Programme alimentaire mondial

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Programme Alimentaire Mondial
Image illustrative de l'article Programme alimentaire mondial
Organe de l'ONU
Type d'organisation Programme de l'ONU
Acronymes PAM, WFP
Chef
Statut Actif
Siège Drapeau de l'Italie Rome
Création 1963
Site web http://one.wfp.org/french/
Organisation(s) parente(s) Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Assemblée générale des Nations unies

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM, en anglais WFP World Food Program) est l'organisme d'aide alimentaire de l'ONU. La plus grande organisation humanitaire du monde, le PAM fournit principalement de la nourriture aux personnes souffrant de la faim, au prix de multiples acrobaties : achats des denrées au meilleur prix, transport en zones reculées, course contre la météo. Les dons recueillis par le PAM permettent de s'approvisionner dans le monde entier pour envoyer rapidement sur place les rations essentielles à la survie des populations. En moyenne, chaque année, le PAM nourrit 90 millions de personnes dans 80 pays, dont 58 millions d'enfants.

Son siège se situe à Rome, en Italie.

Historique[modifier | modifier le code]

Suite à une série de catastrophes durant l'année 1962, l'Assemblée générale des Nations unies décida en 1963 de créer le PAM pour venir en aide aux personnes les plus démunies au monde. Son but principal est d'apporter une aide d'urgence aux populations souffrant de la faim, mais l'aide au développement fait également partie de son travail[1].

Mandat[modifier | modifier le code]

La mission du Programme Alimentaire Mondial est d'éliminer la faim et la pauvreté dans le monde, en répondant aux besoins d'urgence et en appuyant le développement économique et social. Le PAM vise aussi à réduire le taux de mortalité infantile, à améliorer la santé des femmes enceintes et à lutter contre la carence de micronutriments et contre les maladies comme le VIH/SIDA.

Le PAM a pour objectif de fournir une aide alimentaire :

  • aux victimes de catastrophes naturelles tel le tremblement de terre au Pakistan en 2005
  • aux personnes réfugiées ou déplacées à l'intérieur de leur propre pays – contraintes de tout abandonner à la suite de conflits, d'inondations, de sécheresses ou d'autres catastrophes naturelles, telles celles survenues en Haïti, au Soudan et au Sierra Leone.
  • aux pauvres souffrant de la faim qui n'arrivent pas à se sortir du cercle vicieux de la pauvreté et de la malnutrition.

Organisation[modifier | modifier le code]

Le PAM est dirigé, depuis 1996, par un Conseil d'administration formé par les 36 États Membres.

En avril 2007, Josette Sheeran a été nommé Directrice Exécutive du PAM par le Secrétaire général des Nations unies et le Directeur général de la FAO. Elle exercera cette fonction pour un mandat de cinq ans, avec l'aide de quatre Directeurs adjoints (Jean-Jacques Graisse, Sheila Sisulu, John M. Powell et Susana Malcorra)[2].

Ertharin Cousin a débuté son mandat le 5 avril 2012 en devenant la douzième Directrice Exécutive du PAM de l'ONU.

Les principales étapes de l'intervention d'urgence[modifier | modifier le code]

  • Appel à l'aide d'un pays.
    À la suite d'une catastrophe naturelle ou d'un conflit, le gouvernement local demande une aide alimentaire d'urgence.
  • Déclenchement de l'aide.
    À Rome, l'équipe de préparation aux urgences utilise des technologies de pointe (images satellites, télédétection, modélisation informatique) afin d'évaluer rapidement la situation à distance.
  • Livraison des premiers colis.
    Parfois en 24 heures à peine, le PAM livre kits médicaux et biscuits énergétiques stockés en Italie, au Panama, au Ghana, à Dubai et en Malaisie. Les équipes d'évaluation d'urgence envoyées sur place quantifient les besoins.
  • Élaboration d'un plan d'action d'ensemble.
    Le bureau local le plus proche monte une opération d'urgence, qui précise le budget, la durée, les rations, les corridors humanitaires disponibles et les moyens de transport (de l'hélicoptère aux yacks).
  • Appel aux dons.
    Via le bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, qui émet un appel d'urgence, le PAM attire l'attention des pays donateurs.
  • Début des opérations d'approvisionnement.
    Le PAM n'attend pas que l'argent arrive sur son compte. Simultanément, sur le terrain, les équipes s'assurent qu'il n'y a pas rupture de l'aide amorcée, et les infrastructures sont préparées pour la réception des marchandises.
  • Distributions des denrées.
    Le PAM travaille avec des relais locaux pour apporter la nourriture aux personnes les plus fragiles : femmes enceintes, enfants, personnes âgées. Les bénéficiaires de l'aide sont avertis par affichage, SMS ou radio.
  • Évaluation.
    Le PAM fait le bilan de l'opération en recherchant les bonnes pratiques apprises sur le terrain mais aussi les erreurs à ne pas reproduire.

Le PAM en chiffres[modifier | modifier le code]

Un soldat américain donne une caisse de biscuits du Programme Alimentaire Mondial à un sinistré des inondations dans la vallée de Swat, au Pakistan, en 2010.
  • Le PAM emploie un personnel de 10 587 personnes en 2006, dont 92 % travaillent directement sur le terrain.
  • En 2007, son budget atteignit de 2,9 milliards de dollars, mais le budget nécessaire en 2008 est de 3,65 milliards de dollars du fait de la hausse des cours des matières premières. En avril 2008, ce budget restait très déficitaire, il manquait 756 millions de dollars[3].
  • En 2006, le PAM a distribué plus de 4 millions de tonnes de nourriture à 87,8 millions de personnes dans 78 pays différents. La grande majorité des personnes assistées (63,4 millions) ont été atteintes grâce aux opérations d'urgence du PAM (dont celles au Kenya, au Liban et au Soudan).
  • En 2010, le PAM a mobilisé 2,7 milliards d'euros de ressources et livré 3,7 millions de tonnes d'aliments aux populations en difficulté, notamment au Soudan, en Éthiopie, en Somalie, au Kenya, au Pakistan et en Afghanistan.
  • Au Tchad, deux millions de personnes, dont 250 000 réfugiés, vivent sous perfusion. « Toute la difficulté de notre mission est de faire parvenir d'énormes quantités de nourriture dans un pays complètement enclavé en respectant les délais », souligne Jean-Luc Siblot, l'ancien directeur du PAM au Tchad, qui est en 2011 à la tête de l'équipe pakistanaise. Pour y réussir, il existe encore un autre point d'accès au continent africain : le Cameroun. Pour atteindre N'Djamena, la capitale tchadienne, il faut franchir le Logone, la rivière qui marque la frontière avec le Tchad. Le passage se résume à une passerelle métallique. Ce pont rudimentaire a été construit par le PAM pendant la grande sécheresse de 1984. Après un long voyage, 60 % des vivres du PAM transitent par ici : de la farine de maïs embarquée à Durban, du sucre chargé à Rotterdam, de l'huile végétale mise en route en Malaisie. Lorsque, enfin, la cargaison atteint N'Djamena, le bureau central de l'organisation se charge de la répartir dans le pays. Les besoins du PAM au Tchad ne cesse de croître. Présente depuis 1963 dans ce pays, l'organisation a été contrainte durant la dernière décennie, de décupler son budget et la quantité de vivres distribués.
  • Les deux États qui contribuent le plus à la lutte contre la faim sont, et de loin, les États-Unis (plus d'un milliard d'euros en 2011, représentant 45 % du total) et le Royaume-Uni. Cette aide n'est pas totalement réservée au budget du PAM[4]:
    • L'aide américaine atteint 4 500 millions de dollars en 2005, mais elle baisse à 3700 millions l'année suivante.
    • L'aide britannique est de 835 millions de dollars en 2006, en forte hausse, après 628 millions de dollars en 2005.
    • L'aide allemande reste relativement stable : 340 millions de dollars en 2005, 382 millions de dollars en 2006.
    • L'aide française reste plutôt faible, avec 67 millions de dollars en 2005 et 82 millions de dollars en 2006; l'urgence de la situation alimentaire mondiale conduisant le gouvernement à envisager une aide de près de 100 millions de dollars en 2008, versés à 70 % au PAM[3].
    • L'aide de la Commission européenne et du Canada : près de 215 millions d'euros chacun.

Une aide prioritairement réservée aux enfants[modifier | modifier le code]

L'aide alimentaire du PAM est particulièrement axée sur les femmes et les enfants, les plus touchés par la faim et la pauvreté. Mais le programme demeure insuffisant.

25 % des personnes souffrant de la faim sont des enfants. Pour lutter contre la faim chez les enfants, le PAM fournit depuis la fin des années 1960 des repas de midi gratuits dans les écoles du monde entier, pour permettre aux élèves les plus pauvres d'aller à l'école et de se concentrer sur leurs leçons plutôt que sur leur faim.

En 2006, le PAM a atteint 20,2 millions d'enfants dans 71 pays différents. En plus des repas du midi, le PAM distribue aussi des rations alimentaires pour les familles des enfants, une autre façon de convaincre les parents d'envoyer leurs enfants (et surtout leurs filles) à l'école.

Les difficultés de la corne de l'Afrique[modifier | modifier le code]

La corne de l'Afrique est une zone où le PAM est particulièrement présent. L'aide alimentaire au Soudan est le programme le plus important de l'agence, qui a fourni des vivres à 6,4 millions de soudanais en 2006. En 2007, le PAM aura besoin de 685 millions $ de dollars pour venir en aide à 5,5 millions de soudanais (dont 2,8 million au Darfour).

Après le Soudan, les plus grandes opérations du PAM sont celles en Éthiopie et au Kenya.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Qui sommes-nous? - Quelle est la mission du PAM? », Programme Alimentaire Mondial (consulté le 10 janvier 2008)
  2. (fr) « Qui sommes-nous? - Comment est organisé le PAM », Programme Alimentaire Mondial (consulté le 10 janvier 2008)
  3. a et b La France double son aide alimentaire, Sixtine Léon-Dufour, Le Figaro économie, 19/04/08, p. 20
  4. Source Quai d'Orsay pour Le Figaro économie, 19/04/08

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]