Guerre de Vendée

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Guerre de Vendée
Henri de La Rochejaquelein au combat de Cholet, 17 octobre 1793, peinture de Paul-Émile Boutigny, Musée d'art et d'histoire de Cholet
Henri de La Rochejaquelein au combat de Cholet, 17 octobre 1793, peinture de Paul-Émile Boutigny, Musée d'art et d'histoire de Cholet
Informations générales
Date 3 mars 1793 - 5 mai 1795
24 juin 1795 - 29 mars 1796
15 octobre 1799 - 18 janvier 1800
Lieu Vendée militaire:
Vendée, nord Deux-Sèvres (Poitou)
sud Maine-et-Loire (Anjou)
sud Loire-Atlantique (Bretagne)
Issue Victoire républicaine
Belligérants
Drapeau de la France République française Royal Standard of King Louis XIV.svg Vendéens
Royal Standard of King Louis XIV.svg Chouans
Flag of Royalist France.svg Émigrés
Drapeau du Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne
Commandants
Canclaux - Berruyer - Biron †- Léchelle †- Chalbos - Rossignol - Marceau - Kléber - Turreau - Dumas - Hoche - Beysser †- Aubert du Bayet - Beaupuy - Westermann - Haxo †- Santerre - Ronsin - Danican - Travot Cathelineau †- D'Elbée †- La Rochejaquelein †- Charette †- Stofflet †- Bonchamps †- Lescure †- Royrand †- Talmont †- Donnissan †- Fleuriot - Forestier - Marigny †- Lyrot †- Sapinaud - D'Autichamp - Suzannet †- Vasselot
Forces en présence
Armées républicaines :
130 000 à 150 000 hommes[1]
Armée catholique et royale :
80 000 hommes
(effectifs maximum)
Pertes
~ 30 000 morts 170 000 morts
(Habitants de la Vendée militaire; combattants et civils, dont un quart à un cinquième de républicains)
Guerres de la Révolution française
Batailles
Première Guerre de Vendée (1793-1795)

1re Machecoul · Jallais · 1re Cholet · Pont-Charrault · 1re Pornic · 1re Sables-d'Olonne · 2e Pornic · 2e Sables-d'Olonne · 1re Coron · Chemillé · Les Aubiers · 1re Challans · Saint-Gervais · Vezins · 1re Port-Saint-Père · 2e Machecoul · 1re Beaupréau · 1er Beaulieu-sous-la-Roche · 1re Legé · Thouars · 1re Saint-Colombin · 2e Port-Saint-Père · 1re La Châtaigneraie · Palluau · 1re Fontenay-le-Comte · 2e Fontenay-le-Comte · 3e Machecoul · Doué · Montreuil-Bellay · Saumur · 1re Luçon · Nantes · Parthenay · 1re Moulins-aux-Chèvres · 1re Châtillon · Martigné-Briand · Vihiers · Les Ponts-de-Cé · 2e Luçon · Château d'Aux · 3e Luçon · 1re La Roche-sur-Yon · Vertou · Chantonnay · Vrines · 3e Port-Saint-Père · 1re Montaigu · Torfou · 2e Coron · Pont-Barré · 2e Montaigu · 1re Saint-Fulgent · Le Pallet · 1re Noirmoutier · Treize-Septiers · 2e Moulins-aux-Chèvres · 2eChâtillon · 2e Noirmoutier · La Tremblaye · 2eCholet

Virée de Galerne

Laval · La Gravelle · Croix-Bataille · Entrammes · Ernée · Fougères · Granville · Pontorson · Avranches · Dol · Angers · La Flèche · Pontlieue · Le Mans · Savenay

Rouans ·
La Garnache · Bouin · Bois-de-Céné · 2e Legé · Les Quatre-Chemins · 4e Machecoul · 5e Machecoul · 3e Noirmoutier · 2e Saint-Fulgent · Gralas

Terreur

Noyades de Nantes · Fusillades de Nantes · Fusillades du Marillais · Fusillades d'Avrillé · Legé · Château d'Aux

Colonnes infernales

Gesté · Chauché · 3e Legé · 3e Cholet · 2e Saint-Colombin · 2e Beaupréau · Bressuire · La Gaubretière · Lucs-sur-Boulogne · 2e La Roche-sur-Yon · Les Clouzeaux · 1re Mortagne · Les Ouleries · 2e Challans · Moutiers-les-Mauxfaits · Chaudron-en-Mauges

Mormaison ·
3e Challans · Chanteloup · 2e La Châtaigneraie · La Chambaudière · Les Bauches · La Roullière · Fréligné · Chalonnes · Saint-Florent-le-Vieil


Deuxième Guerre de Vendée (1795-1796)

Les Essarts · 2e Beaulieu-sous-la-Roche · Belleville · Saint-Jean-de-Monts · Île d'Yeu · Saint-Cyr-en-Talmondais · 2e Mortagne · Mouilleron-le-Captif · Saint-Denis-la-Chevasse · Landes de Béjarry · Les Landes-Genusson · Camp de l'Oie · Le bois du Détroit · Montorgueil · Argenton-Château · La Bruffière · La Bégaudière · La Chauvière · La Guyonnière


Troisième Guerre de Vendée (1799-1800)

Montaigu · Les Aubiers · La Flocellière · Chambretaud


Quatrième Guerre de Vendée (1815)

Cinquième Guerre de Vendée (1832)

La guerre de Vendée est le nom donné à la guerre civile qui opposa, dans l'Ouest de la France, les Républicains (bleus) aux Royalistes (blancs), entre l'An I et l'An IV (1793 et 1796) pendant la Révolution française.

Elle fut étroitement liée à la Chouannerie, l'ensemble de ces deux conflits étant parfois connu sous le nom de Guerres de l'Ouest. La chouannerie se déroula sur la rive droite de la Loire, tandis que le soulèvement vendéen eut lieu sur la rive gauche. Le terme Vendée militaire désigne d'ailleurs le territoire insurgé au sud du fleuve.

Comme partout en France, la Vendée a connu des manifestations paysannes entre 1789 et 1792. Mais c'est au moment de la levée en masse, en 1793, que la révolte ou rébellion vendéenne, aussi appelée insurrection vendéenne, s'est déclenchée, dans un premier temps comme une jacquerie paysanne classique, avant de prendre la forme d'un mouvement contre-révolutionnaire.

Étalée sur trois années, la guerre a connu plusieurs phases, avec une brève période de paix au printemps 1795. Elle s'est terminée au début de l'année 1796, après avoir fait plus de 200 000 morts et causé de nombreuses destructions.

Sommaire

Contexte[modifier | modifier le code]

L'évolution historiographique sur les causes de l'insurrection[modifier | modifier le code]

Jules Michelet, par Thomas Couture (1815-1879).

L'étude historique de la guerre de Vendée est marquée par une longue tradition conflictuelle, où s'expriment les rivalités mémorielles, les querelles entre écoles historiques et courants idéologiques, entre les historiens universitaires et les érudits, les publicistes ou les académiciens. Le résultat de ces querelles est une immense bibliographie, opposant deux courants, celui des partisans de la Révolution et celui des partisans des Vendéens[2].

Les premiers textes publiés sur cette guerre sont les mémoires d'acteurs, royalistes comme Madame de la Rochejaquelein, Madame de Bonchamps, Madame de Sapinaud, Poirier de Beauvais, Lucas-Championnière, Renée Bordereau, Madame de La Bouëre, Louis Monnier, Gibert Page d'aide sur l'homonymie, Puisaye, et républicains comme Kléber, Turreau, Savary, Rossignol, Dumas, Westermann, Grouchy, Choudieu… Le plus célèbre est celui des Mémoires de Madame de la Rochejaquelein, veuve de Lescure, qui décrit un soulèvement spontané des paysans pour défendre leur roi et leur Église.

Au cours du XIXe siècle, la question oppose particulièrement les historiens, fondant leurs recherches exclusivement sur les archives, et les érudits, engagés dans la défense de la Vendée, qui recueillent les traditions mémorielles et les transmettent. Les principales figures de cette lutte sont :

  • Du côté de l'université, Charles-Louis Chassin, élève d'Alphonse Aulard, qui a publié onze volumes d'archives et de mémoires (par exemple, les Mémoires pour servir à l'histoire de la guerre de Vendée et le Journal d'André Mercier du Rocher). Adoptant le point de vue républicain, il dénie tout caractère populaire au mouvement, considérant qu'il s’agit d’une pure machination des nobles et des prêtres, suivie aveuglément par la partie la plus ignorante de la population. Par ailleurs, hostile aux sans-culottes et à Robespierre, il rend ce dernier responsable de la répression de 1794. Alphonse Aulard, premier titulaire de la chaire d'histoire de la Révolution française de la Sorbonne, Jules Michelet, Louis Blanc ou Jean Jaurès, auteurs l'un et l'autre d'une Histoire de la Révolution française, ont contribué, de par l'influence de leurs écrits, à construire une certaine vision de l'insurrection vendéenne[3].
  • Du côté des érudits, de sensibilité monarchiste, traditionaliste ou catholique, Jacques Crétineau-Joly, Théodore Muret, Pitre-Chevalier, l'abbé Bossard, l'abbé Deniau, auteur d'une Histoire de la Vendée en cinq volumes basée sur les témoignages oraux et les mémoires partisans publiés pendant un siècle, ou l'abbé Uzureau, prêtre dans le diocèse d'Angers, qui offre l'analyse des « Blancs », fondée sur des documents, parfois les mêmes que Chassin[3]. Selon eux, les troupes de paysans - forcément très catholiques, très attachées à leur noblesse - sont menées par la petite noblesse locale afin de rétablir la royauté et sauver le catholicisme.

Se fondant largement sur les témoignages oraux, recueillis et transmis par des auteurs « blancs », les érudits se concentrent sur la violence de la répression de 1793-1794, tandis que la prédilection des « Bleus » pour les archives interdit toute évocation du ressenti des républicains et, pendant longtemps, une évaluation de leurs souffrances. La lecture « blanche » se retrouve parmi les académiciens, dans les écrits de Pierre Gaxotte ou de Jean-François Chiappe[4].

Depuis un siècle, l'historiographie a largement renouvelé la question.

Une histoire revisitée[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle, la recherche historique a connu de profondes évolutions, avec notamment le développement de l'analyse socio-économique. Claude Petitfrère voit dans ce renouvellement la marque d'une troisième catégorie d'auteurs, autour de Paul Bois, Marcel Faucheux et Charles Tilly, qu'il appelle l'histoire « scientifique »[2]. Toutefois, les auteurs « blancs » classent Marcel Faucheux, Claude Tilly et Claude Petitfrère parmi les « Bleus ».

Dès les années 1920, Albert Mathiez considère que les causes de l'insurrection vendéenne, au printemps 1793, sont à chercher dans les conditions économiques et sociales de l'époque[5].

Au début des années 1950, Marcel Faucheux montre que les causes profondes de l’insurrection sont à chercher bien au-delà de la constitution civile du clergé, de l'exécution de Louis XVI ou de la levée en masse, qu'elles doivent être reliées à ce qu’il nomme le « paupérisme Vendéen ». La Révolution n'a pas su satisfaire les espérances engendrées par la convocation des États généraux en 1789 : les métayers, majoritaires en Vendée, ne bénéficient pas de l’abolition des droits féodaux, qui sont rachetables (jusqu'en 1793), les biens nationaux profitent essentiellement aux bourgeois et aux marchands. À partir de là, le bouleversement des structures sociales traditionnelles, la réforme autoritaire du clergé et la levée en masse constituent tout au plus l’étincelle qui a provoqué l'explosion d'un mécontentement plus ancien[6].

Se fondant sur l'analyse détaillée de la Sarthe, Paul Bois approfondit la question, en mettant en valeur la haine qui oppose alors le paysan au bourgeois et montre l’existence d’un profond clivage social entre urbains et ruraux, très antérieur à la Révolution, qui constitue l'une des causes majeures du soulèvement[7].

Ces travaux ont été largement confirmés par les travaux du sociologue américain Charles Tilly, pour qui la croissance des villes françaises du XVIIIe siècle, l'agressivité économique de celles-ci et leur tendance à accaparer le pouvoir politique local ont suscité des résistances et des haines paysannes, dont l'insurrection vendéenne n'est qu'un exemple exacerbé[8].

Carte des archevêchés et évêchés en 1789 et en 1802

De son côté, Albert Soboul décrit des masses paysannes dans la gêne, prédisposées « à se dresser contre les bourgeois, très souvent fermiers généraux en ce pays de métayage, négociants en grains et acquéreurs de biens nationaux », des départements de l'Ouest à la foi très vive depuis les efforts de catéchisation des Mulotins, congrégation de missionnaires établie à Saint-Laurent-sur-Sèvre depuis la fin du XVIIe siècle, enfin l'assimilation, par les paysans, du tirage au sort pour la levée des 300 000 hommes à la milice, institution de l'Ancien Régime particulièrement honnie. S'il considère que « le caractère simultané du soulèvement autorise à penser qu'il fut concerté », il explique que les paysans « n'étaient ni royalistes, ni partisans de l'Ancien Régime » et que les nobles furent d'abord surpris par le soulèvement, avant de l'exploiter à leurs fins[9].

Plus récemment, Jean-Clément Martin a indiqué que, si les paysans sont passés à la Contre-révolution, selon les provinces, pour des raisons très diverses, y compris entre les différentes zones de la Vendée, les mots d'ordre religieux et de la défense communautaire leur sont communs. Ces mots d'ordre sont dus au maintien du poids des impôts et des fermages, à l'aggravation du sort des métayers, à l'incapacité des petites élites rurales à acheter des biens nationaux, accaparés par les élites urbaines, à la perte de l'autonomie des petites communes rurales face aux bourgs, où sont installés les pouvoirs politique (le district) et économique, aux atteintes de la Constitution civile du clergé, aux libertés des communautés, qui défendent leur prêtre et leurs cérémonies religieuses. Les tensions montent jusqu'en mars 1793, sans trouver d'exutoire, quand la levée en masse fournit l'occasion aux communautés de s'unir contre les agents de l'État, dans un mouvement qui renvoie aux jacqueries traditionnelles, et de former des bandes à la tête desquelles les élites locales sont placées, de plus ou moins bon gré.

Dans la Sarthe, ce sont les fermiers aisés et leurs alliés qui se soulèvent, alors que les ruraux dépendants des villes et leurs voisins tisserands représentent le fer de lance de l'insurrection dans les Mauges. Quant aux chouans d'Ille-et-Vilaine, ils sont recrutés essentiellement parmi les métayers et leurs proches. Dans tous les cas, c'est la défense de l'équilibre communautaire, mis à mal par les lois civiles et religieuses de la Révolution, qui pousse vers la révolte. Le royalisme y semble peu profond, comme dans le Midi en 1791-1792, et les haines personnelles et locales jouent un rôle important, avec des oppositions entre communes voisines ; dans la majorité des cas, les soulèvements commencent par « des règlements de compte, des chasses aux révolutionnaires et le pillage ».

Des activistes royalistes, appartenant aux élites rurales, participent aux premières insurrections, précise-t-il, mais ils sont peu nombreux ; les nobles contre-révolutionnaires s'impliquent peu dans le mouvement, en mars 1793, devant un mouvement inorganisé et mal armé.

« Tous sont surpris par la brutalité de la rébellion, la plupart hésitent à rallier les insurgés, certains même comme Charette doivent y être contraints par la force[10]. »

Outre la thèse du complot « clérico-nobiliaire », Jean-Clément Martin remet en cause, avec Roger Dupuy, l'antagonisme « ville - campagne » (très antérieur à la Révolution) et la différence de nature qui existerait entre les origines de la chouannerie et les causes de la guerre de Vendée[11].

Pour Roger Dupuy, qui note que l'historiographie récente « se dégage de l'optique étroite qui accordait au problème religieux une importance primordiale dans le processus du soulèvement », c'est « du côté de l'identité profonde des communautés paysannes » qu'il faut en chercher les racines. Le « soulèvement est d'autant plus exaspéré que la violence joue un rôle déterminant dans la constitution de cette identité » : violence de la misère, violence de jeunes hommes attachés à faire respecter leur honneur, violence collective contre le mauvais seigneur qui abuse de ses privilèges féodaux[12].

Appliquant l'approche de la microhistoire à trois paroisses des Mauges entre 1750 et 1830, au cœur de la « Vendée-militaire », Anne Rolland-Boulestreau offre un tableau de la notabilité locale à la veille de la Révolution (gros métayers à Neuvy ou au Pin-en-Mauges, membres du monde du commerce à Sainte-Christine), une notabilité fondée sur la reconnaissance publique : ses membres occupent des fonctions publiques (les Cathelineau sont sacristains de père en fils), servent de caution morale devant notaire et sont souvent choisis comme témoins lors des mariages.

Puis, analysant les réactions des trois communes face à la Révolution, elle remarque que les notables de Neuvy et du Pin sont confirmés après 1789 à la tête des communes, tandis qu'à Sainte-Christine, commune ouverte au commerce, avec de nombreux artisans, de nouvelles catégories sociales se mêlent aux anciennes. À Neuvy et au Pin, les communes se ferment autour des élites traditionnelles (qui acquièrent peu de biens nationaux) face aux réformes qui menacent la communauté. À Sainte-Christine, au contraire, où les notables locaux acquièrent quelques terres, les réformes sont vues comme l'occasion de gagner en importance, en devenant notamment chef-lieu de canton. En 1792, les élites traditionnelles ne se représentent pas aux élections, marquant leur refus de l'évolution politique, et laissent la place à des notables plus modestes, mais appartenant aux mêmes réseaux et parentèles. L'année suivante, au début de l'insurrection, les 27 hommes qui suivent Cathelineau, au Pin, sont intégrés dans les parentèles et réseaux de la commune (deux tiers sont des artisans, un tiers des paysans). À Sainte-Christine, les patriotes vendéens se comptent surtout parmi les artisans modestes récemment implantés dans la paroisse, peu intégrés aux réseaux de la communauté.

Enfin, étudiant l’émergence d'une nouvelle sociabilité forgée à travers l'épreuve de l’insurrection vendéenne, elle note que la participation à l’insurrection vendéenne est désormais une condition nécessaire pour obtenir la confiance des populations locales. À Sainte-Christine, où la guerre laisse la population très divisée, les élites commerçantes traditionnelles sont évincées par des hommes de la terre et la noblesse, qui investit des fonctions qu'elle dédaignait auparavant. L'enracinement et les liens de confiance dont bénéficient les petits notables leur permet d'être, au XIXe siècle, avec les nobles, les intermédiaires incontournables entre la communauté et l'État[13].

La situation avant l'insurrection[modifier | modifier le code]

À la fin du XVIIIe siècle, la société vendéenne (actuel département de Vendée et une partie des départements limitrophes : sud de la Loire-Inférieure, ouest de Maine-et-Loire, nord des Deux-Sèvres) a une composition sociale semblable à bien d'autres provinces de France, très rurale. L'Ouest avait été nouvellement reconverti au catholicisme par le père de Montfort.

Ouverture des États généraux de 1789 à Versailles

À la fin de l'Ancien Régime, d'après Michel Vovelle, la propriété nobiliaire occupe plus de la moitié des terres, contre 10 à 20 % pour la bourgeoisie, moins de 30 % pour la paysannerie et moins de 5 % pour le clergé. De même, il évalue la densité de la population entre 700 et 790 habitants par lieue carrée et par généralité. Enfin, l'alphabétisation y est plutôt faible, par rapport au nord et à l'est du pays, avec 10 à 20 % des conjoints sachant signer leur nom[14].

En 1789, les paysans de l'Ouest accueillent plutôt favorablement les débuts de la Révolution. Les cahiers de doléances de la Bretagne, du Maine, de l'Anjou ou du bas Poitou témoignent de l'hostilité de la paysannerie à l'égard des survivances du système féodal, de même que l'élection de députés patriotes, que confirment les violences antiseigneuriales de la Grande Peur ou les violences répétées contre les aristocrates et leurs demeures en 1790 et en 1791. Par ailleurs, la Vendée et le Maine-et-Loire sont deux des douze départements qui envoient le plus de députés jacobins à l'Assemblée législative[15]. De nombreux prêtres semblent avoir également accompagné le mouvement avec enthousiasme : en Vendée, certains ont revêtu les nouvelles charges créées par la Révolution, par exemple en devenant maires. La Révolution, comme partout ailleurs, a donc représenté un grand espoir. En novembre 1789, l'Assemblée vote la confiscation des biens ecclésiastiques, transformés en Biens nationaux, afin de garantir l'émission des assignats. Cette décision prive le clergé catholique des moyens financiers lui permettant de remplir son rôle traditionnel d'assistance à une population pauvre. Ces biens ont été accumulés au cours des siècles grâce aux legs des membres de la communauté. Avant la Révolution, gérés par le clergé, ils étaient au service des communautés rurales. La vente de ces biens, en remboursement des assignats, les fait passer progressivement dans les mains des particuliers (des bourgeois, des paysans, des aristocrates et même des membres du clergé) qui les utilisent pour leur usage personnel. Les communautés se sentent donc spoliées et en tiennent rigueur aux politiques[16].

La montée du mécontentement[modifier | modifier le code]

Le 12 juillet 1790, l'Assemblée constituante vote la constitution civile du clergé. Le décret d'application, passé en novembre 1790 et signé par le roi le 26 décembre 1790, prévoit que les prêtres fonctionnarisés, comme tous les fonctionnaires, prêtent serment à la constitution ; la constitution civile du clergé et ce serment sont rejetés par toute une partie du clergé, qui considère les prêtres jureurs comme déviant de la voie catholique. Inquiets pour leur salut, de nombreux paysans préfèrent continuer à s'adresser aux prêtres réfractaires[17]. Ceci contribue à diviser profondément les Vendéens entre partisans et adversaires de la mesure et à développer un certain mécontentement parmi les communautés paysannes qui, de plus, ne perçoivent pas d'amélioration de leur situation depuis la Révolution. Dans des campagnes fraîchement et relativement converties de l'Ouest, le clergé est devenu majoritairement réfractaire avec l'obligation du serment constitutionnel, et après les brefs pontificaux condamnant la Constitution civile du clergé, en 1791. En mai 1791, l'Assemblée constituante prend un décret sur la liberté des cultes autorisant le culte réfractaire, mais cette tolérance ne satisfait aucun camp, et les positions se durcissent.

L'application de la constitution civile du clergé (juillet 1791) provoque une multitude d'actes de résistance parmi la population, qui recourt de plus en plus à la violence physique. Dans le Poitou, des libelles voient dans la constitution civile l'œuvre des protestants et des juifs. Des bagarres opposent « aristocrates » et « démocrates », entre paroissiens (dans certaines paroisses, les populations font corps pour protéger leur curé et leurs habitudes de vie), surtout lors des enterrements. Plus grave, en janvier 1791 dans la commune de Saint-Christophe-du-Ligneron (au sud de Nantes, près de Machecoul), des conflits se développent autour de l'opposition à la constitution civile du clergé, et l'intervention des gardes nationales chargées du maintien de l'ordre provoque les premiers morts de la Vendée ; mais le conflit ne dégénère pas[18].

Carte des prêtres ayant prêté serment à la Constitution civile du clergé en France en 1791

Dans ce contexte, l'Assemblée législative prend, en novembre 1791 et le 27 mai 1792, des décrets répressifs contre le clergé réfractaire, dont le culte est interdit. Le second prévoit la déportation hors du territoire français de tout prêtre réfractaire sur la simple demande de 20 citoyens. À la veille du 10 août 1792, lorsque l'Assemblée supprime les dernières congrégations existantes, une bonne partie sont emprisonnés. Obligés de se cacher, afin d'éviter la déportation au bagne en Guyane, les prêtres non jureurs sont protégés par des femmes, qui participent à des messes clandestines. Malgré ces mesures, le nouveau clergé constitutionnel n'arrive pas à s'imposer dans une large partie de la région. Les assermentés représentent, selon Michel Vovelle, 0 à 35 % des prêtres en Vendée et en Loire-Inférieure (comme l'ensemble de la Bretagne), contre 35 à 55 % dans le Maine-et-Loire et 75 à 100 % dans les Deux-Sèvres, en 1791. Dans l'ensemble, plus de 65 % du clergé refuse de prêter serment dans l'Ouest (contre 48 % au niveau national)[19]. Autour de Châtillon et de Bressuire, une zone globalement homogène de refus se distingue. La religion des paysans de l'Ouest, comme en bien d'autres endroits, est une religion propitiatoire (visant à assurer l'abondance des récoltes, la fécondité du bétail, la réalisation d'un mariage, la naissance d'un enfant, la guérison d'une maladie, etc.), qui organise le calendrier et le paysage, avec un appel aux saints spécialisés, à leurs chapelles, avec des rites particuliers. De même, la carrière ecclésiastique représente un moyen de promotion sociale pour bien des familles paysannes, un moyen que l'exclusion des prêtres réfractaires menace[20].

Signe que l'attachement à l'Ancien Régime - et à la royauté - n'est pas le facteur déclencheur des premières émeutes, nulle émeute n'est observée lors de l'émigration des nobles, ni lorsque Louis XVI est guillotiné en janvier 1793.

Les circonstances du déclenchement de la guerre[modifier | modifier le code]

Le Vendéen, peinture de Julien Le Blant
Carte des zones d'insurrection.
Carte détaillée de la Vendée militaire (en vert apparaissent les forêts).

Le mécontentement était latent. Dès février 1793, la Charente-Inférieure fait face à un afflux de réfugiés[21]. L’insurrection éclate véritablement en mars quand la Convention, le 23 février, ordonne une levée de 300 000 hommes « pour faire face à la baisse subite des effectifs des armées de la République due aux pertes, aux désertions mais surtout aux départs massifs des volontaires, levés l'année précédente pour la durée d'une campagne et qui, l'ennemi ayant été ramené aux frontières et même au-delà, estimaient pouvoir rentrer chez eux »[22]. La Vendée (somme toute peu concernée du fait d'une faible ponction) ne représente que l'une des provinces qui s'insurgent en 1793, comme la vallée du Rhône, où l'agitation est endémique depuis 1790 et va durer jusqu'en 1818[17]. En juin 1793, les villes de Bordeaux, Marseille, Toulouse, Nîmes et Lyon, ainsi que la Normandie voient le développement d'insurrections fédéralistes et royalistes.

Restée au pays, la petite noblesse n'a fait que suivre l'insurrection paysanne, avant de la récupérer définitivement et de lui donner une coloration franchement et explicitement royaliste et catholique, surtout à partir de juillet 1793[23].

Le camp républicain est alors divisé entre girondins et montagnards, qui s'accusent mutuellement de favoriser la Contre-révolution. Tandis que les insurgés bretons sont écrasés par Canclaux à l'extrême Ouest, par Beysser entre Rennes et Nantes (l'agitation ne reprendra qu'à la fin de 1793, sous la forme de la chouannerie), l'agitation réprimée en Alsace, au sud de la Loire, les insurgés vendéens parviennent non seulement à déborder les gardes nationaux, trop peu nombreux, et à s'emparer de plusieurs villes, mais battent une colonne de soldats de métier, le 19 mars[24].

Envoyés pour accompagner la levée de 300 000 hommes, les envoyés en mission de la Convention sont alarmés par le spectacle des soulèvements, qu'ils dramatisent, accusant les autorités locales, souvent modérées, de complicité, et réclament de Paris des mesures énergiques. Considérant que la Contre-révolution est partout à l'œuvre, organisant des complots, et que les soulèvements forment un ensemble organisé, la « Vendée militaire » devient le symbole de cette Contre-révolution[24].

Cette conception a été reprise à la fois par des écrivains royalistes et catholiques, pour la « magnifier », et des écrivains et historiens républicains, au XIXe et au début du XXe siècles. Cette construction a toujours des effets importants sur l'élaboration des identités locales et régionales : ainsi, bien des Vendéens ont intériorisé une identité fortement marquée par la religion, voire une nostalgie d'un Ancien Régime folklorique — deux aspects qui, on l'a vu, ne correspondent pourtant pas aux origines de l'insurrection de 1793. De même, l'identité du citadin nantais s'élabore entre autres en regard du « ventre-à-choux » vendéen, du campagnard, toujours suspect d'attachement à la royauté, et qu'il est de bon ton de moquer.

Pour conclure, l'insurrection vendéenne ne naît pas d'une cause unique, mais de multiples facteurs, tous liés à un mécontentement populaire grandissant. L'origine de cette insurrection ne réside pas, du moins pour les paysans et artisans qui en étaient à l'origine, dans une quelconque nostalgie de l'Ancien Régime. Des déceptions et frustrations, accumulées depuis plusieurs années ; l'arrivée d'une nouvelle hiérarchie administrative, une bourgeoisie des bourgs qui accapare pouvoir politique et économique ; l'aggravation de la situation des paysans ; les difficultés économiques et sociales, avec le cours forcé de l’assignat ; la remise en cause des communautés paysannes et de leurs usages religieux ; tout cela a constitué un ensemble de facteurs, dont la conscription n'a été que la goutte d'eau, qui permet d'expliquer le rassemblement des premières bandes d'artisans et de paysans.

Guerres vendéennes et chouannerie[modifier | modifier le code]

Bien qu'ayant des points communs, les guerres vendéennes doivent être distinguées des actions de la chouannerie. Dans le premier cas, au sud de la Loire, les insurgés prennent l'avantage sur les troupes républicaines et s'organisent en « armée catholique et royale » à l'intérieur du territoire qu'ils contrôlent ; ces guerres opposent deux armées encadrées. Dans le second cas, les troupes républicaines l'emportent d'abord sur les insurgés. La résurgence du conflit, à la fin de 1793, voit le développement d'une multitude de résistances locales ponctuelles organisées en guérillas en Bretagne, dans le Maine, en Anjou et en Normandie. Toutefois, ce sont les mêmes motifs qui poussent à la révolte[25].

Premiers faits d'armes et organisation[modifier | modifier le code]

Des jacqueries meurtrières[modifier | modifier le code]

Les Vendéens demandent à Cathelineau de prendre la tête de l'insurrection, peinture de Jean-Hubert Sauzeau, 1900.

Au départ, cette insurrection ne diffère guère des autres insurrections qui se développent en France au printemps et à l'été 1793. La différence, c'est que, partout ailleurs, les troupes viennent à bout des émeutes. En Vendée, au contraire, une colonne armée de soldats de métier est défaite le 19 mars au Pont-Charrault, entraînant la région d'un affrontement limité vers une guerre civile[26]. Au nord de la Loire, les mouvements insurrectionnels sont réprimés brutalement mais efficacement en un mois[27].

Les premières émeutes débutent à Cholet le dimanche 3 mars, des jeunes gens du canton réunis par le district « pour prendre connaissance des modalités du recrutement du contingent local pour la levée des 300 000 hommes » manifestent leur refus de partir[22]. Les émeutiers s'attaquent à des grenadiers, deux d'entre eux sont blessés. Les gardes nationaux répliquent en ouvrant le feu sur la foule, trois personnes sont tuées. Le premier sang de la guerre de Vendée est versé[28].

Le Pays de Retz se soulève massivement, acculant les Nantais à l'impuissance devant la multiplicité des interventions nécessaires ». Durant la première semaine, les sites de la protestation sont extrêmement éparpillés. Parmi les chefs choisis par les paysans, on relève François-Athanase Charette de La Contrie, Louis-François Ripault de La Cathelinière et Louis Guérin.

Le 11 mars, des milliers de protestataires venus des communes voisines prennent Saint-Philbert-de-Grand-Lieu sans combat, avant de marcher sur Machecoul qui est prise d'assaut. Dans cette dernière ville, les insurgés du Pays de Retz mettent en place un comité présidé par René Souchu, qui de mars à avril, fait fusiller 150 à 200 patriotes (Massacres de Machecoul)[26],[29].

Le 12 mars, l'insurrection se propage, 600 paysans se rassemblent à Saint-Florent-le-Vieil pour s'opposer au tirage au sort. Ils mettent en fuite la garde nationale de la ville, pillent les maisons des Bleus et les caisses du district, puis dépensent le butin dans les auberges du bourg et des alentours[30].

Ce même jour, la garde nationale tire sur les manifestants pour dégager les abords de Paimbœuf, menacé par des paysans venus de 32 communes proches de la petite ville ; Danguy, le noble qui les conduit est capturé et guillotiné à Nantes.

Le lendemain, 13 mars, certains d'entre eux vont chercher le marquis de Bonchamps au château de La Baronnière en La Chapelle-Saint-Florent et insistent pour qu'il prenne la tête du mouvement et organise la troupe. Sous son commandement, les rebelles mettent en fuite la garnison de Montjean-sur-Loire. D'anciens soldats, comme le caporal Jean Perdriau, sont placés à la tête des bandes, enseignant leur savoir aux autres[31].

Le Massacre de Machecoul, huile sur toile de François Flameng (1856-1923) réalisée en 1884.

Cultivateur et colporteur au Pin-en-Mauges, Cathelineau « rassemble quelques voisins, fait sonner le tocsin, demande au prêtre réfractaire de bénir sa petite troupe, abat le drapeau tricolore qui flottait sur l'église et court rejoindre le gros des insurgés ». Le 14, menés par Cathelineau et Perdriau, les insurgés s'emparent de Jallais (bataille de Jallais). La foule marche ensuite en direction de Chemillé, ils sont rejoints en chemin par les paysans des environs de Maulévrier, menés par Jean-Nicolas Stofflet qui s'est rendu maîtres de Vezins. D'autres paysans, toujours plus nombreux, se joignent à la horde. Le 14, Chemillé tombe, la plupart de ses défenseurs sont faits prisonniers, et les révoltés s'emparent de plusieurs canons[28]. Dans les jours qui suivent les insurgés prennent le contrôle des paroisses rurales, les administrateurs et républicains locaux sont tués, faits prisonniers, ou contraints de fuir, le 13 mars, 25 à 35 gardes nationaux de Mortagne-sur-Sèvre sont fusillés entre Tiffauges et Montaigu[32].

Le 14 mars, la bande de Cathelineau en rencontre une autre, emmenée par Stofflet, ancien caporal et alors garde-chasse d'un château à Maulévrier. Sous la conduite du second, la troupe, forte de 15 000 hommes, attaque Cholet, une ville d'environ 7 000 habitants, gardée par 500 gardes nationaux, 80 cavaliers et une dizaine de canons. Encerclés par les insurgés, 300 républicains trouvent la mort, contre une quarantaine d'insurgés. Entrés dans la ville, ces derniers « saccagent les locaux de la municipalité et des administrations, pillent quelques habitations des patriotes les plus en vue et célèbrent dans les auberges une victoire péremptoire (première bataille de Cholet)[33]. En cinq jours, les insurgés se sont rendus maîtres des Mauges, c'est-à-dire de la moitié méridionale, située au sud de la Loire, du département du Maine-et-Loire ». Sur l'autre rive, les gardes nationaux l’emportent et font vingt-cinq prisonniers, dont vingt-deux sont guillotinés à Angers (combat de Loiré).

Dans le département de Vendée, les insurgés chassent la garde nationale de Palluau, entre le 12 et le 14 mars, et s'emparent du Marais breton ; les notables patriotes de Saint-Gilles et de Challans s'enfuient vers les Sables-d'Olonne. À l'intérieur des terres, dans le Bocage, la plupart des petites villes sont envahies ; La Roche-sur-Yon, Tiffauges, Mortagne-sur-Sèvre et Clisson sont prises sans opposer de résistance, suivies de Montaigu, à la suite d'un court combat. Le 12 mars, 3 000 insurgés du sud de la Vendée, menés par Charles de Royrand, Sapinaud de La Verrie et Sapinaud de La Rairie viennent prendre position aux Quatre-Chemins, carrefour des routes de Nantes à La Rochelle et des Sables-d'Olonne à Saumur. Deux jours plus tard, voulant en disputer le contrôle, la garde nationale du chef-lieu du département, Fontenay-le-Comte, est victime d'une embuscade et prend la fuite sans combattre[34],[35].

Le 23 mars, menés par La Roche Saint-André, les Paydrets attaquent et envahissent Pornic, avant d'en être chassés quelques heures plus tard par une contre-attaque des gardes nationaux, 216 paysans sont tués au combat ou fusillés (première bataille de Pornic)[36],[37]. Quatre jours plus tard, menés cette fois-ci par Charette les paysans prennent leur revanche et reprennent la ville de Pornic qui est en partie incendiée (deuxième bataille de Pornic).

Du 24 au 29 mars, Jean-Baptiste Joly, à la tête de plusieurs milliers de paysans, tente à deux reprises de s'emparer des Sables-d'Olonne il est à chaque fois repoussé avec de très lourdes pertes (première bataille des Sables-d'Olonne et deuxième bataille des Sables-d'Olonne)

Une armée contre-révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Un insigne des insurgés royalistes pendant la guerre de Vendée (1793), représentant le Sacré-Cœur.

Les jours suivants, 35 000 hommes se réunissent à Chemillé pour tenter de s'organiser en une véritable armée. Plusieurs nobles, souvent d'anciens officiers, les ont rejoints : Charette, d'Elbée, Lescure, La Rochejaquelein. Ces chefs issus de la petite noblesse ne se sont pas imposés de leur propre initiative à ces bandes de villageois. D’une foi religieuse généralement peu intense, ayant pu conserver tous leurs biens depuis 1789 et s'étant même matériellement enrichis par l'achat important de biens nationaux provoqués par la Révolution, ils ne se sentent pas spontanément responsables de ces bandes insurgées. Ce n'est que plus tard qu'ils sauront récupérer la colère populaire pour lui donner un tour nettement catholique et royaliste.

Le but de la nouvelle armée est de s'emparer de Chalonnes, avant-garde d'Angers. Comprenant l'intérêt stratégique de le défendre, les républicains ont concentré 4 000 hommes et 5 canons. Le 22, malgré l'avis du maire et des officiers de la garde nationale, les municipaux et la foule se rendent aux Blancs ; les gardes nationaux se replient vers Angers en jetant leurs canons dans la Loire. Alors qu'Angers s'attend à un assaut imminent, l'armée se dissout et les combattants rentrent dans leurs foyers. « On s'était soulevé pour éviter d'être soldat et il n'était pas question de le devenir pour rétablir la monarchie dans la capitale. Plus qu'un soulèvement contre-révolutionnaire, la rébellion demeurait encore une jacquerie contre les exigences jugées intolérables de la nation »[38].

Les républicains tentent de reprendre l'avantage. Sous les ordres du général Marcé, chargé par la Convention de mater la rébellion, une colonne de 2 200 soldats, 100 cavaliers, dotée de 8 canons, cherche à traverser la zone insurgée de La Rochelle à Nantes. Le 17 mars, à Chantonnay, la colonne met en fuite les paysans, qui abandonnent une quarantaine de morts et 3 canons. Le soir du 19, alors qu'elle s'apprête à bivouaquer dans un fond de vallée, dans le Bocage vendéen, elle est prise dans une fusillade. Se débandant, la colonne fuit vers La Rochelle, qu'elle rejoint en une nuit. À son arrivée, Marcé est destitué et arrêté.

La capacité offensive des forces républicaines a été anéantie. Les gros attroupements des jours précédents se développent encore, sous le commandement d'une poignée de nobles comme Royrand et Sapinaud. Toutefois, les bandes du Marais breton et du bas Bocage, soit 10 000 hommes, sous les ordres de Jean-Baptiste Joly, un ancien sergent de l'armée royale, échouent par deux fois dans leur tentative de s'emparer des Sables-d'Olonne, les 24 et 27 mars (ce jour-là, ils perdent 300 hommes, contre 2 pour les républicains).

Échec de l'offensive républicaine[modifier | modifier le code]

D'Elbée protégeant les prisonniers républicains après la bataille de Chemillé, peinture de Marie Félix Edmond de Boislecomte, 1899.
Le général Jean-François Berruyer, huile sur toile de Jules Varnier, 1841 (Musée de l'Armée, Paris).

Le 17 mars à Paris, la Convention nationale est informée des soulèvements qui agitent la Bretagne, l'Anjou, le Bas-Maine et le Poitou. Aussitôt celle-ci décrète la peine de mort pour tout insurgé pris les armes à la main ou porteur d'une cocarde blanche. Par un hasard du calendrier, le député Lasource rend un rapport le lendemain sur l'Association bretonne d'Armand Tuffin de La Rouërie. Les députés font le lien entre les deux affaires et en déduisent, à tort un complot ourdi par les nobles et le clergé[39].

Le 23 mars, le Conseil exécutif et le Comité de sûreté générale remettent le commandement des troupes chargées de la répression en Vendée au général Jean-François Berruyer. Ce dernier est épaulé par le représentant Goupilleau de Montaigu et 15 000 hommes sont envoyés en renfort. Arrivé début avril à Angers, Berruyer divise ses troupes en trois corps. Le premier, fort de 4 000 hommes, est commandé par Gauvilliers, le second disposant des mêmes effectifs est dirigé par Berruyer lui-même tandis que le troisième, comptant 8 000 soldats, est à Vihiers sous les ordres de Leigonyer. De plus, le général Quétineau occupe Bressuire plus au sud avec 3 000 gardes nationaux[40].

Début avril, les colonnes se mettent en marche avec pour objectif de pousser les rebelles vers la mer. Le 11 avril, Berruyer, parti de Saint-Lambert-du-Lattay, arrive à Chemillé où il rencontre les forces de d'Elbée. Les Républicains sont d'abord repoussés, mais les Vendéens abandonnent la ville le jour même et se replient sur Mortagne. Au nord, Bonchamps recule devant les forces de Gauvilliers et se replie sur la même ville. De son côté Stofflet affronte Leigonyer à Coron mais il doit à son tour battre en retraite sur Mortagne après trois jours de combat (Première bataille de Coron)[41].

Mais alors que l'offensive de Berruyer semble réussir, les paysans de la Gâtine, dans les Deux-Sèvres, se révoltent à leur tour et prennent pour chef Henri de La Rochejaquelein. Ce dernier, à la tête de 3 000 hommes, attaque et bat Quétineau aux Les Aubiers le 13 avril (bataille des Aubiers). Le général se replie sur Bressuire tandis que La Rochejaquelein part renforcer les troupes à Mortagne. Cependant Berruyer hésite à lancer l'offensive générale, trop inquiet du mauvais état de ses troupes il ignore que la situation des Vendéens est bien plus alarmante que la sienne. Aussi les chefs royalistes décident-ils d'attaquer les colonnes républicaines les unes après les autres. Le 19 avril, il se jettent sur Leigonyer à Vezins et mettent ses troupes en déroute (bataille de Vezins). Informé, Berruyer ordonne la retraite aux Ponts-de-Cé mais il laisse Gauvilliers isolé à Beaupréau. Le 22 avril, encerclés par les Vendéens, les Républicains sont écrasés, laissant plus de 1 000 prisonniers (première bataille de Beaupréau). L'offensive républicaine en Anjou est un échec et l'ensemble des forces de Berruyer se replie sur Angers[42].

Cependant dans le Bas-Poitou et le Pays de Retz, les Républicains remportent quelques succès. Parti le 7 avril des Sables d'Olonne avec 4 280 hommes, le général Henri de Boulard prend La Mothe-Achard, quartier général de Joly puis entre à Saint-Gilles-Croix-de-Vie sans combattre. Le 12, il s'empare de Challans après un combat contre les forces rassemblées de Charette, Joly et Savin (première bataille de Challans). Boulard se porte alors vers l'île de Noirmoutier et remporte une nouvelle victoire à Saint-Gervais (bataille de Saint-Gervais) puis inflige une nouvelle défaite à Joly (Première bataille de Beaulieu-sous-la-Roche)[43].

Plus au nord, le général Jean-Michel Beysser sort de Nantes le 20 avril avec 2 200 soldats. Il s'empare de Port-Saint-Père, le quartier-général de La Cathelinière (Premier combat de Port-Saint-Père), puis marche sur Machecoul. Attaquée le 22, l'armée de Charette se débande presque sans combattre. La ville est prise, René Souchu est capturé puis décapité sommairement (Deuxième bataille de Machecoul). Le 25 avril, Beysser peut adresser une sommation aux rebelles de Noirmoutier alors que débarquent des troupes de marine de l'escadre Villaret-Joyeuse. Les insurgés se soumettent[44].

La Vendée militaire[modifier | modifier le code]

Organisation[modifier | modifier le code]

Fin mars, la « Vendée militaire » est pour une bonne part dessinée : le département de la Vendée, les moitiés méridionales de la Loire-Inférieure et du Maine-et-Loire. Le nord-ouest des Deux-Sèvres, Bressuire, Chatillon tombe à son tour en mai[45].

L'armée insurgée est peu centralisée, mal équipée (les trois quarts des hommes n'ont pas de fusil avant l'attaque de Chalonnes, une grande partie des armes et munitions venant des dépouilles des soldats républicains) et non permanente, les paysans retournant sur leurs terres dès qu'ils le peuvent après les combats. Toutefois, des soldats de métier, déserteurs de l'armée républicaine, la rejoignent, lui apportant leur expérience[26]. Ainsi, Charette, dont les insuccès et la tactique prudente attisent la méfiance, n'a guère d'autorité sur ses hommes dans un premier temps ; c'est l'arrivée de meilleurs éléments, dont des déserteurs républicains, et la constitution d'une cavalerie d’élite composée de nobles et de bourgeois équipés à leurs frais qui lui permettent de remporter ses premiers vrais succès et de s'imposer[46].

Trois armées, constituées à partir des rassemblements de mars, la composent : l'armée d'Anjou et du Haut-Poitou, surnommée la « Grande Armée » ou l'« Armée du Bocage », à l'est de la rivière Sèvre nantaise (40 000 hommes) ; l'armée du Centre, au cœur de la Vendée (10 000 hommes) ; l'armée du Bas-Poitou et du Pays de Retz, dite « armée du Marais », entre la Sèvre nantaise et l'océan Atlantique (15 000 hommes). Elles s'occupent avant tout de sauvegarder la portion de territoire dont elles sont issues[47].

Armée « populaire », elle trouve un soutien tant au niveau logistique que militaire parmi le petit peuple des campagnes. Les célèbres « moulins de Vendée » dont la position des ailes servent à prévenir des mouvements des troupes gouvernementales en sont une illustration.

La stratégie des combats, basée sur des opérations de harcèlement, s'organise autour des atouts que procure le bocage, partout présent : composé de haies et de chemins creux, il facilite les opérations d'embuscade et gêne la manœuvre des grandes unités de l'armée révolutionnaire. Enfin, la Vendée militaire se dote d’une instance suprême, qui prend également des décisions civiles, le Conseil supérieur d’administration de la Vendée, après la prise de Fontenay le 26 mai[48].

Les victoires vendéennes[modifier | modifier le code]

Les premières opérations sont un franc succès pour les Blancs. Le mois de mai s'ouvre par une grande offensive des Vendéens de l'armée d'Anjou et du Haut-Poitou, dite la « Grande Armée » menée par Cathelineau, Bonchamps, D'Elbée, Stofflet et La Rochejaquelein. Le 3 mai, le général Quétineau doit abandonner Bressuire, laissant derrière lui un riche dépôt de munitions et des prisonniers, parmi lesquels Louis de Lescure et Bernard de Marigny qui se joignent à l'armée[49].

Quétineau se retranche avec plus de 5 000 hommes dans la ville de Thouars, mais deux jours plus tard, la place est attaquée par près de 30 000 Vendéens. Après un sanglant combat, le général Quétineau capitule - ce qui lui vaudra d'être condamné à mort en décembre par le Tribunal révolutionnaire - il est remis en liberté avec ses hommes contre le serment de ne plus combattre en Vendée. Afin que les soldats républicains soient reconnus s'ils trahissent leur promesse, ces derniers ont les cheveux rasés (Bataille de Thouars). La victoire vendéenne a un grand retentissement, en outre les rebelles s'emparent de milliers de fusils, des munitions, de l'artillerie et d'un trésor de 500 000 livres[50].

Les Vendéens poursuivent vers le sud, le 11 mai ils s'emparent de Parthenay, le 13 La Châtaigneraie est prise sur les 3 000 hommes du général Chalbos et la ville est pillée (Bataille de La Châtaigneraie). Mais l'armée catholique et royale se désagrège au fur à mesure de son avancée loin du bocage, la plupart des paysans désertent pour rentrer chez eux. Le 16 mai, devant Fontenay-le-Comte, les Vendéens sont moins de 8 000. Ayant appris la défaite de La Châtaigneraie, le général en chef de l'armée des côtes de La Rochelle; Louis de Beaufranchet, a ordonné le repli sur Niort mais Fontenay dispose encore des forces de Chalbos, renforcées par celles de Sandoz et Nouvion. Peu habitués à combattre sur la plaine, les Vendéens sont repoussés et mis en déroute, laissant derrière eux une centaine de morts (Première bataille de Fontenay-le-Comte)[51].

Victorieux, Chalbos reprend La Châtaigneraie, mais temporairement, le 24 mai l'armée catholique et royale, reformée dans le bocage et forte de plus de 30 000 hommes, revient venger sa défaite. Trop peu nombreuse, l'armée républicaine est mise en déroute après un court combat, 3 000 soldats sont faits prisonniers. Comme à Thouars, ces derniers sont relâchés contre le serment ne plus prendre les armes. Mais quelques jours plus tard, Fontenay-le-Comte est abandonnée (Deuxième bataille de Fontenay-le-Comte)[52].

La semaine suivante, l'état-major de la Grande Armée décide d'attaquer Saumur ; une avant-garde 1 500 républicains est vaincue à Vihiers le 6 juin, Doué-la-Fontaine est envahie (Bataille de Doué), le 8, des renforts républicains venant de Thouars sont dispersés à Montreuil-Bellay (Bataille de Montreuil-Bellay). Le 10 juin les Blancs prennent d'assaut la ville de Saumur (Bataille de Saumur) et s'emparent de 15 000 fusils et de 50 à 80 canons. Les 3 000 à 11 000 prisonniers républicains sont relâchés sous serment et conduits sur Tours. Devant la démoralisation des Bleus, des détachements s'emparent de Chinon et de Loudun sans combattre, 4 cavaliers parviennent à eux seuls à s'emparer de La Flèche[53].

Toutefois, alors que l'état-major royaliste hésite entre marcher sur Nantes ou sur Paris et attaquer Niort, afin de détruire l'armée de Biron, nouveau général en chef de l'armée des côtes de La Rochelle, dès le 12 juin, 20 000 des 30 000 paysans rassemblés rentrent chez eux, ruinant ainsi les réussites des jours précédents. Par ailleurs, des rivalités opposent entre eux la multitude des officiers choisis par leurs hommes. Pour assurer la cohésion de l'ensemble, les chefs — issus de la petite noblesse — élisent « généralissime » un roturier, Cathelineau, le 12 juin[54].

À l'autre bout de la Vendée, les combats voient également la victoire des insurgés qui reprennent le contrôle du Bas-Poitou et le Pays de Retz. Après être restés longuement inactifs à Legé, les généraux du Marais Charette, Joly, La Cathelinière, Savin et Vrignaud rassemblent 12 000 hommes et marchent sur Machecoul, qui est prise le 10 juin, n'étant défendue que par 1 300 hommes. Dans la déroute, les Républicains abandonnent également Port-Saint-Père, ouvrant ainsi la route de Nantes. (Troisième bataille de Machecoul)[55].

L'échec de l'assaut contre Nantes[modifier | modifier le code]

Jean Baptiste Camille de Canclaux, huile sur toile anonyme, XVIIIe siècle (Musée Dobrée, Nantes).
Article détaillé : Bataille de Nantes.

Dans le même temps, l'armée de Lescure, partie de Saumur, descend la Loire et entre le 18 juin dans Angers, abandonnée par les 5 000 hommes de la garnison, et une messe y est célébrée. Charette lui écrit alors pour lui proposer de s'emparer avec lui de Nantes, de son port et de ses richesses. Sans attendre, il avance avec 20 000 hommes[56].

À Nantes, malgré la division entre le peuple (montagnard) et la bourgeoisie du négoce et du barreau (girondine), les habitants refusent d'évacuer la ville, comme l'ordonnent les envoyés en mission, affolés, et organisent la résistance, rassemblant tous les canons et toutes les barques disponibles, construisant redoutes et fossés. Aux côtés du maire Baco de la Chapelle, le général Canclaux, chef de l'armée des côtes de Brest, réunit 3 000 hommes de ligne et cavaliers, auxquels s'ajoutent 2 000 volontaires, 5 000 gardes nationaux et 2 000 ouvriers employés à la réparation des armes, soit un total de 12 000 hommes, contre les 15 000 de Charette sur la rive gauche de la Loire et les 18 000 de Lescure sur la rive droite. Devant cette résistance et le manque de coordination des royalistes, l’attaque contre Nantes, les 28 et 29 juin, échoue. Le 28, une attaque des troupes de Charette est repoussée, et il bombarde la ville, avant de décider de se retirer dans la soirée, devant l'absence de l'armée venue d'Angers (persuadé qu'il est d'avoir été victime d'une trahison). Le lendemain, trois colonnes de la seconde armée menées par Bonchamps, D'Elbée, Cathelineau arrivent successivement par les routes de Paris, Rennes et Vannes. Surpris par la résistance farouche des Nantais, les Blancs parviennent à entrer tout de même dans la ville, mais Cathelineau est tué. Les paysans, démoralisés, se retirent. D'Elbée lui succède.

Au même moment, Biron, général en chef de l'armée des côtes de La Rochelle, ordonne à Westermann de mener un raid de diversion dans le cœur de la « Vendée militaire ». À la tête de 2 500 hommes, ce dernier fond sur Parthenay, s'empare de Châtillon, capitale des insurgés, bousculant, le 2 juillet, les 10 000 paysans chargés de sa défense, où il délivre 2 000 prisonniers républicains, pille les magasins des insurgés et s'empare des archives du Conseil supérieur des Blancs.

Le lendemain, 25 000 paysans se retrouvent aux abords de la ville et surprennent Westermann, qui n'en réchappe qu'avec 500 hommes, laissant 3 000 morts et blessés, ses canons et des centaines de prisonniers. Cette attaque mal menée empêche cependant les Blancs de tenter un second assaut contre Nantes. Pour protéger leur territoire, les insurgés repassent massivement sur la rive gauche de la Loire[57].

Pendant les mois de juillet et août, les combats sont indécis et les offensives des deux camps sont contenues. Sortis de Saumur, les Républicains remportent un succès à Martigné-Briand et s'emparent de Vihiers le 15 juillet (Bataille de Martigné-Briand). Mais ils sont écrasés trois jours plus tard par une contre-attaque vendéenne, des centaines d'hommes sont faits prisonniers (Bataille de Vihiers).

De son côté l'état-major vendéen est divisé quant à la conduite des opérations à mener. Bonchamps préconise une offensive vers le nord pour provoquer l'insurrection de la Bretagne et du Maine, tandis que le généralissime d'Elbée est favorable à une attaque des villes du sud, jugées plus vulnérables, pour s'emparer du port de La Rochelle.

Alors que les troupes de Bonchamps livrent des combats sans résultat aux abords d'Angers (Bataille des Ponts-de-Cé), le reste de l'armée mené par d'Elbée tente une attaque au sud sur Luçon afin de repousser une incursion des Républicains du général Tuncq qui ont brûlé Chantonnay. Mais le 30 juillet l'offensive vendéenne est repoussée devant la ville (Deuxième bataille de Luçon). Deux semaines plus tard, cette fois-ci renforcée par les forces de Charette, l'armée catholique et royale forte de 35 000 hommes, lance une nouvelle attaque sur Luçon. Mais les 6 000 hommes du général Tuncq mettent en déroute les Vendéens, habitués à combattre dans le bocage mais vulnérables sur la plaine. Ces derniers laissent 1 500 à 2 000 morts sur le champ de bataille, contre une centaine de tués pour les Républicains, ils éprouvent ce jour-là, l'une de leurs plus lourde défaites (Troisième bataille de Luçon). Les Républicains reprennent ensuite Chantonnay, mais ils en sont chassés le 5 septembre par une nouvelle attaque de d'Elbée (Bataille de Chantonnay).

L'Armée de Mayence[modifier | modifier le code]

Devant les succès des contre-révolutionnaires et par crainte de contagion, Biron est destitué et dans les semaines qui suivent les généraux nobles (Canclaux, Grouchy, Aubert-Dubayet) sont progressivement remplacés, à l'initiative du ministre de la guerre Bouchotte, par des sans-culottes (Rossignol, Ronsin, Léchelle, d'anciens militaires, mais aussi le comédien du Théâtre-Français Grammont ou le brasseur Santerre). Tous se révèlent être de médiocres généraux, à la tête d'une armée « composite, mal équipée, condamnée au pillage pour survivre et détestée par les populations ». Cette ingérence des hébertistes dans la guerre de Vendée dure jusqu'en novembre.

Les Mayençais (du nom de la garnison de Mayence, qui a capitulé avec les honneurs le 23 juillet) sont envoyés en renfort le 1er août. Arrivés à Nantes les 6, 7 et 8 septembre, cette troupe disciplinée et courageuse menée par les généraux Aubert-Dubayet, Kléber, Vimeux, Beaupuy et Haxo est placée sous les ordres de Canclaux, chef de l'armée des côtes de Brest jusqu'au 1er octobre 1793. Le comité de salut public envoie également à l'armée de l'Ouest Jean-Baptiste Carrier, pour compléter le rétablissement de l'ordre.

Bataille de Torfou ; les femmes de Tiffauges barrent le chemin aux Vendéens épouvantés à la vue des Mayençais conduits par Kléber,
huile sur toile de Alfred de Chasteignier.

De leur côté les généraux sans-culottes de Saumur et Angers tentent de faire lever en masse les habitants des territoires non-insurgés contre les rebelles. Ainsi, les opérations peuvent mêler ponctuellement des civils aux troupes régulières, comme le 13 septembre à Doué-la-Fontaine, où le tocsin rassemble 30 000 hommes contre les « brigands »[58], ou le 25 septembre à La Châtaigneraie[59].

Le 8 septembre les Mayençais entrent en Vendée, Kléber à la tête de l'avant-garde repousse toutes les troupes rencontrées sur son passage, La Cathelinière est chassé de Port-Saint-Père, puis Machecoul et Legé sont prises sans combat. Dans cette dernière ville 1 200 prisonniers républicains, soldats et civils, sont délivrés par les Mayençais[60]. Charette se replie et quitte le Marais breton pour rejoindre l'armée d'Anjou. Il est cependant rejoint à Montaigu et mis en déroute (Première bataille de Montaigu). Suivants les ordres de destructions, les Républicains incendient les bourgs et les villes qu'ils traversent. Mais le 18 septembre, 2 000 Mayençais de Kléber font face à 20 000 Vendéens, à la bataille de Tiffauges, qui les contraignent à retraiter vers Clisson. Puis les 19 et 20 septembre, à l'est, deux défaites de l'Armée des côtes de La Rochelle sous les ordres de Rossignol (Bataille de Coron et Bataille du Pont-Barré) achèvent de ruiner le plan de Canclaux qui est contraint de renoncer à une contre-attaque et de faire retirer ses troupes sur Clisson[61].

À la suite de ces échecs, Canclaux donne l'ordre de repli général sur Nantes, Clisson est évacuée et incendiée. Les Vendéens tentent de couper la retraite des Républicains mais Lescure et Charette enfreignent le plan et préfèrent attaquer Montaigu et Saint-Fulgent. Les troupes républicaines de Beysser et Mieszkowski occupants ces deux villes sont mises en déroute (Deuxième bataille de Montaigu et Bataille de Saint-Fulgent). Mais privées de soutien, les forces de d'Elbée et Bonchamps ne peuvent espérer empêcher la retraite des Républicains sur Nantes et sont repoussés. Les Républicains laissent cependant 400 blessés qui sont massacrés (Bataille de Clisson)[62].

Après l'échec de son premier plan, Canclaux décide de former deux importantes colonnes, qui parties de Nantes et Niort, doivent se rejoindre à Cholet. Cependant Canclaux est destitué par le Comité de salut public, qui décrète également la fusion des armées des côtes de La Rochelle, de Mayence, de la partie nantaise de l'armée des côtes de Brest pour former l'Armée de l'Ouest, placée sous le commandement du général Léchelle. Ce dernier se révèle rapidement être un général incompétent, aussi certains représentants en mission laissent officieusement la direction de la colonne nantaise au général Kléber[63].

Au commencement d'octobre, malgré la destitution de son auteur, le second plan de Canclaux est mis à exécution avec succès. Sortie de Nantes, la colonne de l'armée de Mayence et de Brest reprend Montaigu, Clisson et Saint-Fulgent sans rencontrer de résistance, puis elle bat les Vendéens de d'Elbée et Bonchamps (Bataille de Treize-Septiers). Partis du sud, les 11 000 hommes de la colonne de Niort, commandée par Chalbos et Westermann battent les forces de Lescure, La Rochejaquelein et Stofflet et s'emparent de Châtillon (Deuxième bataille de Moulin-aux-Chèvres). Mais les Vendéens contre-attaquent deux jours plus tard et parviennent à chasser les Républicains de leur « capitale », mais la ville est presque totalement détruite (Deuxième bataille de Châtillon). De son côté, la petite colonne de Luçon du général Bard met en fuite l'armée de Royrand qui se replie sur l'Anjou[64].

Toutes les forces vendéennes se réunissent dans les environs de Cholet, à l'exception des armées du Marais qui continuent de combattre de leur côté. Sans se préoccuper de la Grande Armée, Charette prend l'île de Noirmoutier le 12 octobre. Les 800 défenseurs se rendent, mais un quart d'entre-eux sont fusillés cinq jours plus tard à Bouin, sur ordre de Pajot, sous le prétexte d'une tentative d'évasion (Première bataille de Noirmoutier)[65].

La déroute de Cholet,
huile sur toile de Jules Girardet, 1882.
Musée d'art et d'histoire, Cholet.

Les armées vendéennes de l'Anjou, du Haut-Poitou et du Centre se rassemblent à Cholet. Le 15 octobre les Mayençais attaquent la ville. Les Vendéens sont battus et le général Lescure est grièvement blessé, ils évacuent la place et se replient sur Beaupréau (Bataille de La Tremblaye). Les deux colonnes républicaines font leur jonction à Cholet dans la soirée, les forces républicaines rassemblées sont alors forte de 26 000 hommes.

Le lendemain, les généraux vendéens décident de reprendre Cholet, seul Talmont, avec 4 000 hommes traverse la Loire et s'empare de Varades afin d'assurer à l'armée une retraite vers la Bretagne en cas de défaite.

Le 17 octobre, 40 000 Vendéens se lancent à l'attaque de Cholet. La bataille est longtemps indécise mais après plusieurs assauts qui finissent au corps à corps, les Vendéens reculent et regagnent Beaupréau, puis Saint-Florent-le-Vieil, sur les bords de la Loire. Les deux camps laissent des milliers de morts et de blessés sur le champ de bataille ; les généraux vendéens D'Elbée et Bonchamps sont grièvement blessés[66],[67].

La Virée de Galerne[modifier | modifier le code]

La traversée de la Loire et la marche sur Granville[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Virée de Galerne.
Le Général Lescure blessé passe la Loire à Saint-Florent, peinture de Jules Girardet, 1882.
Musée Birkenhead.

Vaincus, les Vendéens se replient sur Beaupréau, puis sur Saint-Florent-le-Vieil, laissant derrière eux 400 blessés qui sont achevés par les hommes de Westermann. Les Vendéens décident alors de traverser la Loire pour relancer la révolte en Bretagne et dans le Maine et aider des renforts britanniques à débarquer sur les côtes de la Manche.

En une nuit, le 18 octobre, La Rochejaquelein, le nouveau généralissime, fait traverser la Loire à toutes ses troupes, 20 000 à 30 000 combattants[68] accompagnés de 15 000 à 60 000 non-combattants (blessés, vieillards, femmes et enfants…)[69], soit entre 60 000 et 100 000 personnes au total[70],[71]. C'est le début de la « Virée de Galerne » (francisation de gwalarn, nom du vent de noroît en breton).

Pendant la traversée, le général Bonchamps, alors mourant, parvient à empêcher le massacre de 5 000 prisonniers républicains que ses hommes voulaient fusiller. Ne pouvant traverser le fleuve, les prisonniers sont relâchés tandis que le général Bonchamps meurt quelques heures plus tard, des suites de ses blessures[72].

L'incendie de Granville par les Vendéens, peinture de Jean-François Hue, 1800.
Musée de La Roche-sur-Yon.

Les Vendéens marchent sur Laval, repoussant aisément les garnisons locales et les gardes nationaux hâtivement rassemblés par les autorités. La ville est prise le 22 octobre (Bataille de Laval). 6 000 Bretons et Mainiots rejoignent l'armée catholique et royale. L'armée de l'Ouest se lance à la poursuite des rebelles, seule la division du général Haxo reste en Vendée pour combattre les forces de Charette. Le 25 octobre, sans attendre les renforts, l'avant-garde commandée par Westermann attaque Laval, elle est mise en déroute (Bataille de Croix-Bataille). Le lendemain, le gros de l'armée républicaine, fort de 20 000 soldats passe à l'attaque, mais l'incompétence du général en chef Léchelle provoque un nouveau désastre face aux 25 000 hommes de La Rochejacquelein, les républicains s'enfuient en direction d'Angers, ils perdent 4 000 hommes, tués ou blessés, et 19 canons, les Vendéens ont 400 morts et 1 200 blessés (Bataille d'Entrammes).

Les Vendéens décident de poursuivre leur route vers le nord, le 2 novembre Mayenne est prise sans combats, et une colonne républicaine est écrasée à Ernée (Bataille d'Ernée), le 3 novembre, Fougères est prise d'assaut (Bataille de Fougères). Le même jour, le général Lescure succombe à ses blessures.

L'état-major vendéen décide ensuite d'attaquer le port de Granville, en chemin les Vendéens prennent Dol-de-Bretagne, Pontorson et Avranches presque sans combats. Le 14 novembre, ils sont devant Granville. Aucun navire britannique n'attend les insurgés et la ville se défend, après deux jours de combats qui font des centaines de morts, les Vendéens découragés, battent en retraite (siège de Granville). Malgré une tentative sans lendemain sur Villedieu-les-Poêles, les soldats refusent d'obéir à leurs chefs et décident d'eux-même de regagner la Vendée. Les Vendéens quittent la Normandie, laissant derrière eux 800 traînards qui sont fusillés par les républicains (massacre d'Avranches).

Le retour vers la Vendée et anéantissement de l'armée catholique et royale[modifier | modifier le code]

De leur côté, les républicains ont réorganisé leurs forces à Rennes, et sur le chemin du retour, les Vendéens trouvent face à eux 25 000 hommes commandés par le général Rossignol, successeur de Léchelle, destitué. Le 18 novembre, les 4 000 hommes de Tribout, partis trop en avant sont écrasés à Pontorson (Bataille de Pontorson). Le 20 novembre, l'armée républicaine lance une attaque générale dans les environs de Dol-de-Bretagne, Antrain et Pontorson, la bataille dure trois jours et se termine à l'avantage des Vendéens, l'armée républicaine est une fois encore mise en déroute (Bataille de Dol).

Mais la troupe, composée pour moitié de blessés, de vieillards, de femmes et d'enfants, épuisée moralement et amoindrie, est ravagée par la famine et les maladies qui font des milliers de victimes, et l'armée ne peut remplacer ses pertes, contrairement aux républicains qui reçoivent en renfort 6 000 hommes de l'armée des côtes de Cherbourg et 10 000 hommes de l'armée du Nord.

Le 23 novembre, l'armée réoccupe Fougères, puis Laval le 25. Elle fait ensuite marche sur Angers, dernière place forte avant la Vendée. Les insurgés assiègent la ville le 4 décembre mais ils ne parviennent pas à vaincre ses 4 000 défenseurs et l'arrivée de renfort provoque leur panique (Siège d'Angers). La Rochejacquelein conduit alors sa troupe sur La Flèche, dont il s'empare le 8 avant de repousser la contre-attaque de Westermann (Bataille de La Flèche). L'armée fait ensuite mouvement sur Le Mans.

Le 10 décembre, la ville est prise (Bataille de Pontlieue), épuisés les Vendéens refusent de quitter les lieux et prennent du repos, mais le 13 décembre, ils sont attaqués par l'armée républicaine, forte de 20 000 hommes sous les ordres de Marceau et Kléber. La bataille dégénère en massacre des blessés, des femmes et des enfants, même si Marceau parvient à sauver plusieurs milliers de prisonniers, les Vendéens laissent 10 000 à 15 000 morts au Mans et sur la route de Laval, tandis que les républicains ne perdent que quelques dizaines d'hommes. Les survivants s'enfuient vers Laval, qu'ils traversent pour la troisième fois, dévorés par le typhus et la dysenterie, insultés par la population excédée (Bataille du Mans).

La bataille du Mans,
huile sur toile de Jean Sorieul, 1852.
Musée de la Reine Bérengère, Le Mans.

Le 16 décembre, les Vendéens atteignent les bords de la Loire à Ancenis. La Rochejaquelein et Stofflet parviennent à traverser le fleuve avec une poignée d'hommes, mais ils sont aussitôt dispersés par quelques détachements républicains. Manquant d'embarcations, les Vendéens poursuivent néanmoins la traversée jusqu'au lendemain où des chaloupes canonnières républicaines venues de Nantes coulent les bateaux. Pendant ce temps, les forces républicaines prennent position à Châteaubriant et Nort-sur-Erdre ou Westermann massacre 300 à 400 traînards[73].

Les Vendéens ne sont plus que 10 000 à 15 000, dont 6 000 à 7 000 soldats, ils doivent fuir vers l'Ouest. Le 22 décembre, ils prennent Savenay. Le lendemain, les républicains attaquent la ville. C'est un nouveau massacre, 3 000 à 7 000 Vendéens sont tués au combat ou exécutés sommairement, les républicains n'ont que 30 morts et 200 blessés. Dans les huit jours qui suivent la bataille, 2 000 prisonniers, pris les armes à la main sont fusillés. Les femmes et les enfants sont envoyés dans les prisons de Nantes (Bataille de Savenay)[74]

Au terme de la Virée de Galerne, la victoire républicaine est désormais acquise, sur les 60 000 à 100 000 Vendéens ayant franchi le fleuve, 4 000 seulement ont réussi à retraverser la Loire, 50 000[75] à 70 000[76] sont morts et 20 000 ont été faits prisonniers. Les survivants, dispersés en petites bandes se cachent dans les bois du Maine, de Haute-Bretagne ou du Morbihan, appuyés par une partie des populations locales.

Cette victoire ne rassure pas les généraux et les envoyés en mission ; la longue errance de cette colonne de Vendéens, alors que l'on croyait l'insurrection presque écrasée, a terrifié le pays. Pour eux, l'ensemble de la région est dominée par la Contre-révolution ou le fédéralisme. Ceci permet d'expliquer la répression qui s'abat contre les insurgés. Quant à l'intensité de cette répression, elle renvoie à une exacerbation de la violence qui rend caduques les règles habituelles de la guerre « pour un certain nombre de responsables politiques et militaires comme pour des soldats et des militants », mais contraire aux décrets de la Convention (femmes, enfants, vieillards et même hommes sans armes devant, par exemple, être préservés), à qui chefs militaires et représentants en mission mentent régulièrement[77].

La Vendée pendant la campagne d'outre-Loire[modifier | modifier le code]

Mort du général D'Elbée,
huile sur toile de Julien Le Blant, 1878
musée du Château, Noirmoutier-en-l'Île.

Alors que la Grande Armée combat au nord de la Loire, en Vendée les chefs de l'armée du Marais ; Charette, La Cathelinière, Joly et Savin continuent de combattre dans le Bas-Poitou et le Pays de Retz[78]. Pour les Républicains, la priorité est de reprendre l'Île de Noirmoutier afin d'empêcher les Vendéens d'entrer en contact avec les Britanniques. Le commandement des troupes est confié au général Nicolas Haxo.

Le 8 novembre, Haxo sort de Nantes avec 8 000 hommes[79], le 9, il prend Machecoul sans combattre, puis le 28, il fait sa jonction à Legé avec Jordy et Guillemé. Le 25 novembre, la garnison de Nantes s'empare de Port-Saint-Père, le quartier-général de La Cathelinière. Ce dernier, qui avait battu un détachement la vieille (bataille de Rouans), trouve refuge dans la forêt de Princé. Deux jours plus tard, l'avant-garde républicaine met en fuite les Vendéens à La Garnache (bataille de La Garnache).

Charette se retranche dans l'Île de Bouin, mais le 6 décembre l'adjudant-général Jordy prend l'île d'assaut avec 3 000 hommes. Charette parvient de justesse à s'échapper avec le gros de ses forces, mais les Vendéens laissent de nombreux morts, 200 à 300 femmes sont capturées, et 900 prisonniers républicains sont délivrés (bataille de l'île de Bouin)[80],[81],[82].

La Mort du jeune Bara de David, 1794. (Musée Calvet, Avignon). La mort de Joseph Bara, jeune soldat tué le 7 décembre 1793, près de Cholet. Élevé au rang de martyr de la liberté par la Convention, de nombreux récits hagiographiques lui sont consacrés[83].

Dans leur fuite, les Vendéens tombent par chance sur un petit convoi de munition qui leur permet de se réapprovisionner (bataille du Bois-de-Céné). La troupe de Charette rejoint ensuite celles de Joly et Savin. Le 8 décembre, ils sont repoussés à Legé (deuxième bataille de Legé), les Vendéens se portent alors sur le camp des Quatre-Chemins qui est pris d'assaut le 11 décembre (bataille des Quatre-Chemins). Le lendemain, la troupe gagne Les Herbiers où Charette est élu général en chef par les officiers malgré l'hostilité de ses rivaux Joly et Savin. Charette décide alors de se porter sur l'Anjou afin d'étendre son influence, il y parvient sans rencontrer de résistance sérieuse, rallie 600 à 900 Anjevins mais à Maulévrier, il rencontre Henri de La Rochejaquelein rescapé de la Virée de Galerne. Les deux chefs ne parviennent pas à s'entendre, et Charette rebrousse chemin vers le Marais.

Le 31 décembre, il s'empare de Machecoul (quatrième bataille de Machecoul), mais les Républicains reprennent la ville deux jours plus tard (cinquième bataille de Machecoul). L'offensive de Haxo sur Noirmoutier a été un temps retardée à cause du siège d'Angers, mais le 2 janvier il peut lancer ses 6 000 hommes à l'assaut de l'île. Après un sanglant combat, les 1 800 défenseurs capitulent en échange de la vie sauve. Mais malgré la promesse du général Haxo, ils sont tous fusillés sur l'ordre des représentants en mission Prieur de la Marne, Turreau et Bourbotte. Le général d'Elbée, blessé, est exécuté dans son fauteuil (bataille de Noirmoutier (1794))[84]

De son côté, Charette est en déroute, avec le millier d'hommes qui lui reste, il tente de s'emparer de Saint-Fulgent mais il est battu à deux reprises par l'adjudant-général Joba (bataille de Saint-Fulgent (1794) et bataille de Gralas). Blessé, il tente de se cacher des colonnes républicaines en trouvant refuge au Val de Morière, à Touvois avec les quelques centaines d'hommes qui lui reste.

La répression de l'insurrection vendéenne[modifier | modifier le code]

La Terreur au nord de la Loire[modifier | modifier le code]

Après la Virée de Galerne, les représentants en mission Prieur de la Marne, Turreau, Bourbotte, Thirion, Bissy, Pocholle, Tréhouart et Le Carpentier établissent des commissions militaires révolutionnaires pour juger les prisonniers vendéens et chouans, ainsi que les habitants suspectés de complicité avec les rebelles ou encore des soldats accusés de fuite ou de désertion. D'autres prisonniers sont jugés par les tribunaux criminels.

En Normandie, la répression suit le siège de Granville, au moins 43 condamnations à mort sont prononcées à Granville par une commission militaire[85], 13 personnes sont condamnées à Coutances[86]. À Alençon, le tribunal criminel condamne 189 personnes à la peine de mort, dont 172 prisonniers vendéens[87].

Dans la Sarthe, des commissions militaires et le tribunal criminel siègent à Sablé-sur-Sarthe et au Mans. 185 personnes sont guillotinées ou fusillées au Mans et 42 autres personnes sont exécutées à Sablé-sur-Sarthe[88]. En Mayenne, une Commission révolutionnaire juge en dix mois 1 325 personnes et en fait guillotiner 454. Finalement, 243 hommes et 82 femmes sont exécutés à Laval, et 116 hommes et 21 femmes dans les autres villes du département ; Mayenne, Ernée, Lassay-les-Châteaux, Craon et Château-Gontier[89],[90]. 40 autres condamnations à mort sont prononcées par les commissions Proust et Félix, venues d'Anjou[89],[90].

Trois commissions militaires sont mises en place en Ille-et-Vilaine. À Rennes et Fougères, la commission Brutus Magnier juge 744 personnes (dont 258 militaires), du 21 novembre 1793 au 5 juin 1794, et prononce 267 ou 268 condamnations à mort, dont 19 femmes. Sur l'ensemble des militaires, 169 sont acquittés, 2 condamnés à mort, 41 aux fers, 46 à la prison[91],[92]. La commission Vaugeois, juge à Rennes et à Vitré, elle prononce 84 condamnations à mort, 33 aux fers, 31 à la détention et 391 acquittements. Elle condamne notamment à mort le prince de Talmont, général de la cavalerie vendéenne, qui est guillotiné à Laval[93]. À Saint-Malo, les chiffres de la commission militaire de Port-Malo ou commission O'Brien sont moins connus, au moins 88 condamnés à mort sont identifiés bien qu'il y ait eu plus de 200 exécutions selon le représentant Laplanche[94],[95].

En outre à Rennes, le tribunal criminel condamne à mort 76 hommes et 11 femmes, 80 personnes reçoivent diverses peines, et 331 sont acquittés[95]. Un nombre important de prisonniers meurent également du typhus ou de leurs blessures dans les prisons[96].

La Terreur nantaise[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Carrier, miniature, auteur anonyme, fin XVIIIe siècle, musée Lambinet, Versailles.
Les Noyades de Nantes en 1793,
huile sur toile de Joseph Aubert, 1882.

La fin de la Virée de Galerne marque le début d'une politique de représailles sanglantes. Envoyé en mission dans les cinq départements bretons par un décret du 14 août 1793, Jean-Baptiste Carrier est installé à Nantes par un arrêté du comité de salut public du 29 septembre (où il reste malgré un nouveau décret du 13 octobre, l'affectant à l'armée de l'Ouest avec Bourbotte, Francastel et Turreau, le cousin du général). Arrivé le 8 octobre, il trouve une ville profondément divisée entre ses éléments populaires et ses notables. Fin septembre et début octobre, son prédécesseur, Philippeaux, a destitué les administrations élues en décembre 1792 et créé un comité et un tribunal révolutionnaires ; ce tribunal a formé la compagnie Marat, une petite armée révolutionnaire d'une soixantaine d'hommes recrutés sur le port.

Disposant d'emblée des instruments d'une politique de Terreur, Carrier utilise le blé réquisitionné en Vendée pour nourrir l'armée et le petit peuple nantais, crée une police occulte, concurrente avec la compagnie Marat, et simplifie la procédure du Tribunal révolutionnaire, qui conduit à la guillotine 144 personnes soupçonnées de complicité avec les Vendéens en novembre et en décembre 1793[97].

En décembre 1793, la ville de Nantes, dirigée par le représentant Jean-Baptiste Carrier, voit arriver dans ses murs un afflux de prisonniers vendéens, capturés lors de la Virée de Galerne. Ces derniers, au nombre de 8 000 à 9 000, hommes, femmes et enfants, sont entassés dans la prison de l'Entrepôt des cafés[98]. Les conditions sanitaires sont épouvantables, le médecin Pariset décrit les détenus comme des « spectres pâles, décharnés, couchés, abattus sur les planchers, on s'y traînant en chancelant comme dans l'ivresse ou la peste[99]. » Rapidement, une épidémie de typhus éclate dans les prisons de Nantes, elle tue 3 000 détenus[100],[101],[102],[103], dont 2 000 dans l'entrepôt[104], ainsi que des gardiens et des médecins et menace de s'étendre à la ville. Le représentant Carrier recourt alors massivement aux noyades et aux fusillades pour vider l'entrepôt et les pontons. Du 16 décembre 1793 au 27 février 1794, les noyades de Nantes font 1 800[105] à 4 860[106] morts. Les fusillades de Nantes font 2 600[107] à 3 600 victimes[103]. Au total, sur les 12 000 à 13 000 prisonniers[108], hommes, femmes et enfants, que compte la ville, 8 000 à 11 000[109] périssent, dont la quasi-totalité des prisonniers de l'entrepôt[98]. La grande majorité des victimes sont des Vendéens[110], on compte aussi des Chouans, des suspects nantais, généralement girondins ou fédéralistes, des prêtres réfractaires, des prostituées[111], des droits communs, ainsi que des prisonniers de guerre Anglais et Hollandais[111].

De même, 132 notables nantais[112] sont arrêtés comme fédéralistes et envoyés à Paris pour être jugés par le tribunal révolutionnaire ; 12 meurent au cours du voyage, 24 en prison. Les exactions de Carrier sont dénoncées par Jullien de Paris, agent du comité de salut public en mission sur la côte atlantique, et il est obligé de demander son rappel le 9 pluviôse an II (8 février 1794)[113].

La Terreur angevine[modifier | modifier le code]

À Angers, où les envoyés en mission Hentz et Francastel sont confrontés, comme Carrier à Nantes, à l'arrivée de milliers de prisonniers vendéens après la bataille de Savenay, les militaires forment en janvier 1794 une commission militaire dite « commission Parein », qui, en quelques semaines, condamne à mort 2 000 personnes, essentiellement des femmes, dans la plupart des cas pour activité contre-révolutionnaire (terme générique renvoyant aussi bien à une participation active à la rébellion que la participation à une messe donnée par un prêtre réfractaire, la parenté avec des insurgés ou même le refus de céder aux avances des juges)[114]. Jean-Clément Martin note que « ce détournement à des fins personnelles des principes répressifs provoque le rejet de cette commission militaire par les révolutionnaires locaux. »

À Angers même, 290 prisonniers sont fusillés ou guillotinés et 1 020 meurent en prison par les épidémies[115]. Une tannerie de peau humaine est établie, 32 personnes sont écorchées pour faire des culottes de cavalerie[116].

Environ 12 fusillades se déroulent de fin novembre 1793 à la mi-janvier 1794 aux Ponts-de-Cé, elles font 1 500 à 1 600 morts[117]. On relève également quelques noyades qui font entre 12 et plusieurs dizaines de victimes[117]. Les fusillades d'Avrillé, au nombre de neuf, du 12 janvier 1794 au 16 avril 1794, font 900 à 3 000 morts, les estimations les plus probables vont de 1 200 à 1 994[118].

À Saumur, 1 700 à 1 800 personnes sont emprisonnées, 950 sont exécutés par les fusillades ou la guillotine, 500 à 600 périssent en prison ou meurent d'épuisement[119]. À Doué-la-Fontaine, du 30 novembre 1793 au 22 janvier 1794, 1 200 personnes sont emprisonnées, 350 à 370 sont exécutées et 184 meurent en prison[120].

De plus, 800 femmes sont emprisonnées à Montreuil-Bellay où 200 d'entre elles meurent de maladie, 300 sont transférées à Blois ou Chartes où elles disparaissent pour la plupart[108]. Près de 600 à 700 vendéens capturés lors de la Virée de Galerne sont évacués vers Bourges où seule une centaine d'entre eux survivent[119]. Des centaines d'autres prisonniers sont encore fusillés à Sainte-Gemmes-sur-Loire et Le Marillais[121].

Au total, dans le Maine-et-Loire, ce sont 11 000 à 15 000 personnes, hommes, femmes et enfants, qui sont emprisonnées, parmi celles-ci 6 500 à 7 000 sont fusillées ou guillotinées, 2 000 à 2 200 meurent dans les prisons[115].

Les colonnes infernales[modifier | modifier le code]

Dévastation de la Vendée[modifier | modifier le code]

Fin décembre 1793, le général Turreau, proche des Hébertistes[122], prend la tête de l'armée de l'Ouest. Le même mois, le Comité de Salut public et le ministre de la guerre annoncent au nouveau général en chef, leur intention de retirer des troupes de l'Ouest pour les redéployer sur d'autres fronts, estimant que les opérations dans l'Ouest sont presque achevées[123]. Ainsi, le 19 décembre, Turreau propose d'abord à la Convention d'offrir une amnistie aux rebelles, mais il ne reçoit aucune réponse[124]. Modifiant alors sa position, il déclare que les rebelles sont encore dangereux et rejette le plan de Kléber, qui propose de quadriller la région et de rétablir la discipline parmi les troupes pour gagner la confiance de la population. Le 7 janvier, Turreau demande des ordres clairs sur le sort des femmes et des enfants auprès des représentants en mission Francastel, Bourbotte et Louis Turreau qui ne lui répondent pas, se déclarant malades. Enfin, s'appuyant sur la loi du 1er août votée à la Convention nationale et sur divers décrets des représentants en mission, il met au point un plan de campagne dans lequel vingt colonnes mobiles, ultérieurement rebaptisées « colonnes infernales », sont chargées de dévaster et d'appliquer la politique de la terre brûlée dans les territoires insurgés des départements du Maine-et-Loire, de la Loire-inférieure, de la Vendée et des Deux-Sèvres qui forment la Vendée militaire. Seules quelques villes indispensables à la marche des troupes doivent être préservées. À ses troupes, il donne pour consigne de passer au fil de la baïonnette tous les rebelles « trouvés les armes à la main, ou convaincus de les avoir prises, » ainsi que « les filles, femmes et enfants qui seront dans ce cas. » Il ajoute que « les personnes seulement suspectes ne seront pas plus épargnées, mais aucune exécution ne pourra se faire sans que le général l'ait préalablement ordonné. » En revanche les hommes, femmes et enfants dont le patriotisme ne fait pas de doute devront être respectés et évacués sur les derrières de l'armée[125].

Le Comité de salut public semble d'abord approuver le plan, le 8 février, Carnot écrit à Turreau que « ses mesures paraissent bonnes et ses intentions pures[126],[127]. » Mais quatre jours plus tard, il intervient de nouveau à la suite de la stupéfaction causée par la prise de Cholet par les Vendéens le 8 de ce mois. Le 12, devant la Convention, Barère dénonce une « barbare et exagérée exécution des décrets », il reproche au général d'avoir incendié des villages paisibles et patriotes au lieu de traquer des insurgés[128]. Le 13, Carnot somme Turreau de « réparer ses fautes », de mettre fin à sa tactique de dissémination des troupes, d'attaquer en masse et d'exterminer les rebelles enfin[129], « Il faut tuer les brigands et non pas brûler les fermes[130] ». Ne se sentant pas soutenu, Turreau présente par deux fois sa démission le 31 janvier et le 18 février, elle est à chaque fois refusée malgré les dénonciations des administrateurs départementaux[131]. Le Comité de salut public délègue alors ses pouvoirs dans l'Ouest aux représentants en mission Francastel, Hentz et Garrau, les jugeant les mieux placés pour apprécier les mesures à prendre sur place[132]. Ces derniers donnent leur approbation au plan de Turreau[133], estimant disent-ils qu'il « n'y aurait de moyen de ramener le calme dans ce pays qu'en en faisant sortir tout ce qui n'était pas coupable et acharné, en en exterminant le reste et en le repeuplant le plus tôt possible de républicains[134] ».

Pendant cette période, de janvier à mai, le plan est mis à exécution. À l'est, Turreau prend personnellement le commandement de six divisions divisées en onze colonnes, tandis qu'à l'ouest le général Haxo dirige huit colonnes de tailles plus réduites. D'autres troupes sont envoyées former les garnisons des villes à préserver. Cependant les différents généraux interprètent librement les ordres reçus et agissent de manière très diverses[135]. Certains officiers, notamment Haxo, n'appliquent pas les ordres de destruction et de tueries systématiques[136]. De plus, les membres de la Commission civile et administrative créée à Nantes pour récupérer vivres et bétail au profit des Bleus, accompagnent les armées, ce qui permet d'épargner des vies et des localités. Cependant presque toutes les colonnes se livrent aux pillages, massacrent la population civile, violant et torturant, tuant femmes et enfants, souvent à l'arme blanche pour ne pas gaspiller la poudre, brûlant des villages entiers, saisissants ou détruisant les récoltes et le bétail. Des femmes enceintes sont écrasées sous des pressoirs, des nouveau-nés sont empalés au bout des baïonnettes[137]. D'après des témoignages de soldats ou d'agents républicains, des femmes et des enfants sont coupés vifs en morceaux ou jetés vivants dans des fours à pain allumés[138],[139]. Si la plupart des généraux respectent les ordres d'évacuations des populations jugées républicaines, les troupes commandées par Cordellier, Grignon, Huché et Amey se distinguent par leurs violences, au point d'exterminer des populations entières, massacrant indistinctement royalistes et patriotes[140].

Mais la position de Turreau est fragilisée par son incapacité à détruire les dernières troupes insurgées. Son plan, bien loin de mettre fin à la guerre, pousse en réalité les paysans à rejoindre les armées vendéennes. Les représentants en mission se divisent quant à sa stratégie. Si certains le soutiennent tels que Francastel, Hentz, Garrau[133], et Carrier[141], d'autres comme Lequinio, Laignelot, Jullien, Guezno et Topsent réclament son départ[142]. Le 1er avril, Lequinio présente un mémoire au comité de Salut public, peu après une délégation de Républicains vendéens est reçue à Paris afin de réclamer la distinction entre le pays fidèle et le pays insurgé[142].

Un dernier délai est accordé à Turreau qui précise ses objectifs ; « il faut exterminer tous les hommes qui ont pris les armes, et frapper avec eux leurs pères, leurs femmes, leurs sœurs et leurs enfants. La Vendée doit n'être qu'un grand cimetière national ; il faut expulser de son territoire les Royalistes non armés, les Patriotes tièdes, etc., et couvrir ce pays du plus pur de la Nation. Repeuplez-le de bons Sans-Culottes[143] ». Mais sans résultat, Turreau est tenu en échec par les troupes vendéennes, il est finalement suspendu le 17 mai 1794[144], et l'activité des colonnes infernales décroît progressivement au cours du printemps. Ceci traduit une reprise en main des rênes de l'État par le comité de salut public qui, « au prix d'une utilisation des mots d'ordre les plus fermes et d'une détermination de fer », parvient à contrôler les violences qui ensanglantent le pays[145].

Au cours de cette période, 20 000 à 50 000 civils vendéens ont été massacrés par les colonnes infernales[146],[147],[148]. De l'automne 1793 au printemps 1794, les armées républicaines ont renoué avec une tactique de massacres et de destructions qui n'avait plus été observé en Europe depuis la guerre de Trente Ans[149]. Des centaines de villages ont été brûlés, mais beaucoup d'habitants ont trouvé le moyen de se réfugier dans les bois et les bocages et de rejoindre les insurgés[150]. La Vendée est profondément marquée par ce passage dramatique de son histoire et en conservera longtemps les stigmates, tant dans le paysage que dans les mentalités.

Renaissance des armées vendéennes[modifier | modifier le code]

La Mort de Henri de La Rochejaquelein, huile sur toile de Alexandre Bloch, XIXe siècle (musée Dobrée, Nantes).

Au début de l'année 1794, la situation des armées vendéennes est extrêmement critique. Charette, Joly, Savin et La Cathelinière dans le Bas-Poitou et le Pays de Retz, La Rochejaquelein, Stofflet, Pierre Cathelineau et La Bouëre en Anjou ne rassemblent chacun que quelques centaines d'hommes sous leurs ordres.

Rescapés de la Virée de Galerne, La Rochejaquelein et Stofflet rassemblent leurs forces, mais dès le 3 janvier elles sont dispersées par le général Grignon. Un nouveau rassemblement est effectué le 15, malgré le renfort des forces de Cathelineau et La Bouëre, La Rochejaquelein ne dispose que de 1 200 hommes pour s'opposer aux colonnes infernales. Il remporte néanmoins quelques succès, le 26 janvier Chemillé et Vezins, faiblement défendues, sont prises. Mais deux jours plus tard, lors de l'attaque d'un groupe de pillards à Nuaillé, La Rochejaquelein est abattu par un tireur isolé[151],[152].

Stofflet prend la tête de l'armée dont les effectifs sont renforcés de jour en jour par les paysans fuyant les colonnes de Turreau. Le 1er février, il bat le général Crouzat à Gesté (bataille de Gesté). Puis il s'empare de Beaupréau et reprend Chemillé. Le 8 février, désormais à la tête 4 000 à 7 000 Vendéens, il attaque Cholet. Bien que défendue par 3 000 hommes, la ville est prise, le général Caffin est blessé et le général Moulin se suicide. Cependant peu de temps après, Cordellier contre-attaque et reprend la ville (Troisième bataille de Cholet). Cholet n'est resté que deux heures au mains des Vendéens, néanmoins l'évènement retentit jusqu'à Paris où il provoque la colère du Comité de salut public qui menace Turreau. Stofflet ne renonce pas, le 14 février, il attaque Cordellier à Beaupréau, mais il est à nouveau battu (bataille de Beaupréau). Il se porte alors vers le sud, rejoint le chef haut-poitevin Richard et prend d'assaut Bressuire (Bataille de Bressuire). Il remonte ensuite sur Cholet, la place ayant été évacuée sur ordre de Turreau, les Vendéens achèvent ce que les Républicains avaient commencé en détruisant la ville. En mars, Stofflet s'oppose avec succès aux colonnes de Grignon et Crouzat (Bataille des Ouleries)[153].

Les réfugiés
Peinture d'Évariste Carpentier, c. 1881

De son côté, Charette quitte son refuge de Touvois au début de février, et prend facilement Aizenay. Sapinaud, revenu du nord de la Loire, tente de reformer l'armée du Centre. Le 2 février les deux chefs se rejoignent à Chauché où ils repoussent les colonnes de Grignon, Lachenay et Prévignaud (bataille de Chauché). Quelques jours tard, les Vendéens attaquent et écrasent la garnison de Legé (bataille de Legé). Charette et Sapinaud marchent ensuite sur Machecoul, mais en chemin ils se heurtent à Saint-Colombin à la colonne de Duquesnoy qui les met en déroute (bataille de Saint-Colombin). Charette et Sapinaud se replient sur Saligny où ils se séparent[154].

Dans le Pays de Retz, les colonnes de Haxo attaquent l'armée de Louis-François Ripault de La Cathelinière, celui-ci se retranche dans la forêt de Princé mais, blessé, il est capturé le 28 février, puis guillotiné le 2 mars à Nantes. Louis Guérin lui succède à la tête des Paydrets, il rejoint Charette qu'il reconnaît pour chef[155]. Ce dernier, ayant également joint sa troupe à celle de Joly est cependant mis en fuite par Turreau et Cordellier à la forêt de Gralas. Le 28 février, il tient en échec les colonnes des généraux Cordellier et Crouzat aux Lucs-sur-Boulogne, mais les Républicains massacrent les habitants de la paroisse. Charette n'a guère qu'un millier d'hommes et le 1er mars il tente sans succès de prendre La Roche-sur-Yon (bataille de La Roche-sur-Yon), le 5 mars, il échappe à Haxo à la Viventière en Beaufou. Pendant le mois de mars, Haxo traque sans relâche les troupes de Charette aux abois. Mais le 21 mars, Haxo est tué lors d'une attaque (bataille des Clouzeaux). La mort du général déconcerte les Républicains et sauve Charette d'une destruction certaine. Celui-ci attaque Challans sans succès le 7 avril (bataille de Challans), puis il ravage Moutiers-les-Mauxfaits (bataille de Moutiers-les-Mauxfaits)[156].

Autre rescapé de la Virée de Galerne, Gaspard de Bernard de Marigny forme une nouvelle armée dans la Gâtine. Le 25 mars, les forces réunies de Stofflet, Sapinaud et Marigny prennent Mortagne-sur-Sèvre (bataille de Mortagne). Le 22 avril 1794, Charette, Stofflet, Sapinaud et Marigny se réunissent au château de La Boulaye, à Châtillon-sur-Sèvre. Ne parvenant pas à choisir un nouveau généralissime, les quatre chefs prêtent serment, le sabre haut, de s'assister mutuellement. Les Vendéens marchent alors sur Saint-Florent-le-Vieil, mais ils se heurtent en chemin à l'adjudant-général Dusirat, et se retirent après un combat indécis (bataille de Chaudron-en-Mauges). Marigny est destitué pour être arrivé trop tardivement, furieux ce dernier regagne le Haut-Poitou. Condamné à mort par un conseil de guerre le 29 avril, Marigny, malade, est fusillé à Combrand le 10 juillet par des hommes de Stofflet[157].

Les combats se poursuivent, le 6 mai, Dusirat s'empare de la forêt de Vezins, refuge de Stofflet. À la fin du mois de mai, Charette, Stofflet, Sapinaud réunissent leurs armées à Legé. Forts de 8 000 hommes, les Vendéens écrasent la garnison de Mortagne aux landes de Béjarry (bataille de Mormaison) puis ils marchent sur Challans mais l'attaque est repoussée (bataille de Challans). Début juillet, Charette est chassé de Legé par Huché et Aubertin, puis le 17, il repousse une colonne à la Chambodière[158]. Cependant, Turreau a été suspendu le 17 mai, la Terreur a pris fin et les opérations militaires diminuent. Les Républicains abandonnent les campagnes et se retranchent dans des camps tandis que les soldats-paysans vendéens posent leurs armes pour s'occuper des moissons. À la guerre succède une sorte de trêve.

Le traité de La Jaunaye[modifier | modifier le code]

Une pacification brève et incertaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Traité de La Jaunaye.
Thomas Alexandre Davy de la Pailleterie, dit Dumas
peinture de Olivier Pichat (détail).

Au printemps 1794, les colonnes infernales de Turreau sont dissoutes, et des mesures prises pour cantonner les soldats et interdire les pillages.

Le général Alexandre Dumas, nommé commandant en chef de l’armée de l'Ouest le 17 août 1794[159], arrive à Nantes en septembre. Il procède à une inspection des troupes et de la situation. Le 8 octobre, après avoir établi l'effectif (47 887 hommes dont 29 814 valides), il dénonce dans un rapport au comité de salut public les conditions et les exactions de la guerre civile et demande à être relevé de son commandement. Le général Dumas est suivi par le comité de salut public qui fait venir en renfort 15 000 hommes de l'armée des côtes de Brest et 6 000 hommes de l'armée des côtes de Cherbourg.

Sous la Convention thermidorienne, les représentants en mission (Bollet, Boursault, Ruelle) et les nouveaux chefs militaires, Hoche en Bretagne, Canclaux en Vendée, passent à une politique de clémence. Les prisonniers sont relâchés, les insoumis amnistiés. Le 24 septembre et le 13 octobre 1794, une amnistie est promise aux rebelles d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan qui se rendraient dans les dix jours. Par la suite, l'amnistie est étendue aux rebelles qui se soumettraient dans un mois par le décret du 2 décembre, tandis que les représentants en mission sont autorisés par la Convention à négocier avec les chefs royalistes. Le 23 décembre, des négociations sont entamées, et Charette reçoit Bureau-Batardière, émissaire républicain, le 25. Après de laborieuses négociations, il est décidé que Charette rencontrera les commissaires de la Convention au château de La Jaunaye, le 12 février 1795. Toutefois, le 28 janvier, Stofflet demande le rétablissement du trône dans un manifeste contresigné par l’abbé Bernier.

Jean-Nicolas Stofflet, huile sur toile de Thomas Drake, XIXe siècle.

Dans le même temps, les opérations militaires républicaines reprennent. À l'époque, en Vendée, Charette tient le Marais, Sapinaud le Bocage et Stofflet les Mauges. Organisant des colonnes mobiles, Canclaux harcèle les bandes royalistes et parvient à isoler Stofflet de Charette. De son côté, Hoche organise une contre-guérilla efficace pour combattre la chouannerie.

Un accord de paix est conclu à La Jaunaye, près de Nantes, le 17 février 1795 : l’amnistie est accordée aux rebelles, leurs biens leur sont restitués, ils bénéficient d'indemnités en cas de vente ou d'incendie, même s'ils sont portés sur la liste des émigrés, ainsi que du remboursement des bons et des assignats. Les Vendéens sont dispensés de levées militaires et leurs armes leur sont laissées, les troupes républicaines se retirent, et la liberté de culte leur est accordée. Charette signe, mais pas Stofflet, qui n'arrive à La Jaunaye que le lendemain. La pacification de La Prévalaye, près de Rennes, le 20 avril 1795, accorde les mêmes conditions aux chouans.

Stofflet marche vers la Loire, ordonnant une levée, mais il n’arrive à mettre sur pied qu’une armée de 3 000 combattants. Le 18 mars, ses troupes sont repoussées à Chalonnes-sur-Loire (bataille de Chalonnes), ainsi qu'à Saint-Florent-le-Vieil quatre jours plus tard (bataille de Saint-Florent-le-Vieil). Quelques jours plus tard, les Républicains s'emparent de l'arsenal de l'armée d'Anjou. Abandonnés par la plupart de ses hommes, démoralisés; Stofflet se réfugie dans la forêt Maulévrier. Le 26 mars, il demande une trêve, puis signe la paix le 5 mai à Varades[160].

L'insécurité demeure cependant. Des insurgés qui n'ont pas déposé les armes mènent dans de nombreuses régions la « chasse aux patauds » (les patriotes) ; les républicains sont victimes de vexations et de brutalités, volés, voire assassinés lors de règlements de compte où se mêlent questions politiques, vengeance personnelle et simple criminalité. Dans de nombreuses municipalités rurales, entre les mains de royalistes, on interdit aux « patriotes » réfugiés dans les villes de revenir, y compris par la force[161]. Cependant, c’est à cette période que les retours de réfugiés commencent à se faire en nombre.

Les réfugiés vendéens[modifier | modifier le code]

Scène de pacification de la Vendée en 1795, peinture de Charles-Alexandre Coëssin de la Fosse, 1882.

L’étude du phénomène des réfugiés est encore très récente. Elle couvre à la fois les aspects chronologiques et sociologiques, mais aussi l’attitude des autorités quant à leur accueil. La quantification est encore loin d’être satisfaisante, mais, en 1796, on peut estimer à au moins quarante mille le nombre de personnes qui ne sont pas revenues chez elles[162].

Avant même le début de la guerre, des réfugiés affluent dans les départements voisins de la Vendée. En février, ils sont suffisamment nombreux en Charente-Inférieure pour qu’un décret soit pris pour organiser leur accueil. Les premières vagues importantes arrivent dès le 10 mars 1793 à Nantes. Entre le 19 et le 31 mai, entre 650 et 1000 familles arrivent à Angers. Il s’agit alors essentiellement de républicains, qui fuient la zone des combats, ou abandonnent les villes avant qu’elles soient attaquées par les Vendéens[163]. Ainsi, près de 10 % de la population de La Roche-sur-Yon fuit la ville[164].

Une deuxième vague de réfugiés a lieu d’août 1793 à janvier 1794. Le décret du 1er août, qui ordonne la destruction de la Vendée, organise l’évacuation, l’accueil et la protection des réfugiés. Si les réfugiés du printemps étaient bien accueillis, le nombre des suivants, les difficultés d’approvisionnement qu’ils causent, et la suspicion à leur égard refroidissent un peu l’accueil. Craignant que de nombreux agents royalistes se trouvent dans leurs rangs, les représentants en mission Francastel, Garrau et Hentz prennent un arrêté, le 20 février 1794, les éloignant de vingt lieues (80 km) de la zone des combats. Les sommes nécessaires à leur voyage leur sont fournies, et les malades, les vieillards, les enfants, leur famille proche et leurs domestiques sont exemptés de l’éloignement, ainsi que des artisans spécialisés utiles à l’armée[165].

Enfin, à partir de janvier 1794, une troisième vague mêlant Bleus et Blancs, fuit les colonnes infernales (notamment celle du général Cordellier[166]). Elle est très nombreuse, est systématiquement éloignée du théâtre des opérations. Plus du tiers des départements français accueillent ainsi des réfugiés[167]. Le 28 mai, Garnier de Saintes rapporte au comité de salut public que les insurgés « forcent les femmes, sous peine de mort, à évacuer la Vendée, à se retirer sur les terres de la République. Par là ils trouvent le moyen de se débarrasser des bouches inutiles, et, dans le cas où nous punirions ces femmes de mort, celui de s’attacher encore plus leurs maris par le sentiment de la vengeance[168]. »

Les réfugiés sont essentiellement des femmes (environ les deux tiers) et des enfants (près de la moitié)[169] : les hommes sous-représentés sont probablement engagés d’un côté ou de l’autre. Ils viennent des villes et des petits bourgs pour plus de la moitié, mais la composante rurale reste forte : la société vendéenne est assez bien représentée, à l’exception des prêtres et des nobles[170]. Si la population est parfois méfiante, et si les autorités invoquent parfois les difficultés de subsistance pour en accueillir le moins possible, ils trouvent généralement un hébergement, voire un travail pour la durée de leur exil (travail et hébergement fournis par les autorités le plus souvent).

Si le retour est autorisé aux porteurs d’un certificat de civisme dès octobre 1794[171], il n’a réellement lieu que dans les zones calmes, encore rares. Ailleurs, les réfugiés craignent le décret du Conseil supérieur de Vendée du 24 juillet 1793, qui exige le serment de fidélité à Louis XVII, ou ordonne le départ avec interdiction de revenir. L’autorisation est élargie au printemps 1795, afin de soulager les finances publiques, et le retour véritable s’amorce, même si les bandes rendent les campagnes peu sûres, et si les représailles des Blancs vaincus effraient encore. Le retour massif a lieu avec la pacification de Hoche.

La deuxième guerre de Vendée (1795-1796)[modifier | modifier le code]

Lazare Hoche
huile sur toile anonyme (école de David), vers 1793.
Musée d'Arts, Bogdan et Varvara Khanenko, Kiev.

À la suite de l'annonce de la mort de Louis XVII et du débarquement d'une armée d'émigrés à Quiberon, la paix est rompue par Charette le 24 juin. Dès le lendemain, les Vendéens prennent par surprise le camp des Essarts (bataille des Essarts). Trois jours plus tard, un convoi est détruit à Beaulieu-sous-la-Roche (bataille de Beaulieu-sous-la-Roche). Une centaine de soldats républicains sont tués et plus de 300 sont faits prisonniers dans ces premiers combats[172],[173].

Cependant Stofflet refuse de reprendre les armes et, après ses premiers succès, l'armée de Charette demeure inactive alors qu'en Bretagne, les émigrés, renforcés par les Chouans sont écrasés à Quiberon le 21 juillet par les troupes du général Hoche (expédition de Quiberon). Parmi les prisonniers, 748 émigrés et chouans sont exécutés, en représailles, Charette fait fusiller les 300 à 400 prisonniers républicains pris à Beaulieu et aux Essarts (massacre de Belleville)[174].

À la suite de l'échec de l'expédition en Bretagne, les émigrés et les Britanniques se tournent vers la Vendée. Charette (nommé le 8 juillet « général de l'Armée catholique et royale » par Louis XVIII, alors à Vérone) rassemble son armée. Les 11 et 13 août, il met en fuite la petite garnison de Saint-Gilles-sur-Vie et un premier débarquement d'armes et de munitions est opéré à Saint-Jean-de-Monts (bataille de Saint-Jean-de-Monts).

Le 25 septembre, Charette se porte sur la côte avec 9 000 hommes, mais les Vendéens subissent une rude défaite lors de l'attaque du bourg de Saint-Cyr-en-Talmondais, Louis Guérin, le meilleur lieutenant de Charette, est tué, ainsi que 140 hommes (bataille de Saint-Cyr-en-Talmondais).

Le 30 septembre, une flotte anglaise débarque plus de 5 000 soldats émigrés et britanniques sur l'Île d'Yeu qui capitule sans opposer de résistance. Le 2 octobre, le comte d'Artois, frère du roi, débarque sur l'île. L'annonce du débarquement d'un prince français en Vendée permet à Charette de réunir 15 000 hommes. Le 3 octobre, Sapinaud reprend les armes et s'empare de Mortagne-sur-Sèvre (bataille de Mortagne). Mais les départs et les désertions se multiplient après l'abandon du projet, le 12 octobre. Ayant jugé l'expédition trop risquée, le comte d'Artois préfère regagner l'Angleterre (expédition de l'île d'Yeu)[175].

Auréolé par sa victoire à Quiberon, Lazare Hoche succède à Canclaux à la tête de l'Armée de l'Ouest qui fusionne avec l'armée des côtes de Brest. Désormais commandant en chef de toutes les forces républicaines dans l'Ouest, Hoche adopte une politique de fermeté à l'égard des chefs et de conciliations envers les ruraux déposant les armes, limite les excès des troupes républicaines, empêche parfois le retour des réfugiés républicains dans les zones pacifiées et laisse le culte catholique se réinstaller, détachant ainsi les paysans de leurs chefs et favorisant le retour au calme : beaucoup déposent les armes et de nombreuses paroisses font leur soumission[176].

Exécution du général Charette, place de Viarmes à Nantes, mars 1796, par Julien Le Blant

Hoche tourne l'essentiel de ses forces sur la Vendée, Mortagne-sur-Sèvre est rapidement reprise, l'armée du Centre est battue aux Landes-Genusson (bataille des Landes-Genusson), et Sapinaud se réfugie chez Stofflet. Puis Hoche marche sur Charette avec 20 000 hommes. Celui-ci, battu le 27 novembre, doit abandonner son quartier-général de Belleville (bataille de Saint-Denis-la-Chevasse et bataille des Landes de Béjarry).

Désormais harcelé par les républicains, Charette doit fuir, il parvient cependant à s'emparer du camp de l'Oie le 4 décembre, avant de battre en retraite quelques heures plus tard devant la colonne de l'adjudant-général Watrin (bataille du camp de l'Oie), le lendemain Charette est battu à Saint-Martin-des-Noyers (bataille du bois du Détroit).

Enfin, le 26 janvier, sur ordre du comte d'Artois, Stofflet reprend les armes. Fait lieutenant-général et grand-croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, il ne rassemble néanmoins que 400 hommes pour prendre Argenton-Château (bataille d'Argenton-Château). Une colonne de 6 000 s'empare de son quartier-général de Neuvy-en-Mauges. Stofflet se réfugie dans la forêt de Maulévrier mais il est surpris par un détachement dans la nuit du 23 au 24 février. Conduit à Angers, Stofflet est fusillé le 25 février 1796[177]. d’Autichamp et Henri Forestier lui succèdent, mais le premier capitule en mai et le second quitte la France en août dans l'espoir de trouver de l'aide pour relancer la révolte[178]

Sapinaud, chargé de reprendre en main l'armée de Scépeaux, ne trouve que deux bandes au lieu de l'armée escomptée. Découragé, il se démet. Vasselot reprend le commandement et, avec 800 hommes, bat les troupes républicaines à Saint-Michel-Mont-Mercure fin janvier 1796, aux Epaisses et à Saint-Laurent-sur-Sèvre[179].

De son côté, Charette, traqué par les colonnes mobiles de l'adjudant-général Travot, est progressivement abandonné par ses hommes. De janvier à février, il est mis en déroute à trois reprises, mais réussit à chaque fois à s'échapper (bataille de La Bruffière, bataille de la Bégaudière et combat de La Chauvière). Vasselot tente une diversion à Fontenay afin de dégager Charette, mais la crue de la rivière l'en empêche[180]. Finalement, le 23 mars, avec quelques dizaines de fidèles, Charette se retrouve cerné dans les bois de La Chabotterie (bataille de La Guyonnière). Capturé par Travot, Charette est conduit à Nantes où il est jugé, condamné à mort, et fusillé le 29 mars. Capturé le 2 mai 1796, Vasselot est fusillé sous les yeux de sa fiancée le 4 mai.

La mort de ces généraux met fin à la deuxième guerre de Vendée. Le 15 juillet 1796, le Directoire peut annoncer que « les troubles dans l'Ouest sont apaisés ».

La troisième guerre de Vendée (1799-1800)[modifier | modifier le code]

Pierre Constant de Suzannet
huile sur toile de Jean Baptiste Mauzaisse, XIXe siècle.
Musée d'art et d'histoire, Cholet.

Vaincus militairement, les Royalistes tentent de prendre le pouvoir par les élections. En avril 1797, la droite royaliste obtient la majorité lors du renouvellement du Conseil des Cinq-Cents et du Conseil des Anciens. Les Conseils suppriment alors les lois contre les émigrés et les prêtres réfractaires. Mais à Paris le 4 septembre 1797, trois des cinq Directeurs, Reubell, La Révellière-Lépeaux et Barras organisent un coup d'État soutenu par l'armée commandée par Hoche et Augereau. Les résultats de l'élection sont annulés dans 49 départements (notamment dans l'Ouest), les prêtres réfractaires sont de nouveau poursuivis. Des paysans commencent à reprendre les armes.

En 1799, les défaites militaires de la République conduisent à de nouvelles levées d'hommes et au vote de la loi des otages, ces mesures incitent les chefs chouans à relancer l'insurrection. Le 14 septembre 1799, 200 chefs chouans et vendéens se réunissent au château de la Jonchère, près de Pouancé, défendu par 1 200 hommes et fixent une prise d'armes générale pour le 15 octobre. Le commandement est réorganisé : Suzannet succède à Charette à la tête de l'armée du Bas-Poitou et du Pays de Retz à l'ouest de la Vendée et au sud de la Loire-Inférieure, Sapinaud reprend son commandement de l'armée du Centre, tandis que Charles d'Autichamp, succède à Stofflet à la tête de l'armée d'Anjou[181].

L'armée républicaine d'Angleterre, placée sous le commandement du général Michaud ne compte alors que 16 000 soldats dans tout l'ouest. La zone vendéenne est sous les ordres du général Travot[182].

Néanmoins, les Vendéens ne rencontrent que des échecs. Le 29 octobre, Suzannet, bien qu'à la tête de 3 000 hommes, est repoussé à la troisième bataille de Montaigu). Le 2 novembre, Charles d'Autichamp, à la tête de 6 000 à 8 000 hommes, attaque un détachement républicain qui trouve refuge dans l'église de Nueil-les-Aubiers. Deux jours plus tard, le général Dufresse arrive en renfort et avec seulement 600 hommes, il disperse les forces vendéennes à la bataille des Aubiers). Dans le Centre, l'émigré Grigon, qui a supplanté Sapinaud, remporte un petit succès à la bataille de La Flocellière le 14 novembre, mais il est battu et tué quatre jours plus tard à la Bataille de Chambretaud[183].

La guerre s'interrompt à la suite de l'annonce du coup d'État du 18 brumaire. Le 15 novembre, le général Gabriel d'Hédouville prend le commandement de l'Armée d'Angleterre et ouvre des négociations auprès des officiers royalistes le 9 décembre à Pouancé. Progressivement ces derniers optent pour une suspension d'armes[184]. Mais les généraux royalistes se divisent entre ceux qui souhaitent signer la paix et ceux qui veulent poursuivre la guerre. Napoléon Bonaparte, désormais premier consul, proclame la liberté religieuse et détache 30 000 hommes des frontières pour être envoyés dans l'Ouest. Le 16 janvier, Hédouville est remplacé par Guillaume Brune à la tête de l'Armée d'Angleterre, qui reprend bientôt son ancien nom d'Armée de l'Ouest. Face à de telles forces, les chefs vendéens, Suzannet, d'Autichamp et Sapinaud, signent la paix le 18 janvier[185] Les généraux chouans ne tiennent que quelques semaines de plus.

Ultimes insurrections de 1815 et 1832[modifier | modifier le code]

Mais pendant longtemps, la Vendée, exsangue, garde les stigmates des combats. Le professeur Henri Laborit la mentionne, en 1980, en introduction du film d'Alain Resnais, Mon oncle d'Amérique, qui s'interroge sur les dysfonctionnements humains.

D'autres insurrections ont scandé l'histoire de la Vendée, qu'il s'agisse du soulèvement de 1815 ou de la tentative de la duchesse de Berry en 1832, marquant la naissance d'une conscience régionale spécifique. Sur le plan politique, la Vendée se distingue, depuis la Révolution, par une fidélité politique aux mouvements politiques conservateurs[186],[187].

Les « martyrs » de 1793 occupent le premier plan de la mémoire vendéenne pendant l'essentiel du XIXe siècle, avant d'être éclipsés par les morts de la guerre franco-prussienne de 1870 et de la Première Guerre mondiale, deux conflits au cours desquels se réalise l'unité nationale[188].

Bilan humain[modifier | modifier le code]

L'évaluation exacte des victimes de la guerre de Vendée, a fortiori la distinction entre morts liées directement ou indirectement à cette guerre, n'a jamais pu être établie, et l'on ne possède que des évaluations approximatives, d'où les variations dans les chiffres. Ainsi, il n'est pas possible de déterminer les pertes enregistrées parmi les combattants et les civils étrangers aux quatre départements de la « Vendée militaire » (certains originaires des colonies), peu nombreux, dans l'ensemble, parmi les rebelles, mais qui représentaient la plus grande part des troupes républicaines.

Évaluations d'époque

Très tôt, on a tenté d'offrir une évaluation chiffrée des morts de cette guerre. En 1796, le général Hoche, évalue les conséquences humaines de cette guerre à 380 000 morts pour l'ensemble de l'Ouest (chouannerie et guerre de Vendée)[189]. Dans une lettre au ministre de l'Intérieur du 2 février 1796, il estime que « six cent mille Français ont péri dans la Vendée »[190]. En l'an V, dans son Histoire générale et impartiale des erreurs et fautes commises pendant la Révolution française, Louis Marie Prudhomme, lui, évalue à 120 000 le nombre de morts en Vendée, contre 184 000 dans les colonies et 800 000 pour la défense du pays dans les armées[191].

Sources scientifiques

Entre 1801 et 1804, à la demande du Ministère de l'Intérieur, les préfets et les secrétaires généraux des quatre départements concernés dressent un premier bilan démographique en soustrayant la population dénombrée en 1800 de celle de celle dénombrée en 1790 ou 1791. D'après leurs résultats, on compte 50 000 morts pour le Maine-et-Loire, 49 677 pour la Loire-Atlantique, 50 000 pour la Vendée et 15 000 à 33 363 pour les Deux-Sèvres. En 1818 ces travaux sont repris par Jean Alexandre Cavoleau, préfet de la Vendée sous l'Empire, celui-ci recalcule le bilan de du département de la Vendée à 44 735 morts ou disparus, puis estime le bilan humain des quatre départements de la Vendée militaire à 159 412 morts ou disparus. Selon Jacques Hussenet, c'est la première étude sérieuse et raisonnée sur la bilan humain de la guerre de Vendée[192].

D’après l’analyse statistique de Donald Greer[193], en 1935, sur 35 à 40 000 personnes exécutées dans l’ensemble de la France pendant la période de la Terreur (16 594 condamnés à morts par les tribunaux, le reste étant victime d'exécutions sommaires), 75 % sont des rebelles pris les armes à la main, condamnés au nom de la loi martiale et 52 % concernent l'ouest vendéen et chouan (contre 19 % pour le sud-est et 16 % pour Paris). Cette estimation, considérée comme une référence, a été reprise par tous les historiens. Ces chiffres comprennent les exécutions sans jugement de Nantes, Lyon et Toulon. En revanche, ils ne tiennent pas compte des morts liées aux combats de la guerre civile, directement (batailles, massacres) ou indirectement (épidémies, malnutrition, épuisement…).

Dans les années 1980, Reynald Secher[194] a dépouillé les registres paroissiaux et d’état civil de 700 communes des quatre départements de la guerre de Vendée (Vendée, sud de la Loire-Atlantique, ouest de Maine-et-Loire, nord des Deux-Sèvres). À partir des naissances entre 1780 et 1789, puis entre 1802 et 1811, il dégage un taux moyen de naissances, auquel, dans les deux cas (1780-89 et 1802-11), il applique un multiplicateur commun (27), afin de restituer les populations avant puis après la guerre. La soustraction de la population des années 1800 par celle des années 1780 permet d'obtenir un « manque » de 117 257 personnes sur un total de 815 029 (soit 14,38 % de la population). Toutefois des critiques ont été adressées à ce travail :

  • les populations ainsi « restituées » sont celles de 1784 et 1807, ce qui dépasse les limites réelles du conflit (1792 et 1802) ;
  • ce travail se fonde sur l'hypothèse qu'il n'y a pas eu de changement dans la démographie française entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle et ne tient pas compte du déficit des naissances pendant la période de la guerre ;
  • il ne fait pas la part des Vendéens tués pendant la guerre (dont une part seulement ont été victimes de massacres ou d'exécutions) et des décès causés indirectement par la guerre ;
  • il ne tient pas compte des réfugiés installés durablement dans les zones limitrophes ni de l'exode vers les villes ;
  • il ne distingue pas les morts en fonction de leur opinion politique (Vendéens républicains, royalistes ou indécis, dont la neutralité est remise en cause par la violence du conflit[195]) ;
  • enfin, il ne tient aucun compte des morts non vendéennes, pourtant importantes.

En 1987, Jean-Clément Martin[196] a repris la question du bilan humain. Il a tenté d'établir un bilan du déficit humain subi par la région en se basant sur une analyse des recensements de 1790 et de 1801, dont il a corrigé les inexactitudes à partir de ce que l'étude des sources de l'époque moderne a pu nous révéler de la démographie du XVIIIe siècle (avec un accroissement naturel annuel évalué à 1 %). Il trouve qu’en 1801, il manque 200 000 à 250 000 personnes, par rapport à ce que l’accroissement naturel aurait dû permettre, si l'équilibre des naissances et des décès n'avait pas été bouleversé par la guerre. Ce creux démographique est imputable essentiellement aux tueries des combats, touchant aussi bien les républicains que les royalistes et imputables aux deux camps. Par ailleurs, il précise que ces chiffres ne doivent pas faire oublier qu'une évaluation exacte des pertes républicaines est pratiquement impossible, les combattants venant de l'ensemble de la France, « voire des colonies antillaises »[197]. En outre, il ne faut pas négliger les déplacements de population, analysés par Guy-Marie Lenne en 2003[198].

Dans le même ordre d'idée, Louis Marie Clénet[199], considère que les guerres de Vendée ont fait 200 000 morts vendéens (dont 40 000 pour les colonnes infernales de Turreau).

En 2005, Anne Bernet[200], quant à elle, donne le chiffre de 150 000 morts pour les Vendéens et 150 000 pour l'armée républicaine et signale, en ces termes, une querelle de chiffres :

« Un bilan exact des victimes dans les deux camps est impossible à établir, faute de sources fiables. Les estimations les plus hautes font état de 600 000 morts, les plus basses de 120 000. Aujourd'hui on évalue à 300 000 le nombre de disparus. »

De son côté, en 1992, Jacques Dupâquier évalue les pertes républicaines à 30 000 morts[201].

En 2007, sous la direction de Jacques Hussenet, un nouveau bilan, prenant en compte les travaux antérieurs, surtout à partir de 1990, arrive au chiffre de 170 000 morts pour les habitants de la Vendée militaire[202],[203], dont un 20 à 25 % de républicains[204]. Concernant plus particulièrement, les pertes de l'armée républicaine, Jean-Philippe Coullomb et Jérôme Laborieux évaluent, dans leur contribution, de 26 000 à 37 000 le nombre de tués[205]. Jacques Hussenet estime également qu'au regard du nombre total de soldats engagés (130 000 à 150 000), le nombre de victimes militaires ne peut être supérieur à 50 000 morts ou disparus[205].

« Génocide » : un débat historique récent[modifier | modifier le code]

Définition de « génocide »[modifier | modifier le code]

Article connexe : Génocide.

Le terme « génocide » est créé en 1944 par Raphaël Lemkin, professeur de droit américain d'origine juive polonaise, afin de tenter de définir le crime contre l'humanité perpétré par les nazis contre les peuples juif et tzigane durant la Seconde Guerre mondiale, ainsi que les crimes commis par l’Empire ottoman à l'encontre des Arméniens pendant la Première Guerre mondiale et les massacres d'Assyriens en Irak en 1933. Il écrit : « De nouveaux concepts nécessitent de nouveaux mots. Par génocide, nous entendons la destruction d'une nation ou d'un groupe ethnique. » C'est un mot que Lemkin avait d'abord créé en polonais en 1943 : ludobójstwo (de lud, qui veut dire peuple, et zabójstwo, qui signifie meurtre)[206]. En 1944, il traduit le terme polonais en anglais par « genocide » (génocide), mot hybride composé de la racine grecque « genos », qui signifie race ou tribu, et du suffixe latin « cide » (de « caedere », qui signifie tuer)[207].

Le terme est défini officiellement par l'assemblée générale des Nations unies dans l'article 2 de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée le 9 décembre 1948[208]. La Charte de l'ONU et l'article 8 de la convention de Genève obligent la communauté internationale à intervenir pour « prévenir ou arrêter des actes de génocide ». Plus récemment, l'article 6 du statut de la Cour pénale internationale définit le crime de génocide, qui se distingue par l'intention d'extermination totale d'une population, d'une part, la mise en œuvre systématique (donc planifiée) de cette volonté, d'autre part. C'est souvent la contestation de l'un de ces éléments qui fait débat pour la reconnaissance officielle d'un crime en tant que génocide[209].

Le débat sur le « génocide vendéen »[modifier | modifier le code]

Le débat autour de l'hypothèse d'un génocide vendéen est apparu dans la communauté universitaire dans les années 1980, en particulier avec les travaux engagés par Pierre Chaunu et Reynald Secher. Le caractère sanglant et massif de la répression de l'insurrection en Vendée n'est contesté par personne, même si les chiffres demeurent imprécis et discutés (voir les diverses hypothèses sur l'importance du nombre des victimes de la guerre de Vendée) et si les descriptions traditionnelles d'un massacre comme celui des Lucs ont été remises en cause par la recherche historique[210]. En revanche, les volontés délibérées d'extermination des populations vendéennes par les autorités républicaines, tout comme le caractère génocidaire des massacres commis par les agents qui exécutaient leurs ordres, font l'objet de contestations importantes. L'une des sources employées par les tenants de l'idée d'un génocide vendéen, en plus des directives et des ordres qui se trouvent aux archives du ministère de la Guerre, est un pamphlet de Gracchus Babeuf.

Babeuf et le populicide[modifier | modifier le code]

Gracchus Babeuf

En 1794, sous la Convention thermidorienne, Babeuf publie un pamphlet, Du système de dépopulation ou La vie et les crimes de Carrier, dans lequel il dénonce les exactions commises par Jean-Baptiste Carrier lors de sa mission à Nantes, dont il affirme (dans le paragraphe IV) qu'elles renvoient à un système de dépopulation qu'il nomme « populicide »[211], néologisme qui est créé pour évoquer une idée inédite. Employé sous la Révolution à la fois sous une forme nominale et adjectivale (la seule qui ait survécu à la période révolutionnaire, dans la langue française), « populicide » est utilisé pour désigner ce qui cause la mort ou la ruine du peuple[212]. Le mot est formé de la racine latine populus (le peuple) et du suffixe latin cide[213]. Comme le mot « génocide », forgé par Lemkin en 1944, il est employé pour désigner une forme de crime dont l'appréhension est inédite[214].

Dans son texte, le « système de dépopulation » concerne l'ensemble de la France, et non la seule population vendéenne. Dans son pamphlet, Babeuf, reprenant les critiques des Enragés qui défendaient l’application immédiate de la constitution de l'an I, dénonce la Terreur, qu'il juge responsable des massacres commis en 1793-1794, et attaque (avec les modérés, les muscadins et les néohébertistes) les Montagnards et les Jacobins. Cette mise en accusation est appuyée sur la mise au jour, après Thermidor, des exécutions, des massacres et des destructions de la guerre civile et de la Terreur. Avec d'autres pamphlétaires, Babeuf reprend les accusations du journal La Feuille nantaise qui, dans son numéro du 5 brumaire an III, accuse l’Incorruptible d'avoir voulu « dépopuler » le pays[215]. D'après ses assertions, les membres du comité de salut public, autour de Robespierre, visant l'établissement de la plus grande égalité possible en France (projet dont il se déclare par ailleurs solidaire), auraient planifié la mort d'un grand nombre de Français[216]. Leur analyse aurait été fondée, selon lui, sur les réflexions des philosophes politiques du XVIIIe siècle (comme Jean-Jacques Rousseau), qui considéraient que l'établissement de l'égalité nécessitait une population moindre que celle de la France de l'époque (en fait, pour ces philosophes, un gouvernement démocratique, fondé sur une certaine égalité des richesses, à l'exemple des cités-États de l'Antiquité, de Genève ou de Venise, réclamait non seulement un nombre de citoyens réduit, mais un territoire peu étendu). Suivant cette théorie, la guerre civile dans l'Ouest (avec la mort dans la bataille des Blancs et des Bleus) et la répression des insurrections fédéralistes et royalistes auraient été l'outil de ce programme de dépopulation de la France, dont Carrier, à Nantes, n'aurait été qu'un agent local[217]. Les défaites des troupes républicaines face aux insurgés royalistes auraient été organisées par le comité de salut public afin d'envoyer à la mort des milliers de soldats républicains, puis il aurait mis en place un plan d'anéantissement des Vendéens[218],[219], que Babeuf met en parallèle avec la répression de l'insurrection lyonnaise, attribuée au seul Collot d'Herbois[220].

Philippe Buonarroti

Par la suite, prenant conscience de favoriser les ennemis de la constitution de l'an I par ses attaques, avec la réaction thermidorienne, Babeuf, dans Le Tribun du peuple du 18 décembre 1794, se repositionne par rapport aux tenants d'une constitution censitaire :

« Quand j'ai, un des premiers, tonné avec véhémence pour faire crouler l'échafaudage monstrueux du système de Robespierre, j'étais loin de prévoir que je concourais à fonder un édifice qui, dans une construction tout opposée, ne serait pas moins funeste au peuple[221]... »

Plus tard, peut-être sous l'influence de Philippe Buonarroti ou de Simon Duplay, dont il fait la connaissance en prison en 1795, il évolue encore, dans ses écrits, passant, à l'égard de Robespierre, de la critique à l'éloge[222]. Dans le no 24 du Tribun du peuple, déjà, il dénonce les thermidoriens qui parlent du gouvernement révolutionnaire « comme du saint des saints avec vénération et respect et avec indignation du gouvernement de Robespierre, de la Terreur et du système de sang, comme si tout cela n'était pas une seule et même chose ! » Dans le no 34 du 6 novembre 1795, il explique :

« Osons dire que la Révolution, malgré tous les obstacles et toutes les oppositions, a avancé jusqu'au 9 thermidor et qu'elle a reculé depuis. »

Enfin, dans le no 40 du 24 février 1796, en réponse à une lettre d'un capitaine de l'armée de l'Ouest[223], il s'enhardit jusqu'à placer, selon le mot de Mathiez, « sa propre doctrine sous l'égide de Robespierre et de Saint-Just ». Cinq jours après, il explique, dans une lettre à son ami Bodson : « Je confesse aujourd'hui de bonne foi que je m'en veux d'avoir autrefois vu en noir et le Gouvernement révolutionnaire, et Robespierre, et Saint-Just », justifiant même la mort de Hébert et de Chaumette (« Le salut de vingt-cinq millions d'hommes ne doit point être balancé contre le ménagement de quelques individus équivoques »)[224].

Les partisans de la thèse du génocide[modifier | modifier le code]

Chez les historiens[modifier | modifier le code]

En 1986, Reynald Secher fait paraître La Vendée-Vengé, Le génocide franco-français[194], ouvrage dans lequel il étudie les rapports entre la Révolution et les Vendéens depuis 1789 et s'efforce de faire le bilan de la répression de l’insurrection vendéenne, en tentant d'obtenir le rapport entre les naissances dans les années 1780 et celles dans les années 1800 et en essayant de répertorier les destructions et reconstructions. À partir de ces données, il explique dans sa conclusion générale pourquoi il est convaincu que les massacres commis lors de la guerre de Vendée constituent, à ses yeux, un génocide, en puisant dans les textes des acteurs et témoins de l'époque des extraits interprétés comme traduisant une volonté génocidaire des républicains. Pour affermir son hypothèse, il reprend le mot « populicide » cité par Babeuf, dont il réédite le texte sous un nouveau titre[225].

La thèse de Reynald Secher a été reprise et soutenue particulièrement par Pierre Chaunu, professeur émérite de l'université Paris IV-Sorbonne, qui faisait partie du jury devant lequel le jeune doctorant soutenait sa thèse, dans un article paru dans La Croix le 29 juin 1986[226].

D'autres historiens ont employé le terme de « génocide » pour qualifier les massacres commis pendant la guerre civile dans le camp républicain. On peut citer Jean Tulard[227], Emmanuel Le Roy Ladurie[228] ou Stéphane Courtois, directeur de recherches au CNRS, spécialiste de l'histoire du communisme[229]. Ce dernier explique que Lénine a comparé « les Cosaques à la Vendée pendant la Révolution française et les a soumis avec plaisir à un programme que Gracchus Babeuf, l'"inventeur" du Communisme moderne, a qualifié en 1795 de "populicide". »[230].

Échos hors du monde universitaire[modifier | modifier le code]

Les travaux de Reynald Secher ont également connu un certain retentissement hors du monde universitaire et ont été repris dans les médias. Le 28 janvier 2000, en conclusion du Stockholm International Forum of the Holocaust, Michael Naumann, délégué du Gouvernement fédéral allemand à la culture et aux médias de 1998 à 2000 et ancien rédacteur en chef de Die Zeit, affirme : « Le terme français "populicide" a été parfois employé avant que le terme de "génocide" ait été inventé. Il a été inventé par Gracchus Babeuf en 1795 et décrivait l'extermination de 117 000 fermiers de Vendée. Ce secteur fertile dans l'ouest de la France est en effet demeuré pratiquement inhabité pendant 25 années[231]. »

Jean-Lambert Tallien

De même, l'écrivain Michel Ragon, dans 1793 l'insurrection vendéenne et les malentendus de la liberté (1992), dont l'argumentaire reprend largement les éléments mis en avant par Secher, s'est efforcé de démontrer la réalité de la programmation des massacres et d'intentions officielles d'extermination d'un peuple. Dans son livre, il s'attache à l'ensemble de la répression de l'insurrection vendéenne, dont les acteurs principaux, côté républicain, sont le général Turreau, organisateur des « colonnes infernales », d'une part, les envoyés en mission Carrier à Nantes, Hentz et Francastel à Angers, villes où sont entassés des milliers de prisonniers vendéens, d'autre part. D'autres régions de France ont vu le développement d'insurrections (royalistes ou fédéralistes) contre la Convention en 1793. Selon les cas, les envoyés en mission avaient une attitude conciliante (comme en Normandie) ou menaient une répression ponctuelle, d'autres avaient une attitude plus répressive. Certains se sont livrés à de vraies exactions, comme Barras et Fréron à Toulon, Collot d'Herbois et Fouché à Lyon ou Tallien à Bordeaux. Dans le cas de la guerre de Vendée, Michel Ragon tente de prouver que les exactions commises par les envoyés en mission correspondaient aux exigences du comité de salut public, et même de la Convention.

Pour ce faire, il puise dans les documents d'époque des passages tirés des discours, proclamations, lettres ou rapports laissés par plusieurs personnalités révolutionnaires, qu'il interprète comme l'aveu de volontés génocidaires. Ainsi une proclamation de Francastel affichée à Angers, le 24 décembre 1793, déclarant : « La Vendée sera dépeuplée, mais la République sera vengée et tranquille… Mes frères, que la Terreur ne cesse d'être à l'ordre du jour et tout ira bien. Salut et fraternité[232]. » De même, une lettre de Carrier, du 12 décembre 1793, adressée au général Haxo qui lui a demandé des vivres pour la Vendée républicaine[233], dont il souligne les formules qui semblent justifier sa thèse : « Il est bien étonnant que la Vendée ose réclamer des subsides, après avoir déchiré la patrie par la guerre la plus sanglante et la plus cruelle. Il entre dans mes projets, et ce sont les ordres de la Convention nationale[234], d'enlever toutes les subsistances, les denrées, les fourrages, tout en un mot dans ce maudit pays, de livrer aux flammes tous les bâtiments, d'en exterminer tous les habitants… Oppose-toi de toutes tes forces à ce que la Vendée prenne ou garde un seul grain… En un mot, ne laisse rien à ce pays de proscription[235]. »

Dans Une blessure française, Pierre Péan considère que la Convention a mené une « politique d'extermination » contre les Vendéens[236].

Politisation du débat[modifier | modifier le code]

Le 21 février 2007, neuf députés français de droite, se fondant explicitement sur les travaux de Reynald Secher et de Michel Ragon, ont déposé une proposition de loi à l'Assemblée nationale visant à la « reconnaissance du génocide vendéen ». La proposition de loi est signée par Lionel Luca (UMP, Alpes-Maritimes), Hervé de Charette (UMP, Maine-et-Loire), Véronique Besse (MPF, Vendée), Louis Guédon (UMP, Vendée), Joël Sarlot (UMP, Vendée), Hélène Tanguy (UMP, Finistère), Bernard Carayon, (UMP, Tarn), Jacques Remiller (UMP, Isère) et Jérôme Rivière (UMP, Alpes-Maritimes)[237]. En 1987, Jean-Marie Le Pen avait déjà déposé un amendement visant à reconnaître un crime contre l'humanité dans les massacres de Vendéens[238].

Le 6 mars 2012 est déposée une proposition de loi similaire (« visant à reconnaître officiellement le génocide vendéen de 1793-1794 »), à nouveau par neuf députés de droite ; Lionel Luca (UMP, Alpes-Maritimes), Dominique Souchet (MPF, Vendée), Véronique Besse (MPF, Vendée), Bernard Carayon (UMP, Tarn), Hervé de Charette (NC, Maine-et-Loire), Nicolas Dhuicq (UMP, Aube), Marc Le Fur (UMP, Côtes-d'Armor), Jacques Remiller (UMP, Isère) et Jean Ueberschlag (UMP, Haut-Rhin)[239].

Par ailleurs, le 23 février 2012, une proposition de loi « tendant à abroger les décrets du 1er août et du 1er octobre 1793 » a été déposée par 52 sénateurs de droite et du centre[240]. Le 16 janvier 2013, Lionnel Luca dépose un texte, cosigné par Véronique Besse (MPF, Vendée), Dominique Tian (UMP, Bouches-du-Rhône), Alain Lebœuf (UMP, Vendée), Alain Marleix (UMP, Cantal), Yannick Moreau (UMP, Vendée), Philippe Vitel (UMP, Var) et Marion Maréchal-Le Pen (FN, Vaucluse)[241],[242]. Il consiste en un article unique : « La République française reconnaît le génocide vendéen de 1793-1794. ». C'est la première fois qu'une proposition de loi est cosignée par des députés UMP et FN sous la XIVe législature. Cette proposition soulève des réactions surtout à gauche, comme celle du Secrétaire national du Parti de gauche Alexis Corbière, qui voit dans cette proposition de loi « un acte grossier de manipulation historique ». Pour lui, « ce vocabulaire inadapté est une vieille ruse idéologique de l’extrême droite pour calomnier la Révolution française et banaliser les génocides bien réels du XXe siècle. »[243]

Les adversaires de la thèse du génocide[modifier | modifier le code]

Dans le monde universitaire[modifier | modifier le code]

À l'opposé, la thèse du « génocide vendéen » a été rejetée par la plus grande partie du monde universitaire, qui la considère comme la manifestation d'un passé qui ne passe pas[244].

Elle a ainsi été critiquée par l'Australien Peter McPhee, professeur à l'université de Melbourne, spécialiste de l'histoire de la France contemporaine, qui revient sur l'influence de Chaunu dans l'affirmation d'un lien entre la Révolution française et le totalitarisme communiste, relève les faiblesses de l'analyse de Secher sur le nombre de victimes ou le regard des révolutionnaires sur l'insurrection vendéenne, remet en cause la « description des structures économiques, religieuses et sociales » de la Vendée prérévolutionnaire et des causes de l'insurrection par Secher, note le peu d'importance donné aux massacres de républicains par leurs voisins insurgés dans son livre ; en outre, il soutient que Reynald Secher, dans ses travaux suivants, n'a tenu aucun compte des travaux universitaires postérieurs nuançant ou contredisant ses analyses[245]. Il note, en conclusion de son article sur la traduction de La Vendée-Vengé, le génocide franco-français :

« L'insurrection reste l'élément central dans l'identité collective de la population de l'ouest de la France, mais il est douteux qu'elle — ou la profession historique — ait été bien servie par la méthodologie grossière et la polémique peu convaincante de Secher. »

De même, parmi ceux qui ont refusé d'adhérer à la thèse du génocide, on compte le Gallois Julian Jackson, professeur d'histoire moderne à l'université de Londres[246], l’Américain Timothy Tackett, professeur à l'université de Californie[247], l’Irlandais Hugh Gough, professeur à l'université de Dublin[248], les Français François Lebrun, professeur émérite d'histoire moderne à l'université de Haute-Bretagne-Rennes II[249], Claude Langlois, directeur d'études de l'École pratique des hautes études, directeur de l'Institut européen en sciences des religions et membre de l'Institut d’Histoire de la Révolution française[250], Paul Tallonneau[251], Claude Petitfrère, professeur émérite d'histoire moderne à l'université de Tours[252] ou Jean-Clément Martin, professeur à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne[253].

Entre autres arguments, Jean-Clément Martin note que, dans son ouvrage, Reynald Secher, qui pratique « une écriture d'autorité, condamnant l'histoire qui ne se soucie pas de vérité absolue », ne commente ni ne discute le mot « génocide ». Or, pour lui, la question se pose « de savoir quelle est la nature de la répression mise en œuvre par les révolutionnaires »[254]. Il explique, à la suite de Franck Chalk et de M. Prince[255] que « sans l'intention idéologique appliquée à un groupe bien délimité, la notion de génocide n'a pas de sens. Or il n'est possible ni de trouver une identité "vendéenne" préexistante à la guerre, ni d'affirmer que c'est contre une entité particulière (religieuse, sociale… raciale) que la Révolution s'est acharnée[254]. »

Il reprend la question du décret du 1er août 1793 prévoyant la « destruction de la Vendée », et le rapport de Barère qui affirme : « Détruisez la Vendée et Valenciennes ne sera plus au pouvoir des Autrichiens. Détruisez la Vendée et le Rhin sera délivré des Prussiens (...). La Vendée et encore la Vendée, voilà le chancre qui dévore le cœur de la République. C’est là qu’il faut frapper[256]. » Il rappelle que l'un et l'autre excluent les femmes, les enfants et les vieillards (auxquels le décret du 1er octobre 1793 ajoute les hommes sans armes), qui doivent être protégés. De même, il note que « les révolutionnaires n’ont pas cherché à identifier un peuple pour le détruire », regardant simplement la Vendée comme « le symbole de toutes les oppositions à la Révolution », et conclut que « les atrocités commises par les troupes révolutionnaires en Vendée relèvent de ce qu’on appellerait aujourd’hui des crimes de guerre »[257].

Patrice Gueniffey, dans son ouvrage La politique de la Terreur. Essai sur la violence révolutionnaire 1789-1794, paru en 2000 aux éditions Gallimard, qualifie les exactions commises à l'encontre des vendéens de crime contre l'humanité : « Les souffrances infligées à la population vendéenne après la fin des combats et sans aucune relation avec les nécessités militaires constituent un crime sans équivalent dans l'histoire de la Révolution française, crime que l'on peut qualifier, aujourd'hui, de crime contre l'humanité et que la tradition républicain, peu soucieuse de revendiquer cet épisode sans gloire de son moment inaugural, a longtemps occulté ou nié »[258].

Pour Martin, le discours de Barère et le décret « participent de la vision qui fait de la Contre-Révolution un bloc unique, une hydre menaçante, légitimant la pensée d'une « juste violence » et installant la guerre de Vendée dans des conditions particulièrement absurdes. Les administrateurs locaux ne cessent pas de se plaindre de l'absence de délimitation de la région-Vendée, de l'imprécision du terme « brigands » pour désigner les êtres voués à la destruction (puisque sont exclus les femmes, les enfants, les vieillards, les « hommes sans armes »). Menuau de Maine-et-Loire n'arrive pas à faire préciser ce qui doit être détruit en « Vendée »[259]. » Non seulement la Convention n'avalise pas les agissements des militaires et des représentants, qui s'opposent à ses décrets, mais, dans la région même, « la mobilisation de révolutionnaires locaux réussit à arrêter les violences injustifiées d'Angers ou du sud de la Vendée. Dans l'armée, des officiers refusent de suivre la politique de dévastation de leurs collègues, réussissant parfois à en traduire certains devant des tribunaux et à les faire exécuter[260]. »

Suivant son analyse, les atrocités commises pendant la guerre de Vendée s'expliquent, côté républicain, par la médiocrité de l'encadrement des soldats, qui sont « laissés à leur propre peur »[261]. De l'autre côté, « les insurgés ont repris les habitudes anciennes des révoltes rurales, chassant et mettant à mort les représentants de l'État, pillant les bourgs, avant que leurs chefs ne réussissent à les détourner, pendant un temps, de ces pratiques qui ont un aspect de revanche et une dimension messianique[261]. »

À ses yeux, ce n'est pas la violence d'un État fort qui s'abat sur sa population ; l'État est trop faible pour contrôler et empêcher la spirale de violence qui se déchaîne entre insurgés et patriotes, et ce jusqu'au printemps 1794[262].

Patrice Gueniffey, dans l'ouvrage cité ci-dessus, La politique de la Terreur, fait toutefois la remarque suivante : « Mais la Convention ne doit pas être absoute pour autant : le Comité de salut public semble avoir donné en octobre une plus grande extension au décret du 1er août, et au début 1794 il approuvera l'extermination »[263].

Dans son Gracchus Babeuf avec les Égaux, Jean-Marc Schiappa critique également la thèse du génocide présentée par Reynald Secher lors de la réédition du pamphlet de Babeuf Du système de dépopulation ou La vie et les crimes de Carrier : « Cette brochure a été récemment rééditée sous le titre La guerre de la Vendée et le système de dépopulation, Paris, 1987 ; si le texte de Babeuf est correctement reproduit, on ne peut que s'indigner de la présentation et des notes de R. Sécher et J.J. Brégeon ; sans parler des présupposés politiques sur le "génocide" de la Vendée, on est stupéfait par les erreurs, les contre-vérités, les à-peu-près et les contresens innombrables qui jalonnent ces pages[264] ».

Professeur émérite à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne, ancien directeur de l'Institut d'histoire de la Révolution française, Michel Vovelle s'est également positionné contre la thèse du génocide. Dans le texte « L'historiographie de la Révolution Française à la veille du bicentenaire », paru en 1987, il écrit :

« François Furet ne se reconnaît pas, et l'a dit, dans le réveil récent, provoqué pour partie depuis deux ou trois ans par l'approche du bicentenaire, d'une historiographie ouvertement contre-révolutionnaire. À vrai dire, avait-elle jamais disparu ? Elle avait gardé ses positions fortes, de tradition depuis le XIXe siècle, à l'Académie française (dans le sillage de Pierre Gaxotte) ou dans les bibliothèques des gares. Vieille chanson un peu fatiguée, elle a connu tout récemment un regain de vitalité remarquable. Petite monnaie caricaturale des réflexions de François Furet, l'image d'une révolution totalitaire, antichambre du Goulag fait florès. La Révolution assimilée à la Terreur et au bain de sang devient le mal absolu. Toute une littérature se développe sur le thème du "génocide franco-français" à partir d'appréciations souvent audacieuses du nombre des morts de la guerre de Vendée 128 000, 400 000… et pourquoi pas 600 000 ? Certains historiens, sans être spécialistes de la question, ont mis, tel Pierre Chaunu, tout le poids de leur autorité morale, qui est grande, à développer ce discours de l'anathème, disqualifiant d'entrée toute tentative pour raison garder. Telle histoire tient beaucoup de place, en fonction des soutiens dont elle dispose, dans les médias comme dans une partie de la presse. Doit-elle nous cacher les aspects plus authentiques d'un chantier des études révolutionnaires aujourd'hui en plein réveil ? »[265]

En 2007, Michel Vovelle précise : « Cela ne justifie pas pour autant les massacres mais permet de les qualifier, en les inscrivant plutôt dans l'héritage de la guerre cruelle "d'ancien style", telle que la dévastation du Palatinat opérée un siècle plus tôt par Turenne pour la gloire du Roi-Soleil, dont les Rhénans ont gardé le souvenir. Villages brûlés, meurtres et viols… Récusons donc le terme de "génocide" et rendons à chaque époque la responsabilité historique des horreurs qui l'endeuillent, sans pour autant les minimiser »[266].

En 1998, Max Gallo s'est lui aussi déclaré contre l'hypothèse d'un « génocide vendéen » dans l'article « Guerre civile oui, génocide non ! » paru dans la revue Historia[267].

Des observations et analyses postérieures[modifier | modifier le code]

Historien du radicalisme, Samuel Tomei analyse les attaques récentes contre « les mystifications de la mémoire républicaine », au nom d'un « devoir de mémoire envers les peuples opprimés par une République colonisatrice amnésique » et « envers les peuples corsetés par une République jacobine. » Précisant le second point, il note :

« Après l’expansion au dehors, on incrimine le colonialisme intérieur. Un second exemple qui illustre bien l’utilisation du devoir de mémoire est, surtout depuis la commémoration du bicentenaire de la Révolution française, cette propension à fustiger un certain jacobinisme républicain au nom de la mémoire des minorités régionales opprimées ; certains historiens allant jusqu’à parler, comme Pierre Chaunu, un peu provocateur sans doute, du « génocide » des Vendéens par la République : « Nous n’avons jamais eu l’ordre écrit de Hitler concernant le génocide juif, nous possédons ceux de Barère et de Carnot relatifs à la Vendée. » Et le grand historien du Temps des Réformes d’honorer à sa façon la mémoire des victimes vendéennes : « D’ailleurs, à chaque fois que je passe devant le lycée Carnot, je crache par terre »[268]. »

Dans le même ordre d'idée, dans le compte-rendu qu'il consacre au manuel La Révolution française d'Éric Anceau, Serge Bianchi, professeur à l’université de Rennes II, relève que « la présentation des Enragés, la personnalité complexe de Robespierre, la guerre de Vendée ne sont pas caricaturées. Pas question de dérapage, de tyran ou de « génocide », ni de « proconsuls » pour les représentants en mission[269]... »

S'attachant à la question mise au programme des concours du CAPES et de l’agrégation d’histoire en 2005-2006, telle qu'elle a été traitée dans le manuel dirigé par Patrice Gueniffey, dans l'article « À propos des révoltes et révolutions de la fin du XVIIIe siècle. Essai d’un bilan historiographique », Guy Lemarchand, professeur à l'université de Rouen, distingue les différentes écoles historiques qui ont analysé la Révolution française, expliquant :

« Très minoritaire apparaît maintenant le courant d’origine légitimiste, ultra conservateur, autrefois de teinture royaliste, qui s’est fixé sur son terrain de prédilection dans les années 1980 : le « génocide » de la Vendée. On en retrouve des éléments dans le chapitre rédigé par A. Gérard (Poussou 2). L’auteur n’en est évidemment plus à la vision idyllique du régime seigneurial de la province selon les Mémoires de la marquise de La Rochejaquelein, et il note lui aussi que les paysans de la province ont d’abord été favorables à la Révolution. Toutefois, selon lui et sans donner les preuves de l’affirmation, la Vendée aurait été non seulement une révolte de grande étendue, mais également un instrument entre les mains des Montagnards dans leur lutte contre les Girondins avant le 2 juin 1793. Ils se seraient abstenus de pousser la Convention à ordonner une répression rapide, de façon à compromettre les Girondins alors dominants, ce qui a facilité l’expansion du soulèvement. Puis, maîtres du gouvernement, ils se seraient livrés à la fureur purificatrice qui les caractérisait. Seconde idée originale, les Vendéens ne sont pas tombés dans la barbarie de leurs adversaires : ils libéraient leurs prisonniers quand les Bleus les fusillaient. Quant aux généraux et dirigeants politiques qui ont commandé les ravages des « colonnes infernales » et les noyades de Nantes, A. Gérard dégage Turreau d’une partie de ses responsabilités afin de charger le Comité de salut public et Carrier, émanation des Jacobins qui serait « l’archétype des révolutionnaires professionnels ». Il reprend ainsi sans distance critique le discours des thermidoriens à la recherche de boucs-émissaires afin de faire oublier leur propre orientation avant la chute de Robespierre, et de se débarrasser d’une partie des Montagnards devenus encombrants[270]. »

De son côté, Guy-Marie Lenne a ouvert un nouveau champ d’études encore aujourd’hui incomplètement exploré, celui des réfugiés de la Vendée (cf supra). Leur nombre (au moins plusieurs dizaines de milliers), leur orientation politique (aussi bien républicains, que neutres ou même soupçonnés de royalisme) n’a pas empêché la République (que ce soit les municipalités, les districts, les départements ou la Convention) de leur venir en aide, de les accueillir, les nourrir, parfois de leur fournir un travail. Selon lui, cette attitude est en contradiction complète avec l’hypothèse d’un génocide : on ne peut vouloir massacrer un peuple, et organiser l’évacuation et l’aide à une portion de ce même peuple[271]. De façon plus anecdotique, mais révélatrice, on peut noter que même à l’échelon de la justice de paix, on s’attache à protéger les plus faibles : ainsi, les enfants mineurs de la famille Cathelineau du Pin-des-Mauges, qui a fourni un généralissime de l’armée vendéenne, et dont les trois autres frères sont morts dans les rangs de l’armée catholique et royale, sont protégés par un juge de paix qui nomme un conseil de famille pour administrer leurs biens, alors qu’ils seraient une cible de choix pour une persécution. De même, les juges de paix qui ont choisi le royalisme sont gardés en place[272].

Pour Didier Guyvarc'h, alors membre du Groupe de recherche en histoire immédiate (GRHI), l’étude du « lieu de mémoire » Vendée par Jean-Clément Martin met « en évidence les politiques de la mémoire et leurs enjeux. Si pour l’historien ce sont les Bleus qui, dès 1793, construisent l’image d’une Vendée symbole de la contre-révolution, ce sont les Blancs et leurs successeurs qui utilisent et retournent cette image aux XIXe et XXe siècles pour asseoir une identité régionale. Cette identité est un outil de mobilisation sociale mais aussi un instrument politique contemporain. Le succès du spectacle du Puy-du-Fou, lancé en 1977 par Philippe de Villiers, résulte de la rencontre entre un milieu rendu réceptif par une pédagogie du souvenir de 150 ans et le souci d’un homme politique de se construire une image. L'exemple vendéen des années 1980 et du début des années 1990 illustre les défis nouveaux qui se posent à l’historien de la mémoire. Confronté à une mémoire vive et impérieuse, il est conduit à déconstruire mythe ou légende et à remettre ainsi en cause l'exploitation du passé par le présent. Dans le contexte du bicentenaire de 1789, puis de 1793, l'emploi du terme génocide est ainsi au centre d'un débat intense car il est un enjeu pour ceux qui veulent démontrer que « la révolution […] à toutes les époques et sous toutes les latitudes serait dévoreuse de libertés ». »[273]

De même, en 2007, évoquant la mémoire persistante de la guerre de Vendée, marquée par le succès du Puy-du-Fou, Mona Ozouf et André Burguière notent : « Morceau de choix pendant longtemps dans le débat entre gauche et droite à propos de la Révolution, l'épisode vendéen ne faisait plus recette quand un essai publié à la veille du bicentenaire, qui n'apportait rien de neuf sinon l'accusation de « génocide », a rallumé la guerre entre historiens ; une guerre étrangement déphasée au moment où les célébrations se déroulaient dans un climat de consensus festif. Tout le monde aujourd'hui défend l'héritage des droits de l'homme. Personne ne regrette la royauté, mais nul ne condamnerait Louis XVI à mort. C'est cette France postmoderne respectueuse de toutes les mémoires, amoureuse de toutes les traditions, qui remonte le temps chaque été parmi les foules en costume du Puy-du-Fou[274]. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur la guerre de Vendée et sa mémoire
  • Pol-Erwan Le Tannou, Guerre et Génocide de Vendée, Stellamaris, 2014
  • Frédéric Augris, Henri Forestier, général à 18 ans, Éditions du Choletais, 1996.
  • Charles Berriat-Saint-Prix, La justice révolutionnaire, août 1792 - Prairial an III, d'après des documents originaux, t. I, Michel Lévy frères, éditeurs,‎ 1870 (lire en ligne).
  • Marie Breguet, L’Avant-guerre de Vendée. Les questions religieuses à l’Assemblée législative, Paris, Pierre Téqui éditions, 2004, 224 p. (ISBN 2-7403-1091-9)
  • Jean-François Chiappe, La Vendée en armes, Librairie académique Perrin, 1982-1986, 3 tomes.
  • Nicolas Delahaye,
    • Guide historique des Guerres de Vendée, Éditions Pays et Terroirs, 2005. Un inventaire et des itinéraires de découvertes des hauts lieux de la mémoire.
    • Les 12 Colonnes infernales de Turreau, Éditions Pays et Terroirs. Une synthèse pour découvrir la logique des colonnes de Turreau.
  • Félix Deniau, Dom François Chamard et François Uzureau, Histoire de la Guerre de la Vendée, 1876-1878, réédition 12 volumes, 4800 pages, J. Siraudeau, Angers, 1978[275]. Cette histoire générale des guerres de Vendée est vue du côté des « Blancs ».
  • Alain Gérard,
    • La Vendée 1789-1793, Éditions Champ Vallon, collection Époques, 1992.
    • Vendée !, Éditions Étrave, 1993.
    • Sur les traces de Charrette, Roi de la Vendée, Éditions Étrave, 1993.
    • La Guerre de Vendée, Centre vendéen de recherches historiques, collection Les Indispensables, 2006.
  • Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, Robert Laffont,‎ 1912-1931 (réimpr. 2009).
  • Yves Gras, La Guerre de Vendée : 1793-1796, Paris, éditions Economica,‎ 1994, 184 p. (ISBN 2-7178-2600-9).
  • Jacques Hussenet (dir.), « Détruisez la Vendée ! » Regards croisés sur les victimes et destructions de la guerre de Vendée, La Roche-sur-Yon, Centre vendéen de recherches historiques,‎ 2007.
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  • Guy-Marie Lenne, Les Réfugiés de la guerre de Vendée, 1793-1796, Éditions Geste, collection Pays d’histoire, 2003.
  • Simone Loidreau, Les colonnes infernales en Vendée, Éditions du Choletais, 1994.
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  • Jean-Clément Martin,
    • Une guerre interminable, la Vendée 200 ans après, Éditions Reflets du Passé, Nantes, 1985.
    • La Vendée et la France, 1789-1799, Éditions du Seuil, 1987 (Ouvrage historique de référence qui propose une lecture surplombante des événements et surtout des idéologies à l'œuvre dans la genèse du conflit)
    • La Vendée de la Mémoire, 1800-1980, Éditions du Seuil, 1989.
    • La Loire-Atlantique dans la tourmente révolutionnaire, Éditions Reflets du Passé, Nantes, 1989.
    • Le Massacre des Lucs, Vendée 1794 (en collaboration avec Xavier Lardière), Geste Éditions, La Crèche, 1992.
    • La Vendée en 30 questions, Geste Éditions, La Crèche, 1996.
    • La Vendée et la Révolution. Accepter la mémoire pour écrire l'histoire, Paris, Perrin, coll. Tempus, 2007 (Ce livre porte sur la mémoire de la guerre en Vendée et l'influence de cette mémoire sur l'histoire. Il revient sur le débat concernant le « génocide vendéen »)
    • La guerre de Vendée 1793-1800, Paris, Points, 2014, 353 p.
  • Xavier Martin, Sur les droits de l'homme et la Vendée, Dominique Martin Morin, 1995.
  • Claude Petitfrère,
    • Les Vendéens d’Anjou, Bibliothèque nationale de France, 1981.
    • La Vendée et les Vendéens, Gallimard, collection archives, 1982.
  • Michel Ragon, 1793. L'insurrection vendéenne et les malentendus de la Liberté, Albin Michel, 1992.
  • Raphaël Rousseleau, « L’esprit et les lieux. Généalogie et usage de clichés paysagers vendéens », Genèses, no 44, 2001/3
  • Jean Julien Michel Savary, Guerres des Vendéens et des Chouans contre la République Française, par un officier supérieur des armées de la République (réimpression de l'édition de 1824-1825), Éditions Pays et Terroirs, 1993. Un journal au jour le jour à partir des rapports militaires. Le tome III est donne le détail de la marche des colonnes infernales de Turreau.
  • Reynald Secher,
    • Reynald Secher, La Vendée-Vengé, Le génocide franco-français, PUF,‎ 1986.
    • Vendée : du génocide au mémoricide : Mécanique d'un crime légal contre l'humanité, Préface d'Hélène Piralian, Stéphane Courtois et Gilles-William Goldnadel, éd. du Cerf, 2011
  • Paul Tallonneau, Les Lucs et le génocide vendéen : comment on a manipulé les textes, éditions Hécate, 1993.
  • Gérard Walter, La Guerre de Vendée, Paris, Plon, 1953.
  • Louis-Marie Turreau, Mémoires de Turreau pour servir à l'histoire de la guerre de vendée, Éditions Pays et Terroirs 2007. Justifications de l'organisateur des massacres et des colonnes infernales.
  • La Vendée après la Terreur, la reconstruction, actes du colloque tenu à La Roche-sur-Yon les 25, 26 et 27 avril 1996, Librairie Académique Perrin, 1997.
  • Thierry Trimoreau (sous la direction de) : Massacres au Mans en 1793, éditions Siloë, 2009.
  • Alfred Lallié, Les prisons de Nantes pendant la Révolution, Nantes, Imprimerie Vincent Forest et Émile Grimaud,‎ 1883, 98 p.
  • Alfred Lallié, Les noyades de Nantes, Nantes, Imprimerie Vincent Forest et Émile Grimaud,‎ 1878, 104 p.
  • Isabelle Soulard, Les Femmes dans la guerre de Vendée: Vendée, Maine-et-Loire, Loire-Atlantique, deux-Sèvres, Geste,‎ 2006, 190 p. (ISBN 9782845612341)
  • Hervé Coutau-Bégarie et Charles Doré-Graslin (dir.), Histoire militaire des guerres de Vendée, Economica,‎ 2010, 649 p.
Sur la Révolution française en général, et la Contre-révolution
  • Louis-Marie Clénet, La Contre-révolution, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? »,‎ 1999.
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    • Contre-Révolution, Révolution et Nation en France, 1789-1799, éditions du Seuil, collection Points, 1998.
    • Violence et Révolution. Essai sur la naissance d'un mythe national, éditions du Seuil, 2006.
  • Albert Soboul,
    • (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Quadrige/PUF, 1989
    • La Révolution française, Gallimard, collection Tel, 1982, réédition, 1997.
  • Michel Vovelle, La Chute de la monarchie, 1787-1792, tome 1 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, éditions du Seuil, collection Points, 1972.
  • Denis Woronoff, La République bourgeoise de Thermidor à Brumaire. 1794-1799, tome 3 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine.
  • Bernard Chupin, Vendée 1794 - Rwanda 1994, deux génocides qui se ressemblent, éditions Fol'Fer, 2014.
Romans
Littérature de jeunesse
  • Jean-Clément Martin, Blancs et Bleus dans la Vendée déchirée, Découvertes/Gallimard, 1986. Un livre documenté, avec de nombreuses illustrations.
  • Reynald Secher et René Le Honzec, Vendée, 1789-1801, bande dessinée, Fleurus, 1989, éditions Reynald Secher, 1994.
  • Henri Servien, Petite Histoire des Guerres de Vendée, éd. de Chiré, illustré par René Follet, 1983. Un livre pour la jeunesse suivant le point de vue des Vendéens.
  • Yves Swolfs, Dampierre, Glénat, bande dessinée, 10 albums, 1988-2002.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Hussenet, Détruisez la Vendée !, p. 418
  2. a et b Jean-Clément Martin, La Vendée et la Révolution, p. 68-69
  3. a et b Jean-Clément Martin, La Vendée et la Révolution, p. 69-70
  4. Jean-Clément Martin, La Vendée et la Révolution, p. 70-71
  5. Albert Mathiez, La Gironde et la Montagne, tome 2 de La Révolution française, Denoël, collection Médiations, no 249, 1993
  6. Marcel Faucheux, L’insurrection vendéenne de 1793. Aspects économiques et sociaux, 1953
  7. Paul Bois Paysans de l'Ouest, 1960
  8. Charles Tilly, The Vendée, a Sociological Analysis of the Counter Revolution of 1793, Harvard, 1964, traduction française en 1970.
  9. Albert Soboul, La Révolution française, Gallimard, collection Tel, 1982
  10. Jean-Clément Martin, Contre-Révolution, Révolution et Nation en France, 1789-1799, éditions du Seuil, collection Points, 1998
  11. Voir P. Mann, « Les insurrections paysannes de l'Ouest: Vendée et chouannerie », Revue Française de Sociologie, no 30, décembre 1989
  12. Roger Dupuy, La République jacobine. Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, tome 2 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, éditions du Seuil, collection Points, p. 113-116
  13. Anne Rolland-Boulestreau, Communautés rurales et Révolution (1750-1830). Les notables des Mauges, Presses Universitaires de Rennes, 2004
  14. Michel Vovelle, La Chute de la monarchie, 1787-1792, tome 1 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, éditions du Seuil, collection Points, 1972
  15. Michel Vovelle, La Chute de la monarchie, 1787-1792, tome 1 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, éditions du Seuil, collection Points, 1972, p. 91 et 259
  16. Jacques Godechot, Les institutions de la France sous la Révolution et l'Empire, PUF, 1968
  17. a et b Jean-Clément Martin, « La Révolution a coupé la France en deux », L'Histoire, no 311
  18. Jean-Clément Martin, « La Révolution a coupé la France en deux », L'Histoire, no 311, page 36. Pour lui, ces combats sont l'événement déclencheur de la guerre civile en Vendée, les premiers vrais affrontements éclatant en mars 1793
  19. Michel Vovelle, La Chute de la monarchie, 1787-1792, tome 1 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, éditions du Seuil, collection Points, 1972, p. 91, 175, 204 et 256
  20. Roger Dupuy, La République jacobine. Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, éditions du Seuil, collections Points, 2005, p. 116
  21. Guy-Marie Lenne, Les Réfugiés de la guerre de Vendée. Geste éditions, La Crèche, 2003. (ISBN 2-84561-100-5), p. 17
  22. a et b Roger Dupuy, La République jacobine, Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, tome 2 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, éditions du Seuil, collection Points, 2005, p. 101
  23. Madame de la Rochejaquelein, veuve d'un des chefs vendéens, explique, dans ses Mémoires, en 1814 : « Ni les prêtres, ni les nobles n'ont jamais fomenté ni commandé la révolte ; ils ont secondé les paysans, mais seulement quand l'insurrection a été établie ; alors ils ont cherché à la soutenir. Je suis loin de dire qu'il ne la désiraient pas ; mais on doit le comprendre pour peu qu'on y réfléchisse, aucun d'eux n'était assez fou pour engager une poignée de paysans sans armes, sans argent, à attaquer la France entière ».
    À propos de ce témoignage, Michel Ragon affirme, en 1992 (p. 22) : « On pourrait le citer comme partial, bien qu'on ne voie pas quel avantage la veuve de l'un des chefs les plus aimés, de Lescure, aurait eu à le montrer comme suiveur de l'insurrection et non comme son initiateur ».
    De même, il explique qu'« aucun prélat ecclésiastique ne suivra l'insurrection vendéenne. Les évêques des quatre départements révoltés émigreront. Seuls resteront en pays dissident de modestes prêtres qui s'intégreront à l'armée paysanne sans jamais participer aux batailles », Michel Ragon, 1793. L'insurrection vendéenne et les malentendus de la Liberté
  24. a et b Jean-Clément Martin, Contre-Révolution, Révolution et Nation en France, 1789-1799, éditions du Seuil, collection Points, 1998, p. 168-171
  25. Roger Dupuy, La République jacobine. Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, tome 2 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, éditions du Seuil, collection Points, 2005, p. 107-113
  26. a, b et c Jean-Clément Martin, « La Révolution a coupé la France en deux », dans L'Histoire, no 311
  27. Jean-Clément Martin, Violence et Révolution, Essai sur la naissance d'un mythe national, éditions du Seuil, 2006.
  28. a et b Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 100.
  29. Hussenet 2007, p. 527
  30. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 100-101.
  31. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 102-104.
  32. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 135-137.
  33. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 104-105.
  34. Roger Dupuy, La République jacobine, Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, tome 2 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, éditions du Seuil, collection Points, 2005, p. 102-104
  35. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 106-109.
  36. Jean-François Carou, Histoire de Pornic,‎ 1859 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article, p. 110-183.
  37. Alfred Lallié, Le district de Machecoul, études sur les origines et les débuts de l'insurrection vendéenne dans le pays de Retz, Nantes, Vincent Forest et Emile Grimaud,‎ 1869 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article, p. 345-356.
  38. Roger Dupuy, La République jacobine, Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, tome 2 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, éditions du Seuil, collection Points, 2005, p. 104
  39. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 142
  40. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 142-147
  41. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 147
  42. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 147-151
  43. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 151-153
  44. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 153-155
  45. Roger Dupuy, La République jacobine, Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, tome 2 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, éditions du Seuil, collection Points, 2005, p. 104-106
  46. Voir la biographie de Charette, Notes et archives 1789-1794
  47. Roger Dupuy, La République jacobine, Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, tome 2 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, éditions du Seuil, collection Points, 2005, p. 106
  48. Guy-Marie Lenne, Les Réfugiés de la guerre de Vendée, p. 20
  49. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 156-157
  50. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 158
  51. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 160-162
  52. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 163-165
  53. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 170-175
  54. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 175
  55. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 176
  56. Roger Dupuy, La République jacobine, Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, tome 2 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, éditions du Seuil, collection Points, 2005, p. 134-137
  57. Roger Dupuy, La République jacobine, Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, tome 2 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, p. 134-140
  58. Alphonse Aulard, Recueil des actes du Comité de salut public avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du Conseil exécutif provisoire, tome VI, disponible sur Gallica, p. 469 : avis de Bourbotte.
  59. Alphonse Aulard, Recueil des actes du Comité de salut public avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du Conseil exécutif provisoire, tome VII, disponible sur Gallica, p. 62 : avis de Bellegarde et Fayau.
  60. Jean-Baptiste Kléber, Mémoires politiques et militaires, p. 90.
  61. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 254-265
  62. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 265-268
  63. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 274-275
  64. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 268-275
  65. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 326-327
  66. Roger Dupuy, La République jacobine, Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, p. 140-144
  67. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 276-285
  68. Albert Soboul, La Révolution française, Gallimard, collection tel, p. 331
  69. Jacques Hussenet, Détruisez la Vendée !, p. 443.
  70. Jean-Clément Martin, Blancs et Bleus dans la Vendée déchirée, Découvertes/Gallimard, 1986, p. 91.
  71. Roger Dupuy, La République jacobine, Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, p. 227, parle de plus de 60 000 personnes.
  72. Jean-Clément Martin, Blancs et Bleus dans la Vendée déchirée, Découvertes/Gallimard, 1986, p. 89.
  73. Reynald Secher, La Vendée-Vengé: le génocide franco-français, Perrin,‎ 2006, p. 147.
  74. Fernand Guériff, La bataille de Savenay dans la Révolution, éditions Jean-Marie Pierre, Le Pouliguen, 1988.
  75. François Lebrun, La virée de Galerne, Éditions de l'Ouest, 1989 (1).
  76. Guy Richard (dir.), L'Histoire inhumaine, massacres et génocides des origines à nos jours, éditions Armand Colin, 1992, p. 74.
  77. Jean-Clément Martin, Violence et Révolution. Essai sur la naissance d'un mythe national, éditions du Seuil, 2006, p. 202-207
  78. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 327-329.
  79. Yves Gras, La Guerre de Vendée, p. 122.
  80. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 329-331.
  81. Jean Julien Michel Savary, Guerres des Vendéens et des Chouans contre la République, t. II, p. 469-471.
  82. Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière, Lucas de La Championnière, Mémoires d'un officier vendéen 1793-1796, Les Éditions du Bocage, 1994, p. 58-60.
  83. Tambour au 8e régiment de hussards, Joseph Bara est tué lors de l'attaque de Jallais par les Vendéens le 17 frimaire an II. Voir Raymonde Monnier, « Bara Joseph », in Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, PUF, 1989 (rééd. quadrige, 2005, p. 72-73).
  84. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 334-337.
  85. Charles Berriat-Saint-Prix, La justice révolutionnaire, p. 210-213
  86. Charles Berriat-Saint-Prix, La justice révolutionnaire, p. 214-215
  87. Charles Berriat-Saint-Prix, La justice révolutionnaire, p. 205-207
  88. Charles Berriat-Saint-Prix, La justice révolutionnaire, p. 179-185
  89. a et b Almire-René-Jacques Lepelletier, Histoire complète de la province du Maine, t.II, p. 817. lire en ligne sur google livres
  90. a et b Charles Berriat-Saint-Prix, La justice révolutionnaire, p. 186-203
  91. Hippolyte de La Grimaudière (1879), p. 80-84.
  92. Charles Berriat-Saint-Prix, La justice révolutionnaire, p. 228-235
  93. Charles Berriat-Saint-Prix, La justice révolutionnaire, p. 222-227 lire en ligne sur google livres
  94. Journal général de la guerre, Volume 3,Numéros 1 à 30, p.87
  95. a et b Charles Berriat-Saint-Prix, La justice révolutionnaire, p. 216-221
  96. Charles Berriat-Saint-Prix, La justice révolutionnaire, p. 228
  97. Voir :
    • Roger Dupuy, La République jacobine, Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, p. 168-171
    • Ange Guépin, Histoire de Nantes, 1839, cité par Michel Ragon, 1992, p. 184-186
  98. a et b Alfred Lallié, Les prisons de Nantes, p. 53
  99. Annales de la Société académique de Nantes et du département de la Loire-Inférieure, Volume XXIII, p. 214.
  100. Hippolyte Taine, Les origines de la France contemporaine, Volume 8, Hachette, 1904 (première édition en 1881), p.  125
  101. (en) Albert Parry, Terrorism: from Robespierre to ArafatVanguard Press, 1976, p.  57
  102. Isabelle Soulard, Les Femmes dans la guerre de Vendée : Vendée, Maine-et-Loire, Loire-Atlantique, deux-Sèvres, p. 116
  103. a et b Jacques Hussenet, Détruisez la Vendée !, p. 458
  104. Alfred Lallié, Les noyades de Nantes, p. 79
  105. Nathalie Meyer-Sablé, Christian Le Corre, La Chouannerie et les guerres de Vendée, Édition Ouest-France,‎ 2007 (ISBN 978-2-7373-3863-2), p. 127
  106. Alfred Lallié, Les noyades de Nantes, p. 80
  107. Roger Dupuy, Nouvelle histoire de la France contemporaine : La République jacobine, t. 2, Paris, Seuil,‎ 2005 (ISBN 2-02-039818-4), p. 170.
  108. a et b Jacques Hussenet, Détruisez la Vendée !, p. 456
  109. Jacques Hussenet, Détruisez la Vendée !, p. 274
  110. Jacques Hussenet, Détruisez la Vendée !, p. 457
  111. a et b Alfred Lallié, Les prisons de Nantes, p. 86
  112. Voir la liste complète ici émile Gabory
  113. Voir les lettres de Jullien à Robespierre et à son propre père datées des 2, 4 et 5 février 1794
  114. Jean-Clément Martin, Contre-Révolution, Révolution et Nation en France, 1789-1799, p. 220
  115. a et b Jacques Hussenet, Détruisez la Vendée !, p. 452-453
  116. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 383.
  117. a et b Jacques Hussenet, Détruisez la Vendée !, p. 461
  118. Jacques Hussenet, Détruisez la Vendée !, p. 454
  119. a et b Jacques Hussenet, Détruisez la Vendée !, p. 465
  120. Jacques Hussenet, Détruisez la Vendée !, p. 455
  121. Jacques Hussenet, Détruisez la Vendée !, p. 455 et 464
  122. Louis-Marie Clénet, Les colonnes infernales, p. 100
  123. Jean Julien Michel Savary, Guerres des Vendéens et des Chouans contre la République, t. III, p. 38-39. texte en ligne sur google livres
  124. Jean-Clément Martin, La Vendée et la Révolution, p. 95
  125. Collection des mémoires relatifs à la Révolution française, Volume 30, 1825, par Saint-Albin Berville, François Barrière, p. 56-57. 1
  126. Collection des mémoires relatifs à la Révolution française, volume 30, 1825, par Saint-Albin Berville et François Barrière, p. 151. 1
  127. Collection des mémoires relatifs à la Révolution française, volume 30, 1825, par Saint-Albin Berville et François Barrière, p. 151-152. 1
  128. Jean Tabeur, Paris contre la Province, les guerres de l'Ouest, p. 193.
  129. Jean-Clément Martin, La Vendée et la Révolution, p. 97-98
  130. Louis-Marie Clénet, Les colonnes infernales, p. 244
  131. Jean-Clément Martin, La Vendée et la Révolution, p. 98
  132. Jean-Clément Martin, La Vendée et la Révolution, p. 97
  133. a et b Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 340
  134. Reynald Secher, Vendée : du génocide au mémoricide, p. 39-40.
  135. Jean-Clément Martin, La Vendée et la Révolution, p. 102
  136. Roger Dupuy, La République jacobine, tome 3 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, p. 267-268.
  137. Reynald Secher, La Vendée-Vengé, p. 172
  138. Reynald Secher, La Vendée-Vengé, p. 163
  139. Louis-Marie Clénet, Les colonnes infernales, p. 202
  140. Hervé Coutau-Bégarie et Charles Doré-Graslin (dir.), Histoire militaire des guerres de Vendée, p. 480-486.
  141. Jean-Clément Martin, La Vendée et la Révolution, p. 99
  142. a et b Louis-Marie Clénet, Les colonnes infernales, p. 271
  143. Jacques Crétineau-Joly, Histoire de la Vendée militaire, Tome II, p. 173.
  144. Alphonse Aulard, Recueil des actes du Comité de salut public avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du Conseil exécutif provisoire, tome XIII, disponible sur Gallica, p. 489-490 : arrêté signé de la main de Carnot le 13 mai 1794.
  145. Jean-Clément Martin, Violence et Révolution. Essai sur la naissance d'un mythe national, éditions du Seuil, 2006, p. 213-221
  146. Roger Dupuy, La République jacobine, tome 3 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, p. 268-269. L'auteur évoque un ordre de grandeur entre 20 000 et 40 000 morts.
  147. Jacques Hussenet, Détruisez la Vendée !, p. 140 et 466
  148. Louis-Marie Clénet, Les colonnes infernales, p. 221
  149. Hervé Coutau-Bégarie et Charles Doré-Graslin (dir.), Histoire militaire des guerres de Vendée, p. 472.
  150. Roger Dupuy, La République jacobine, tome 3 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, p. 268-269
  151. Thérèse Rouchette, La Rochejaquelein, Centre vendéen de recherches historiques,‎ 2009, p. 96-98.
  152. Jean Tabeur, Paris contre la Province, les guerres de l'Ouest, p. 188-190.
  153. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 387-390
  154. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 391-392
  155. Jean Tabeur, Paris contre la Province, les guerres de l'Ouest, p. 194-195.
  156. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 392-394
  157. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 394-396
  158. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 396-398
  159. Théodore Muret, Histoire des Guerres de l’Ouest Vendée – Chouannerie, 1792-1815, 1848 p. 202
  160. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 474.
  161. Jean-Clément Martin, Contre-révolution, Révolution et Nation en France, 1789-1799, Le Seuil, collection Points, 1998, p. 251-252
  162. Guy-Marie Lenne, Les Réfugiés de la guerre de Vendée, p. 176-177
  163. Guy-Marie Lenne, Les Réfugiés de la guerre de Vendée, p. 20-25
  164. Guy-Marie Lenne, Les Réfugiés de la guerre de Vendée, p. 94
  165. Guy-Marie Lenne, Les Réfugiés de la guerre de Vendée, p. 31-45
  166. Guy-Marie Lenne, Les Réfugiés de la guerre de Vendée, p. 101
  167. Liste par Guy-Marie Lenne, Les Réfugiés de la guerre de Vendée, p. 109 : Allier, Aube, Calvados, Cantal, Charente, Charente-Inférieure, Cher, Corrèze, Côtes-du-Nord, Côte-d'Or, Dordogne, Eure, Ille-et-Vilaine, Indre-et-Loire, Loire-Inférieure, Loiret, Lot, Maine-et-Loire, Mayenne, Morbihan, Nièvre, Orne, Sarthe, Seine, Seine-et-Marne, Seine-Maritime, Deux-Sèvres, Vendée, Vienne
  168. Alphonse Aulard, Recueil des actes du Comité de salut public avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du Conseil exécutif provisoire, tome XIII, disponible sur Gallica, p. 803.
  169. Guy-Marie Lenne, Les Réfugiés de la guerre de Vendée, p. 141 et suiv.
  170. Guy-Marie Lenne, Les Réfugiés de la guerre de Vendée, p. 107-108
  171. Guy-Marie Lenne, Les Réfugiés de la guerre de Vendée, p. 70
  172. Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière, Mémoires d'un officier vendéen, p. 116-118.
  173. Jean Julien Michel Savary, Guerre des Vendéens et des chouans, par un officier supérieur de l'armée de Vendée, 1824-1827, t. V, p. 133-135.
  174. Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière, Mémoires d'un officier vendéen, p. 116-128.
  175. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 1299-1326.
  176. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 495-496.
  177. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 500-501.
  178. Frédéric Augris, Henri Forestier, général à 18 ans, Éditions du Choletais,‎ 1996, 258 p. (ISBN 9782902052820).
  179. Alphonse de Beauchamp, Histoire de la Guerre de la Vendée, ou tableau des guerres civiles de l'Ouest depuis 1792 jusqu'en 1815, Paris, 1820, p.221 à 225
  180. Françoise de Marcé des Louppes, Un vendéen oublié : Joseph-Amand de Vasselot d'Annemarie (1762-1796), revue du Bas-Poitou, 1958, p.411 à 418
  181. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 586-592
  182. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 591
  183. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 592-597
  184. Gabriel du Pontavice, Les Armees Catholiques et Royales au Nord de la Loire: petite histoire des Chouans, p. 33.
  185. Yves Gras, La Guerre de Vendée, éditions Economica, 1994, p. 173.
  186. Claude Petitfrère, « Vendée/Vendéens », in Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, PUT, 1989 (rééd. Quadrige, 2005, p. 1076).
  187. Jean-Clément Martin, La Vendée et la Révolution, Paris, Perrin, collection Tempus, 2007, p. 157.
  188. Jean-Clément Martin, La Vendée et la Révolution, Paris, Perrin, collection Tempus, 2007, p. 169.
  189. Alain Bru. Histoire de la guerre à travers l’armement, note 572 du chapitre VII : « De la Révolution à la veille des guerres modernes ». Disponible en ligne, consulté le 4 mars 2007
  190. Claude Desprez, Lazare Hoche d'après sa correspondance et ses notes, Paris, J. Dumaine, 1858, 399 pages, chapitre VIII, p. 260.
  191. Jean Clément Martin, Violence et Révolution. Essai sur la naissance d'un mythe nationale, Paris, Le Seuil, 2006, p. 243.
  192. Jacques Hussenet, Détruisez la Vendée !, p. 112-115 et 437
  193. Donald Greer, The Terror, a Statistical Interpretation, Cambridge (1935).
  194. a et b Reynald Secher, La Vendée-Vengé, Le génocide franco-français
  195. Jean-Clément Martin, « La Révolution a coupé la France en deux », L'Histoire, no 311, pp. 37-38. À propos des Vendéens républicains ou neutres, J.-C. Martin écrit : « Jusqu'au printemps 1793, les femmes des Vendéens bleus peuvent rester dans la Vendée insurgée sans être inquiétées. Tout comme les modérés et les indécis. À partir de l'été 1793, les femmes des révolutionnaires doivent partir, et les indécis sont emprisonnés. À moins de ruser. On a l'exemple de cet homme accusé devant le tribunal de Nantes en 1793 d'avoir monté la garde pour les Vendéens ; il le reconnaît mais se justifie : « Oui mais je portais une cocarde tricolore à mon caleçon » — une façon de rappeler que ses convictions étaient quand même quelque part ! Il a été acquitté… »
  196. Jean-Clément Martin, La Vendée et la France, Paris, Éditions du Seuil, collection « Points », 1987.
  197. Jean-Clément Martin, Violence et Révolution. Essai sur la naissance d'un mythe national, éditions du Seuil, 2006 : « Selon toute vraisemblance, ces mois de guerre ont provoqué la perte d'au moins 200 000 personnes dans toute la région, blancs et bleus confondus. Il est illusoire de chercher des proportions précises, puisque nombre de républicains morts sont venus de toute la France, voire des colonies antillaises, mais sans doute peut-on penser qu'un quart des habitants de la région (il y aurait eu plus d'un million d'habitants dans les quatre départements touchés directement par la guerre de Vendée) a disparu. »
  198. Guy-Marie Lenne, Les Réfugiés de la guerre de Vendée, 1793-1796, Éditions Geste, La Crèche, collection « Pays d’histoire », 2003. Voir également « Les réfugiés de Vendée ».
  199. Louis-Marie Clénet, La Contre-révolution
  200. Historia, août 2005
  201. Jacques Dupâquier et A.Laclau, « Pertes militaires, 1792-1830 », in Atlas de la Révolution française, Paris, 1992, p. 30.
  202. Jacques Hussenet, Détruisez la Vendée !, p. 148
  203. Joël Cornette, « Louis XIV n'est plus un roi absolu », dans L'Histoire, no 331, mai 2008, p. 72.
  204. Jacques Hussenet, Détruisez la Vendée !, p. 10
  205. a et b Jacques Hussenet, Détruisez la Vendée !, p. 420
  206. Discours de Michael Naumann lors du forum de Stockholm sur l'Holocauste(en)
  207. Raphaël Lemkin, « Axis Rule in Occupied Europe: Laws of Occupation - Analysis of Government - Proposals for Redress », Washington, Carnegie Endowment for International Peace, 1944, p. 79-95 : « En général, "génocide" ne désigne pas nécessairement la destruction immédiate d'une nation, excepté quand est accompli le meurtre de masse de tous les membres d’une nation. Il est plutôt destiné à signifier un plan coordonné d'actions différentes visant à la destruction des bases essentielles de la vie de groupes nationaux, dans le but d'annihiler les groupes eux-mêmes. Les objectifs d'un tel plan seraient la désintégration des institutions politiques et sociales, de la culture, de la langue, des sentiments nationaux, de la religion et de l'existence économique de groupes nationaux et aussi la destruction de la sécurité personnelle, de la liberté, de la santé, de la dignité, et même des vies des individus appartenant à de tels groupes. Le génocide est dirigé contre le groupe national en tant qu’entité, et les actions impliquées sont dirigées contre des individus, non dans leur capacité individuelle, mais en tant que membres du groupe national. »
  208. Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, approuvée et soumise à la signature et à la ratification ou à l'adhésion par l'Assemblée générale dans sa résolution 260 A (III) du 9 décembre 1948, entrée en vigueur le 12 janvier 1951, conformément aux dispositions de l'article XIII
  209. Raphaël Lemkin, alors conseiller au Ministère de la Guerre des États-Unis, « Le crime de génocide »
  210. Voir Jean-Clément Martin, Le Massacre des Lucs, Vendée 1794 (en collaboration avec Xavier Lardière), Geste Éditions, La Crèche, 1992, et Paul Tallonneau, Les Lucs et le génocide vendéen : comment on a manipulé les textes, éditions Hécate, 1993
  211. La même année, il publie On veut sauver Carrier, on veut faire le procès au tribunal révolutionnaire : peuple, prend (sic) garde à toi, 15 pages.
  212. Dans sa forme adjectivale, « populicide » est employé dans le sens de quelque chose qui cause la ruine du peuple par Babeuf dans la phrase suivante : « L'infâme Boissy-d'Anglas parut à la tribune, et fit adopter son code populicide. »
  213. Babeuf a aussi créé l'adjectif « liberticide » le 20 août 1791. La même époque a connu le « légicide » ou le « maricide ».
  214. Ce qui distingue le « génocide » du « populicide », c'est que l'un renvoie à un plan d'extermination, tandis que l'autre (dans la définition qu'en donne Babeuf) sert à désigner un système de dépopulation. De même, « génocide », mot hybride formé d'une racine grecque et d'un suffixe latin, témoigne, à l'origine, du caractère raciste de l'extermination planifiée par les nazis, contre un peuple considéré comme biologiquement distinct ; il n'existe pas de mot latin qui puisse être mis en correspondance avec le sens moderne de « race » développé au XIXe siècle (ainsi, radix renvoie à l'extraction, à la racine) ; au contraire, en grec, il existe deux mots, ethnos et genos, qui ont donné ethnicide et génocide. Voir Raphaël Lemkin, « Le crime de génocide »
  215. Jean-Clément Martin, Contre-Révolution, Révolution et Nation en France, 1789-1799, Le Seuil, collection Points, 1998, p. 248. L'article prétend que « dans les papiers de Robespierre on a trouvé des notes qui vouaient à la mort douze mille têtes dans le seul département du Vaucluse ».
  216. Gracchus Babeuf, (disponible sur Gallica, Du système de dépopulation ou La vie et les crimes de Carrier), 1794, paragraphe IV, pages 24-25. Cette affirmation est fondée, selon lui, sur Causes secrettes de la révolution du 9 au 10 thermidor, une brochure signée par « Simpronius-Gracchus Vilate, jeune homme de 26 ans, ex-juré du tribunal de sang de Robespierre » qui « mérite quelque crédibilité (…) en ce qu'il donne des indices assez sûrs, qu'il a été admis dans leurs conciliabules secrets, et initié dans les plus profonds mystères ». En fait, Joachim Vilate, ex-juré au tribunal révolutionnaire, écrit ce plaidoyer pendant son emprisonnement, et il attend d'être jugé avec le personnel du tribunal révolutionnaire. C'est un plaidoyer pro domo dans lequel il prétend avoir joué un grand rôle dans la chute de Robespierre, espérant par ce moyen échapper à la guillotine. Vilate était un espion du comité de salut public, et plus particulièrement de Barère. Par ailleurs, certains considèrent que ces écrits sont apocryphes, les attribuant plutôt à Pierre Choderlos de Laclos.
  217. Gracchus Babeuf, (disponible sur Gallica, Du système de dépopulation ou La vie et les crimes de Carrier), 1794, paragraphe IV et suivants.
  218. Gracchus Babeuf, Du système de dépopulation ou La vie et les crimes de Carrier, 1794, paragraphe VI, disponible sur Gallica, p. 103-108 : « J'ai démontré que, dans le système de dépopulation, écrit-il, les gouvernants ont voulu diriger la partie d'exécution qui aurait lieu sur le théâtre de la Vendée, de manière à ce que la destruction s'opérât, d'abord sur une très grande partie de l'armée républicaine, et ensuite sur la totalité de la population vendéenne. Les preuves que j'ai rapportées me paraissent assez fortes, pour avoir pu convaincre que toutes les dispositions ont été parfaitement conduites pour remplir le premier point; l'extermination de milliers de citoyens dans l'armée républicaine. Il faudrait revoir Philippeaux tout entier, pour cumuler un plus grand nombre de ces preuves. J'en suis à l'époque où il s'est agi d'atteindre la seconde partie du but; l'anéantissement de la population vendéenne. On va voir comment, pour assurer leur succès, nos exécrables dévorateurs s'y prirent ».
  219. Sur les différentes interprétations données à l'époque de la guerre civile, pour expliquer les échecs des forces républicaines face aux royalistes, voir Jean-Clément Martin, Violence et révolution, essai sur la naissance d'un mythe national, éditions du Seuil, 2006, p. 158-162.
  220. Gracchus Babeuf, Du système de dépopulation ou La vie et les crimes de Carrier, 1794, paragraphe VII, disponible sur Gallica, p. 109 et alii.
  221. Denis Woronoff, La République bourgeoise de Thermidor à Brumaire. 1794-1799, tome 3 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, p 13-16. Déjà, parlant de Robespierre, dans le n° 1 du Tribun du peuple, Babeuf écrit : « Nous estimerons, nous admirerons l'ouvrage (la Déclaration des droits de 1793), et nous oublierons quel fut l'ouvrier, sincèrement patriote et ami des principes jusqu'au commencement de 1793 et le plus profond des scélérats depuis cette époque. » (Albert Mathiez, « Babeuf et Robespierre », in Études sur Robespierre, Éditions Sociales, Recueil de la Société des études robespierristes, 1973).
  222. Albert Mathiez, « Babeuf et Robespierre », in Études sur Robespierre, Éditions Sociales, Recueil de la Société des études robespierristes, 1973. Mathiez note que « Babeuf admirait Robespierre de longue date. Il s'en est expliqué en toute clarté dans une lettre intime qu'il écrivait à son ami le député Coupé de l'Oise, le 10 septembre 1791 : "Analysez Robespierre, dit-il à Coupé, vous le trouverez aussi agrarien en dernier résultat et ces illustres sont bien obligés de louvoyer parce qu'ils sentent que le temps n'est pas encore venu." » Plus loin, il explique que, « de retour à Paris » après le 9-Thermidor, « Babeuf ne songe qu'à le faire tourner au profit de la cause démocratique. Il se fait inscrire à la société populaire qui tient ses séances à la salle des Électeurs à l'Évêché et où se rencontrent les éléments les plus avancés de l'ancien parti jacobin. Dès le 20 thermidor, il revendique la liberté de la presse et la restitution au peuple du droit d'élire les autorités. Autrement dit, il demande la fin du gouvernement révolutionnaire, le retour à un régime normal, à un régime constitutionnel. » Par ailleurs, à propos des attaques contre Robespierre, il écrit que, « parce qu'il est journaliste et qu'il doit compter avec l'opinion, Babeuf est obligé, dans la feuille qu'il fonde le 17 fructidor an II, de désavouer Robespierre, de se désolidariser d'un nom compromettant ». Sur la Vendée, Mathiez note que « sans doute » Babeuf « attaque avec violence Carrier, dans les numéros suivants, mais qui avait fait rappeler le sanguinaire proconsul, sinon Robespierre ? » et cite un long passage de la brochure contre Carrier, où le journaliste se solidarise avec l'œuvre sociale de Robespierre.
  223. Le Tribun du peuple, no 40 (24 février 1796), lettre signée « B…, capitaine de sapeurs ». L'auteur explique que les soldats « sont prêts à s'écrier simultanément : Rendez-nous le gouvernement de Robespierre. »
  224. Albert Mathiez, « Babeuf et Robespierre », in Études sur Robespierre, Éditions Sociales, Recueil de la Société des études robespierristes, 1973. Babeuf conclut son analyse par ces mots : « Le robespierrisme c'est la démocratie, et ces deux mots sont parfaitement identiques. Donc, en relevant le robespierrisme, vous êtes sûr de relever la démocratie. »
  225. Gracchus Babeuf, La Guerre de Vendée et le système de dépopulation, Tallandier, 1988, 226 pages, texte présenté par Reynald Secher et Jean-Joël Brégeon. Reynald Secher n'a pas repris exactement le titre choisi par Babeuf afin d'évoquer non le seul Carrier mais l'ensemble de la guerre de Vendée.
  226. Dans la postface de La Vendée après la Terreur, la reconstruction, Paris, Librairie Académique Perrin, 1997, p. 628, il affirme : « Je reprends donc l'expression de génocide franco-français pour la Vendée. Hélène Piralian m'a convaincu : on ne peut admettre que la qualification tellement avisée d'un crime soit remise en cause en fonction de la seule appartenance des victimes et des criminels. Pour les 180 000 victimes, mais aussi pour les criminels « républicains ». « Républicains » : est-ce suffisant pour être exemptés de tout soupçon ? »
  227. J. Tulard, J.-F. Fayard, A. Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française, 1789-1799, Robert Laffont, collection Bouquins, 1987, p. 1113. Lui aussi était membre du jury de soutenance de la thèse de Reynald Secher.
  228. Emmanuel Le Roy Ladurie, Le Figaro littéraire, 6 juin 1999, Lire le PDF
  229. Stéphane Courtois, « The crimes of Communism »
  230. Stéphane Courtois, « The Crimes of Communism »
  231. Discours officiel de Michael Naumann
  232. M. Ragon, 1992, p. 187
  233. À Nantes, Carrier privilégie le ravitaillement de l'armée sur celui des civils, non seulement les Vendéens, mais aussi les patriotes de Nantes, qui sont soumis au rationnement. C'est l'un des griefs avancés par Jullien de Paris pour demander son rappel, en février 1794, comme le montrent les lettres qu'il adresse à Robespierre et à son propre père. Voir également Roger Dupuy, La République jacobine, Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, tome 2 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, p. 168-171.
  234. Les ordres de la Convention nationale correspondent au décret du 1er août 1793, qui dit : « Article 7 : Les forêts seront abattues, les repaires des Rebelles seront détruits, les récoltes seront coupées par les compagnies d'ouvriers, pour être portées sur les derrières de l'armée, et les bestiaux seront saisis. »
    Toutefois, ce même décret dit aussi :

    « Article 8 : Les femmes et les enfants et les vieillards seront conduits dans l'intérieur ; il sera pourvu à leur subsistance et leur sûreté avec tous les égards dus à l’humanité.
    Article 14 : Les biens des Rebelles de la Vendée sont déclarés appartenir à la République ; il en sera distrait une portion pour indemniser les citoyens qui seront demeurés fidèles à la patrie des pertes qu'ils auraient souffertes. »


    Autre décret légiférant sur la « destruction de la Vendée », le décret du 1er octobre 1793 ajoute, aux femmes, enfants et vieillards de l'article 8 du décret du 1er août, les « hommes sans armes. » Voir Jean-Clément Martin, Guerre de Vendée, dans l'Encyclopédie Bordas, Histoire de la France et des Français, Paris, Éditions Bordas, 1999, p 2084, et Contre-Révolution, Révolution et Nation en France, 1789-1799, p.218.

  235. M. Ragon, 1992, p. 197, note 91
  236. Pierre Péan, Une blessure française : les soulèvements populaires dans l'Ouest sous la Révolution, éditions Fayard, Paris, 2008, 325 pages (ISBN 978-2-213-63566-8). Voir la critique de Jacques Saint-Victor, « Les francs-tireurs de l'histoire », Le Figaro, 16 octobre 2008
  237. Procédure de la proposition de loi no 3754 déposée le 21 février 2007 à l'Assemblée nationale française par sept députés UMP et deux MPF et renvoyée à la commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Voir la réaction de professeurs d'histoire de l'enseignement supérieur, auteurs du site de Révolution Française.net
  238. Jean-Marie Pottier, « Des députés UMP, dont Lionnel Luca et Alain Marleix, cosignataires d'une proposition de loi avec Marion Maréchal-Le Pen », Slate, publié le 17 janvier 2013
  239. Proposition de loi no 4441, renvoyée à la commission des affaires culturelles et de l’éducation.
  240. Proposition de loi no 426, renvoyée à la commission des lois constitutionnelles.
  241. [1]
  242. [2]
  243. [3]
  244. Voir, par exemple : Didier Guivarc'h, « La mémoire collective. De la recherche à l'enseignement », Cahiers d'Histoire Immédiate, automne 2002, no 22 ; Jean-Clément Martin, La Vendée et la Révolution. Accepter la mémoire pour écrire l'histoire, Perrin, collection Tempus, 2007
  245. (en) Peter McPhee, commentaire de la thèse de Secher
  246. Stefan Berger, Mark Donovan, Kevin Passmore (dir.), Writing National Histories - Western Europe Since 1800, Routledge, Londres, 1999, 247 pages, contribution de Julian Jackson. Voir sa biographie.
  247. Voir l'intervention de Timothy Tackett, dans French Historical Studies, automne 2001, p. 549-600 : « In reality… the Vendée was a tragic civil war with endless horrors committed by both sides—initiated, in fact, by the rebels themselves. The Vendéeans were no more blameless than were the republicans. The use of the word genocide is wholly inaccurate and inappropriate. »
  248. Hugh Gough, « Genocide & the Bicentenary: the French Revolution and the revenge of the Vendée », Historical Journal, vol. 30, 4, 1987, p. 977-88
  249. François Lebrun, « La guerre de Vendée : massacre ou génocide ? », L'Histoire, Paris, no 78, mai 1985, p. 93 à 99 et no 81, septembre 1985, p. 99 à 101. Dans le no 331 de L'Histoire, paru en mai 2008, il explique que la polémique sur l'emploi du « terme de "génocide" à propos des violences commises par les troupes républicaines sur le territoire vendéen en révolte depuis l'application de la levée en masse de mars 1793 » a permis « d'établir que le terme de "génocide" pour désigner cette guerre civile est historiquement injustifié. »
  250. Claude Langlois, « Les héros quasi mythiques de la Vendée ou les dérives de l'imaginaire », in F. Lebrun, 1987, p. 426-434, et « Les dérives vendéennes de l’imaginaire révolutionnaire », AESC, no 3, 1988, p. 771-797
  251. Paul Tallonneau, Les Lucs et le génocide vendéen : comment on a manipulé les textes, éditions Hécate, 1993
  252. Claude Petitfrère, La Vendée et les Vendéens, Éditions Gallimard/Julliard, 1982
  253. Voir Jean-Clément Martin, La Vendée et la France, Le Seuil, 1987
  254. a et b Jean-Clément Martin, La Vendée et la Révolution. Accepter la mémoire pour écrire l'histoire, Perrin, collection Tempus, 2007, p. 72-77
  255. Franck D. Chalk, « Definitions of Genocide and their implications for prediction and prevention », Holocaust and Genocide Studies, 1989, vol. IV, no 2, p. 149-160 ; M. Prince, Le Génocide, Assi Diffusion, 5 tomes, 1988, tome V, p. 40-48.
  256. Jean-Clément Martin, « Un génocide ? », L’Histoire, n°311
  257. Voir Contre-Révolution, Révolution et Nation en France, 1789-1799, Seuil, 1998, p. 218
  258. Page 257-258
  259. Jean-Clément Martin, Contre-Révolution, Révolution et Nation en France, 1789-1799, Seuil, 1998, p. 218
  260. Jean-Clément Martin, Violence et Révolution. Essai sur la naissance d'un mythe national, Le Seuil, 2006, p. 205-206
  261. a et b Jean-Clément Martin, Violence et Révolution. Essai sur la naissance d'un mythe national, Le Seuil, 2006, p. 161
  262. Jean-Clément Martin, Violence et Révolution. Essai sur la naissance d'un mythe national, éditions du Seuil, 2006
  263. P. 257
  264. Jean-Marc Schiappa, Gracchus Babeuf avec les Égaux, Éditions ouvrières, 1991, p. 84 (ISBN 2708228927)
  265. Michel Vovelle, « L'historiographie de la Révolution Française à la veille du bicentenaire », Estudos avançados, octobre-décembre 1987, volume 1, no 1, p. 61-72. [4] ou [5]
  266. Michel Vovelle, 1789. L'héritage et la mémoire, Éditions Privat, février 2007, 376 pages, p. 92 (ISBN 270896870X).
  267. Max Gallo, « Guerre civile oui, génocide non ! », in Historia, no 624, décembre 1998, 4 pages.
  268. Samuel Tomei (docteur en histoire de l'Institut d’Études Politiques de Paris, secrétaire général de la Société d’histoire du radicalisme, auteur d'une thèse sur Ferdinand Buisson), « Leçons de morale de l'histoire », Le Monde diplomatique, novembre 2001, URL : http://a.dorna.free.fr/Archives/Revue03/Rubrique_2/R2SR6.htm et http://www.monde-diplomatique.fr/2001/11/TOMEI/15872
  269. Serge Bianchi, « La Révolution française », Annales historiques de la Révolution française, n°327, premier trimestre 2002
  270. Guy Lemarchand, « À propos des révoltes et révolutions de la fin du XVIIIe siècle », in Annales historiques de la Révolution française, n°340.
  271. Guy-Marie Lenne, Les Réfugiés des guerres de Vendée de 1793 à 1796, Éditions Geste, La Crèche collection Pays d'histoire, 2003
  272. Anne Rolland-Boulestreau, « La justice de paix en Vendée militaire, 1790-début XIXe siècle : une institution judiciaire prise dans les tourments de la guerre de Vendée », in Annales historiques de la Révolution française, no 335, premier trimestre 2004. Consulté le 24 mars 2008.
  273. Didier Guivarc'h, « La mémoire collective. De la recherche à l'enseignement », Cahiers d'Histoire Immédiate, automne 2002, no 22
  274. Le Nouvel Observateur, no 2229 du 26 juillet 2007, Les 100 lieux qui ont fait la France, Mona Ozouf, André Burguière, « XVIIIe siècle - L'enfantement de la liberté », p. 26-28
  275. Histoire de la Guerre de la Vendée, par le chanoine Deniau (mort en 1909), curé de Saint-Macaire-en-Mauges, Dom Chamard (mort en 1908), prieur de l'Abbaye Saint-Martin de Ligugé (exilé à Chevetogne, en Belgique), et l'abbé Uzureau, directeur de L'Anjou Historique.
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