Maurice Rouvier

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Maurice Rouvier
Maurice Rouvier
Maurice Rouvier
Fonctions
61e président du Conseil des ministres français
et Ministre des finances jusqu'au 17 juin 1905 puis Ministre des Affaires étrangères
(73e chef du gouvernement)
24 janvier 190514 mars 1906
Gouvernement Rouvier (2) et (3)
Législature VIIIe législature
Prédécesseur Émile Combes
Successeur Ferdinand Sarrien
44e président du Conseil des ministres français
et Ministre des finances
(56e chef du gouvernement)
30 mai 18874 décembre 1887
Président Jules Grévy
Sadi Carnot
Gouvernement Rouvier (1)
Législature IVe législature
Prédécesseur René Goblet
Successeur Pierre Tirard
Biographie
Nom de naissance Maurice Rouvier
Date de naissance 17 avril 1842
Lieu de naissance Aix-en-Provence (France)
Date de décès 7 juin 1911
Lieu de décès Neuilly-sur-Seine (France)
Nationalité française
Parti politique Union républicaine
Profession Banquier, Journaliste
Présidents du Conseil des ministres français

Maurice Rouvier, né Maurice, Pierre, Rouvier le 17 avril 1842 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) et mort le 7 juin 1911 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un banquier, journaliste et homme politique républicain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans d'une famille de petits commerçants d'origine provençale, Maurice Rouvier fait des études de commerce à Aix-en-Provence puis devient employé à la banque marseillaise Zafiropoulos, spécialisée dans le commerce avec l'Orient, et dans laquelle il fera rapidement une brillante carrière. Il organise avec Gaston Crémieux la Ligue de l'Enseignement, collaborant en même temps au Peuple puis au Rappel de la Provence, journaux démocratiques marqués à l'extrême gauche, soutenant Léon Gambetta à Marseille puis créant le journal L'Égalité. Il est de la première insurrection contre l'Hôtel de ville en novembre 1870[1].

Après la chute de l'Empire, il est nommé secrétaire général de la préfecture des Bouches du Rhône[2].

Il est élu député le 2 juillet 1871 sur une liste de conciliation entre républicains et radicaux. Inscrit à l'Union républicaine, il œuvre contre l'exécution de Gaston Cremieux, écrivant contre la commission des grâces et emboîtant le pas à Francisque Ordinaire. Il est de ce fait menacé de poursuites en 1872.

En 1875, il épouse Marie-Noémi Cadiot[3].

Soutenant Thiers, il vote les lois constitutionnelles de 1875. Réélu en 1876, il dépose un projet d'amnistie partielle en faveur des communards. La même année, il devient secrétaire de la Chambre. Réélu en 1877, il soutient – quoiqu'à gauche – la politique scolaire et coloniale des ministères républicains. Réélu en 1881, il demande la séparation de l'Église et de l'État. Le 14 novembre de cette même année, il accepte le portefeuille du Commerce et des Colonies dans le ministère Gambetta, (fin du ministère 26 janvier 1882).

Maurice Rouvier devient alors proche des milieux d'affaires et se lie avec Jacques de Reinach. Du 14 octobre 1884 au 30 mars 1885, il est ministre du Commerce dans le gouvernement de Jules Ferry.

En 1885, il est battu au premier tour des élections législatives dans les Bouches-du-Rhône et se présente dans les Alpes-Maritimes, où il est élu avec le soutien d'Alfred Borriglione, député-maire républicain modéré de Nice[4]. Il choisit ensuite la circonscription de Grasse comme Candidat Opportuniste. Il devient également conseiller général de Breil-sur-Roya et président du conseil général des Alpes-Maritimes.

Le 30 mai 1887, Jules Grévy le nomme président du Conseil. Rouvier prend également le ministère des Finances, des Postes et du Télégraphe. À la suite du scandale des décorations, il remet sa démission à Sadi Carnot, qui a succédé à Jules Grévy. Il devient également président de l'Union des gauches puis, en tant que président de l'Association nationale républicaine, contribue à la lutte contre le boulangisme. Il participe ensuite au second gouvernement de Pierre Tirard, le 22 février 1889, dans lequel il est ministre des Finances. Il reste en place jusqu'au 12 décembre 1892 (cabinets Charles de Freycinet, Émile Loubet et Alexandre Ribot)[5]. En 1892-1893, alors ministre des Finances, il est mis en cause lors du scandale de Panama (Jean-Yves Mollier, Le scandale de Panama, Paris, Fayard, 1991). Il démissionne ; l'assemblée vote la levée de son immunité parlementaire[6]. Un non-lieu lève les soupçons le 7 février 1893 et il est réélu à Grasse la même année puis en 1898.

Maurice Rouvier redevient ministre des Finances le 7 juin 1902, dans le ministère d'Emile Combes. Le 4 janvier 1903, il quitte la Chambre pour le Sénat. Après la chute du ministère Combes, due à l'affaire des fiches, et le triomphe du bloc des gauches, Rouvier forme son propre cabinet. À cette occasion, Clemenceau l'avertit : « Ce n'est pas un ministère, c'est un conseil d'administration ». Du 24 janvier 1905 au 7 mars 1906, il dirige deux cabinets successifs[7]. Son gouvernement est renversé à la suite des troubles provoqués par la crise des inventaires[8].

C'est sous son mandat que fut définitivement adoptée la loi la séparation du 3 juillet faisant la réputation d'Aristide Briand[6].

La fin de l'influence de Rouvier commence après la chute de ce ministère (règlement du contentieux avec l'Espagne sur l'affaire marocaine). Il a pour successeurs Clemenceau et Caillaux et ne retrouve plus qu'une gloire de surface dans les différentes commissions du Sénat. Il meurt le 7 juin 1911 à l'âge de 69 ans.

D'abord proche d'Esquiros, de Crémieux et de Léon Gambetta, Maurice Rouvier est caractéristique des républicains opportunistes. Son évolution vers les milieux d'affaires, en fait un libéral favorable au libre-échange. Touché par toutes les affaires de la troisième République, il est considéré comme ayant été un des républicains les plus corrompus.

Sa tombe se trouve au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine.

Mandats[modifier | modifier le code]

Présidence du Conseil[modifier | modifier le code]

Maurice Rouvier a occupé les fonctions de président du Conseil à trois reprises :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C.-J. Gignoux, Rouvier et les Finances, Paris, Gallimard, 1931.
  • Jean Garrigues, La République des hommes d'affaires, Paris, Aubier, 1997.
  • Jérôme Grévy, La République des opportunistes, 1870-1885, Paris, Perrin, 1998, 415 p.
  • Jean-Yves Mollier, Le Scandale de Panama, Paris, Fayard, 1991, 564 p.
  • Benoît Yvert (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007, 916 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. A.Robert et G.Cougny, dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 sur le Site de l'Assemblée Nationale.
  2. Benoît Yvert (dir.), Premiers ministres et Présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007, 916 p., p. 346-347.
  3. Biographie de Claude Vignon
  4. Jacques Basso, Les élections législatives dans le département des Alpes-Maritimes de 1860 à 1939, Paris, LGDJ, 1968.
  5. Benoît Yvert (dir.), op. cit., p. 348
  6. a et b Jean Jolly, Dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 .
  7. Benoît Yvert (dir.), op. cit., p. 349.
  8. Benoît Yvert (dir.), op. cit., p. 350.
  9. Les dates de fin de gouvernement indiquées sur le Wikipedia anglophone peuvent être fausses (sur certaines pages). Elles correspondent à chaque fois à la passation des pouvoirs entre l'ancien président du Conseil, démissionnaire mais expédiant les affaires courantes, et le nouveau président du Conseil venant d'être nommé.
  10. Certains observateurs comptent pour un seul gouvernement les deux derniers cabinets Rouvier, mais, comme il est d'usage, la démission du gouvernement fut bel et bien présentée au nouveau président de la République (Armand Fallières) le 18 février 1906, même si le nouvel élu reconduisit aussitôt l'ensemble du cabinet dans ses fonctions.