Saint-John Perse

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Saint-John Perse

alt=Description de l'image Saint-John Perse 1960.jpg.
Nom de naissance Alexis Leger
Autres noms Saint-Leger Leger
puis Saint-John Perse
Activités poète et diplomate
Naissance 31 mai 1887
Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, France
Décès 20 septembre 1975 (à 88 ans)
Hyères, Provence-Alpes-Côte d'Azur, France
Langue d'écriture français
Distinctions prix Nobel de littérature 1960

Saint-John Perse, pseudonyme de Marie-René-Auguste-Alexis Leger, né le 31 mai 1887 à Pointe-à-Pitre et mort le 20 septembre 1975 à Hyères, est un poète et diplomate français.

Alexis Leger a utilisé d'autres noms de plume comme Saint Leger Leger en trois mots ou Saintleger Leger en deux, ou St L. Leger, et enfin Saint-John Perse à partir d'Anabase en 1924, recueil qui fut lui-même signé un temps « St-J. Perse ». On trouve une multitude d'interprétations quant à ces pseudonymes, mais, de son aveu même, la nécessité d'un pseudonyme avait pour rôle de séparer sa mission diplomatique de sa fonction plus officieuse de poète. Concernant l'origine du pseudonyme définitif de Saint-John Perse « il fut librement accueilli tel qu'il s'imposait mystérieusement à l'esprit du poète, pour des raisons inconnues de lui-même »[1]. Quant au choix que l'on a pu lier avec une admiration avouée pour le poète latin Perse : simple coïncidence a-t-il toujours affirmé.
Pas d'accent à son nom[2], le diplomate y tenait[3], de même qu'à la prononciation « Leuger ». De son vivant, il a voulu faire croire que Saint-Leger Leger était son vrai nom et Leger seulement une abréviation. D’ailleurs, dans le volume de ses Œuvres complètes (« son » Pléiade), il répète cette fiction. Dans sa vie privée, il s'est fait appeler par bien d'autres « petits noms » tels que Allan, Diego, Pierre Fenestre[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et débuts diplomatiques[modifier | modifier le code]

Fils d'Édouard Pierre Amédée Leger, avocat-avoué à Pointe-à-Pitre à partir de 1873[5], et Marie Pauline Françoise Renée Dormoy, fille d'une famille de planteurs[6], Alexis Leger passe son enfance à Pointe-à-Pitre ainsi que dans les deux importantes demeures familiales que sont La Joséphine[7] — une caféière sur les hauteurs de Saint-Claude au sud de Basse Terre — et Le Bois-Debout — une exploitation de canne à sucre à Capesterre — qui marqueront son imaginaire[8]. Il fait son entrée en huitième au lycée de Pointe-à-Pitre tout récemment créé (futur lycée Carnot) mais suit ses parents partis pour Pau en mars 1899[9]. Il entre en classe de cinquième au lycée de la ville, l'actuel lycée Louis-Barthou[10] (c'est un autre lycée de Pau qui porte aujourd'hui son nom). Il fait ensuite des études de droit à Bordeaux dès 1904, puis fait son service militaire dans l'infanterie à Pau dès avant la fin de ses études.

Il rencontre assez tôt le poète Francis Jammes, en 1902[11], qui habite alors à Orthez, lequel le présente notamment à Paul Claudel, avec qui il entretient des relations mouvementées. Grâce à Jammes encore, il entre en relation avec André Gide et le milieu de la NRF. Gide et Jacques Rivière le poussent à publier ses premiers poèmes[12]. Les poèmes Images à Crusoé puis Éloges paraissent dans La Nouvelle Revue française en 1909 et 1910, puis en recueil sous le titre Éloges en 1911. Valery Larbaud consacre un article très élogieux au recueil dans la revue La Phalange.

Le diplomate[modifier | modifier le code]

Saint-John Perse à Locarno en 1925.
De gauche à droite : Saint-John Perse, Henri Fromageot, Aristide Briand, Philippe Berthelot.

Ayant réussi au concours des consulats en 1914, il est affecté au service de presse du ministre Delcassé, puis à la Maison de la presse du ministère des Affaires étrangères avant d'être nommé secrétaire de la légation française de Pékin[13] où il reste de 1916 à 1921[14]. Remarqué par Aristide Briand, il est nommé à l'administration centrale du ministère en 1922 puis devient en 1925 directeur du cabinet du ministre. En février 1933, il remplace Philippe Berthelot souffrant au poste de secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, avec le rang et la dignité d'ambassadeur de France, et ce jusqu'en 1940.

Peu de temps après avoir été nommé chef de cabinet d'Aristide Briand, Alexis Leger, alors germanophile[15], est l'un des principaux auteurs des Accords de Locarno en octobre 1925, plaidant pour une « conciliation franco-allemande pour assurer la sécurité de la France puis de l'Europe »[16] ; Aristide Briand aura été son mentor et après sa mort en 1932, son disciple prolongera son influence au Quai d'Orsay et ce jusqu'en 1940. Ce que l'on a appelé la « pactomanie » lui sera reprochée par ses ennemis politiques. Toute sa vie, Alexis Leger a défendu la mémoire de Briand, comme en 1942 où il prononce un discours à sa mémoire à New York[17].

Secrétaire général du ministère des affaires étrangères, il a participé en avril 1935 à la conférence de Stresa. À ce poste pendant huit ans, il a assuré la continuité de la diplomatie française devant la valse des ministres (plus d'un par an en moyenne, dont Pierre Laval). Ainsi, en mai 1936, au moment de son arrivée au pouvoir, Léon Blum, sur plusieurs sujets, demanda : « Qu'en pense Leger ? » Par exemple sur l'attitude à adopter face à la remilitarisation de la rive gauche du Rhin. S'agissant de la Guerre d'Espagne et de la politique de la non-intervention, le rôle de Leger a peut-être été déterminant[18]. Lors des Accords de Munich, il semble moins complaisant que Daladier et surtout Georges Bonnet, son ministre, devant l'abandon de la Tchécoslovaquie : Hitler le qualifie à cette occasion de « petit martiniquais sautillant »[19]. En juin 1940, Paul Reynaud le démet brutalement de ses fonctions pour marquer une rupture avec la politique de passivité pratiquée vis-à-vis du Reich pendant huit ans et, accessoirement, pour complaire à sa maîtresse[20]. Leger, remplacé par François Charles-Roux, en est blessé, refuse les affectations qui lui sont proposées en compensation et s'exile aux États-Unis.

Non sans être d'abord passé par Londres, mais tout rapprochement avec de Gaulle était impossible : Leger lui dénie toute légitimité[21]. Il est alors déchu de la nationalité française par le régime de Vichy, son appartement parisien est mis à sac et il est radié de l'ordre de la Légion d'honneur[17]. À Washington, il a trouvé un emploi à la Bibliothèque du Congrès grâce à Archibald MacLeish, poète américain, qui en était le bibliothécaire. Il devient, avec Jean Monnet peut-être, le seul Français qu'accepte d'écouter le président Roosevelt[22], très hostile au général de Gaulle. Le chef de la France libre essaie de le rallier à sa cause, mais Leger refuse sèchement, ce que le Général ne lui pardonnera jamais : en 1960, à l'occasion de son Prix Nobel, Alexis Leger ne reçoit aucune félicitation du Général[23].

Exil américain et mort[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, en Argentine et en France, il publie successivement Exil en 1942, Pluies et Poème à l'étrangère en 1943, Neiges en 1944. À la Libération, depuis les États-Unis, il publie Vents chez Gallimard en 1946, puis Amers en 1957. À cette date, il revient chaque été faire de longs séjours en France, sur la presqu'île de Giens où des amis américains ont acquis pour lui une propriété, « Les Vigneaux ». Il se marie avec une Américaine, Dorothy Russel, dédicataire de Poème à l'étrangère, qu'il appelle « Dot »[24] et surtout « Diane », de vingt ans plus jeune que lui. Il publie son poème Chronique en 1960, année où lui est attribué, grâce à ses amis américains et à Dag Hammarskjöld[25], secrétaire général des Nations-Unies, le Prix Nobel de littérature. Son allocution au banquet Nobel du 10 décembre 1960 est consacrée aux rapports entre science et poésie[26]. Il publiera encore le recueil Oiseaux, inspiré par Georges Braque en 1963[27], et encore quelques poèmes dans la Nouvelle Revue Française : Chanté par Celle qui fut là en 1969, Chant pour un équinoxe en 1971, Nocturne en 1973 et Sécheresse en 1974. Il meurt le 20 septembre 1975, sur la presqu'île de Giens, dans le Var, où il repose désormais. Ses quatre derniers poèmes paraissent peu après en recueil sous le titre Chant pour un équinoxe. Peu avant sa mort, il avait légué tous ses manuscrits, papiers et objets personnels, ainsi que les livres de sa bibliothèque, à la Ville d'Aix-en-Provence, qui aujourd'hui encore abrite la Fondation Saint-John Perse. Son épouse Dorothy est décédée en 1985.

Œuvres poétiques[modifier | modifier le code]

Alexis Leger fut certes un diplomate de premier plan. Mais in fine, l'homme a reconnu son unité dans une vocation de poète consacrée en quelque sorte dans le volume de ses Œuvres complètes. Au-delà des approches tronquées et des polémiques régulièrement réitérées à propos de son parcours diplomatique, c'est bien sa poésie, et sa poésie seule qui dit la substance d'un itinéraire à la fois personnel et esthétique. Cette substance se décline en une parole considérable qu'il importe d'appréhender avec soin, pour qui veut y apprécier l'une des grandes œuvres de l'esprit en langue française.[non neutre]

Esthétique littéraire[modifier | modifier le code]

La poésie de Saint-John Perse est couramment réputée pour sa difficulté d'accès[28]. Le vocabulaire, parfois technique, peut rebuter le lecteur, mais en fin de compte, son appréhension n'est pas indispensable pour une première imprégnation de la puissance des images et de la richesse du rythme qui caractérisent le poème persien. De ce qu'on a pu nommer le « cycle antillais » (Éloges) au « cycle provençal » (les derniers poèmes), l’œuvre de Saint-John Perse institue dans la poésie française du XXe siècle des accents de conciliation entre les avancées de la modernité rimbaldienne et mallarméenne, avec les sources les plus archaïques de la parole poétique. André Breton voyait en 1924 en Perse un « surréaliste à distance », et c'est dire les volontés diverses d'appropriations de cette esthétique singulière, par les écoles de la modernité littéraire[29]. Les premiers poèmes d’Éloges (surtout Images à Crusoé) laissent entrevoir une empreinte encore symboliste, mais ce modèle sera dépassé au gré du recueil et dès Anabase, s'impose un style déclamatoire reconnaissable entre tous, qui pousse souvent l'œuvre vers des accents lyriques prononcés (Exil, Vents et Amers notamment). Pour autant, les rythmes parfois saccadés de certains moments d'Exil, l'écriture souvent resserrée des poèmes provençaux et une certaine tension vers l'autotélisme (déjoué néanmoins) n'en apparaissent pas moins çà et là. Même par le prisme de cette variété stylistique, la parole poétique se déploie chez Saint-John Perse comme une rhapsodie accordée à l'intériorité ainsi qu'à un élan fondamental vers le monde.

« C'est à partir d'une analyse sémantique et sémiologique que l'évidence d'une unitité fondamentale de l'œuvre nous est apparue » souligne Elisabeth Coss-Humbert. « Les récurrences lexicales et les thèmes qu'elles sous-tendent parcourent l'œuvre entière depuis Écrit sur la porte jusqu’à Sécheresse, sans qu'il y ait la moindre rupture dans leur utilisation sémantique et cratylienne » [30].

Thématiques[modifier | modifier le code]

Une « histoire de l'âme » semble dessiner, au gré des poèmes, un recours suprême aux éléments du monde (neiges, pluies, grands vents, souffles océaniques), mobilisés pour atteindre le « renouement » de l'homme vers son élan vital. Du souffle épique d'Anabase au style volontairement dépouillé des textes du Grand âge, les poèmes de Saint-John Perse construisent, en une langue somptueuse, un édifice unique dans la littérature française moderne. L'œuvre entière, en une profonde cohérence, propose au lecteur de parcourir le réel humain comme « Une seule et longue phrase sans césure à jamais inintelligible ». Le regard porté sur le « monde entier des choses » y demeure de bout en bout, empreint d'une volonté d'intégralité qui s'accorde à la recherche en tout, d'une plénitude existentielle (« Épouse du monde ma présence ! »), d'une quête de l'unité. C'est sans doute en ce tribut d'une restitution à l'homme certes, mais plus intimement, à tout un chacun, du souffle premier d'une présence exaltante au monde, que l'on peut certainement considérer la richesse de cette œuvre exigeante et rare.

Œuvres [31][modifier | modifier le code]

Pour certains recueils (Éloges, Exil) est mentionné le détail de leur composition.

Cycle Antillais[modifier | modifier le code]

  • Éloges (1911)
    • Écrit sur la porte
    • Images à Crusoé
    • Pour fêter une enfance
    • Éloges
  • La gloire des rois
    • Récitation à l'éloge d'une Reine
    • Histoire du Régent

Cycle Asiatique[modifier | modifier le code]

Cycle Américain[modifier | modifier le code]

Cycle Provençal[modifier | modifier le code]

Poèmes divers[modifier | modifier le code]

  • Des villes sur trois modes
  • L'incertain
  • L'animale
  • Cohorte ou Pour fêter des oiseaux
  • L'animale
  • Dernier aveu
  • Désir de créole
  • Poème pour Valéry larbaud ou Valéry Larbaud, ou, l'Honneur littéraire, (OCLC 26508150)
  • Œuvres complètes, « Bibliothèque de la Pléiade », Gallimard, 1972, volume entièrement conçu par le poète lui-même sous anonymat, y compris la « Biographie », les notes et notices, la bibliographie, la correspondance (coupures, réécriture, voire écriture, etc.). Réédition augmentée en 1982[33].

Divers[modifier | modifier le code]

  • Briand (discours prononcé à l'Univerisité de New York le 28 mars 1942 pour la commémoration du 80e anniversaire de la naissance d'Aristide Briand), (OCLC 314432457)
  • Pour Dante (discours prononcé à Florence le 20 avril 1965 pour l'inauguration du congrès international pour le 7e centenaire de Dante), (OCLC 221702394)
  • Poésie (allocution prononcée à Stockholm le 11 décembre 1960 à la cérémonie de remise du Prix Nobel), (OCLC 36058700)
  • Croisière aux Îles Éoliennes (notes personnelles prises en juillet 1967 lors de la 5e et dernière croisière effectuée à bord de l'Aspara, 1re édition, 1987 dans les Cahiers Saint-John Perse no 8-9, nouvelle transcription présentée at annotée par Claude Thiébaut en 2012 dans Souffle de Perse, hors-série no 2), (OCLC 489706539)

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • « Lettres de Saint-John Perse à Pierre Guerre [1, de 1951] et à Yvan Goll [8, de 1942-1943] », Roger Little (éd.), in Cahiers Saint-John Perse, no 2 (1979).
  • « Lettres de Saint-John Perse à Roger Caillois », 2 lettres, de 1956 et 1971, Henri Colliot (éd.), in Cahiers Saint-John Perse, no 3 (1980).
  • « Lettre de Saint-John Perse à André Gide », de 1949, Roger Little (éd.), in Cahiers Saint-John Perse, no 5 (1982).
  • « Annotations, Saint-John Perse à Friedhelm Kemp », 1956-1974, Friedhelm Kemp (éd.), in Cahiers Saint-John Perse, no 6 (1983).
  • Lettres à l'étrangère, Mauricette Berne (éd.), Gallimard (1987), (OCLC 17284677).
  • Lettres d'Alexis Léger à Philippe Berthelot, in Jean-Luc Barré, Le Seigneur-Chat / Philippe Berthelot, 1866-1934, Plon (1988).
  • Correspondance Saint-John Perse / Jean Paulhan (1925-1966), Joëlle Gardes-Tamine (éd.), Cahiers Saint-John Perse, o10 (1991), (OCLC 466357977).
  • Lettres d'Alexis Léger à Gabriel Frizeau (1906-1912), Albert Henry (éd.), Académie royale de Belgique (1993), (OCLC 30957778).
  • Correspondance avec Jean Ballard ou A ceux des cahiers du sud, (1993), (OCLC 19762723)[37].
  • Correspondance Alexis Leger / Dag Hammarskjöld (1955-1961), Marie-Noëlle Little (éd.), Cahiers Saint-John Perse, no 11 (1993), (OCLC 72871526).
  • Correspondance avec André Breton, Europe, no 799-800 (1995)
  • Correspondance Saint-John Perse / Roger Caillois (1942-1975), Joëlle Gardes-Tamine (éd.), Cahiers de la NRF, série Saint-John Perse, no 13, Gallimard (1996), (OCLC 708359140).
  • Lettre à Auguste et Yvonne Boppe", Revue d'histoire diplomatique, no 1, (1999)
  • Courrier d'exil / Saint-John Perse et ses amis américains / Archibald MacLeish, Francis et Katherine Biddle (1940-1970), Carol Rigolot (éd.), Cahiers de la NRF, série Saint-John Perse, no 15, Gallimard (2001), (OCLC 47720044).
  • Lettres à une dame d'Amérique, Mina Curtiss (1951-1973), Mireille Sacotte (éd.), Cahiers de la NRF, série Saint-John Perse, no 16, Gallimard (2003), (OCLC 53936913).
  • Correspondance Saint-John Perse / Alain Bosquet (1942-1975), Michèle Aquien et Roger Little (éd.), Gallimard (2004), Cahiers de la NRF.
  • Lettres atlantiques Saint-John Perse / T.S. Eliot, A. Tate (1926-1970), Carol Rigolot (éd.), Cahiers de la NRF, série Saint-John Perse, no 17, Gallimard (2006), (OCLC 65201898).
  • Correspondance Saint-John Perse / Henri Hoppenot (1915-1975), Marie-France Mousli (éd.), Cahiers de la NRF, série Saint-John Perse, no 19, Gallimard (2009), (OCLC 465089482).
  • Correspondance Saint-John Perse / Calouste Gulbenkian (1946-1954), Vasco Graça Moura (éd.), Cahiers de la NRF, série Saint-John Perse, no 21, Gallimard (2013), (OCLC 828409199).

Honneurs et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Commandeur de la Légion d'honneur.
  • Prix Nobel de littérature en 1960.
  • Un monument de bronze, Hommage à Saint-John Perse, du sculpteur Patrice Alexandre (commande passée par le Ministère de la Culture en 1985) a été inauguré en 1992 dans le jardin du Muséum national d'histoire naturelle à Paris. Il s'agit de trois états du manuscrit du poème Nocturne agrandis à l'échelle monumentale.
  • Un musée lui est en partie consacré à Pointe-à-Pitre, sa ville natale.
  • Son nom a été donné à diverses voies (une allée à Pointe-à-Pitre et une autre à Paris près des Halles, une avenue à Aix-en-Provence et à Billère dans les Pyrénées-Atlantiques, une rue à Dijon et Fort-de-France, etc.), à des établissements scolaires (un lycée de Pau, un collège à Grand-Camp/Les Abymes, Guadeloupe, plusieurs écoles à Paris, etc.), à des médiathèques (à Aubervilliers, à Aurillac, à Hyères en janvier 2013, etc.), à un parc (à Reims) et même un camping (dans le Var, à 300 m du cimetière de Giens).
  • La promotion 2007 des conservateurs du patrimoine de l'Institut national du patrimoine porte son nom.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Ouvrages généraux (critique littéraire et biographie)[modifier | modifier le code]

  • Michèle Aquien, Saint-John Perse, l’être et le nom, Seyssel, Champ Vallon, coll. « Champ poétique », 1985
  • Daniel Aranjo, Saint-John Perse et la musique, Pau, J. & D., 1988
  • Alain Bosquet, Saint-John Perse, Paris, Seghers, 1953, (OCLC 5301691)
  • Roger Caillois, Poétique de Saint-John Perse, Paris, Gallimard, 1954
  • Colette Camelin, Éclat des contraires : la poétique de Saint-John Perse, Paris, Éditions du CNRS, 1998
  • Colette Camelin, Joëlle Gardes-Tamine, La « rhétorique profonde » de Saint-John Perse, Paris, Honoré Champion, 2002
  • Colette Camerlin, Joëlle Gardes-Tamine, Catherine Mayaux, Renée Ventresque, Saint-John Perse sans masque. Lecture philologique de l'œuvre, Paris, La Licorne, 2003
  • Colette Camelin et Catherine Mayaux, Bibliographie des écrivains français : Saint-John Perse, Paris, Memini, 2003
  • Colette Camelin, Saint-John Perse. L'imagination créatrice, Hermann, Champ Vallon, coll. "Savoir Lettres", 2007
  • Loïc Céry (dir.), Saint-John Perse et la mantique du poème, collectif, La nouvelle anabase, no 2, Paris, L'Harmattan, novembre 2006
  • Loïc Céry (dir.), Saint-John Perse et l'écho des langues, collectif, La nouvelle anabase, no 5, Paris, L'Harmattan, octobre 2009
  • Loïc Céry (dir.), Saint-John Perse, 1960-2010 : les 50 ans d'un Prix Nobel, collectif, La nouvelle anabase, no 6, Paris, L'Harmattan, décembre 2010
  • May Chehab, Saint-John Perse, neveu de Nietzsche, Paris, Honoré Champion, 2009
  • Étienne de Crouy-Chanel, Alexis Leger, l'autre visage de Saint-John Perse, Paris, Jean Picollec, 1989
  • Giovanna Devincenzo, L'impossible retour de Saint-John Perse, Paris, Hermann, 2012
  • Laurent Fels, Quête ésotérique et création poétique dans Anabase de Saint-John Perse, P.I.E. Peter Lang, 2009
  • Shlomo Elbaz. Lectures d'Anabase de Saint-John Perse. L'âge d'homme, 1977 : 294 p[38].
  • Guy Féquant, Saint-John Perse : qui êtes-vous ?, Paris, La Manufacture, 1986
  • Joëlle Gardes-Tamine, Saint-John Perse ou la stratégie de la seiche, Aix-en-Provence, Publications de l'Université de Marseille, 1996
  • Joëlle Gardes-Tamine, Saint-John Perse, les rivages de l'exil, biographie, Paris, Aden, 2006
  • Pierre Guerre, Portrait de Saint-John Perse, Textes établis, réunis et présentés par Roger Little, Marseille, Sud, 1989, rééd. Paris, L'Harmattan, coll. "Les Publications de La nouvelle anabase, 2011
  • Esa Hartmann, Les manuscrits de Saint-John Perse. Pour une poétique vivante, Paris, L'Harmattan, 2007
  • Albert Henry, Amers de Saint-John Perse. Une poésie du mouvement, Édition revue, Paris, Gallimard, Publications de la Fondation Saint-John Perse, 1981
  • Henriette Levillain, Le rituel poétique de Saint-John Perse, Paris, Gallimard, 1977
  • Henriette Levillain, Sur deux versants. La création poétique chez Saint-John Perse, Paris, José Corti, 1987
  • Henriette Levillain et Mireille Sacotte (dir.), Saint-John Perse, collectif, Europe, no 799-800, 1995
  • Henriette Levillain, Saint-John Perse, Paris, Librairie Arthème Fayard, coll. "Biographies littéraires", 2013
  • Roger Little, Études sur Saint-John Perse, Paris, Klincksieck, 1984
  • Catherine Mayaux, Les Lettres d'Asie de Saint-John Perse / Les récrits d'un poète, Cahiers de la NRF, Cahiers Saint-John Perse, no 12, Paris, Gallimard, 1994, Gallimard
  • Catherine Mayaux, Saint-John Perse lecteur-poète. Le lettré du monde occidental, Berne, Peter Lang, 2006
  • Renaud Meltz, Alexis Léger dit Saint-John Perse, Paris, Flammarion, « Grandes biographies », 2008
  • Pierre Pinalie (dir.), Pour Saint-John Perse : études et essais pour le centenaire de Saint-John Perse, 1887-1987, Presses universitaires créoles - L'Harmattan, 1988, (OCLC 20595520).
  • Daniel Racine (dir.), Saint-John Perse : l'obscure naissance du langage, Revue des lettres modernes, Paris, Minard, 1987, (OCLC 299838936).
  • Carol Rigolot, Forged genealogies : Saint-John Perse’s conversations with culture, Chapel Hill, North Carolina Studies in the Romance languages and literatures, 2001
  • Carol Rigolot, Saint-John Perse : La culture en dialogues, Paris, L'Harmattan, 2007
  • Carol Rigolot (éd.), Saint-John Perse intime. Journal inédit d'une amie américaine [Katherine Biddle] (1940-1970), Cahiers de la NRF, Cahiers Saint-John Perse, no 20, Paris, Gallimard, 2011, (OCLC 713180690)
  • René Rouyère, La jeunesse d'Alexis Leger (Saint-John Perse), Bordeaux, Presses Universitaire de Bordeaux, 1989
  • Mireille Sacotte, Parcours de Saint-John Perse, Paris, Champion-Slatkine, 1987
  • Mireille Sacotte, Alexis Leger / Saint-John Perse, Paris, Belfond, 1991, rééd. Paris, L'Harmattan, 1997
  • Renée Ventresque, Les Antilles de Saint-John Perse, Paris, L'Harmattan, 1993
  • Renée Ventresque, Le Songe antillais de Saint-John Perse, Paris, L'Harmattan, 1995
  • Renée Ventresque, Saint-John Perse dans sa bibliothèque, Paris, Honoré Champion, 2007
  • Renée Ventresque, La 'Pléiade' de Saint-John Perse. La Poésie contre l'Histoire, Paris, Classiques Garnier, coll. « Études de littérature XXe et XXIe siècles », 2011
  • Émile Yoyo, Saint-John Perse ou le conteur, Paris, Bordas, 1971

Choix d'articles[modifier | modifier le code]

  • Jean Bernabé, « La créolité de Saint-John Perse et le partage des émotions ancestrales », revue Archipélies no 1, 2010, p. 51-56.
  • Patrick Chamoiseau, « Méditations à Saint-John Perse », La nouvelle anabase, no 1, Paris, L'Harmattan, février 2006. Article consultable en ligne
  • Raphaël Confiant, « Saint-John Perse ou l'antique phrase humaine », revue Archipélies no 1, 2010, p. 57-64
  • Joëlle Gardes-Tamine, « Trentième anniversaire de la mort de Saint-John Perse », article consultable en ligne [2]
  • Adolphe Nysenholc, « La phrase nominale dans Amers de Saint-John Perse » in Le Français moderne, mémoire de licence, 1969, no 3
  • Bernadette et Philippe Rossignol, Ascendance antillaise d'Alexis Leger / Saint-John Perse, Centre de Généalogie et d'Histoire des Isles d'Amérique, 1982

Actes de colloques[modifier | modifier le code]

Classement chronologique

  • De l'homme au poète : Portulans pour Saint-John Perse, Pau, mars 1987, Yves-Alain Favre (dir.), 1989 (J&D Éditions)
  • Saint-John Perse : antillanité et universalité, Pointe-à-Pitre, mai 1987, Henriette Levillain et Mireille Sacotte (dir.), 1989 (Éditions caribéennes)
  • Saint-John Perse face aux créateurs, Aix-en-Provence, juin 1995, Joëlle Gardes-Tamine (dir.), Souffle de Perse, no 5-6, 1995
  • Saint-John Perse : les années de formation, Bordeaux, mars 1994, Jack Corzani (dir.), 1996 (L'Harmattan)
  • Journée d'étude : Saint-John Perse, Tunis, décembre 1995, Souffle de Perse, no 7, 1997
  • Trois poètes face à la crise de l'histoire : André Breton, Saint-John Perse, René Char, Montpellier, mars 1996, Paule Plouvier, Renée Ventresque et Jean-Claude Blachère (dir.), 1996 (L'Harmattan)
  • Journée d'étude : Saint-John Perse et la Chine, Pékin, mai 1997, Pierre Morel (dir.), 1999 (La Chine au Présent)
  • Modernité de Saint-John Perse ?, Besançon, mai 1998, Catherine Mayaux (dir.), 2001 (Presses Universitaires Franc-Comtoises)
  • Postérités de Saint-John Perse, Nice, mai 2000, Éveline Caduc (dir.), 2002 (ILF-CNRS et Association des Amis de la Fondation Saint-John Perse), consultable en ligne.[3]
  • Saint-John Perse : Atlantique et Méditerranée, Tunis, avril 2004, Samia Kassab-Charfi et Loïc Céry (dir.), La nouvelle anabase, no 3, Paris, L'Harmattan, 2007
  • Saint-John Perse (1945-1960) : une poétique pour l'âge nucléaire, Paris, janvier 2005, Henriette Levillain et Mireille Sacotte (dir.), 2005 (Klincksieck)
  • Saint-John Perse : un Prix Nobel de littérature entre Giens et Washington, Toulon & Hyères, décembre 2005, Daliel Aranjo (dir.), Méthode !, 2006 (Vallongues)
  • Journée d'agrégation, Aix-en-Provence, février 2007, Claude P. Pérez (dir.), Souffle de Perse, no 12, 2007, consultable en ligne.[4]
  • Journée d'agrégation, Paris, janvier 2007, Henriette Levillain et Mireille Sacotte (dir.), Souffle de Perse, no 13, 2008, consultable en ligne.[5]
  • Saint-John Perse en ses dictionnaires. L'idiolecte d'un poète, Cergy-Pontoise, 26 et 27 novembre 2009, Catherine Mayaux (dir.), 2013 (Honoré Champion).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir par exemple le chapitre Pseudonymes dans Mireille Sacotte, Saint-John Perse, Belfond, 1991, p. 13-20 (réédition en 1998 avec la même pagination chez L'Harmattan). On pourra également se référer à la rubrique consacrée au pseudonyme, sur le site Sjperse.org.
  2. Nicolas Servissolle, Éloges palimpseste, Éditions L'Harmattan, 2008, p. 26.
  3. Carol Rigolot, Saint-John Perse : la culture en dialogues, Éditions L'Harmattan, 2007, p. 140.
  4. « Saint-John Perse - Ne pas confondre nom et pseudonymes »,‎ 8 février 2009 (consulté le 7 septembre 2012)
  5. René Rouyère, La Jeunesse d'Alexis Leger (Saint-John Perse) : Pau-Bordeaux, 1899-1912, Presses universitaires de Bordeaux, 1989, p. 21.
  6. R. Rouyère, op. cit., p. 22.
  7. Classée depuis 1993 aux Monuments historiques. « Notice no PA00105870 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  8. Biographie d'Alexis Léger au Musée Saint-John Perse de Pointe-à-Pitre.
  9. R. Rouyère, op. cit., p. 27. Les raisons du départ définitif de la famille pour la France sont multiples
  10. R. Rouyère, op. cit., p. 28.
  11. M. Sacotte, op. cit., p. 285.
  12. R. Rouyère, op. cit., p. 123.
  13. M. Sacotte, op. cit., p. 289.
  14. François Pouillon, Dictionnaire des orientalistes de langue française, Karthala Éditions, 2008, p. 855.
  15. La question des options politiques d'Alexis Leger est complexe car d'une part, en grand commis de l’État, il s'est adapté à chaque nouveau ministre (dont Laval et Blum), d'où des évolutions. Était-il vraiment « germanophile » et l'a-t-il toujours été ? « Anglophile » assurément il l'a été, et « italianophile » assurément pas. Son « briandisme » en a fait plutôt, avant la guerre, un « pacifiste », mais le mot après guerre a été si vite assimilé à « collaborationniste » que l'intéressé a plutôt souligné, dans son autobiographie, ce qui pouvait le présenter comme un « belliciste » avant guerre, puis un « résistant » à sa façon. L'ouvrage essentiel sur le sujet est celui de Renaud Meltz, Alexis Léger dit Saint-John Perse, 2008 (Grandes biographies, Flammarion.
  16. Élisabeth Du Réau, L'idée d'Europe au XXe siècle: des mythes aux réalités, Éditions Complexe, 2001, p. 98-99.
  17. a et b M. Sacotte, op. cit., p. 300.
  18. M. Sacotte, op. cit., p. 155. Sur le sujet, voir Claude Thiébaut, Alexis Leger et la non-intervention en Espagne, in Les Français et la guerre d'Espagne, actes du colloque tenu à Perpignan les 28, 29, et 30 septembre 1989, Jean Sagnes et Sylvie Caucanas (éd.), Centre de recherche sur les problèmes de la frontière, Université de Perpignan, 1990, p. 23-43. R. Meltz conteste cette idée d'un rôle déterminant qu'aurait joué Leger dans cette affaire (op. cit., chapitre Les abstentions, p. 455-481).
  19. Nicolás Falhun, Cuerpo de Profesores de Enseñanza Secundaria. Francés. Temario Vol. III., Editorial Cep, p. 395.
  20. M. Sacotte, op. cit., p. 159.
  21. M. Sacotte, op. cit., p. 162-163.
  22. André Béziat, Franklin Roosevelt et la France (1939-1945) : la diplomatie et l'entêtement, L’Harmattan, 1997, p. 239.
  23. Cahiers Saint-John Perse, numéros 11-12, Gallimard, 1993, p. 43.
  24. Cahiers Saint-John Perse, numéro 15, Gallimard, 2001, p. 12.
  25. Dag Hammarskjöld a contribué à l’attribution du prix Nobel à Saint-John Perse par la traduction qu’il a donnée en suédois de Chronique (cf. Carlo Ossola, Seul en communion, trad. de l’italien par Nadine Le Lirzin, préface à D. Hammarskjöld, Jalons, trad. du suédois de Carl Gustaf Bjurström et Philippe Dumaine, Paris, Éditions du Félin, 2010, p. 18). Sur les conditions d'attribution du Prix Nobel de Littérature à Saint-John Perse et le rôle qu'y joua Dag Hammarskjöld, voir la synthèse établie sur le site Sjperse.org, issue du Cinquantenaire du Prix Nobel de Saint-John Perse, célébré en décembre 2010 à la Bibliothèque nationale de France.
  26. Le texte de ce discours a été publié sous le titre Poésie, il figure, comme quelques autres discours et allocutions que Saint-John Perse aura prononcés en sa vie, dans le volume de ses Œuvres complètes, il a été réédité, avec en fac-similé ses brouillons successifs, dans la revue Souffle de Perse, hors-série no 1, 2010.
  27. Jack Corzani, Saint-John Perse : les années de formation, actes du colloque de Bordeaux (17, 18 et 19 mars 1994), Éditions L'Harmattan, 1996, p. 189.
  28. Voir le panorama raisonné de l’œuvre poétique de Saint-John Perse, sur le site Sjperse.org.
  29. Voir à ce sujet la page « Saint-John Perse et la modernité » sur le site Sjperse.org.
  30. Françoise Frégnac-Clave, « Ligne de fuite : La Gloire des Rois de Saint-John Perse », The French Review, vol. 76, no 2,‎ décembre 2002, p. 358-372 (lire en ligne)
  31. Fondation Saint John Perse : Œuvres poétiques
  32. Babel Éditeur : Saint-John Perse : Étranger
  33. Ce volume a fait l'objet d'une exposition organisée par la Fondation Saint-John Perse à Aix-en-Provence en 2006.[1] Le dernier ouvrage de Renée Ventresque chez Garnier, paru en mai 2011 (voir la bibliographie), lui est entièrement consacré.
  34. BNF (Catalogue collectif de France) : Lettre sur Jacques Rivière, 13 mars 1925
  35. BNF (Catalogue collectif de France) : Silence pour Claudel, 4 mars 1955
  36. BNF (Catalogue collectif de France) : Hommage à la mémoire de Rabindranath Tagore, (1961)
  37. BNF (Catalogue collectif de France) : Cahiers du Sud. 9 lettres de Saint-John Perse aux "Cahiers du Sud"
  38. Shlomo Elbaz, Lectures d'Anabase de Saint-John Perse : Le désert, le désir, Suisse, L'Age d'homme,‎ 1977, 294 p. (ISBN 978-2-8251-2924-1, lire en ligne)