Anatole France

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Anatole France

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Anatole France en 1921.

Nom de naissance François Anatole Thibault
Activités Écrivain
Naissance
Paris
Décès (à 80 ans)
Saint-Cyr-sur-Loire
(Indre-et-Loire)
Langue d'écriture français
Genres Roman
Distinctions Prix Nobel de littérature

Anatole France, pour l'état civil François Anatole Thibault[1], né le à Paris et mort le à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire), est un écrivain français, considéré comme l’un des plus grands de l'époque de la Troisième République, dont il a également été un des plus importants critiques littéraires.

Il devient une des consciences les plus significatives de son temps en s’engageant en faveur de nombreuses causes sociales et politiques du début du XXe siècle[2].

Il reçoit le prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre en 1921.

Biographie[modifier | modifier le code]

Anatole France photographié en 1893 par Paul Nadar.

Il est issu d’une famille modeste originaire du Maine-et-Loire[3] : son père, François Noël Thibault, dit Noël France, né le 4 nivôse an XIV (25 décembre 1805) à Luigné, dans le canton de Thouarcé, a quitté son village en 1825 pour entrer dans l'armée. Sous-officier légitimiste, il démissionne au lendemain de la Révolution de 1830. Il se marie le 29 février 1840 avec Antoinette Gallas à la mairie du 4e arrondissement de Paris. La même année, il devient propriétaire d'une librairie sise 6, rue de l'Oratoire du Louvre.

Il tient ensuite une librairie quai Malaquais (no 19), d’abord nommée Librairie France-Thibault, puis France tout court, spécialisée dans les ouvrages et documents sur la Révolution française, fréquentée par de nombreux écrivains et érudits, comme les frères Goncourt. Il s'installera en 1853 quai Voltaire (no 9) .

François Anatole naît quai Malaquais en 1844. Élevé dans la bibliothèque paternelle, Anatole en garda le goût des livres et de l’érudition, ainsi qu’une connaissance intime de la période révolutionnaire, arrière-plan de plusieurs de ses romans et nouvelles, dont Les dieux ont soif qui est considéré comme son chef-d’œuvre. De 1844 à 1853, il habita l'hôtel particulier du 15 quai Malaquais[4].

De 1853 à 1862, France fait ses études à l’institution Sainte-Marie et au collège Stanislas. Il souffre d’être pauvre dans un milieu riche mais il est remarqué pour ses compositions, dont La Légende de sainte Radegonde qui sera éditée par la librairie France et publiée en revue. Il obtient son baccalauréat le 5 novembre 1864[5].

À partir du début des années 1860, il travaille pour diverses libraires et revues, mais refuse de prendre la suite de son père, qui juge très négativement les « barbouillages » de son fils. Sa carrière littéraire commence par la poésie ; amoureux de l’actrice Élise Devoyod, il lui dédie quelques poèmes, mais elle le repoussera en 1866.

Il est disciple de Leconte de Lisle, avec qui il travaillera quelque temps comme bibliothécaire au Sénat. En janvier 1867, il écrivit une apologie de la liberté cachée sous un éloge du Lyon Amoureux de Ponsard. Il fait partie du groupe du Parnasse à partir de 1867. En 1875, il intégra le comité chargé de préparer le troisième recueil du Parnasse contemporain.

Anatole France par Théophile Alexandre Steinlen.

En 1876, il publie Les Noces corinthiennes chez Lemerre, éditeur pour lequel il rédige de nombreuses préfaces à des classiques (Molière par exemple) ainsi que pour Charavay ; certaines de ces préfaces seront réunies dans Le Génie Latin.

La même année, il devient commis-surveillant à la Bibliothèque du Sénat, poste qu'il conserve jusqu'à sa démission, le 1er février 1890.

Anatole France se marie en 1877 avec Valérie Guérin de Sauville (petite-fille du Jean-Urbain Guérin, un miniaturiste de Louis XVI, voir famille Mesnil) dont il aura une fille, Suzanne, née en 1881 et qui mourra en 1918. Il la confie souvent dans son enfance à Mme de Martel (qui écrivait sous le nom de « Gyp »), restée proche à la fois de lui-même et de Mme France. Les relations de France avec les femmes furent toujours difficiles. Ainsi avait-il, dans les années 1860, nourri un amour vain pour Elisa Rauline puis pour Élise Devoyod.

En 1888, il engage une liaison avec Madame Arman de Caillavet, qui tient un célèbre salon littéraire de la Troisième République ; cette liaison durera jusqu’à la mort de celle-ci en 1910, peu après une tentative de suicide à cause d'une autre liaison de France avec une actrice connue pendant un voyage en Amérique du Sud. Madame de Caillavet lui inspire Thaïs (1890) et Le Lys rouge (1894). Après une ultime dispute avec sa femme, qui ne supporte pas cette liaison, France quitte le domicile conjugal de la rue Chalgrin un matin de juin 1892 et envoie une lettre de séparation à sa femme[6]. Le divorce sera prononcé à ses torts et dépens le 2 août 1893.

Par la suite, France aura de nombreuses liaisons, comme celle avec Mme Gagey qui se suicidera en 1911.

Portrait par Steinlein.

France s’est orienté tardivement vers le roman et connaît son premier succès public à 37 ans, en 1881, avec Le Crime de Sylvestre Bonnard, couronné par l’Académie française, œuvre remarquée pour son style optimiste et parfois féerique qui tranche avec le naturalisme qui règne alors.

Il devient en 1887 critique littéraire du prestigieux Temps[7].

France est élu dès le premier tour avec 21 voix sur 34 présents, à l’Académie française le 23 janvier 1896, au fauteuil 38, où il succède à Ferdinand de Lesseps. Il y est reçu le 24 décembre 1896.

Devenu un écrivain reconnu, influent et riche, Anatole France s’engage en faveur de nombreuses causes. Il tient plusieurs discours dénonçant le génocide arménien[8] et soutient Archag Tchobanian, rejoint Émile Zola, avec qui il s’est réconcilié au début des années 1890, lors de l'affaire Dreyfus.

La maison d'Anatole France, 5 Villa Said, Paris. 1894-1924.

Après avoir refusé de se prononcer sur la culpabilité de Dreyfus (ce qui le classe parmi les révisionnistes) dans un entretien accordé à L'Aurore le 23 novembre 1897, il est l'un des deux premiers avec Zola à signer, au lendemain de la publication de « J'accuse », en janvier 1898, quasiment seul à l’Académie française, la première pétition dite « des intellectuels » demandant la révision du procès. Il dépose le 19 février 1898 comme témoin de moralité lors du procès Zola (il prononcera un discours lors des obsèques de l'écrivain, le 5 octobre 1902), quitte L'Écho de Paris, anti-révisionniste, en février 1899 et rejoint le 5 juillet suivant Le Figaro, conservateur et catholique, mais dreyfusard. Il est le modèle de Bergotte dans l'œuvre de Proust, À la recherche du temps perdu.

En juillet 1898, il rend sa Légion d'honneur après que l'on a retiré celle d'Émile Zola et, de février 1900 à 1916, refuse de siéger sous la Coupole. Il participe à la fondation de la Ligue des droits de l'homme, dont il rejoint le Comité central en décembre 1904, après la démission de Joseph Reinach, scandalisé par l'affaire des fiches[9]. Son engagement dreyfusard se retrouve dans les quatre tomes de son Histoire contemporaine (1897 - 1901), chronique des mesquineries et des ridicules d’une préfecture de province au temps de l’Affaire. C’est dans cette œuvre qu’il forge les termes xénophobe et trublion[10].

Signature d'Anatole France

Devenu un proche de Jean Jaurès, il préside le 27 novembre 1904 une manifestation du Parti socialiste français au Trocadéro et prononce un discours[9]. France s’engage pour la séparation de l’Église et de l’État, pour les droits syndicaux, contre les bagnes militaires. En 1906, lors d'un meeting il proteste fortement contre la "barbarie coloniale".

En 1909, il part pour l'Amérique du Sud faire une tournée de conférences sur Rabelais. S'éloignant de Léontine Arman de Caillavet, il a une liaison avec la comédienne Jeanne Brindeau, en tournée elle aussi avec des acteurs français. Rabelais est remplacé, au cours du voyage qui le mène à Lisbonne, Recife, Rio de Janeiro, Montevideo et Buenos Aires, par des conférences sur ses propres œuvres et sur la littérature contemporaine. De retour à Paris, le lien avec Léontine, qui avait beaucoup souffert de cet éloignement, se reforme tant bien que mal, mais celle-ci meurt en janvier 1910, sans lui avoir réellement pardonné[11].

Au début de la Première Guerre mondiale, il écrit des textes guerriers et patriotes, qu’il regrettera par la suite[12] : il dénonce la folie guerrière voulue par le système capitaliste dans le contexte de l'Union sacrée en déclarant "on croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels", mais milite en faveur d’une paix d’amitié entre Français et Allemands, ce qui suscitera l’indignation et l’hostilité, et lui vaudra des lettres d’insultes et des menaces de mort. Il prend position en 1919 contre le Traité de Versailles, signant la protestation du groupe Clarté intitulée « Contre la paix injuste », et publiée dans L'Humanité, 22 juillet 1919[13].

Anatole France par Auguste Leroux en 1906.

Ami de Jaurès et de Pressensé, il collabore dès sa création à L'Humanité, en publiant Sur la pierre blanche dans les premiers numéros. Proche de la SFIO, il est plus tard critique envers le PCF. S’il écrit un Salut aux Soviets, dans L'Humanité de novembre 1922, il proteste contre les premiers procès faits aux socialistes révolutionnaires en envoyant un télégramme dès le 17 mars.

À partir de décembre 1922, il est exclu de toute collaboration aux journaux communistes. France, tout en adhérant aux idées socialistes, s’est ainsi tenu à l’écart des partis politiques, ce dont témoignent ses romans pessimistes sur la nature humaine, tels que L’Île des pingouins et surtout Les dieux ont soif (publié en 1912) qui, à cause de sa critique du climat de Terreur des idéaux utopistes, fut mal reçu par la gauche.

Il se marie en 1920 avec Emma Laprévotte (1871-1930). Il est lauréat en 1921 du prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre, et le reçoit à Stockholm le 10 décembre.

Anatole France en 1919 par le sculpteur Antoine Bourdelle au musée d'Orsay de Paris.

En 1922, l’ensemble de ses œuvres (opera omnia) fait l’objet d’une condamnation papale (décret de la Congrégation du Saint-Office du 31 mai 1922)[14].

Pour son 80e anniversaire, au lendemain de la victoire du Cartel des gauches, il assiste à une manifestation publique donnée en son honneur le 24 mai 1924 au palais du Trocadéro. Il meurt le soir du dimanche 12 octobre à La Béchellerie, commune de Saint-Cyr-sur-Loire, à 23 h 26 . À l'annonce de sa mort, le Président de la Chambre des députés Paul Painlevé déclare : « Le niveau de l'intelligence humaine a baissé cette nuit-là. »

Son corps est embaumé le 14 octobre, puis transféré à Paris et exposé Villa Saïd. Parmi les visiteurs, le président de la République, Gaston Doumergue vient lui rendre hommage dans la matinée du 17, suivi par le président du Conseil, Édouard Herriot. En contradiction avec ses dispositions testamentaires[15], des obsèques nationales ont lieu à Paris le 18 octobre, et il est inhumé au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine auprès de ses parents. Sa tombe, aujourd'hui dans un état piteux, frappée d'abandon, est sauvée en 2000 par l'historien Frédéric de Berthier de Grandry, résidant alors à Neuilly-sur-Seine. Cette procédure de sauvegarde sauva également la chapelle funéraire de Puvis de Chavannes, le peintre du Panthéon.

Sépulture A. France au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine. Division 1 alignement 320, tombe 8.

Le 19 novembre 1925, l'Académie française élit au siège d'Anatole France, après quatre tours de scrutin, Paul Valéry, qui, reçu dix-neuf mois plus tard, ne prononce pas une fois, contrairement à l'usage, le nom de son prédécesseur dans l'éloge qu'il doit prononcer et le qualifie de lecteur infini, et donc lecteur se perdant dans ses lectures.

France collectionneur et bibliophile[modifier | modifier le code]

« À Carthage il émerveillait de son érudition le conservateur du musée (...) Les sculptures antiques le ravissaient. Bien des fragments précieux ornent les murailles de la Béchellerie (...) Son cabinet de travail de la villa Said était tout éclairé par un marbre, un torse de femme, acheté avec le comte Primoli en Italie dans un antre où l'on fabriquait de faux Botticelli (...) il avait collectionné des anges et des saints en bois sculpté, qu'il nommait plaisamment "ses bondieuseries" (...) Mais il était très sévère sur l'authenticité du moindre objet (...) je dis toujours : "c'est trop cher" pour avoir l'air connaisseur. (...). Je l'ai vu battre pas à pas le marché à la ferraille sur les quais de Tours (...) les livres anciens le passionnaient tout particulièrement. Il sortait même de sa modestie ordinaire et il étalait complaisamment les signes originaux de ses livres rares. Il abondait toujours en anecdotes sur les amateurs "toujours, à dessein, vêtus comme des mendigots" et sur les antiquaires. Ce goût des rares et vieilles choses, il l'appliquait à l'aménagement de son logis. C'était son occupation préférée. Il surveillait de très près la pose des meubles et des tableaux, traquait la moindre hérésie (...) Emportant de pièce en pièce son marteau et sa boîte à clous, il accrochait lui-même des gravures, de menus médaillons[16]. ».

Certains exemplaires d'éditions originales de Voltaire, dont l'écrivain était grand collectionneur, et portant le cachet de sa propriété tourangelle, ont été présentés parmi d'autres livres en vente publique par Sotheby's à Monaco les 13 et 14 avril 1986[17].

La Bibliothèque historique de la ville de Paris possède un fonds Anatole France composé de manuscrits de ses œuvres, de correspondances ainsi que de tous les livres de sa bibliothèque personnelle. Ce fonds a été enrichi par dons et par acquisitions au cours du XXe siècle.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Thèmes et style[modifier | modifier le code]

Anatole France (illustration dans La Plume, 1891).

Les principaux thèmes de son œuvre en prose émergent du recueil Balthasar et du roman plusieurs fois remanié Le Crime de Sylvestre Bonnard. Marie-Claire Bancquart signale entre autres[18] le personnage de l’érudit sensible, ridicule ou aimable, qui a sa vie derrière lui, la bibliothèque (qui possède une présence charnelle), l’action et la justice. Ces thèmes sont particulièrement exposés dans des discours ou des conversations par des personnages tels que Sylvestre Bonnard, Jérôme Coignard et M. Bergeret. Le style de France, souvent qualifié de classique[19], se caractérise par une ironie amusée, parfois douce et aimable, parfois noire et cruelle, qui exprime son scepticisme foncier à l’égard de la nature humaine, de ses aspirations et de la connaissance, en particulier l’histoire.

L’œuvre de France tranche tant avec les courants littéraires de son temps (naturalisme) qu’avec la politique française en matière d’éducation après la guerre franco-allemande de 1870[19]. Contre l’éducation exclusivement scientifique prônée par Jean Macé ou Louis Figuier, il valorise la force réelle de l’imagination :

« Fermez-moi ce livre, mademoiselle Jeanne, laissez là, s’il vous plaît, « l’Oiseau bleu, couleur du temps » que vous trouvez si aimable et qui vous fait pleurer, et étudiez vite l’éthérisation. Il serait beau qu’à sept ans vous n’eussiez pas encore une opinion faite sur la puissance anesthésique du protoxyde d’azote ! » M. Louis Figuier a découvert que les fées sont des êtres imaginaires. C’est pourquoi il ne peut souffrir qu’on parle d’elles aux enfants. Il leur parle du guano, qui n’a rien d’imaginaire. — Eh bien, docteur, les fées existent précisément parce qu’elles sont imaginaires. Elles existent dans les imaginations naïves et fraîches, naturellement ouvertes à la poésie toujours jeune des traditions populaires[20].

Il refuse le réalisme de Zola, qu’il juge brutal, et, à l’esprit scientifique en littérature, il oppose des écrivains comme Dickens et Sand, car, pour lui :

« L’artiste qui ne voit les choses qu’en laid n’a pas su les voir dans leurs rapports, avec leurs harmonies [...][21]. »

Toutefois, son attitude à l'égard de Zola évolue au début des années 1890 avec La Bête humaine, L'Argent et La Débâcle, auxquels il consacre des articles élogieux[22].

Ses œuvres comportent donc de nombreux éléments féériques et souvent proches du fantastique[23].

C’est dans le même esprit qu’il aborde l’histoire, se défiant des prétentions scientistes, non pour réduire cette discipline à une fable, mais pour souligner les incertitudes qui lui sont inhérentes. L’histoire est un thème qui revient souvent dans ses œuvres. Le style qu’il utilise pour en parler est caractéristique de l’ironie et de l’humour franciens :

« Si je confesse aujourd’hui mon erreur, si j’avoue l’enthousiasme inconcevable que m’inspira une conception tout à fait démesurée, je le fais dans l’intérêt des jeunes gens, qui apprendront, sur mon exemple, à vaincre l’imagination. Elle est notre plus cruelle ennemie. Tout savant qui n’a pas réussi à l’étouffer en lui est à jamais perdu pour l’érudition. Je frémis encore à la pensée des abîmes dans lesquels mon esprit aventureux allait me précipiter. J’étais à deux doigts de ce qu’on appelle l’histoire. Quelle chute ! J’allais tomber dans l’art. Car l’histoire n’est qu’un art, ou tout au plus une fausse science. Qui ne sait aujourd’hui que les historiens ont précédé les archéologues, comme les astrologues ont précédé les astronomes, comme les alchimistes ont précédé les chimistes, comme les singes ont précédé les hommes ? Dieu merci ! j’en fus quitte pour la peur. »[24]

France utilise plusieurs types d’ironie : il peut s’agir de faire parler naïvement des personnages en sorte que le lecteur en saisisse le ridicule ou bien d'exprimer avec loquacité l’antithèse de ce que l’auteur pense, en faisant sentir l’ineptie des propos tenus. Le premier genre d’humour est le plus léger et imprègne tout particulièrement L’Île des Pingouins, qualifiée de « chronique bouffonne de la France » par Marie-Claire Bancquart[24].

La seconde sorte d’humour se manifeste surtout par une ironie noire qu’illustre par exemple le conte 'Crainquebille', histoire d’une injustice sociale ; France fait ainsi dire à un personnage qui analyse le verdict inique prononcé par un juge :

« Ce dont il faut louer le président Bourriche, lui dit-il, c’est d’avoir su se défendre des vaines curiosités de l’esprit et se garder de cet orgueil intellectuel qui veut tout connaître. En opposant l’une à l’autre les dépositions contradictoires de l’agent Matra et du docteur David Matthieu, le juge serait entré dans une voie où l’on ne rencontre que le doute et l’incertitude. La méthode qui consiste à examiner les faits selon les règles de la critique est inconciliable avec la bonne administration de la justice. Si le magistrat avait l’imprudence de suivre cette méthode, ses jugements dépendraient de sa sagacité personnelle, qui le plus souvent est petite, et de l’infirmité humaine, qui est constante. Quelle en serait l’autorité ? On ne peut nier que la méthode historique est tout à fait impropre à lui procurer les certitudes dont il a besoin[25]. »

Analyse de ses œuvres majeures[modifier | modifier le code]

Le Crime de Sylvestre Bonnard[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Crime de Sylvestre Bonnard.

Sylvestre Bonnard, membre de l’Institut, est un historien et un philologue, doté d’une érudition non dénuée d’ironie : « Savoir n’est rien – dit-il un jour – imaginer est tout. »

Il vit au milieu des livres, la cité des livres, mais se lance à la recherche, en Sicile et à Paris, du précieux manuscrit de La Légende dorée qu’il finit un jour par obtenir. Le hasard lui fait rencontrer la petite fille d’une femme qu’il a jadis aimée et, pour protéger l’enfant d’un tuteur abusif, il l’enlève. La jeune fille épousera par la suite un élève de M. Bonnard. Ce roman, qui fut jugé spirituel, généreux et tendre, fit connaître Anatole France.

Balthasar[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Balthasar (Anatole France).

Balthasar[26] est le premier recueil de nouvelles publié par Anatole France.

Thaïs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Thaïs (roman).

Ce roman[27] est considéré comme une étape importante dans l’art d’Anatole France.

Les Opinions de Jérôme Coignard[modifier | modifier le code]

Le Lys rouge[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Lys rouge.

Histoire contemporaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : L’Histoire contemporaine.

À partir de 1895, France commença à écrire des chroniques pour L'Écho de Paris, sous le titre de Nouvelles ecclésiastiques. Ces textes formeront le début de Histoire contemporaine.

Autour d’un enseignant à l’université de Tourcoing, une tétralogie satirique de la société française sous la Troisième république, du boulangisme au début du XXe siècle.

L’Île des Pingouins[modifier | modifier le code]

Article détaillé : L’Île des Pingouins.

Il s’agit d’une histoire parodique de la France constituée de nombreuses allusions à l’histoire contemporaine[28].

Maël, un saint homme, aborde une île des mers hyperboréennes où l’a poussé une tempête. Trompé par sa mauvaise vue, Maël baptise des pingouins qu’il a pris pour des hommes. Dieu, après avoir consulté les docteurs de l’Église pour résoudre le problème théologique de savoir si les Pingouins baptisés sont de ce fait des créatures de Dieu, décide de transformer les pingouins en hommes. France décrit alors leur histoire, les origines, les temps anciens, le Moyen Âge, la Renaissance, les temps modernes et les temps futurs. Reflet de l’histoire de la France, l’histoire des Pingouins n’est qu’une « suite de misères, de crimes et de folies. Cela est vrai de la nation pingouine comme de toutes les nations. » L’affaire des quatre-vingt mille bottes de foin est ainsi une parodie de l’affaire Dreyfus. L’Histoire future décrit le monde contemporain et sa fuite en avant, un monde « où le goût s’était perdu des jolies formes et des toilettes brillantes », où règne « une laideur immense et régulière »… La condition humaine alterne alors entre constructions démesurées, destructions et régressions : « On ne trouvait jamais les maisons assez hautes... Quinze millions d’hommes travaillaient dans la ville géante... » C’est l’histoire sans fin, cycle infernal qui, pour France, rend improbable l’idée d’une société future meilleure.

Les dieux ont soif[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Les dieux ont soif.

Les dieux ont soif[29] est un roman paru en 1912, décrivant les années de la Terreur à Paris, France, entre l’an I et l'an II. Sur fond d’époque révolutionnaire, France, qui pensait d’abord écrire un livre sur l’inquisition, développe ses opinions sur la cruauté de la nature humaine et sur la dégénérescence des idéaux de lendemains meilleurs.

Le personnage principal, Évariste Gamelin, un révolutionnaire fanatique, et les autres personnages sont tous entraînés par la mécanique tragique d’un pouvoir absolu altéré de sang, et France les peint avec leurs soucis et leurs plaisirs quotidiens, avec parfois un sens du détail sordide qui révèle la perversité des instincts humains. Les acteurs et responsables de la Terreur, dirigeant le pays avec des idées abstraites, veulent faire le bonheur des hommes malgré eux. Évariste Gamelin, peintre raté, devient un juré du Tribunal révolutionnaire, condamnant à mort avec indifférence. Il sera victime lui aussi de cette logique terroriste. À côté de ce jeu du pouvoir et de la mort, la vie et la nature poursuivent leur cycle, incarné par la maîtresse de Gamelin, Élodie.

« C’est un grand analyste d’illusions. Il en pénètre et en sonde les plus secrets replis comme s’il s’agissait de réalités faites de substances éternelles. Et c’est en quoi consiste son humanité : elle est l’expression de sa profonde et inaltérable compassion. » Joseph Conrad

La Révolte des anges[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Révolte des anges.

"La révolte des anges" adopte un mode fantastique pour aborder un certain nombre de thèmes chers à Anatole France : la critique de l'Église catholique, de l'armée, et la complicité de ces deux institutions. L'ironie est souvent mordante et toujours efficace. L'histoire est simple : des anges rebellés contre Dieu descendent sur terre, à Paris précisément, pour préparer un coup d'État (si l'on peut dire) qui rétablira sur le trône du ciel celui que l'on nomme parfois le diable, mais qui est l'ange de lumière, le symbole de la connaissance libératrice... Les tribulations des anges dans le Paris de la IIIe République sont l'occasion d'une critique sociale féroce. Finalement, Lucifer renoncera à détrôner Dieu, car ainsi Lucifer deviendrait Dieu, et perdrait son influence sur la pensée libérée...

Les Personnages[modifier | modifier le code]

Sylvestre Bonnard[modifier | modifier le code]

Jérôme Coignard[modifier | modifier le code]

C'est le personnage central des roman la Reine Pédauque et des Opinions de Jérôme Coignard.

Monsieur Bergeret[modifier | modifier le code]

Influence et postérité[modifier | modifier le code]

Anatole France au travail.
Anatole France, mai 1923.

Anatole France fut considéré comme une autorité morale et littéraire de premier ordre. Il fut reconnu et apprécié par des écrivains et des personnalités comme Marcel Proust (on pense qu'il fut l'un des modèles ayant inspiré Proust pour créer le personnage de l'écrivain Bergotte dans À la recherche du temps perdu), Marcel Schwob et Léon Blum. On le retrouve a contrario dans Sous le soleil de Satan, croqué à charge par Georges Bernanos dans le personnage de l'académicien Antoine Saint-Marin. Il était lu et exerçait une influence sur les écrivains qui refusaient le naturalisme, comme l’écrivain japonais Jun'ichirō Tanizaki[30], il fut la référence pour Roger Peyrefitte[31].

Ses œuvres furent publiées aux éditions Calmann-Lévy de 1925 à 1935. Anatole France fut également, de son vivant et quelque temps après sa mort, l'objet de nombreuses études.

Mais après sa mort, il fut la cible d'un pamphlet des surréalistes, Un cadavre, auquel participèrent Drieu La Rochelle et Aragon, auteur d'un texte intitulé : « Avez vous déjà giflé un mort ? » dans lequel il écrivait : « Je tiens tout admirateur d'Anatole France pour un être dégradé. » Pour lui, Anatole France était un « exécrable histrion de l’esprit », représentant de « l’ignominie française ». André Gide le jugea un écrivain « sans inquiétude » qu'« on épuise du premier coup ».

La réputation de France devint ainsi celle d’un écrivain officiel au style classique et superficiel, auteur raisonnable et conciliant, complaisant et satisfait, voire niais, toutes qualités médiocres qu’incarnerait principalement M. Bergeret[32]. Mais nombre de spécialistes de l’œuvre de France considèrent que ces jugements sont excessifs et injustes, ou qu’ils sont même le fruit de l’ignorance, car ils en négligent les éléments magiques, déraisonnables, bouffons, noirs ou païens[32]. Pour eux, l’œuvre de France a souffert et souffre encore d’une image fallacieuse.

Reflétant cet oubli relatif et cette méconnaissance, les études franciennes sont aujourd’hui rares et ses œuvres, hormis parfois les plus connues, sont peu éditées.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Les œuvres d'Anatole France ont fait l'objet d'éditions d'ensemble :

Poésies[modifier | modifier le code]

Romans et nouvelles[modifier | modifier le code]

Souvenirs[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Au petit bonheur, 1898. Pièce en un acte
  • Crainquebille, 1903
  • La Comédie de celui qui épousa une femme muette, 1908. Pièce en deux actes
  • Le Mannequin d'osier, 1897. Comédie adaptée du roman homonyme (première représentation le 22 mars 1904)

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Vie de Jeanne d'Arc, 1908

Critique littéraire[modifier | modifier le code]

  • Alfred de Vigny, 1869
  • Le Château de Vaux-le-Vicomte, 1888. Préface de Jean Cordey. Rééditions : Calmann- Lévy, 1933 ; Presses du Village, 1987 ; archives pers.[réf. nécessaire]) ;
  • Le Génie latin, 1913. Recueil de préfaces
  • La Vie littéraire, Paris, Calmann-Lévy, 1933. La préface de la "quatrième série" est datée de mai 1892.

Critique sociale[modifier | modifier le code]

  • Opinions sociales, 1902
  • Le Parti noir, 1904
  • Vers les temps meilleurs, 1906. Recueil de discours et lettres en 3 tomes ; 3 portraits par Auguste Leroux
  • Sur la voie glorieuse, 1915
  • Trente ans de vie sociale en 4 tomes :
    • I. 1897-1904, 1949, commentaires de Claude Aveline
    • II. 1905-1908, 1953, commentaires de Claude Aveline
    • III. 1909-1914, 1964, commentaires de Claude Aveline et Henriette Psichari
    • IV. 1915-1924, 1973, commentaires de Claude Aveline et Henriette Psichari ; seconde édition (1971)[réf. nécessaire].
  • « Préface » du livre de : Dr Oyon, Précis de l'affaire Dreyfus, Paris, Pages libres, 1903[34]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Crainquebille

Musique[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Des adaptations au cinéma[35] d'œuvres d'Anatole France ont été réalisées dès son vivant.

Il apparaît aussi dans un documentaire de Sacha Guitry, Ceux de chez nous (1915).

Films
Téléfilms

Hommages[modifier | modifier le code]

Anatole France (1844-1924).
  • De nombreuses voies publiques, transports publics, établissements d'enseignement portent le nom d'Anatole France.
  • En 1937, la Poste française émet un timbre-poste à son effigie[36].

Citations[modifier | modifier le code]

Monument aux morts de Mazaugues avec la phrase de Marx citée par Anatole France.
  • « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » (Les Matinées de la Villa Saïd, 1921)[37] ;
  • « Ah ! c'est que les mots sont des images, c'est qu'un dictionnaire c'est l'univers par ordre alphabétique. À bien prendre les choses, le dictionnaire est le livre par excellence. » (La Vie littéraire)[38] ;
  • « Je vais vous dire ce que me rappellent, tous les ans, le ciel agité de l'automne, les premiers dîners à la lampe et les feuilles qui jaunissent dans les arbres qui frissonnent ; je vais vous dire ce que je vois quand je traverse le Luxembourg dans les premiers jours d'octobre, alors qu'il est un peu triste et plus beau que jamais ; car c'est le temps où les feuilles tombent une à une sur les blanches épaules des statues. Ce que je vois alors dans ce jardin c'est un petit bonhomme qui, les mains dans les poches et sa gibecière au dos, s'en va au collège en sautillant comme un moineau... » (Le Livre de mon ami, chapitre X : « Les humanités »)[39] ;
  • « Le lecteur n'aime pas à être surpris. Il ne cherche jamais dans l'histoire que les sottises qu'il sait déjà. Si vous essayez de l'instruire, vous ne ferez que l'humilier et le fâcher. Ne tentez pas l'éclairer, il criera que vous insultez à ses croyances (... ) Un historien original est l'objet de la défiance, du mépris et du dégoût universel. » (L'Île des pingouins, préface) ;
  • « De tous les vices qui peuvent perdre un homme d'État, la vertu est le plus funeste : elle pousse au crime. » (La Révolte des anges, chapitre XXI) ;
  • « La guerre et le romantisme, fléaux effroyables ! Et quelle pitié de voir ces gens-ci nourrir un amour enfantin et furieux pour les fusils et les tambours ! » (La Révolte des Anges, chapitre XXII) ;
  • « Je ne connais ni juifs ni chrétiens. Je ne connais que des hommes, et je ne fais de distinction entre eux que de ceux qui sont justes et de ceux qui sont injustes. Qu'ils soient juifs ou chrétiens, il est difficile aux riches d'être équitables. Mais quand les lois seront justes, les hommes seront justes. » (Monsieur Bergeret à Paris, chapitre VII) ;
  • « L'union des travailleurs fera la paix dans le monde », cette citation, faussement attribuée à France (c'est une traduction de Marx), se trouve notamment sur le Monument aux morts pacifiste de Mazaugues dans le Var ;
  • « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels. » (« Lettre ouverte à Marcel Cachin », L'Humanité, 18 juillet 1922)[40] ;
  • « Ma faiblesse m'est chère. Je tiens à mon imperfection comme à ma raison d'être. » (Le Jardin d'Épicure, 1894) ;
  • « Monsieur Dubois demanda à Madame Nozière quel était le jour le plus funeste de l'histoire. Madame Nozière ne le savait pas. C'est, lui dit Monsieur Dubois, le jour de la bataille de Poitiers, quand, en 732, la science, l'art et la civilisation arabes reculèrent devant la barbarie franque. » (La Vie en Fleur, 1922)[41] ;
  • « Bénissons les livres, si la vie peut couler au milieu d'eux en une longue et douce enfance ! » (La Vie littéraire, tome 1, préface)[42] ;
  • « Mais parce que mes passions ne sont point de celles qui éclatent, dévastent et tuent, le vulgaire ne les voit pas. » (Le Crime de Sylvestre Bonnard, membre de l'Institut, 1881)[43].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « François Anatole Thibault » est le nom précis indiqué sur son acte de baptême : cf. Georges Girard, La Jeunesse d’Anatole France, Gallimard, Paris, 1925, p. 19). — « Anatole France » n’est pas un pseudonyme, mais le nom usuel utilisé par son entourage dès son plus jeune âge puis par lui-même, associant son second prénom « Anatole » à un diminutif de « François », « France », que portait aussi son père. Anatole France est formel sur ce point : « Sachez donc que je n’ai pas choisi un pseudonyme. Je n’ai pas proprement de pseudonyme. Le nom de France est un sobriquet plus ancien que moi [...] », lettre de France à Ludovic Naudeau, citée par Georges Girard, op. cit., p. 34.
  2. Selon Olivier Barrot, « romancier de son siècle, mué malgré lui en augure statufié, et ses demeures en lieux de pèlerinage : autour de 1914, France le bien-nommé s’égale à la littérature. » Olivier Barrot, Claude Aziza et Anatole France, Au tournant du siècle, Omnibus,‎ 2000, « Anatole France ou l’esprit de son temps ».
  3. Ascendants de Jacques-Anatole THIBAULT ALIAS FRANCE - GeneaStar
  4. Plaque commémorative posée sur la maison
  5. Édouard Leduc, Anatole France avant l'oubli, Publibook,‎ 2006, p. 28.
  6. Voir Édouard Leduc, Anatole France avant l'oubli, p. 117, où la lettre est intégralement reproduite.
  7. Articles publiés chaque samedi, repris dans La Vie littéraire à partir de 1888.
  8. Discours prononcé à la Sorbonne, lors du meeting « Hommage à l’Arménie ».
  9. a et b Marie-Claire Blancquart, « Chronologie (1897-1908) », dans Anatole France, Œuvres, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1991, p. LXVII-LXXII.
  10. Monsieur Bergeret à Paris, chapitre 8.
  11. Jeanne Maurice Pouquet, op. cité, pp. 253 à 262
  12. cf. Sur la voie glorieuse.
  13. Lire le fichier DjVu : L’Humanité - 22 juillet 1919.
  14. cf. Index librorum prohibitorum.
  15. Dans son dernier testament, daté du 17 mars 1923, Anatole France entre Emma et son petit-fils Lucien Psichari, la première héritant de la Villa Saïd, le second de La Béchellerie. (cf. Édouard Leduc, Anatole France avant l'oubli, p. 300, note 21.
  16. Michel Corday, Anatole France d'après ses confidences et ses souvenirs, p. 94 à 109.
  17. La Nouvelle République du Centre-Ouest du 8 avril 1986.
  18. Voir l’analyse de Marie-Claire Bancquart, dans la préface au Crime de Sylvestre Bonnard, Folio.
  19. a et b Anatole France revendiquait pour lui-même une influence de la culture grecque :
    « J’étais disposé, en ce temps-là, à prendre pour miennes les idées d’autrui. Je me suis corrigé depuis, et je sais maintenant combien je dois à mes semblables, aux anciens comme aux modernes, à mes concitoyens ainsi qu’aux peuples étrangers, et notamment aux Grecs à qui je dois tout, à qui je voudrais devoir davantage, car ce que nous savons de raisonnable sur l’univers et l’homme nous vient d’eux. » La Vie en fleur - Chapitre I
  20. La Bibliothèque de Suzanne, in Le Livre de mon ami.
  21. Article du Temps, 18 avril 1876.
  22. Articles du Temps, 9 mai 1890, 29 mars 1891 et 26 juin 1892.
  23. M. Pigeonneau raconte l’histoire d’un érudit hypnotisé par l’intermédiaire d’un chat.
  24. a et b M. Pigeonneau, p. 40 - 41.
  25. Crainquebille, IV. « Apologie pour M. le président Bourriche. »
  26. Le recueil est disponible intégralement sur Wikisource : Balthasar.
  27. Texte disponible sur Wikisource : Thaïs.
  28. Texte disponible sur Wikisource : L’Île des Pingouins.
  29. Texte disponible sur Wikisource : Les dieux ont soif.
  30. « Si le Ki-lin suscita l'intérêt, c'est que Tanizaki allait à contre-courant du naturalisme, alors prédominant, au nom de la totale liberté de l'inspiration et du plaisir de l'image et du verbe. Désireux, à l'instar du Flaubert de Salammbô, de l'Oscar Wilde de Salomé, et surtout de l'Anatole France de Thaïs et de Balthasar d'ouvrir la littérature à de nouveaux espaces, notamment celui de l'exotisme antiquisant, Tanizaki créait avec le Ki-lin une nouvelle sorte de récit historique. » (Le Ki-lin, dans Anthologie de nouvelles japonaises tome I, Picquier, 1998. Présentation de l'éditeur, version en ligne (Archive.org du site disparu en 2013) sur Shunkin.net)
  31. Dans Les Amitiés particulières, œuvre semi-autobiographique, le héros, Georges de Sarre, a déjà lu la moitié des œuvres d'Anatole France alors qu'il n'est qu'en troisième. Il porte d'ailleurs dans son portefeuille la photo de cet écrivain, photo que déchire, dès qu'il la découvre, le supérieur du pensionnat de jésuites où il se trouve.
  32. a et b Selon Claude Aziza, « Anatole France inconnu ».
  33. 2 février 1905 ; la date de 1904 sur la première édition est erronée
  34. Cf. Notice SUDOC. Cet ouvrage ne doit pas être confondu avec celui de Dutrait-Crozon, au titre identique.
  35. Cf. les sites IMDb et DvdToile.
  36. Voir la fiche technique du timbre
  37. Les Matinées de la Villa Saïd, Bernard Grasset, 1921, 306 pages, p. 174.
  38. Œuvres complètes illustrées de Anatole France, Calmann-Lévy, tome VI, p. 583.
  39. Anatole France, Le livre de mon ami, phonereader,‎ 1972, 318 p. (lire en ligne), p. 30
  40. Édouard Leduc, Anatole France avant l'oubli, Éditions Publibook,‎ 2004, 303 p. (lire en ligne), p. 272.
  41. Œuvres, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1994, tome IV, p. 1118.
  42. Œuvres, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1984, tome IV, p. 1222.
  43. Le Crime de Sylvestre Bonnard, 1896, p. 194

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Travaux anciens[modifier | modifier le code]

Début du XXème siècle
  • Georg Morris C. Brandes, Gyula Halász, Stevan Josifović, Anatole France, Kultura Könyvkiadó és Nyomda R. T., 1908
  • Raphaël Cor, M. Anatole France et la pensée contemporaine : étude décorée de douze compositions dont huit portraits du maître écrivain dessinées, Paris, E. Pelletan, 1909, 96 p.
  • Gustave Lanson, Anatole France : avec une notice, Paris, A. Colin, 1905, 342 p.
  • Roger Le Brun, Anatole France, Bibliothèque Internationale d'Édition, 1904, 51 p.
Années 1920
  • Annette Antoniu, Anatole France, critique littéraire, Université de Nancy, 1929, 288 p.;
  • Albert Bédé et Jean Le Bail, Anatole France vu par la critique d'aujourd'hui, 1925
  • Jean-Jacques Brousson, Anatole France en pantoufles, Crès et Cie, 1924, 378 p.
  • Pierre Calmettes, La grande passion d'Anatole France, Seheur, 1929, 259 p.
  • Michel Corday, Anatole France d'après ses confidences et ses souvenirs, Paris, André Delpeuch, 1928, ill. de 31 reprod.
  • Gabriel des Hons et Charles Maurras, Anatole France et Racine : un peu du secret de l'art de France, Le Divan, 1925, 177 p.
  • Gabriel des Hons, Anatole France et Jean Racine ou la Clé de l'Art, Francien, 1927
  • Jos L.Dirick, Franciana Opinions - Anecdotes - Pensées de Monsieur Anatole France, 1925
  • Maurice Gaffiot, Les théories d'Anatole France sur l'organisation sociale de son temps, Marcel Rivière, 1928, 290 p.
  • Paul Gsell, Les matinées de la Villa Saïd, propos d'Anatole France, Paris, B. Grasset, 1921, 306 p.
  • Georges Huard, Anatole France et le quai Malaquais, Paris, H. Champion, 1926, 33 p.
  • Georges Girard, La Jeunesse d'Anatole France 1844-1879, Paris, Gallimard, 1925
  • Sandor Kémeri, Promenades d'Anatole France, Paris, Calmann-Lévy, 1927
  • Marie Lahy-Hollebecque, Anatole France et la femme, Baudinière, 1924, 252 p.
  • Marcel Le Goff, Anatole France à La Béchellerie - Propos et souvenirs, 1914-1924, Delteil, 1924 - rééd. Albin Michel, 1947, 373 p.
  • Georges-Armand Masson, Anatole France. Son Œuvre, 1923
  • Charles Maurras, Anatole France : politique et poète (à propos d'un jubilé) (Paris, Plon, 1924, 54 p.
  • Gustave Michaut, Anatole France : étude psychologique, E. de Boccard, 1922, 316 p.
  • Robert Lindsay et Græme Ritchie, Anatole France, T. Nelson, 1928, 256 p.
  • Jacques Roujon, La Vie et les opinions d'Anatole France, Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1925, 277 p.
  • Gonzague Truc, Anatole France : l'artiste et le penseur, Paris, Librairie Garnier, 1924, 148 p.
  • Jeanne Maurice Pouquet, Le Salon de Madame Arman de Caillavet, Paris, Librairie Hachette, 1926 (contient la correspondance de France et de Mme Arman de Caillavet
Années 1930
  • Alvida Ahlstrom, Le Moyen Age dans l'œuvre d'Anatole France, 1930
  • Félix Boilot, L'Humour d'Anatole France, Paris, P.U.F., 1933
  • Charles Maurice Braibant, Du boulangisme à Panama : le secret d'Anatole France, Denoël et Steele, 1935, 343 p.
  • Léon Carias, Anatole France, Paris, Rieder, 1931, 96 p.
  • Victor Giraud, Anatole France, Temps et Visages, 1935, 260 p.
  • Maurice Jusselin, Aïeux et parents beaucerons d'Anatole France, Durand, 1944
  • Jacques de Lacretelle, À la Rencontre de France, suivi de 3Anatole France vu par un Américain par Edward Wassermann, 1930
  • Nicolas Ségur, Conversations avec Anatole France, ou les mélancolies de l'intelligence, Paris, E. Fasquelle, 1925, 204 p.
  • Nicolas Ségur, Dernières conversations avec Anatole France, Fasquelle, 1927
  • Nicolas Ségur, Anatole France anecdotique, 1929
  • Ernest Seillère, La Jeunesse d'Anatole France, Éditions de la Nouvelle Revue Critique, 1934, 253 p.
  • Ernest Seillère, Anatole France critique de son temps, Éditions de la Nouvelle Revue Critique, 1934, 253 p.

Travaux récents[modifier | modifier le code]

Claude Aveline
  • Claude Aveline et Léon Carias, Les Carnets intimes d'Anatole France, Émile-Paul frères, 1946, 175 p.
  • Claude Aveline, Anatole France 1844-1924, Traits, 1948, 118 p.
  • Claude Aveline, Le Livre d'or du centenaire de Anatole France : 1844-1944, Paris, Calmann-Lévy, 1949, 304 p.
Marie-Claire Bancquart
  • Marie-Claire Bancquart, Anatole France, polémiste, Paris, A.C.G. Nizet, 1962, 688 p.
  • Marie-Claire Bancquart, Anatole France, un sceptique passionné, Paris, Calmann-Lévy, 1984, 438 p. (ISBN 2702113249);
  • Marie-Claire Bancquart et Bernard Leconte, Anatole France, Paris, Julliard, 1994, 270 p. (ISBN 2260001408);
  • Marie-Claire Bancquart, Anatole France : humanisme et actualité", actes du colloque pour le cent cinquantième anniversaire de la mort d'Anatole France, Bibliothèque Historique de la Ville de Paris, samedi 5 mars 1994 - avec Jean Dérens, Jean Louis Curtis, Michel Autrand, Bibliothèque historique de la Ville de Paris, 1994, 134 p. (ISBN 2906869503)
Autres études générales
  • Jacques Stuffel, Anatole France par lui-même, Paris, Le Seuil, 1954
  • Jacques Stuffel, Anatole France, Le Seuil, 1957, 190 pages
  • Jean Marvaud, Anatole France : écrivain français, H. Lefebvre, 1962, 161 p.
  • Jean Levaillant, Essai sur l'évolution intellectuelle d'Anatole France, Paris, Armand Colin, 1965, 915 p.
  • David Tylden-Wright, Anatole France, Walker, 1967, 344 p.
  • Michelle Maurois, L'Encre dans le sang, Flammarion, 1982
  • Edith Tendron, Anatole France inconnu, Éditions du CEFAL, 1995, 240 p. (ISBN 2871300461)
  • Boris Foucaud, Anatole France : à la recherche d'une philosophie du monde par l'écriture du Désir, thèse de doctorat, université d'Angers, 2001, 609 p.
  • Édouard Leduc, Anatole France avant l'oubli, Éditions Publibook, 2006, 303 p. (ISBN 2748303970);
  • Guillaume Métayer, Anatole France et le nationalisme littéraire, Paris, Éditions du Félin, 2011, 256 p.
Thèmes
  • (it)Cesare Goretti, L'umanesimo critico di Anatole France, en "Rivista internazionale di filosofia del diritto", 1950, 439
  • Henri Mondor, L'Affaire du Parnasse - Stéphane Mallarmé et Anatole France, Fragrance, 1951
  • André Vandegans, Anatole France, les années de formation, Paris, Nizet, 1954, 378 p.
  • Pierre Aubery, Anatole France et la révolution bolchevique, Arras, impr. S.E.P., 1954
  • Jacques Stuffel, Anatole France et Madame de Caillavet - lettres intimes, 1888-1889, Librairie A.-G. Nizet, 1984, 175 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]


Précédé par Anatole France Suivi par
Ferdinand de Lesseps
Fauteuil 38 de l’Académie française
1896-1924
Paul Valéry