Frédéric Passy

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Frédéric Passy

Frédéric Passy, né le à Paris et mort le à Neuilly-sur-Seine est un homme politique français qui consacra sa vie à l'idéal pacifiste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille qui s'est illustrée dans la politique et les sciences, Frédéric Passy entreprend des études de juriste. Il devient un temps auditeur au Conseil d'État avant d'entamer une carrière de journaliste. Il se marie à Marie-Blanche Sageret bien qu'il soit, selon les frères Goncourt, coutumiers des médisances, « le plus monstrueusement et dégoûtamment laid des hommes[1] ». Il se rend acquéreur en 1856 du fameux Désert de Retz auprès de la veuve de Bayard.

À l'issue d'une campagne qu'il mène dans le journal Le Temps contre une guerre entre la France et la Prusse, il fonde la Ligue de la Paix et de la Liberté le , puis la Société d'arbitrage entre les Nations, ancêtre de l'ONU, en 1870. Il fonde ensuite l'Union interparlementaire en 1889 et facilite le rapprochement entre la France et l'Angleterre.

En 1877, il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques. Il est élu à la chambre des députés aux élections de 1881 et 1885. Battu aux élections de 1889, il s'oppose à la politique colonialiste de Jules Ferry et reste dans les mémoires comme le député qui voulait interdire la guerre. Il est l'auteur d'une loi sur les accidents de travail, favorable aux ouvriers.

En 1888, à la tête d'une délégation de députés français, il rencontre William Randal Cremer (prix Nobel de la paix en 1903), qui dirige une délégation de députés britanniques. À la suite de cette réunion, un groupe de parlementaires français, britanniques, italiens, espagnols, danois, hongrois, belges et américains fondent l'Union interparlementaire. Frédéric Passy en est un des premiers présidents.

Il est passionné par la pédagogie et n'abandonne jamais sa vocation, sympathisant avec le Belge Paul Otlet (qui sera coauteur du Mundaneum de Bruxelles, vaste projet de pédagogie mondiale), enseignant jusqu'à l'âge de 81 ans et écrivant de nombreux ouvrages. Féministe avant l'heure, il est également favorable à l'abolition de la peine de mort. En matière d'économie, il est un partisan du libre-échange et de l'épargne.

Le , il reçoit conjointement avec le Suisse Henri Dunant, fondateur de la Croix-Rouge, le premier Prix Nobel de la paix.

Il est le père de Paul Passy et le beau-père de Charles Mortet.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Mélange économique, Guillaumin, Paris, 1857.
  • De la propriété intellectuelle (avec V. Modeste et P. Paillottet), Guillaumin, Paris, 1859.
  • Leçons d'économie politique (recueilli par E. Bertin et P. Glaize), Gras, Montpellier, 1861.
  • La Démocratie et l'instruction, Guillaumin, Paris, 1864.
  • Les Machines et leur influence sur le développement de l'humanité, Hachette, Paris, 1866.
  • Malthus et sa doctrine, 1868.
  • Histoire du travail : leçons faites aux soirées littéraires de la Sorbonne, Paris, 1873.
  • Pour la paix, Charpentier, Paris, 1909.
  • Sophismes et truismes, Giard et Brière, Paris, 1910.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Journal, éd. J.-L. Cabanès, Paris : H. Champion, 2005, tome 1 (1851-1857), p. 244, Gisors 29 septembre 1855