Gabriel Lippmann

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Gabriel Lippmann

alt=Description de l'image Gabriel_Lippmann2.jpg.
Naissance 16 août 1845
Bonnevoie (Luxembourg)
Décès 13 juillet 1921 (à 75 ans)
À bord du paquebot France en route vers le Havre[1]
Institutions Faculté des sciences de Paris
Diplôme Ecole normale supérieure, Faculté des sciences de Paris
Distinctions prix Nobel de physique 1908
La maison natale de Gabriel Lippmann à Luxembourg-Bonnevoie, en 2011.

Jonas Ferdinand Gabriel Lippmann[2] (16 août 1845 - 13 juillet 1921[3]) est un physicien français. Il est lauréat du prix Nobel de physique de 1908 « pour sa méthode de reproduction des couleurs en photographie, basée sur le phénomène d'interférence[4] ». Sa découverte permet la reconstitution intégrale de l’ensemble des longueurs d’onde réfléchies par un objet.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille française, père lorrain, mère alsacienne, Gabriel Lippmann naît à Bonnevoie (commune de Hollerich)[5] au Luxembourg. Il fait ses études à Paris, au lycée Napoléon (actuellement lycée Henri-IV), où Charles d'Alméida lui donne le goût des sciences, puis à l'École normale supérieure, où il entre en 1868. Élève brillant mais indiscipliné, il échoue au concours d'agrégation. Son parcours scolaire ne fut pas très réussi, parce qu'il s'est concentré seulement sur les disciplines qui l'intéressaient et a négligé les autres. Il part alors en Allemagne, en 1872, pour une mission scientifique officielle et travaille avec Kühne et Kirchhoff à Heidelberg et avec Helmholtz à Berlin. Il commence alors ses recherches sur les phénomènes électrocapillaires.

Lippmann rentre à Paris au début de 1875, et, le 24 juillet, soutient devant la Faculté des sciences de Paris sa thèse pour le doctorat ès sciences intitulée Relations entre les phénomènes électriques et capillaires[6]. Sa thèse fit sensation et il rejoint alors en tant qu'attaché le laboratoire de recherches physiques de la faculté des sciences de Paris dirigé par Jules Jamin, jusqu'à sa nomination comme maître de conférence à la faculté des sciences de Paris en 1878.

En 1881, il prédit l'effet piézoélectrique inverse - un champ électrique appliqué à certaines faces de corps cristallisés produit une déformation de ce corps - après que les frères Curie eurent, l'année précédente, fait connaître l'effet direct.

En 1883, il est nommé professeur titulaire de la chaire de calcul des probabilités et de physique mathématique à la Faculté des sciences de Paris, succédant à Charles Briot, puis en 1886 professeur de physique générale et directeur du laboratoire des recherches physiques, à la mort de Jules Jamin. La même année, il est élu à l’Académie des sciences, en remplacement de Paul Desains (G. Lippmann 31 voix, Henri Becquerel 20 voix), académie qu'il présida en 1912. Lippmann s'occupe du transfert du laboratoire des recherches physiques dans les nouveaux bâtiments de la Sorbonne. En 1893, on compte 25 chercheurs au sein du laboratoire, dont Emile Amagat, Anatole Leduc et Marie Curie.

Il est président d'honneur de la Société française de photographie de 1897 à 1899, succédant à Étienne-Jules Marey, et participe à la création de l'Institut d'optique théorique et appliquée (SupOptique).

Lippmann a travaillé dans de nombreux domaines comme l'électricité, la thermodynamique, l'optique et la photochimie. À Heidelberg, il a étudié le rapport entre les phénomènes électriques et les phénomènes capillaires. Il est l'origine de l'invention de l’électromètre capillaire, utilisé dans les premiers électrocardiographes, et du coelostat, instrument compensant la rotation de la Terre et permettant de photographier une région du ciel rendue apparemment fixe.

Il a inventé le procédé de photographie en couleurs Lippmann, qui reste à ce jour (2005) le seul à pouvoir fixer l'ensemble des couleurs du spectre au lieu d'en faire une décomposition trichrome (qui pour sa part est irréversible). Le procédé, qui fixe les franges d'interférence de la lumière, est onéreux (usage de mercure) et demande un important temps de pose, mais n'a pas été à ce jour (2006) dépassé en qualité. Il reste en particulier le seul à permettre une analyse chromatographique complète a posteriori des couleurs fixées, ce qui est par nature impossible avec les procédés trichromes.

Le Centre de recherche public Gabriel Lippmann au Luxembourg[7] a été nommé ainsi en son honneur. On peut voir une photographie Lippmann au Palais de la découverte, section d'optique (premier étage).

Photographie[modifier | modifier le code]

Nature morte (1891-1899), photographie couleur réalisée par Gabriel Lippmann.

Le professeur Lippmann avait développé la théorie générale de son procédé de reproduction photographique des couleurs en 1886 mais elle ne fut présentée qu'en 1891. Ce procédé repose sur une méthode interférentielle. En 1893, il pouvait présenter à l'académie des photographies prises par les frères Lumière dans lesquelles les couleurs étaient produites avec un orthochromatisme excellent. Il a publié sa théorie complète en 1894. Pour fixer les couleurs, il utilise une plaque de verre recouverte d’une émulsion photosensible à base de nitrate d'argent et de bromure de potassium. Lors de la prise de vue, la couche sensible est placée au contact de mercure. À la surface du mercure se forment des ondes stationnaires qui font réagir la couche sensible selon des minima et des maxima d'intensité correspondent aux ventres et aux nœuds des ondes stationnaires. Permettant ainsi de reproduire les couleurs de manière directe, et non indirecte comme on le fait avec la synthèse trichrome couramment utilisée aujourd'hui.

Ce procédé ne doit pas être confondu avec celui des autochromes des mêmes frères Lumière, plus connus, et qui nous ont offert des images en couleurs de la fin du XIXe siècle. Ce dernier procédé fonctionnait pour sa part avec des pigments.

En 1897, il reçoit la médaille du progrès de la Royal Photographic Society[8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. Acte de naissance, cf. R. Grégorius (1984): Gabriel Lippmann. Notice biographique. In: Inauguration d'une plaque à la mémoire de Gabriel Lippmann par le Centre culturel et d'éducation populaire de Bonnevoie et la Section des sciences de l'Institut grand-ducal. Bonnevoie, le 13 avril 1984: 8-20.
  3. (en) Gabriel Lippman, Scientist, Dies at Sea, The New York Times, 14 juillet 1921
  4. (en) « for his method of reproducing colours photographically based on the phenomenon of interference » in Personnel de rédaction, « The Nobel Prize in Physics 1908 », Fondation Nobel, 2010. Consulté le 13 juin 2010
  5. Bonnevoie était l'une des localités formant la commune de Hollerich qui a été rattachée à la ville de Luxembourg en 1920, cf. page 82, J.A. Massard (1997): Gabriel Lippmann et le Luxembourg. In J.P. Pier & J.A. Massard (éds): Gabriel Lippmann: Commémoration par la section des sciences naturelles, physiques et mathématiques de l’Institut grand-ducal de Luxembourg du 150e anniversaire du savant né au Luxembourg, lauréat du prix Nobel en 1908. Luxembourg, Section des sciences naturelles, physiques et mathématiques de l’Institut grand-ducal de Luxembourg en collaboration avec le Séminaire de mathématique et le Séminaire d’histoire des sciences et de la médecine du centre universitaire de Luxembourg: 81-111.
  6. Gabriel Lippmann, Relations entre les phénomènes électriques et capillaires, Paris, Gauthier-Villars,‎ 1875 (lire en ligne)
  7. Centre de recherche public Gabriel Lippmann
  8. Progress Medal

Liens externes[modifier | modifier le code]

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