Louis Lépine

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Louis Lépine à la fin du XIXe siècle.
Louis Lépine et Georges Clemenceau en 1908.
Lépine candidat: extrait d'une caricature de L'Humanité du 28 mai 1913 : « Aujourd'hui, les électeurs de Chialvo [le député dont la mort a laissé le siège vacant] m'appellent. Demain, toute la France m'appellera ».
Louis Lépine en 1912.

Louis Jean-Baptiste Lépine, né à Lyon le 6 août 1846 et mort à Paris le 10 novembre 1933, est un avocat et homme politique français, préfet de police de la Seine, inventeur de la brigade criminelle et du Concours Lépine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ce fils d'un « teneur de livres » fait ses études à Lyon, Paris et Heidelberg. Il termine ses études de droit dans le quartier Latin quand éclate la guerre de 1870 au cours de laquelle il s'illustre et est décoré de la médaille militaire.

À la fin de la guerre, il devient avocat, avant d'entamer une carrière dans l'administration : sous-préfet de Lapalisse, de Montbrison, de Langres et de Fontainebleau, puis préfet de l'Indre, de la Loire, puis de Seine-et-Oise.

Alors qu'il est préfet de la Loire, le 6 décembre 1891, un coup de grisou au puits de la manufacture coûte la vie à 62 mineurs et jette la consternation dans Saint-Etienne. Il prend place dans la première benne descendue au secours des victimes et parcourt les galeries incendiées empestées encore d’un air méphitique. C’est à cette occasion qu’il reçoit la médaille d’or de sauvetage[réf. nécessaire].

Il devient préfet de police de la Seine en 1893 et crée cette année-là un service centralisé de collecte des objets trouvés. Attaché aux traditions festives de la police parisienne, il fait partie des donateurs pour la restauration de la Promenade du Bœuf Gras en 1896, en versant 200 francs de sa cassette personnelle.

De 1897 à 1899, il effectue une courte parenthèse comme Gouverneur général de l'Algérie, avant de redevenir préfet de police de la Seine. En 1901, pour lutter contre la crise qui touche les petits fabricants parisiens de jouets et de quincaillerie, il crée un concours-exposition qui deviendra plus tard le concours Lépine.

Durant sa carrière de préfet de police de la Seine, il met en place la permanence dans les commissariats, équipe les gardiens de la paix en 1897 d'un bâton blanc[1] et d'un sifflet à roulette, crée la brigade fluviale ainsi que les brigades cyclistes en 1901 (les hirondelles à moustache avec leur pèlerine)[2] ; fait installer 500 avertisseurs téléphoniques, rouges pour alerter les pompiers, puis pour alerter police-secours ; réorganise la circulation en instaurant les passages piétons, les sens uniques et les sens giratoires et encourage les premiers développements de la police scientifique, crée les chiens sauveteurs, réalise un « coup médiatique » en 1908 en créant les « agents Berlitz » (formés à l'École de langues Berlitz, ils sont chargés de renseigner les touristes, se distinguant de leurs collègues par le port d'un brassard indiquant la langue maîtrisée)[3].

En 1909, il crée le musée de la Préfecture de Police et les Collections historiques de la Préfecture de police (archives de la police)[4].

C'est sous son autorité que, le 13 juin 1910 pendant la grève chez Sanyas & Popot, l'agent Gauthier frappe à tête l'ébéniste Henri Cler qui décèdera de ses blessures le 21 juin 1910 ; la mort de cet anarchiste provoque, le 26 juin 1910, une manifestation tournant à l'émeute que la police réprime dans le sang[5].

En 1912, il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques. En 1913, il quitte la préfectorale et se consacre à la rédaction de ses mémoires (Mes souvenirs), qui sont publiés en 1929. Il se porte en mai 1913 candidat à Montbrison au siège de député laissé vacant par la mort de Claude Chialvo[6]. Il choisit en 1914 de se présenter dans la Seine, mais il est battu.

Postérité[modifier | modifier le code]

Il a donné son nom à une place Louis-Lépine dans le 4e arrondissement de Paris.

En hommage à son travail à la tête de la police parisienne, la trente-deuxième promotion de commissaires de police issue de l'École nationale supérieure de la police, entrée en fonction en 1982, porte son nom.

Son frère Raphaël Lépine, physiologiste de renom a connu une belle carrière professionnelle dans le domaine de la médecine expérimentale.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Une plaquette à l'effigie de Louis Lépine a été réalisée par le graveur Charles Pillet en 1912, sur commande de la Ville de Paris. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 0268).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. BASTUM bâton
  2. Amicale Police et Patrimoine, « Agents cyclistes surnommés « hirondelles » », sur amicale-police-patrimoine.fr (consulté le 25 août 2011)
  3. Myriam Tsikounas, Imaginaires urbains du Paris romantique jusqu'à nos jours, Editions Le Manuscrit,‎ 2011 (lire en ligne), p. 261
  4. Longtemps installées dans les locaux de la Préfecture de police de Paris, ces collections très riches sont à présent installées dans l'hôtel de police du 5e arrondissement.
  5. Le goût de l'émeute, Manifestation et violence de rue dans Paris et sa banlieue à la « belle époque »], Anne Steiner, L'Échappée, 2012, (ISBN 978-29158303-9-2), p. 124-126
  6. « M. Lépine cherche une circonscription? », in L'Humanité, 27 mai 1913 [lire en ligne]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Porot, Louis Lépine : préfet de police-témoin de son temps : 1846-1933, Paris, 1994
  • Jean-Marc Berlière, Le Préfet Lépine : vers la naissance de la police moderne, Paris, 1993

Liens externes[modifier | modifier le code]