Sadi Carnot (homme politique)

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Sadi Carnot
Portrait officiel du président Sadi Carnot.
Portrait officiel du président Sadi Carnot.
Fonctions
5e président de la République française
3 décembre 188725 juin 1894
(&&&&&&&&&&&023966 ans, 6 mois et 22 jours)
Président du Conseil Maurice Rouvier
Pierre Tirard
Charles Floquet
Pierre Tirard
Charles de Freycinet
Émile Loubet
Alexandre Ribot
Charles Dupuy
Jean Casimir-Perier
Prédécesseur Jules Grévy
Successeur Jean Casimir-Perier
Ministre des Finances
16 avril 188511 décembre 1886
Président Jules Grévy
Gouvernement Brisson I
de Freycinet III
Prédécesseur Jean-Jules Clamageran
Successeur Albert Dauphin
Ministre des Travaux publics
616 avril 1885
Président Jules Grévy
Gouvernement Brisson I
Prédécesseur David Raynal
Successeur Charles Demole
Ministre des Travaux publics
23 septembre 188014 novembre 1881
Président Jules Grévy
Gouvernement Ferry I
Prédécesseur Henri Varroy
Successeur David Raynal
Biographie
Nom de naissance Marie François Sadi Carnot
Date de naissance 11 août 1837
Lieu de naissance Limoges, Haute-Vienne (France)
Date de décès 25 juin 1894 (à 56 ans)
Lieu de décès Lyon, Rhône (France)
Parti politique Républicain modéré
Conjoint Cécile Dupont-White
Diplômé de Polytechnique
Ponts et Chaussées
Profession Ingénieur
Religion Église catholique romaine

Sadi Carnot (homme politique)
Présidents de la République française

Sadi Carnot, né le 11 août 1837 à Limoges et mort le 25 juin 1894 à Lyon (2e arrondissement), de son nom complet Marie François Sadi Carnot, est un homme d'État français. Il fut président de la République du 3 décembre 1887 au 25 juin 1894, date de son assassinat.

Haut fonctionnaire de carrière, Sadi Carnot, avant de se faire élire à l'Élysée, avait assumé de nombreuses charges politiques et gouvernementales : député de la Côte-d'Or, préfet de la Seine-Inférieure, puis sous-secrétaire d'État aux Travaux, il fut nommé ministre des Travaux publics, puis des Finances.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Plaque du boulevard Carnot, à Limoges
Article détaillé : Famille Carnot.

Sadi Carnot[1] est le fils de Lazare Hippolyte Carnot, le petit-fils de Lazare Carnot (le Grand Carnot), neveu de l'autre Sadi Carnot, le frère de Marie-Adolphe Carnot et le père d'Ernest Carnot. C’est à son grand-père, que Carnot doit son prénom de Sadi. Lazare, avant d’être révolutionnaire (organisateur de la victoire en 1793), était humaniste, et grand admirateur du poète persan Saadi de Shiraz, chantre des femmes, du vin et des roses. Il décida que ce prénom serait porté par son fils aîné, qui disparut prématurément à l'âge de 36 ans.

La famille maternelle de Sadi Carnot est originaire des départements de la Charente et de la Haute-Vienne, ce qui explique le lieu de naissance du futur président. Sa mère, Jeanne-Marie Dupont-Savignat (1816-1897), est la fille de François Dupont-Savignat (1769-1846), né à Chabanais, frère du général d'Empire Pierre Dupont de l'Étang, aïeul de la Famille Panon Desbassayns de Richemont. La famille Savignat a donné son nom à un château près de Chabanais. Sadi Carnot a d'ailleurs été baptisé en l'église de Grenord. Par sa grand-mère maternelle, Sadi Carnot descend de Jean-Baptiste Nieaud, maire de Limoges à la Révolution française.

(Voir plus bas le paragraphe Généalogie).

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Joseph Carnot
 
Lazare Carnot
 
Claude-Marie Carnot
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Sadi Carnot (physicien)
 
Lazare Hippolyte Carnot
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Sadi Carnot (président) Adolphe Carnot

Ses débuts[modifier | modifier le code]

Portrait par Théobald Chartran.

Il est l'élève du lycée Condorcet puis de l'École Polytechnique (Promotion X1857) et enfin de l'École des ponts et chaussées dont il sort major en 1863. Après ses études, il devient ingénieur en chef de la Haute-Savoie, où il conçoit et fait construire vers 1874 le fameux système de régulation de la sortie des eaux du lac d'Annecy, communément appelé « les vannes du Thiou ». Joyau technique et architectural, elles ont permis de remonter le niveau du lac (2 759 hectares) de 20 cm afin d'assurer aux usines un débit constant toute l'année ; à eux seuls, ces 20 cm permettent d'assurer 16 jours de débit à l'étiage (4 m3/s). Il est également le concepteur du pont Carnot qui porte son nom[2], qui franchit le Rhône entre les départements de l'Ain et de la Haute-Savoie.

Il est élu député de la Côte-d'Or en 1871, et occupe des postes de haut fonctionnaire, notamment au Conseil supérieur des Ponts et Chaussées, puis il est nommé préfet de la Seine-Inférieure.

Le 1er juin 1863, il épouse à Paris, Cécile Dupont-White. De cette union sont issus quatre enfants : Claire (1864-1920) qui épousera Paul Cunisset, Sadi (1865-1948, colonel dans l'infanterie), Ernest (1866-1955, ingénieur civil des mines et député de la Côte-d'Or) et François (1872-1960), ingénieur des Arts et Manufactures, également député de la Côte-d'Or (1902-1910) et de la Seine-et-Oise (1910-1914). La fille aînée de François Carnot, Anne Carnot (1898-1985) épousera René Giscard d'Estaing (1891-1945), oncle de Valéry Giscard d'Estaing, et postérité.

Ministre[modifier | modifier le code]

Sous-secrétaire d'État aux Travaux publics puis ministre des Travaux publics, il devient ministre des Finances en 1885 dans le gouvernement de Charles de Freycinet. Ce dernier explique dans ses Souvenirs comment la Commission du budget de la Chambre des députés attaqua le budget présenté par Sadi Carnot, et exigea la suppression des sous-préfets que Freycinet et Sadi Carnot refusèrent évidemment, ce qui provoqua la chute du gouvernement en décembre 1886 et par voie de conséquence la montée du Boulangisme[3].

Président de la République[modifier | modifier le code]

À la suite de la démission de Jules Grévy, mis en cause dans l'affaire des décorations, Sadi Carnot est élu président de la République le 3 décembre 1887. Le début de son mandat est marqué par l'agitation boulangiste et le scandale de l'affaire de Panama (1892), ainsi que par le rapprochement avec la Russie, dans le cadre de l'alliance franco-russe. Il est décoré de l'Ordre de Saint-André par Alexandre III.

Assassinat[modifier | modifier le code]

Plaque commémorant l'assassinat de Sadi Carnot, rue de la République, à Lyon

Dans un contexte d'agitation syndicale et anarchiste (une partie des lois relatives à la liberté individuelle et aux délits de presse visant à réprimer cette agitation, qualifiées de lois scélérates par l'opposition socialiste, venaient d'être votées), Sadi Carnot est blessé d'un coup de poignard par l'anarchiste italien Sante Geronimo Caserio le 24 juin 1894, alors qu'il quittait, par une issue secondaire pour éviter la foule, un banquet organisé à la Chambre de commerce à l'occasion de l'exposition universelle, internationale et coloniale à Lyon. Le député Gaston Doumergue, futur président de la République, est témoin de la scène. Caserio est guillotiné le 16 août suivant pour le crime.

Le président de la République meurt des suites de ses blessures[4], peu après minuit, le 25 juin 1894. Sadi Carnot était particulièrement haï dans les rangs anarchistes pour avoir refusé la grâce d'Auguste Vaillant, auteur de l'attentat à la Chambre des Députés.

Son assassinat fait adopter par la Chambre la dernière et la plus marquante des lois scélérates visant les anarchistes et leur interdisant tout type de propagande. Elle a été abrogée en 1992.

Il repose au Panthéon de Paris avec son grand-père Lazare Carnot.

Décorations[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • Une médaille à l'effigie de Sadi Carnot a été exécutée par le graveur Alphée Dubois à l'occasion de l'élection de Carnot à la présidence de la République en 1887. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 0203).
  • Le graveur Oscar Roty réalisa une plaquette à l'occasion des funérailles du président le 1er juillet 1894 représentant la France en deuil et le cercueil porté au Panthéon. Un exemplaire en bronze est conservé au musée d'Orsay[5] ; un exemplaire en argent est conservé au Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris (don Jean-David Jumeau-Lafond).
  • Un monument a été érigé en 1897, après souscription populaire, à Angoulême, sur le rempart Desaix, où il est toujours visible. Ce monument, conçu et réalisé par le sculpteur charentais Raoul Verlet, représente un buste du président assassiné entouré de deux allégories : celle de la renommée (portant une branche d'olivier et une couronne de laurier) et celle de la France en veuve éplorée.
  • Au pied de la fontaine de la place Plumancy, des plaques mentionnent les noms de personnalités de l'époque à laquelle le monument fut érigé : Sadi Carnot figure parmi eux[6].
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Généalogie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le patronyme Carnot désignerait celui qui était trapu, corpulent, de carnot, carrenot, diminutif de l'adjectif carré (surnom d'un homme trapu, corpulent) (Sources : Généanet.org/onomastique).
  2. Sadi Carnot (homme politique) en français, allemand et anglais sur le site web Structurae. Consulté le 19 novembre 2012.
  3. Souvenirs de Ch. de Freycinet, chapitre 10
  4. Malgré les soins prodigués par le docteur Gailleton, alors maire de Lyon, et l’intervention chirurgicale conduite par Antonin Poncet, entouré de Louis Léopold Ollier, Fabre et Michel Gangolphe ; les chirurgiens ne purent venir à bout de l’hémorragie provoquée par des lésions multiples de la veine porte.
  5. Dans le deuil de la Patrie
  6. Chantal Gibert, « Périgueux : l'eau jaillit à nouveau à la fontaine Plumancy », Sud Ouest,‎ 19 juillet 2012 (lire en ligne).
  7. Généastar : Ascendants de Sadi CARNOT

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Harismendy, Sadi Carnot : L'Ingénieur de la République, Perrin, 1995, 435 p.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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