Georges Bidault

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Georges Bidault
Bidault (à la droite du général de Gaulle) en août 1944.
Bidault (à la droite du général de Gaulle) en août 1944.
Fonctions
Président du Gouvernement provisoire de la République française
et Affaires étrangères
(Chef de l’État de facto et 126e chef du gouvernement)
24 juin 194616 décembre 1946
Gouvernement 4e gouvernement provisoire
Législature IIe constituante
Prédécesseur Félix Gouin
Successeur Léon Blum
117e président du Conseil des ministres français
(133e chef du gouvernement)
28 octobre 194924 juin 1950
Législature Ire législature
Prédécesseur Henri Queuille
Successeur Henri Queuille
Vice-président du conseil
2 juillet 195012 juillet 1950
Président Vincent Auriol
Gouvernement gouvernement Henri Queuille (2)
10 mars 195111 août 1951
Gouvernement gouvernement Henri Queuille (3)
Vice-président du conseil
et ministre de la défense nationale
11 août 19518 mars 1952
Président Vincent Auriol
Gouvernement gouvernement René Pleven (2)
gouvernement Edgar Faure (1)
Président du MRP
19491952
Prédécesseur Maurice Schumann
Successeur Pierre-Henri Teitgen
Parlementaire français
Député 1945-1962
Gouvernement IVe République-Ve République
Groupe politique MRP (1945-1958)
NI (1958-1962)
Biographie
Nom de naissance Georges-Augustin Bidault
Date de naissance 5 octobre 1899
Lieu de naissance Moulins, (Allier), (France)
Date de décès 26 janvier 1983 (à 83 ans)
Lieu de décès Cambo-les-Bains, (Pyrénées-Atlantiques), (France)
Nationalité français
Parti politique MRP
Profession enseignant
Religion catholique
Résidence Loire
Chefs du gouvernement français

Georges-Augustin Bidault, né le 5 octobre 1899 à Moulins (Allier) et mort le 26 janvier 1983 à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques), est un résistant et un homme politique français, successeur de Jean Moulin à la tête du Conseil national de la Résistance, ministre et Président du Conseil sous la IVème République.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et professorat[modifier | modifier le code]

Il est issu d'une famille de propriétaires ruraux attachés au catholicisme - plusieurs de ses membres ont appartenu au clergé -, Georges Bidault[1] fait ses études primaires et secondaires dans un établissement tenu par des Jésuites français chassés par la politique anticléricale de la Troisième République, à Bollengo dans le nord de l'Italie. Ses premières convictions politiques semblent avoir été forgées par la lecture d'une biographie du catholique libéral Charles de Montalembert.

Licencié en histoire à 18 ans, il est reçu premier à l'agrégation d'histoire et géographie en 1925[2], devant Pierre Brossolette et Louis Joxe.

Nommé à Reims de 1926 et 1931[3], il y noue des liens étroits avec l'un de ses élèves, le futur sociologue Roger Caillois qui, en 1971 écrit, à Bidault : « L'Histoire est, de loin, la moindre part de l'enseignement que j'ai reçu de vous. Vous m'avez appris bien davantage du côté du style et de la conduite de vie. » Puis, au lycée Louis-le-Grand, à Paris, il a pour élèves Jean Ferniot et Jean d'Ormesson, qui évoquera plus tard « l'éloquence froide » de son professeur et son « originalité d'esprit ».

Le militant démocrate-chrétien[modifier | modifier le code]

Membre de l'Association catholique de la jeunesse française (ACJF) après la Première Guerre mondiale, Bidault adhère au Parti démocrate populaire (PDP) en 1931.

En avril 1936, il est candidat de ce parti aux élections législatives, dans la circonscription de Domfront (Orne) contre le député sortant Georges Roulleaux-Dugage, mais est battu dès le premier tour[4].

C'est comme éditorialiste du quotidien catholique l'Aube à partir de 1934 que Bidault se fait connaître.

La guerre et l'Occupation[modifier | modifier le code]

Il est fait prisonnier en 1940, il est libéré en sa qualité d'ancien combattant de la guerre de 1914-1918 en juillet 1941 et affecté au Lycée du Parc, à Lyon.

Il entre dans la Résistance dans le mouvement « Combat » à Lyon. Dans son travail clandestin, il est aidé par sa secrétaire particulière Laure Diebold.

En juin 1943, il succède à Jean Moulin comme président du Conseil national de la Résistance.

La IVème République[modifier | modifier le code]

Le 26 août 1944, lors du défilé de la libération de Paris, Bidault descend les Champs-Élysées aux côtés du général de Gaulle, qui lui aurait alors lancé : « Redressez-vous, Bidault ! ». Pour une raison inconnue, il sera effacé de ces photos par la suite[5].

Au début de la IVe République, il est l'un des fondateurs du MRP, principale force politique chrétienne-démocrate qui ait jamais existé en France. Il en devient président d’honneur en 1952.

Il est élu député de la Loire en 1945 et conserve ce mandat jusqu'en 1962.

De septembre 1944 à juin 1954, il participe à de nombreux gouvernements, souvent comme ministre des Affaires étrangères. Il est par deux fois chef du gouvernement :

Il négocie pour la France la Charte des Nations unies, est l'un des signataires du traité franco-britannique de Dunkerque en 1947. Face au « coup de Prague » et au blocus de Berlin, il mène une politique anticommuniste. En 1948, il signe le traité de Bruxelles instituant l'Union de l'Europe occidentale. Il est favorable à la CED tout en négociant des protocoles additionnels qui limitent la portée supranationale du traité.

En août 1953 il joue un rôle important dans la déposition du sultan du Maroc. Il est candidat à la présidence de la République lors des deux premiers tours en décembre 1953.

Bidault critique la politique indochinoise d'Émile Bollaert en 1947 et de Pierre Mendès France en 1954 et la politique nord-africaine d'Edgar Faure en 1955.

Partisan de l'Algérie française, il s’oppose à toute création d’un exécutif algérien en 1957. Il est l'un des 80 députés qui votent l'« amendement Salan » selon lequel le gouvernement peut procéder à des appels sous les drapeaux des citoyens français appartenant à la disponibilité et à la première réserve domiciliés en Algérie.

La Vème République[modifier | modifier le code]

En 1958, il vote l’investiture du gouvernement du général de Gaulle. Il se sépare du MRP et crée la Démocratie chrétienne de France qui n’aura qu’un succès électoral limité.

Par la suite, il constate que le général de Gaulle s'oriente vers le retrait de la France en Algérie et se rallie aux extrémistes de l'OAS. Après le cessez-le-feu (18 mars), avec Jacques Soustelle, Antoine Argoud et Pierre Sergent, il constitue le 20 mai 1962 à Rome, le comité exécutif du Conseil national de la Résistance, visant à défendre l’Algérie française. Bidault est désigné comme président de cet organisme.

En juillet 1962 au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, son immunité parlementaire est levée en raison de ces activités subversives.

Il quitte la France en 1963. Menant une vie clandestine, et apprenant l’enlèvement du colonel Antoine Argoud à Munich par des hommes des services spéciaux français, Bidault publie un article virulent et est expulsé d’Allemagne ; le Portugal l’expulse à son tour vers le Brésil, où il passera, avec son épouse, plus de quatre ans.

Il revient en Belgique en 1967, et, suite à l'amnistie des anciens responsables de l'OAS (conséquence inattendue des événements de mai 1968) rentre en France en juin 1968. Il crée le mouvement Justice et Liberté, qui soutient Alain Poher lors de l’élection présidentielle de 1969.

Lors de la création du Front National en octobre 1972 sous l'égide d'Ordre nouveau, il participe aux tractations, mais s'en retire au bout de quelques jours, refusant « le compagnonnage des "petites frappes fascistes" d'Alain Robert[6] ».

En 1981, il soutient le candidat Jacques Chirac.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Georges Bidault a épousé Suzanne Borel, première femme à avoir été attachée d'ambassade en 1930, et qui devint directrice-adjointe de son cabinet; elle a largement inspiré le personnage de « Mademoiselle Crapotte » dans le roman autobiographique de son collègue le diplomate-écrivain Roger Peyrefitte La Fin des ambassades - qui se moque aussi du côté « petit prof » de Bidault - et apparaît également dans ses Mémoires secrets.

Georges Bidault a été inhumé à La Celle-les-Bordes dans les Yvelines.

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources
Livres
  • Barthélémy Ott, Georges Bidault, l’indomptable, Imprimerie du Vivarais, 1975.
  • Jacques Dalloz, Georges Bidault, Biographie politique, L'Harmattan, 1993.
  • Jean-Claude Demory, Georges Bidault, Éditions Julliard, 1995.
  • Jean-Rémy Bézias, Georges Bidault et la politique étrangère de la France (États-Unis, Europe, Proche-Orient), 1944-1948, L'Harmattan, 2006.
Filmographie

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le patronyme Bidault désigne celui qui est un descendant de Bidault, ancien prénom (nom de personne), du germanique Bidwald, de bid : « espoir », et de wald : « qui gouverne ». C'est dans le Loiret que le patronyme est le plus répandu, ainsi que dans la Saône-et-Loire (Sources : Généanet.org/onomastique).
  2. André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1950 », sur Ressources numériques en histoire de l'éducation (consulté le 19 juin 2014).
  3. Annuaire de la guerre, Association amicale des anciens élèves du lycée de Reims, impr. Matot-Braine (Reims), 1920 disponible sur Gallica
  4. Culture.gouv.fr
  5. Marc Ferro, « Instrumentalisation – Cinéma d’histoire et manipulation », in Dictionnaire mondial des images (dir. Laurent Gervereau, Nouveau Monde éd. 2006, p. 547-550
  6. Grégoire Kauffmann, « D'où sort le Front national », L'Histoire, no 368,‎ octobre 2011, p. 94-99 (lire en ligne), ainsi que Nicolas Lebourg et Joseph Beauregard, François Duprat, l'homme qui réinventa l'extrême-droite de l'OAS au Front National, Denoël,‎ 2012, 384 p. (ISBN 978-2207260210), p. 156
  7. Archives nationales