Françoise Barré-Sinoussi
Françoise Barré-Sinoussi
Françoise Barré-Sinoussi lors d'une conférence de presse le 6 décembre 2008 à l'Institut Karolinska.
| Naissance | 30 juillet 1947 Paris (France) |
|---|---|
| Nationalité | |
| Champs | Virologie, Immunologie |
| Institutions | INSERM, Institut Pasteur |
| Diplômé de | Université de Paris |
| Renommé pour | Travaux sur le VIH |
| Distinctions | Prix Nobel de physiologie ou médecine 2008 |
Françoise Barré-Sinoussi (30 juillet 1947 à Paris) est une chercheuse française en virologie. En 1983, elle a participé à la découverte du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) à l'origine du sida lorsqu'elle faisait partie, à l'Institut Pasteur, de l'équipe de Luc Montagnier. Le 6 octobre 2008, elle est corécipiendaire avec ce dernier de la moitié du Prix Nobel de médecine pour leur découverte[1].
Sommaire |
Biographie[modifier]
Françoise Barré-Sinoussi obtient son baccalauréat en 1966 puis fait des études supérieures de biologie à la faculté des sciences de l'université de Paris où elle obtient le diplôme universitaire d'études scientifiques chimie-biologie en 1968, la maîtrise en biochimie en 1971 et le diplôme d'études approfondies en 1972. Elle rejoint dès 1971 le laboratoire de Jean-Claude Chermann au sein du service d'immunochimie de l'Institut Pasteur à Garche et obtient le doctorat d'état en 1974. Elle travaille ensuite un an aux Etats-Unis comme attachée de recherche de la National Science Foundation, puis est recrutée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale en tant qu'attachée (1975-1980), chargée de recherche (1980-1986), puis directrice de recherche (à partir de 1986). Elle travaille jusqu'en 1988 au sein du laboratoire de J.-C. Chermann qui intègre l'unité d'oncologie virale de Luc Montagnier à partir de 1974, puis prend la tête de son propre laboratoire en 1988.
En janvier 1983, Willy Rozenbaum envoie la première biopsie ganglionnaire d'un patient atteint de « lymphadénopathie généralisée », c'est-à-dire au stade de « pré-sida » (avant l'apparition d'une immunodéficience profonde), prélevée à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Luc Montagnier, après avoir disséqué le ganglion qui lui a été confié, le met en culture. Pendant les trois semaines qui suivent, Jean-Claude Chermann et Françoise Barré-Sinoussi analysent régulièrement l'activité rétrotranscriptase du surnageant des cultures afin de déterminer l'éventuelle présence d'un rétrovirus. Une telle activité est détectée, mais elle s'associe systématiquement à une mort cellulaire. D'où l'idée d'impliquer les équipes du centre de transfusion sanguine de Pasteur afin de récupérer des globules blancs de donneurs, de les mettre en culture et d'y injecter le surnageant des cultures. L'activité enzymatique rétrovirale est à nouveau détectée et l'effet cytopathogène du virus sur les lymphocytes CD4 est prouvé[2].
Les autres personnes qui ont participé à la découverte du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) sont Willy Rozenbaum, Françoise Brun-Vézinet et Jean-Claude Chermann[3]. Pendant les années qui suivirent, le débat fut assez vif quant aux mérites respectifs de l'Institut Pasteur et du groupe de Robert Gallo dans la découverte du virus. La remise du prix Nobel constitue à ce titre une reconnaissance forte du rôle de l'Institut Pasteur, en particulier des rôles de Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi[4]. Toutefois, les partisans de Robert Gallo continuent à critiquer le choix du comité Nobel[5].
En 1988, elle intègre l'Institut Pasteur où elle occupe le poste de chef d’unité. Entre 1988 et 1998, elle participe à des programmes collectifs sur la recherche du vaccin contre le VIH, utilisant des primates.
Françoise Barré-Sinoussi devient responsable de son propre laboratoire à l'Institut Pasteur en 1998 et met en place des programmes de recherche sur les déterminants viraux et des hôtes de la pathogénèse du VIH. En 2008, sa recherche se tourne vers les régulations congénitales des infections par le VIH.
En 2012, elle sera présidente de l'International AIDS Society (en), première société internationale indépendante de chercheurs et de médecins contre le VIH/sida.
Prix et distinctions[modifier]
Durant sa carrière, elle a été récompensée par plusieurs prix, dont le Prix Nobel de physiologie ou médecine avec Luc Montagnier le 6 octobre 2008 pour sa découverte du VIH.
Elle a été élevée à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur le 29 mars 2013[6] (commandeur le 1er janvier 2009[7] ; officier en 2006).
Publications[modifier]
- 1987 : Le Sida en question, avec Jean-Claude Chermann et Willy Rozenbaum, Paris, Plon, coll. « Témoins d'aujourd'hui », 181 p. (ISBN 2-259-01450-X)
- 2012 : Pour un monde sans sida : Un combat partagé, entretiens avec François Bouvier, Paris, Albin Michel, 169 p. (ISBN 978-2-226-23069-0)
Notes et références[modifier]
- (en) The Nobel Prize in Physiology or Medicine 2008, Fondation Nobel, 6 octobre 2008. Consulté le 6 octobre 2008.
- (en) Françoise Barré-Sinoussi, Jean-Claude Chermann, Françoise Rey, Marie-Thérèse Nugeyre, Sophie Chamaret, Jacqueline Gruest, Charles Dauguet, Claudine Axler-Blin, Françoise Vézinet-Brun, Christine Rouzioux, Willy Rozenbaum et Luc Montagnier, « Isolation of a T-lymphotropic Retrovirus From a Patient at Risk for Acquired Immune Deficiency Syndrome (AIDS) », Science, vol. 4599, no 220, 20 mai 1983, p. 868-71 [lien PMID, lien DOI].
- Patrick Berche, Une histoire des microbes, Montrouge, John Libbey Eurotext, coll. « Médecine sciences / Sélection », 2007, 307 p. (ISBN 978-2-7420-0674-8).
- « Juste Nobel », Le Monde, 8 octobre 2008 [texte intégral].
- « Le prix Nobel de médecine controversé », Courrier international, 7 octobre 2008.
- Décret du 29 mars 2013
- « La Légion d'honneur du Nouvel An », Le Figaro, 1er janvier 2009.
Sources[modifier]
- « La découverte du virus du Sida en 1983 », sur le site de l'Institut Pasteur
- Alain Valentini, « Sida, l'épineuse recherche d'un vaccin », Le Monde diplomatique, mars 1998
Liens externes[modifier]
- Notices d’autorité : Système universitaire de documentation • Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • WorldCat
- (en) Unité de Régulation des Infections Rétrovirales (unité de recherche dirigée par Françoise Barré-Sinoussi), sur le site de l'Institut Pasteur
- (en) Françoise Barré-Sinoussi - Autobiography, sur le site de la Fondation Nobel