Romain Rolland

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Romain Rolland
Activité(s) Écrivain
Naissance 29 janvier 1866
Clamecy
Décès 30 décembre 1944
Vézelay
Distinctions Prix Nobel de littérature 1916

Romain Rolland (Clamecy, Nièvre, 29 janvier 1866Vézelay, Yonne, 30 décembre 1944) était un écrivain français, lauréat du Prix Nobel de littérature 1915.

D'une culture sculptée par la passion de l'art et de la musique (opéra, Michel-Ange, Scarlatti, Lulli, Beethoven, amitié avec Richard Strauss) et le culte des héros, il rechercha sa vie durant un moyen de communion entre les hommes. Son exigence de justice le poussa à rechercher la paix « au-dessus de la mêlée » pendant et après la Première Guerre mondiale. Tenaillé par son idéal humaniste et sa quête d'un monde non-violent, par son admiration pour Léon Tolstoï, grande figure de la non-violence, par les philosophies de l'Inde (conversations avec Rabîndranâth Tagore et Gandhi), l'enseignement de Râmakrishna et Vivekananda, par sa fascination pour Baha'u'llah (il lui fait référence dans « Clerambault »), puis dans le monde nouveau que voulait construire initialement l'Union soviétique. Mais il n'atteint la transcendance que dans l'écriture de son œuvre.

Sommaire

[modifier] Biographie

Issu d'une famille de notaires, il trouve dans son ascendance des paysans et des bourgeois aisés. Son introspection avec son Voyage intérieur, paru en 1942, lui prouve qu'il était bien un représentant d'une « espèce antique ». Ces ancêtres, il les mettra en scène dans un truculent récit bourguignon, Colas Breugnon, paru en 1919.

Il est professeur d'histoire aux lycées Henri-IV et Louis-le-Grand, membre de l'École française de Rome, professeur d'histoire de la musique à la faculté des lettres de l'université de Paris et professeur d'histoire de l'art à l'École normale supérieure.

Reçu à l'École normale supérieure en 1886, où il se lie avec André Suarès ou Paul Claudel, il se destine au concours d'agrégation de philosophie, auquel il renonce pour ne pas avoir à se soumettre à l'idéologie dominante - manifestation de ce qui sera sa règle, l'indépendance d'esprit. Il est reçu à l'agrégation d'histoire en 1889.

Il passe ensuite deux ans à Rome, de 1889 à 1891, comme membre de l'École française de Rome, où sa rencontre avec Malwida von Meysenbug, qui avait été l'amie de Nietzsche et Wagner, ainsi que la découverte des chefs-d'œuvre de l'art italien, seront décisives pour la construction de sa pensée. À son retour en 1895, il passe son doctorat de lettres en présentant une thèse sur Les origines du théâtre lyrique moderne. Histoire de l'opéra en Europe avant Lulli et Scarlatti. Il s'installe en 1901 au 162 Boulevard du Montparnasse qu'il quittera après y avoir écrit : Jean-Christophe.

Ce jeune homme exigeant mais timide n'aime pas l'enseignement. Non qu'il soit indifférent à la jeunesse : Jean-Christophe, Olivier et leurs amis - ses héros romanesques - sont des jeunes gens, il y a beaucoup de tendresse dans Pierre et Luce, et l'« Âme enchantée » accompagne Marc et les siens dans cette marche au calvaire où les contraint leur temps. Mais avec la jeunesse vivante comme avec les adultes, Rolland n'entretient guère que des rapports distants. Il est surtout un homme d'écriture. Dès que la littérature lui assure de modestes revenus, il donne sa démission de l'Université, en 1912.

Romain Rolland correspond avec Sigmund Freud de mars 1923 jusqu'à février 1936. Il le rencontre à Vienne en 1924. Il entretient également des rapports épistolaires et amicaux avec Hermann Hesse, Richard Strauss, André Suarès, Stefan Zweig, Alain (Émile-Auguste Chartier) et Jean Guéhenno jusqu'en 1944.

[modifier] Romain Rolland pendant la Grande Guerre

Rolland est en Suisse lors de la déclaration de la Première Guerre mondiale, dont il comprend très vite qu'elle est un « suicide » de l'Europe. Bouleversé à l´idée du déclin de l´Europe, il décida alors de ne pas quitter le pays ; outre son engagement au sein de la Croix-Rouge, il pourrait librement diffuser ses œuvres. C´est ainsi que la série de pamphlets à l´encontre des pays belligérants, Au-dessus de la mêlée, parut au Journal de Genève : Rolland y dénonçait avec véhémence leur quête d´une victoire totale, au lieu de vouloir négocier une paix équitable. Restant « au-dessus de la mêlée », Rolland a voulu agir aussi bien envers la France qu´envers l´Allemagne. Mais, en raison d´une prétendue attitude antipatriotique, il fut considéré par des nationalistes comme un traître dans son pays, et, outre-Rhin, il passa presque inaperçu. La publication de ses articles, à Paris, eut un large écho dans la seconde moitié de la guerre : ils furent traduits en plusieurs langues – pas en allemand – et ont largement contribué, avec son roman Jean-Christophe, à ce qu´on lui décerne le Prix Nobel de littérature en 1915. Pour avoir critiqué les deux camps d´avoir fait durer trop longtemps la guerre, dans la volonté d´obtenir une victoire destructrice, Rolland devint une figure non seulement du mouvement pacifiste international, mais aussi du mouvement de la Troisième internationale. En avril 1917, Lénine lui proposa de rentrer avec lui dans la Russie en pleine révolution, offre que Rolland déclina, en raison, d´une indépendance politique se voulant au-dessus des partis, qu´il a regrettée plus tard.

[modifier] Engagement politique

À compter de 1923, il entretient une discussion avec Sigmund Freud sur le concept de sentiment océanique que Romain Rolland puise dans la tradition indienne qu'il étudie alors avec ferveur. (voir Michel Hulin, La mystique sauvage, Paris, P.U.F.[1993], coll. "Quadrige", 2008, chap. 1 : "Freud, Romain Rolland et le sentiment océanique", pp. 29-44) En 1924, son livre sur Gandhi contribue beaucoup à faire connaître ce dernier, qu'il rencontre en 1931, et son engagement pour la non-violence.

Il s'installe au bord du lac Léman pour se consacrer à son œuvre. Sa vie est entrecoupée de problèmes de santé et de voyages à l'occasion de manifestations artistiques. Son voyage à Moscou en 1935, à l'invitation de Gorki, fait exception : il s'agissait de rencontrer Staline pour essayer d'agir un peu comme un ambassadeur des intellectuels français de l'Union soviétique. Il est l'un des fondateurs du mouvement pacifiste Amsterdam-Pleyel. Il participa, avec Suzanne Cointe, à la création de la chorale populaire de Paris.

En 1937, il revient s'établir à Vézelay qui tombe en zone occupée en 1940. Pendant l'Occupation, il reste blotti dans une solitude totale et silencieuse.

Sans cesser de travailler, en 1940, il termine ses Mémoires. Il met également une touche finale à ses recherches musicales avec les années de Beethoven. Enfin, il écrit Péguy, paru en 1944, dans lequel ses souvenirs personnels éclairent la réflexion d'une vie sur la religion et le socialisme.

[modifier] Œuvres

  • Amour d'enfants (1888)
  • Les Baglioni (1891). Rédaction. Pièce restée inédite du vivant de l'auteur.
  • Empédocle (1891). Rédaction. Pièce restée inédite du vivant de l'auteur.
  • Orsino (1891). Rédaction. Pièce restée inédite du vivant de l'auteur.
  • Le Dernier Procès de Louis Berquin (1892)
  • Les Origines du théâtre lyrique moderne (1895). Thèse érudite et un travail approfondi récompensé par un prix de l'Académie française.
  • Histoire de l'opéra avant Lully et Scarlatti (1895). Thèse de son doctorat ès lettres.
  • Cur ars picturae apud Italos XVI saeculi deciderit (1895). Thèse latine sur le déclin de la peinture italienne au cours XVIe siècle.
  • Saint-Louis (1897)
  • Aërt (1897). Drame historique et philosophique.
  • Les Loups (1898). Drame historique et philosophique.
  • Le Triomphe de la raison (1899). Drame historique et philosophique.
  • Danton (1899). Drame historique et philosophique.
  • Le Poison idéaliste (1900)
  • Les Fêtes de Beethoven à Mayence (1901)
  • Le Quatorze Juillet (1902). Drame historique et philosophique.
  • François-Millet (1902)
  • Vie de Beethoven (1903)
  • Le temps viendra (1903)
  • Le Théâtre du peuple (1903)
  • La Montespan (1904). Drame historique et philosophique.
  • Jean-Christophe (1904-12). Cycle de dix volumes répartis en trois séries, Jean-Christophe, Jean-Christophe à Paris et La Fin du voyage, publiés dans Cahiers de la Quinzaine
  • L'Aube (1904). Premier volume de la série Jean-Christophe
  • Le Matin (1904). Deuxième volume de la série Jean-Christophe
  • L'Adolescent (1904). Troisième volume de la série Jean-Christophe
  • La Révolte (1905). Quatrième volume de la série Jean-Christophe
  • Vie de Michel-Ange (1907)
  • Musiciens d'aujourd'hui (1908). Compilation d'articles et études sur la musique.
  • Musiciens d'autrefois (1908). Compilation d'articles et études sur la musique.
  • Antoinette (1908). Premier volume de la série Jean-Christophe à Paris
  • La Foire sur la place (1908). Deuxième volume de la série Jean-Christophe à Paris
  • Dans la maison (1908). Troisième volume de la série Jean-Christophe à Paris
  • Haendel (1910)
  • Les Amies (1910). Premier volume de la série La Fin du voyage
  • La Vie de Tolstoï (1911)
  • Le Buisson ardent (1910). Deuxième volume de la série La Fin du voyage
  • Les Amies (1911). Deuxième volume de la série La Fin du voyage
  • La Nouvelle Journée (1912). Troisième volume de la série La Fin du voyage
  • L'Humble Vie héroïque (1912)
  • Au-dessus de la mêlée (1915). Manifeste pacifiste.
  • Salut à la révolution russe (1917)
  • Pour l'internationale de l'Esprit (1918)
  • L'Âge de la haine (1918)
  • Colas Breugnon (1919). Récit bourguignon.
  • Pour l'internationale de l'Esprit (1919)
  • Déclaration de l'indépendance de l'Esprit, manifeste (1919)
  • Les Précurseurs (1919)
  • Clérambault (1920)
  • Pierre et Luce (1920)
  • Pages choisies (1921)
  • La Révolte des machines (1921)
  • Annette et Sylvie (1922). Tome I de L'Âme enchantée
  • Les Vaincus (1922)
  • L'Été (1924). Tome II de L'Âme enchantée
  • Gandhi (1924)
  • Le Jeu de l'amour et de la mort (1925)
  • Pâques fleuries (1926)
  • Mère et fils (1924). Tome III de L'Âme enchantée
  • Léonides (1928)
  • De l'Héroïque à l'Appassionata (1928)
  • Essai sur la mystique de l'action (1929)
  • L'Inde vivante (1929)
  • Vie de Ramakrishna (1929)
  • Vie de Vivekananda (1930)
  • L'Évangile universel (1930)
  • Goethe et Beethoven (1930)
  • L'Annonciatrice (1933)
  • Quinze Ans de combat (1935)
  • Compagnons de route (1936)
  • Le Chant de la Résurrection (1937)
  • Les Pages immortelles de Rousseau (1938)
  • Robespierre (1939). Drame historique et philosophique.
  • La Cathédrale interrompue (1943-45). 3 volumes : 1. La Neuvième Symphonie (1943) ; 2. Les Derniers Quatuors (1943) ; 3. Finita Comœdia (1945, posthume)
  • Péguy (1945)
Correspondance
  • Une Amitié perdue et retrouvée : correspondance de Paul Claudel et Romain Rolland, édition établie, annotée et présentée par Gérard Antoine et Bernard Duchatelet, Gallimard, coll. « Les cahiers de la NRF », Paris, 2005. (ISBN 2-07-077557-7).
  • "Richard Strauss et Romain Rolland"
  • "L'indépendance de l'esprit" : correspondance avec Jean Guéhenno de 1919 à 1944
  • "Sigmund Freud et Romain Rolland correspondance 1923-1936" par Henri Vermorel et Madeleine Vermorel, PUF 1993.

[modifier] Bibliographie

  • Paul Masson-Oursel, Romain Rolland, ami de l'Inde. Genève, 1945.
  • René Cheval, Romain Rolland. L´Allemagne et la Guerre, PUF, Paris 1963.
  • (de) Michael Klepsch, Romain Rolland im Ersten Weltkrieg. Ein Intellektueller auf verlorenem Posten, Kohlhammer, Stuttgart 2000. (ISBN 3-17-016587-9)
  • Stefan Zweig, Romain Rolland. Sa vie, son œuvre, Belfond, Paris 2000 ; Le Livre de Poche, Paris 2003.
  • Bernard Duchatelet, Romain Rolland tel qu'en lui-même, Albin Michel, Paris 2002.
  • Romain Rolland, de Jean-Christophe à Colas Breugnon : 7 mai - 20 juin 2005 / Guy Thuillier.- Nevers : Bibliothèque Municipale de Nevers et Société Académique du Nivernais, 2005
  • Romain Rolland, de Liluli à Péguy : 11 mars - 15 avril 2006 / Guy Thuillier.- Nevers : Bibliothèque Municipale de Nevers et Société Académique du Nivernais, 2006
  • Collectif, Romain Rolland, Revue Europe, Paris, Num. 942, octobre 2007.

[modifier] Liens externes

Voir sur Wikisource : Romain Rolland.


Précédé de :
Rabîndranâth Tagore
Prix Nobel de littérature
1915
Suivi de :
Verner von Heidenstam


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