Denis Mukwege

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Le docteur Mukwege portant la medaille de la Légion d'honneur (2009).

Denis Mukwege, né le 1er mars 1955 dans le Sud-Kivu (Congo belge)[1], est un médecin et militant des droits de l'homme congolais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et études[modifier | modifier le code]

Fils d'un pasteur protestant, il a effectué ses études primaires à l'athénée royal de Bukavu. Ses études secondaires ont été faites à l'institut Bwindi de Bukavu où il obtint un diplôme en biochimie en 1974. Après deux années passées à l'UNIKIN à la faculté de polytechnique, il trouve enfin sa voie à la faculté de médecine du Burundi où il est inscrit en 1976.

Son diplôme de médecin en poche en 1983, il fait ses premiers pas professionnels à l'hôpital de Lemera au sud de Bukavu. En 1984, il obtint une bourse pour faire une spécialisation en gynécologie à l'université d'Angers en France. Il fonde avec un Angevin l'association France Kivu pour aider sa région d'origine[1].

Carrière et engagements[modifier | modifier le code]

Malgré un travail bien rémunéré en France, en 1989, il choisit de retourner au Congo pour s'occuper de l'hôpital de Lemera, dont il devint médecin directeur.

Lors de la première guerre de libération en 1996, l'hôpital est sauvagement détruit. Plusieurs malades et infirmiers seront sauvagement tués, le Dr Denis Mukwege s'en sortira miraculeusement. Il se réfugie à Nairobi. Plutôt que de tourner définitivement la page du Congo, il décide d'y retourner. Avec l'aide du PMU (Pingstmissionens Utvecklingssamarbete, organisme caritatif suédois), il y fonde l'hôpital de Panzi où il va découvrir une pathologie nouvelle qui va profondément marquer le restant de sa carrière : la destruction volontaire et planifiée des organes génitaux des femmes. Il fait connaître au monde la barbarie sexuelle dont les femmes sont victimes à l'Est du Congo où le viol collectif est utilisé comme arme de guerre. Pour faire face à cette épidémie volontaire, il s'est spécialisé dans la prise en charge des femmes victimes de viols collectifs. Cette prise en charge des femmes victimes de violences sexuelles est générale. Elle concerne les domaines tant physique, psychique, économique que juridique. Sur le plan médical, il est reconnu comme l'un des spécialistes mondiaux du traitement des fistules. C'est à ce titre qu'il a reçu un doctorat honoris causa de l'université d'Umeå (Suède) en octobre 2010. Au cours de la même année, il a reçu la médaille Valemeberg de l'université du Michigan[réf. nécessaire].

Le 25 octobre 2012, il est victime d’une agression alors qu’il se dirige vers sa maison en plein centre de Bukavu. Le gardien de sa maison est abattu à bout portant après l’avoir alerté d’un danger, sa voiture est incendiée et Mukwege est ligoté, mais les gens du quartier se portent à son secours et il est sain et sauf[2]. Il s'exile alors quelques mois en Belgique puis revient au Congo[1].

Décorations et hommages[modifier | modifier le code]

En 2008, il a reçu le prix Olof Palme[3],[4] et le prix des droits de l'homme des Nations unies[5]. En 2009, il a obtenu le prix français des droits de l'homme, il a aussi été fait chevalier de la Légion d'honneur. La même année, il est élu Africain de l'année par une association de presse africaine. En 2010,il a obtenu le prix Van Goedart aux Pays-Bas. En Belgique en 2011, il a reçu successivement trois prix : le prix Jean-Rey, le prix Roi-Baudoin et le prix de paix de la ville d'Ypres, qui lui est remis en novembre 2011.

Le 7 octobre 2013, il se voit décerner le grand prix de la fondation Chirac pour la prévention des conflits[6]. Son nom a été d'autre part cité pour le prix Nobel de la paix 2013, aux côtés, entre autres, de la Pakistanaise Malala Yousufzai et de la magistrate guatémaltèque Claudia Paz y Paz. Le 3 février 2014, il est fait docteur honoris causa de l'université catholique de Louvain (UCL), qui met en avant son « anticonformisme porté par des valeurs de liberté, respect et audace »[7].

Il a également reçu le prix de la fondation Clinton et le prix Right Livelihood[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Gaëlle Rolin, « Denis Mukwege, le garde du corps des Congolaises », Le Figaro, lundi 2 décembre 2013, page 41.
  2. « Agression contre le Dr Mukwege à Bukavu, sa sentinelle est abattue », LeSoir.be, 26 octobre 2010
  3. (fr) « B.Kouchner et R.Yade se réjouissent de l’attribution du prix Olof Palme 2008 à Denis Mukwege », France Diplomatie, 30 janvier 2009
  4. (en) « DR Congo doctor is 'top African' », BBC News, 14 janvier 2009.
  5. (en) « United Nations Human Rights Prize 2008 », Haut-Commissariat aux droits de l’homme, 2008
  6. (fr) Denis Mukwege, lauréat 2013 du Prix pour la prévention des conflits, "Fondation Chirac", 7 octobre 2013
  7. Denis Mukwege sera fait docteur honoris causa de l'UCL, RTL.be, 21 novembre 2013