Eugène Poubelle

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Eugène Poubelle

Eugène-René Poubelle, né à Caen le et mort à Paris le , est un juriste, administrateur et diplomate français. Il a donné son nom aux poubelles à travers les décisions qu'il prit, en tant que préfet de la Seine à partir de 1883, pour améliorer l'hygiène de la ville de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille bourgeoise caennaise, il fait des études brillantes de droit et obtient un doctorat[1]. Il devient chargé de cours à l'université de Caen, puis de Grenoble et de Toulouse. Adolphe Thiers le nomme préfet de la Charente en avril 1871[1]. Il va alors poursuivre une carrière dans la préfectorale, enchaînant successivement les postes de préfet de l'Isère, de Corse, du Doubs, des Bouches-du-Rhône, puis enfin de la Seine, de 1883 à 1896.

Le préfet de la Seine était très influent à une époque où la fonction de maire avait été mise entre parenthèses à Paris. Il était notamment chargé de l'administration courante. C'est ainsi qu'il fut amené à prendre les arrêtés du 24 novembre 1883 et du 7 mars 1884[2] qui obligeaient les propriétaires d'immeubles à mettre à disposition de leurs locataires des récipients communs, munis d'un couvercle et d'une capacité suffisante pour contenir les déchets ménagers. La dimension et même la contenance de ces récipients étaient strictement contrôlées : 40 à 120 litres. L'arrêté prévoit également le tri des déchets : trois boîtes sont obligatoires, une pour les matières putrescibles, une pour les papiers et les chiffons et une dernière pour le verre, la faïence et les coquilles d'huîtres. Cette prescription a amélioré de manière considérable l'hygiène des foyers de la capitale. En effet, le nombre d'habitants à Paris - avoisinant les deux millions - et la présence de nombreux immeubles collectifs rendaient indispensable l'organisation d'un ramassage régulier. Les Parisiens prirent l'habitude de désigner les réceptacles à ordures du nom du préfet Poubelle. Mais ce nouveau règlement ne fut que partiellement respecté, se heurtant à l'hostilité de la population. Les propriétaires voyaient l'ajout de nouvelles charges, les concierges, des tâches supplémentaires à accomplir et les chiffonniers, la menace de perdre leur gagne-pain. Les boîtes détériorées n'étaient pas remplacées, les anciennes pratiques perduraient par endroits. L'essentiel des décisions du préfet Poubelle a cependant été appliqué. Les hygiénistes ont fini par gagner leur combat. Les ordures furent domestiquées et enfermées et l'exemple de Paris se répandit dans les villes de province. Il faudra toutefois attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que les poubelles deviennent d'un usage courant. L'enlèvement des ordures est dès lors organisé avec régularité par les municipalités.

La définition de la « poubelle » fut insérée en 1890 dans le supplément du Grand dictionnaire universel du XIXe siècle.

Eugène Poubelle fut également à l'origine de la mise en route du tout-à-l'égout, concept qui, suite à la dernière résurgence du choléra en 1892, gagna la faveur du public. Cela lui permit, en 1894, de faire passer un arrêté imposant aux propriétaires de raccorder leurs immeubles au réseau d'égout et de payer les frais d'exploitation afférents à la collecte de leurs eaux usées.

En 1896, il fut nommé ambassadeur au Vatican et comte romain en 1898[3].

Il fut conseiller général de l'Aude pour le canton de Saissac entre 1898 et 1904, président de la Société centrale d'agriculture de l'Aude et un ardent défenseur des vins du midi.

Il repose au cimetière de Greze-Herminis près de Carcassonne. Son buste est visible dans la cour du musée des beaux-arts de cette ville[4].

Hommage[modifier | modifier le code]

Plaque de la rue qui porte son nom à Paris

Aujourd'hui la rue Eugène-Poubelle porte son nom à Paris, dans le 16e arrondissement, entre l'avenue de Versailles et le quai Louis-Blériot. Elle n'a qu'un numéro : le 2. Une autre rue porte ce nom a Mauregard (Seine-et-Marne).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Le préfet Poubelle est un Cannais », dans Caen Magazine, Mairie de Caen, no 50, novembre-décembre 2001.
  2. Histoire des déchets de Lutèce à Paris, le préfet Eugène Poubelle, l'inventeur de la poubelle, Planète Écho.
  3. Rémy Cazals, Daniel Fabre (dir.), Les Audois : Dictionnaire biographique, Carcassonne, Association des amis des archives de l’Aude, 1990.
  4. Jean-Louis H. Bonnet, Carcassonne d'hier à aujourd'hui, éditions de La Tour Gile, coll. « Villes et terroirs d'hier à aujourd'hui »,‎ 2005.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Fourié, Essai de nomenclature générale des Audois célèbres, Espéraza, 1975
  • Rémy Cazals (dir.) et Daniel Fabre (dir.), Les Audois : Dictionnaire biographique, Carcassonne, Association des amis des Archives de l'Aude, Fédération audoise des œuvres laïques et Société d'études scientifiques de l'Aude,‎ 1990, 347 p. (ISBN 978-2-906442-07-8)

Voir aussi[modifier | modifier le code]