Jules-Louis Breton

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Jules-Louis Breton
Jules-Louis Breton en 1914
Jules-Louis Breton en 1914
Fonctions
Parlementaire français
Député du Cher (1898-1921)
Sénateur du Cher (1921-1930)
Gouvernement IIIe République
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 68 ans)

Jules-Louis Breton, né à Courrières (Pas-de-Calais) le et mort à Meudon le , est un inventeur, organisateur de la recherche et homme politique français. Jules-Louis Breton était issu d'une famille bourgeoise. Son grand-père, son père et un de ses oncles se succédèrent à la mairie de Courrières à partir de 1848. Son oncle Jules Breton (1827-1906) fut un peintre réputé dont les œuvres sont exposées au musée d'Orsay (Le rappel des glaneuses), dans de nombreux musées nationaux (La bénédiction des blés en Artois) et aux États-Unis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jules-Louis Breton se lança dans le militantisme socialiste dès ses années d'étudiant. Il n'acheva pas son parcours universitaire, mais il fut un des initiateurs des premiers groupes estudiantins socialistes au Quartier latin dès 1893. Il fut emprisonné un an pour un article un peu vif contre le président Carnot au moment des attentats anarchistes. Disciple du "blanquiste" Édouard Vaillant (1840-1915), animateur du Comité révolutionnaire central, puis du Parti socialiste révolutionnaire, il fut choisi par son mentor pour prendre dès 1898 la succession de Baudin comme député du Cher. Constamment réélu, jusqu'à son accès au Sénat en 1921, il devint un socialiste défenseur des réformes parlementaires et des alliances à gauche, proche de Jaurès, puis de Albert Thomas et Henri Sellier, mais aussi de Briand, Viviani et Painlevé. Au congrès de Toulouse () il fut seul à s'abstenir sur la motion de synthèse présentée par Jaurès en faveur de "l'évolution révolutionnaire" et il s'éloigna sans trop de bruit de la SFIO en 1910. Il resta un homme de gauche, rationaliste et anticlérical, partisan de réformes sociales et éducatives, passionné par les recherches scientifiques et leurs applications.

Pendant la Grande Guerre, il dirigea le service des inventions et expériences techniques. Il fut sous-secrétaire d'État aux inventions intéressant la défense nationale (mise au point du char d'assaut) en 1916-1917 dans les gouvernements Briand, Ribot et Painlevé. En 1918, il lance un programme destiné à évaluer les potentialités de l'électroculture[1]. Il fut élu membre libre de l'Académie des sciences en 1920. Ministre de l'Hygiène, de l'Assistance et de la Prévoyance sociales en 1920-1921, il fut chargé de rapporter de nombreuses lois sociales.

Il créa en 1923 le Salon des arts ménagers où son fils continua son œuvre. Il resta sénateur du Cher jusqu'en 1930, et fut jusqu'en 1938 directeur de l'Office national des recherches scientifiques et industrielles et des inventions (ONRS aujourd'hui CNRS), président de la Commission supérieure des inventions et directeur de la Station nationale de recherches et expériences techniques, et donc l'homme essentiel de la politique publique de la recherche pendant presque tout l'entre-deux-guerres. Il affronta avec courage une grave maladie qui le paralysait progressivement, multipliant les inventions et procédés pour continuer à travailler avant de se laisser mourir désespéré par la défaite de 1940.

Source[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Denis Guthleben, « Les folles années des inventions », La Recherche, no 456,‎ octobre 2011, p. 67. (lire en ligne)
  2. Archives nationales