • une loi interdisant le cumul d'indemnités parlementaires avec des traitements publics.

Le ministre[modifier | modifier le code]

caricature d'Alexandre Bérard ... en poteau télégraphique

Il est nommé sous-secrétaire d'État aux Postes et Télégraphes, le 10 juin 1902, et appartiendra ainsi aux gouvernements Émile Combes, Maurice Rouvier II, Maurice Rouvier III et au gouvernement Ferdinand Sarrien.

Il occupe cette fonction jusqu'au 25 octobre 1906[4], le temps de faire construire l'Hôtel des Postes d'Ambérieu et d'œuvrer à l'extension du réseau télégraphique à travers la France et dans les colonies, en encourageant divers projets de câbles sous-marins. Pour mémoire, c'est dans cette même période que le capitaine Ferrié utilise la tour Eiffel comme antenne pour son premier essai de radiodiffusion.

Il est ainsi membre du Gouvernement lors de l'adoption de la Loi de séparation des Églises et de l'État, dont il fut un ardent défenseur.

Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Médaille de la loge la Fraternité bugeysienne

Alexandre Bérard est initié franc-maçon en 1882 au sein d'une loge lyonnaise du Grand Orient de France, la même année que son père Ernest. Il deviendra ensuite l'une des autorités de la loge d'Ambérieu-en-Bugey de la Fraternité bugeysienne.

Il est un défenseur acharné de la laïcité, sur une ligne très anticléricale. À titre d'exemple; il écrivait en 1883 :

« C'est en France que doit se livrer la bataille décisive entre la liberté et le despotisme, entre la démocratie et la théocratie, entre la société laïque, égalitaire, et le cléricalisme »[a 4].

Pour autant, fidèle à la Constitution de l'Ordre maçonnique, Bérard ne stigmatise jamais les croyants eux-mêmes. De plus, et malgré les railleries de ses détracteurs, il comprend la nécessité d'entretenir les édifices religieux à fort intérêt historique, dont notamment l'abbaye d'Ambronay. Il va même jusqu'à coopérer avec le clergé quand il s'agit de défendre ce patrimoine départemental. Il ne manque pas non plus d'honorer régulièrement la mémoire de Castellion, « apôtre de la pensée libre » mais pasteur. En résumé, l'anticléricalisme de Bérard est avant tout une farouche opposition à toute insertion de la religion dans la vie de la cité. Il prône une laïcité comme gage du droit de croire à quoi que ce soit... ou de n'y pas croire.

Hommages[modifier | modifier le code]

Buste d'Alexandre Bérard à Ambérieu (seconde version, après 1959)
  • Il y a un lycée Alexandre-Bérard à Ambérieu-en-Bugey, d'ailleurs situé rue Alexandre-Bérard.
  • À la mort d'Alexandre Bérard, le département érige son buste en bronze sur la place du Champ de Mars à Ambérieu. En 1943, celui-ci est enlevé au titre de la récupération des métaux non ferreux par les Allemands. Il fut reconstruit et à nouveau inauguré en avril 1959.

Publications[modifier | modifier le code]

  • La responsabilité morale et la loi pénale, 1892.
  • La publicité des exécutions, 1894.
  • La dépopulation des campagnes, 1891.
  • La criminalité en France, 1890.
  • Les deux Chambres, leur histoire, leur théorie, 1885.
  • Sur l'anarchie, 1897.
  • Les étangs de la Dombes, 1898.
  • La Convention, 1889.
  • L'invasion arabe dans la Bresse, la Dombes et le Bugey, 1889
  • Les Thermopyles de 1814 (récit de l'histoire du Bugey), 1898.
  • Les Vaudois, 1892.
  • Marcella (roman gallo-romain).
  • La Bresse et le Bugey historiques et pittoresques, 1906.
  • À travers le sang vers la liberté (recueil d'articles publiés pendant la guerre), 1918.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. C'est-à-dire qu'entre 1893 et 1898, Alexandre Bérard et son père Ernest siégeront en même temps à l'Assemblée nationale.

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. p. 7.
  2. p. 7.
  3. p. 10.
  4. p. 53.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Archives municipales numérisées de l'état civil de Lyon, acte de naissance no 1/1859/155 (consulté le 12 février 2013)
  2. Jean Jolly, Dictionnaire des Parlementaires français 1960 - 1977.
  3. « Cyvoct, Antoine, Marie », sur militants-anarchistes.info (consulté le 8 août 2011).
  4. a, b et c « Alexandre Bérard », sur www.senat.fr (consulté le 5 août 2011).
  5. Rapport no 561 du Sénateur Bérard, 3 octobre 1919, cité in Catherine Achin, Sandrine Lévêque, Femmes en politique, La Découverte, Paris, 2006, p. 58.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Zaragori, Alexandre Bérard : un notable radical de l'Ain, 1859-1923, Mémoire de Maîtrise d'histoire, Université Lyon III,‎ 2008

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]