Gouvernement Georges Clemenceau (1)

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Gouvernement Georges Clemenceau (1)
Régime Troisième République
Président de la République Armand Fallières
Président du Conseil Georges Clemenceau
Début
Fin
Durée &0000000000000002.0000002 ans, &0000000000000268.000000268 jours
majorité parlementaire
295 / 585
Chronologie
Gouvernement précédent Gouvernement Ferdinand Sarrien
Gouvernement suivant Gouvernement Aristide Briand I

Le 25 octobre 1906, Georges Clemenceau, alors ministre de l'Intérieur et homme fort du Parti radical, est appelé à la présidence du Conseil par le Président de la République Armand Fallières. Il forme un gouvernement qui va durer près de 3 ans, une longévité assez rare sous la IIIe République. Georges Clemenceau bénéfice de plus d'un fort soutien à la chambre des députés (337 députés et 57,6 % de sièges). Ce gouvernement sera confronté à une période charnière pour le régime : il s'agit d'un côté d'entériner le caractère laïc de la République, et de l'autre, de faire face aux mouvements sociaux qui se développent et prennent un tour de plus en plus radical.

Composition du gouvernement[modifier | modifier le code]

Georges Clemenceau

Remaniements

Le premier gouvernement Clemenceau, 25 octobre 1906 - 20 juillet 1909[modifier | modifier le code]

1906[modifier | modifier le code]

  • Création du ministère du Travail par Clemenceau. Le poste est confié à René Viviani et dénote une volonté de prise en compte de la condition ouvrière, à laquelle Clemenceau se dit "sensible". Le Ministère du Travail deviendra un poste incontournable dans les futurs gouvernements.
  • Premières applications de la loi sur le repos hebdomadaire, votée sous le précédent gouvernement dirigé par Ferdinand Sarrien.
  • Le gouvernement met en route un projet de loi sur les retraites ouvrières et paysannes, qui ne sera adopté que le 5 avril 1910.
  • La France connaît son premier excédent de la balance commerciale depuis 25 ans, grâce aux exportations d'automobiles.
  • Le gouvernement œuvre pour le renforcement de l'alliance franco-britannique, scellée depuis la signature de l'Entente cordiale.
  • Le 20 novembre, les inventaires des biens du clergé s'achèvent, la loi de séparation des Églises et de l'État entre en vigueur le 11 décembre 1906. L'auditeur de la nonciature du Vatican à Paris, considéré comme un "agent secret du Saint Siège", est expulsé. La loi prévoyait que les biens pourraient être attribués aux catholiques constitués en association. Le clergé était totalement opposé au principe de la constitution d'associations. Le 2 janvier 1907, une loi prévoit que les édifices cultuels non réclamés par défaut d'associations ou de contrat entre autorités laïques et religieuses, sont repris par l'État et les communes. Le pape Pie X condamne cette loi ; en revanche, le 30 janvier, l'épiscopat déclare accepter cette loi mais demande des garanties pour la permanence et la "sécurité morale" du service religieux. Le 28 mars, une loi assimilant les réunions culturelles aux réunions publiques est adoptée, ce qui règle le conflit entre l'Église et l'État en garantissant la liberté du culte. Le 10 avril 1908, le texte de la loi sur la dévolution des biens du clergé est voté, les églises deviennent la propriété des communes.

1907[modifier | modifier le code]

  • Le 7 février, le ministre des finances Joseph Caillaux dépose un projet de loi d'Impôt sur le revenu visant à remplacer les différents impôts existants (contribution foncière, impôt sur les portes et fenêtres, contribution mobilière, patente, contribution sur les revenus des valeurs mobilières). L'impôt serait de 3 % sur les revenus du travail, 3,5 % sur les revenus capital-travail et de 4 % sur les revenus du capital. Un impôt progressif est prévu pour les revenus de plus de 5 000 francs. Dans un premier temps, le projet n'aboutira pas, mais il servira de base à la réforme de la fiscalité directe mise en place de 1914 à 1917.
  • Troubles au Maroc : le 19 mars, le docteur Mauchamps, directeur du dispensaire de Marrakech, est assassiné. Le conseil des ministres décide d'envoyer une expédition militaire. le 29 mars Lyautey occupe Oujda. Le 30 juillet 1907, près de Casablanca, le passage du chemin de fer dans un cimetière musulman provoque une émeute, 8 européens seront tués dont 5 Français. Soutenue par l'Espagne, la France décide d'envoyer des renforts sans pénétrer à l'intérieur du Maroc. Lorsque le général Drude débarque avec ses troupes, il subit une attaque. En représailles, le 6 août, deux navires de guerre bombardent Casablanca. Moulay Hafid se proclame Sultan à Marrakech. L'Allemagne proteste contre les initiatives françaises. Les 12 et 13 novembre 1907, le ministre des affaires étrangères Stephen Pichon, interpellé, se défend de vouloir instituer un protectorat. Le 15 janvier 1908, une bataille a lieu près de Settat, les troupes françaises doivent battre en retraite. Le 12 février, elles occupent Settat. Le 9 mars, le général d'Amade qui a remplacé Drude malade, est victorieux des tribus de la région de Mdakra et des Hafidiens. Six jours après, "le matin" révèle qu'un camp marocain désarmé a été massacré par les troupes françaises, ce qui sera avéré. La chambre accorde sa confiance au gouvernement et adresse ses félicitations aux officiers et soldats d'Afrique. Fin mai 1908, la chancellerie allemande souhaite voir la convention d'Algésiras respectée. Le 18 juin le sultan Abd el-Aziz, allié de la France, est vaincu par Moulay Hafid près de Marrakech, ce dernier est proclamé sultan dans toutes les villes du Maroc. Le 12 septembre, il acceptera l'acte d'Algésiras. Le 14, la France et l'Espagne s'accordent sur les conditions de reconnaissance de Moulay Hafid. Le 27 octobre, l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie acceptent ces conditions.
Caricature montrant Clemenceau arbitrant le combat des viticulteurs du Midi contre les betteraviers du Nord
  • Le 1er avril 1907, les vignerons du midi tiennent des meetings pour dénoncer la mévente du vin. En juin, le mouvement des vignerons prend une tournure insurrectionnelle. 500 000 manifestants à Montpellier. Des bagarres éclatent le lendemain à Narbonne. Deux leaders apparaissent, un petit propriétaire, Marcelin Albert, et le maire socialiste de Narbonne, le docteur Ernest Ferroul, qui démissionne le 10 juin, déclenchant une grève municipale suivie par des centaines de communes de l'Hérault, de l'Aude et des Pyrénées-Orientales. Clemenceau craint une paralysie administrative. Le 17 juin, le gouvernement engage des poursuites contre les dirigeants. Le docteur Ferroul est arrêté après avoir fait arborer le drapeau noir sur la mairie. Le 20, 6 manifestants sont tués. La préfecture de Perpignan et la sous-préfecture de Narbonne sont incendiées. Le 21, à Béziers, les militaires du 17e, composé de natifs de la région, refusent de tirer sur les manifestants. Ils seront envoyés à Gafsa en Tunisie. Le 29 juin, la loi interdisant la chaptalisation est votée. La chaptalisation consiste à ajouter du sucre au moment de la fermentation, ce qui augmente le degré alcoolique et permet ainsi d'ajouter de l'eau, ce qui serait à l'origine de la surproduction (plus récemment, des aides accordées à la viticulture étaient fondées notamment sur le degré alcoolique, ce qui a entraîné une recrudescence des fraudes par chaptalisation). L'agitation se calmera peu à peu et des non-lieux seront décidés pour les dirigeants.
  • Le 11 août, au congrès de la SFIO, Jean Jaurès défend la motion invitant tous les prolétaires et les socialistes à s'opposer à la guerre par tous les moyens. Cette résolution sera à l'origine de conflits entre les radicaux et les socialistes.
  • Le gouvernement présente le premier budget déficitaire de la IIIe République devant la chambre. Le rejet du projet de loi fiscal du ministre Joseph Caillaux prive l’État de nouvelles recettes rendues nécessaires avec la hausse des dépenses sociales[réf. nécessaire].

1908[modifier | modifier le code]

1909[modifier | modifier le code]