Léon Jouhaux

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Léon Jouhaux

Description de l'image  Léon Jouhaux nobel.jpg.
Naissance
Pantin, département de la Seine
Décès (à 74 ans)
Paris
Nationalité française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession syndicaliste
Activité principale secrétaire général de la CGT-FO
Distinctions

Léon Jouhaux est un syndicaliste français, né à Pantin le 1er juillet 1879 et mort à Paris le .

Ouvrier allumettier et syndicaliste de tendance libertaire, il est secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT) de 1909 à 1947, puis fondateur et président de la Confédération générale du travail - Force ouvrière (CGT-FO) dès avril 1947, jusqu'à sa mort. Il a reçu en 1951 le prix Nobel de la paix.

Biographie[modifier | modifier le code]

Défendant sans cesse les principes de la charte d'Amiens (1906), qui prônent l'indépendance syndicale vis-à-vis des partis politiques, de l'État et des Églises, Léon Jouhaux s'oppose aux différentes tentatives de contrôle du syndicat par la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), en 1911, ou par les « bolchéviques », en 1922.

Le , lors des obsèques de Jean Jaurès, Jouhaux prononce un discours dans lequel il affirme : « au nom de ceux qui vont partir et dont je suis, je crie devant ce cercueil que ce n'est pas la haine du peuple allemand qui nous poussera sur les champs de bataille, c'est la haine de l'impérialisme allemand. » Il veut exprimer ainsi le sentiment de « la classe ouvrière au cœur meurtri » et se résigne alors à rallier la CGT dans l'Union sacrée.

Article détaillé : L'Union sacrée et les socialistes.

En 1918, Jouhaux présente un projet de Conseil national économique chargé d'examiner tous les problèmes posés par le retour à la paix, et dont le rôle ne serait pas que consultatif.
Mais il faut attendre la constitution de la IVe République du 27 octobre 1946 pour que soit donné un statut constitutionnel à ce Conseil économique (devenu aujourd'hui le Conseil économique, social et environnemental).

En 1932, Jouhaux participe à la Conférence du désarmement, en tant que membre de la délégation française. Lors de son travail au sein d'une commission sur le commerce et la fabrication des armes, il défend une vision assez radicale du désarmement. Il milite pour la suppression totale des entreprises d'armements, excepté les entreprises étatiques. Il propose aussi un système de contrôle de la production d'armement par les ouvriers eux-mêmes, via les syndicats, et un système de protection internationale pour les "lanceurs d'alerte"[1].

En 1936, Jouhaux contribue aux réformes concernant les conventions collectives, les congés payés, la semaine de 40 heures et la nationalisation.

L'internement en Allemagne[modifier | modifier le code]

En 1940, Jouhaux est placé en résidence surveillée à Montpellier par le régime de Vichy, puis arrêté par les Allemands en novembre 1942 lors de l'occupation de la zone libre. Le 1er mars 1943, il est transporté en voiture au KL[2] Buchenwald, où il est installé dans un baraquement réservé et chauffé, à la périphérie du camp proprement dit. Il y rejoint Léon Blum, Édouard Daladier et le général Gamelin arrivés la veille en avion.

Un mois plus tard, le 1er mai 1943, Jouhaux est transféré au château d’Itter, dans le Tyrol autrichien, dépendant du camp de concentration de Dachau (mais aux conditions de détention sans commune mesure), en compagnie du général Gamelin, de Daladier, de Paul Reynaud, de Jean Borotra et de Marcel Granger (frère du gendre du général Giraud). Il obtient l'autorisation de la venue, depuis la France, de sa secrétaire et future compagne, Augusta Bruchlen, qui le rejoint le 18 juin[3]. À ce groupe se joignent par la suite Christiane Mabire, secrétaire et future épouse de Paul Reynaud, Albert Lebrun, André François-Poncet, le général Weygand et son épouse, Michel Clemenceau (le fils du « Tigre »), le colonel de La Roque (chef des Croix-de-feu), Alfred Cailleau et sa femme Marie-Agnès de Gaulle (sœur ainée du général de Gaulle). L’homme politique anti-mussolinien Nitti et un autre Italien, Georgini, partagent aussi leur sort.

Ils sont libérés le 5 mai 1945 par des éléments de la 103e division américaine du général McAuliffe.

La fondation de Force ouvrière[modifier | modifier le code]

À la Libération, Jouhaux est de nouveau secrétaire de la CGT mais il doit partager le pouvoir avec le communiste Benoît Frachon. Face à la mainmise du Parti communiste français (PCF) sur le syndicat, il est contraint de démissionner du bureau confédéral en décembre 1947. Lui, ses amis (Robert Bothereau, Albert Bouzanquet, Pierre Neumeyer, Georges Delamarre) et les militants non communistes de la vieille confédération fondent la CGT-FO pour continuer la « vieille » CGT, fidèle à la charte d'Amiens. Lors du lancement de ce nouveau syndicat, Jouhaux a reçu l’appui financier des États-Unis par le biais de leurs services secrets, qui cherchaient dans cette entreprise, à affaiblir l'influence communiste en France.

Jouhaux devient également vice-président de la Confédération internationale des syndicats libres et délégué à l'ONU.

Ses nombreux engagements pacifistes lui valent l'attribution du prix Nobel de la paix en 1951.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (88e division)[4].

Publications[modifier | modifier le code]

De Léon Jouhaux[modifier | modifier le code]

  • Les Travailleurs devant la paix, Éd. La bataille, 1918
  • Le Syndicalisme et la C.G.T., Éd. de la Sirène, 1920
  • L'Organisation internationale du travail, Éd. de la Sirène, 1921
  • Le Mouvement syndical en France, Éd. de la F.S.I., 1931
  • Le Syndicalisme, ce qu'il est, ce qu'il doit être, Flammarion, 1937
  • La C.G.T. : ce qu'elle est, ce qu'elle veut, Gallimard, 1937
  • La C.G.T. et le Front populaire, Librairie syndicale, 1939

Sur Léon Jouhaux[modifier | modifier le code]

  • Bernard Georges, Léon Jouhaux, PUF, 1979
  • Benoît Luc, Otages d'Hitler, Vendémiaire, 2011
  • Simon Epstein, Les Dreyfusards sous l'Occupation, éd. Albin Michel, 2001
  • « Léon Jouhaux, d'Aubervilliers au prix Nobel », actes de colloque, La Documentation française, 2010
  • United Nations, "A Century of nobel prize laureates, 1901-2005, From peace movments to the united nations", United Nations, Genève, 2006, pp.68-69

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Julien Renggli, Contrôle, limitation, désarmement : Légiférer les transferts d’armements durant l’entre-deux-guerres,‎ 2009
  2. Konzentration Lager ; camp de concentration.
  3. Augusta Léon-Jouhaux écrit un livre sur cette détention, Prison pour hommes d'État, paru en 1973.
  4. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 437

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]


Précédé par
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Secrétaire général de la CGT Suivi par
Benoît Frachon


Premier et unique président
de la CGT-Force Ouvrière
Suivi par
Robert Bothereau
(secrétaire général)