Jean-Paul Marat
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| Jean-Paul Marat | |
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Portrait de Marat par Joseph Boze (1793)
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| Naissance | 24 mai 1743 Boudry, Neuchâtel, Suisse |
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| Décès | 13 juillet 1793 (50 ans) Paris |
| Nationalité | Prusse (Suisse de nos jours) |
| Profession(s) | Journaliste, homme politique |
| Famille | deux fils, Henri et Justin |
Jean-Paul Marat, né à Boudry (principauté de Neuchâtel prussienne à l’époque, aujourd’hui canton de Neuchâtel, en Suisse), le 24 mai 1743 et mort assassiné à Paris, le 13 juillet 1793, est un médecin, journaliste et homme politique, député montagnard à la Convention à l’époque de la Révolution. Il a longtemps été considéré comme le principal responsable des massacres de septembre, ce qui a noirci son image, même si les historiens sont revenus assez largement sur son rôle. Son assassinat par Charlotte Corday permit aux Hébertistes d'en faire un martyr de la Révolution et d'installer pendant quelques mois ses restes au Panthéon.
Sommaire |
[modifier] Médecin et physicien
Natif de Boudry, dans la principauté de Neuchâtel, il était le fils de Jean-Baptiste Marat, un capucin défroqué d'origine sarde né à Cagliari en 1704 et dessinateur en indiennes converti au calvinisme, et de la genevoise Louise Cabrol[1]; il appartenait à une famille nombreuse[2].
Il quitta Neuchâtel et sa famille en 1759, après ses études au collège et devint précepteur des enfants d'un armateur bordelais. Après un séjour à Paris de 1762 à 1765 où il compléta ses études et acquit en autodidacte une formation de médecin, il se fixa à Londres, puis à Newcastle en 1770, où il exerça comme médecin et vétérinaire. Entre 1770 et 1772, il écrivit Les Aventures du jeune comte Potowsky, un roman épistolaire dans le goût du temps, qui demeure inédit. En 1772, il publia anonymement An Essay on the Human Soul, puis, après son retour dans la capitale britannique, en 1773, un second écrit philosophique, A Philosophical Essay on Man, qui fut réédité en 1775[2]. Disciple de Rousseau, il attaqua plusieurs fois Helvétius, traité d'« esprit faux et superficiel », dans cet ouvrage, mais aussi Voltaire, qu'il qualifiait d'« inconséquent » et qui lui répondit par le persiflage dans un petit article[3],[4] paru dans le Journal de politique et de littérature le 5 mai 1777[5].
En mai 1774, Marat fit paraître à Londres les Chains of Slavery, qui s'inscrivait dans le contexte de la campagne électorale qui vit l'élection de John Wilkes comme alderman, puis Lord Maire de Londres[2].
Après un court séjour dans les Provinces-Unies (1774-1775)[1] et l'obtention de son diplôme de médecin à l'Université de St Andrews (Écosse), le 30 juin 1775, il s'installa à Paris, où il publia en 1776 une édition française de son traité De l'homme[1]. Le comte d’Artois lui octroya, le 24 juin 1777, le brevet de médecin de ses gardes du corps[6]. On ignore encore le montant de cette charge et comment s’opéra le financement, mais les revenus qu'il en tira lui permirent de mener un train de vie bourgeois et de développer ses relations.[réf. souhaitée] Il ouvrit un cabinet d'expériences où il fit des recherches en physique expérimentale, en particulier sur la nature du feu, la lumière et l'électricité médicale. En août 1783, ce dernier thème lui valut d'être couronné par l'Académie de Rouen[1].
En 1779, Benjamin Franklin fut invité par son ami Jean-Baptiste Le Roy à assister chez le marquis Maximilien de Châteauneuf de L'Aubépine[n 1], dans son grand hôtel de la rue de Grenelle, aux expériences de Marat, qui voulait faire ses preuves aussi bien en physique qu'en médecine.[réf. souhaitée] En 1778, celui-ci avait présenté un mémoire sur la nature du feu, et Jean-Baptiste Le Roy qui avait été nommé membre de la commission chargée d'enquêter sur le bien-fondé des théories de Marat, avait réussi à y attirer Franklin: « Ayant exposé sa tête chauve au foyer du microscope solaire (instrument inventé par Marat), nous l'aperçumes ceinte de vapeurs ondulantes qui se terminaient en pointes torses ; elles représentaient l'espèce de flamme que les peintres ont fait l'attribut du génie »[7] Un certain malaise perce dans le rapport que fit Le roy pour l'Académie, dans ses efforts pour maintenir la balance entre son admiration pour l'ingéniosité des expériences et ses doutes sur les théories qu'elles devaient prouver. Marat choisit d'en interpréter le sens comme entièrement favorable à sa thèse. S'enhardissant, il entreprit l'été suivant d'attaquer les thèses de Newton.[réf. souhaitée]
Ces recherches lui valurent des critiques de l'Académie des sciences de Paris[8], critiques qui, faisant de lui un « charlatan », blessèrent profondément son amour-propre.[réf. souhaitée]
Tombé malade en 1782, outre ses démêlés scientifiques, il connut des revers des fortunes, avant de perdre, en 1784 sa charge de médecin auprès du comte d'Artois[1],[9],[10]. Dans les années 1780, Marat continua de soigner Claire de Choiseul, marquise de l'Aubépine de Châteauneuf (1751-1794) qui le soutenait financièrement et avec laquelle il aurait eu une liaison intéressée si l'on en croit les éditeurs de Jacques-Pierre Brissot[11]. Extrêmement riche, séparée de son mari, la marquise de l'Aubépine était alliée aux Walsh-Serrant par son frère et sa soeur, et elle était la tante maternelle de Mélanie de Walsh qui, en 1790, épousa le fils du baron de Schomberg et de Melle Dumouriez, sœur du général de ce nom.
Comme d’autres à cette époque, Marat se sentit humilié par les grands et les puissants, et il conserva une forte rancune à l'égard de plusieurs membres de la communauté scientifique. Le contrôleur général des finances Calonne, qui fut exilé à Londres, mais aussi Brissot, Radix de Sainte-Foix et d’autres qui s'étaient sentis humiliés à des titres divers, trouvèrent leur salut à l’étranger et mirent à profit les événements de la Révolution avec un certain esprit de revanche.
Le cas de l’ex-ministre Calonne est certainement à mettre en rapport avec Marat. Choyé puis abandonné par Marie-Antoinette, Calonne disgrâcié avait été fort bien accueilli dans les milieux ministériels anglais et c'est lui qui avait aidé la comtesse de La Motte, fugitive, à mettre ses Mémoires au point). En épousant à Londres une demoiselle Nettine - de la banque de ce nom -, l’ancien Contrôleur des Finances Calonne cousina désormais avec la grande banque européenne, et notamment avec les futurs distributeurs d’argent du mouvement exagéré auquel devait se rattacher Marat. Proche des milieux gouvernementaux anglais, Calonne s’opposa frontalement au baron de Breteuil, fidèle allié des Bourbons, et essaya à partir de 1791 d'entraîner les émigrés et les royalistes à solidariser leurs intérêts avec ceux de l’Angleterre. Or il était de notoriété publique que Marat entretenait des relations avec le ministre disgracié[réf. souhaitée] : « Quelques années aux appointements du comte d’Artois en qualité de médecin, Marat se lia, si l’on en croit le journal l’Observateur, avec le libraire Laurent qui passait pour l’âme damnée du ministre Calonne qui, à Londres, organisait la contre-révolution avec l’appui inavoué du gouvernement anglais. Le libraire Laurent aurait été même l’éditeur véritable de la feuille de Marat[n 2] »[réf. insuffisante].
Un autre contemporain qui connaissait particulièrement bien Marat et sa famille, l'ex-abbé Jean-Louis Giraud-Soulavie, un républicain qui fut envoyé comme ambassadeur « résident » à Genève en 1793 et 1794, confirme[12] ces informations plus tard corroborées par Barère de Vieuzac :
« Marat sorti de Genève en 1782 et fanatisé à Londres où il retourna en 1790 car poursuivi par La Fayette, revint en 1791 se mettre à la tête des Cordeliers, principaux agitateurs de la populace. Ses deux collègues était Gasc[13], associé de d'Yvernois[14] dans l'administration des subsides anglais, et Jannot-Lançon. C'est près de ces aventuriers que je fus envoyé par la République française et c'est contre eux que j'eus à lutter, surtout quand je leur prouvai que, sous le voile trompeur de leur démocratie, ils étaient le canal de la distribution dans Lyon[15]des sommes envoyées par la cour de Londres aux chefs patriotes et aux chefs royalistes qui dévastèrent en 1793 ce point central de notre commerce[16]. »
Il fut un temps pressenti, sans succès, pour fonder une académie à Madrid par le ministre Floridablanca[1], en 1788. Il souffrait de graves crises inflammatoires et croyait ses jours en danger. Il rédigea même son testament qu’il confia à l’horloger suisse Abraham Breguet.[réf. souhaitée]
[modifier] La Révolution
[modifier] Débuts révolutionnaires
Le 25 juillet 1789, le comité de Constitution présentait à l’Assemblée, par la voix du député Mounier, un premier projet. À ce moment précis, Marat publie, début août, une feuille in-8° de 8 pages Le Moniteur patriote, entièrement consacrée à la critique du projet de Constitution, critique nourrie, entre autres, en référence au modèle anglais. Il resta toujours un admirateur de l’Angleterre où il avait passé de nombreuses années et où il conserva des amis. Comme bourgeois suisse, ami de la puissante famille Breguet et d’un certain nombre d’industriels et de financiers originaires de Neuchâtel vivant à Londres ou Paris, résolument anglophile, et, comme beaucoup de révolutionnaires, tenant du libéralisme économique sans entraves, il pouvait souhaiter donner une orientation aux événements de France qui allât dans le sens des aspirations politiques de ses employeurs qui ne pouvaient être que favorables à la Révolution. Car il n'avait pas de revenus et il lui fallait comme le terroriste Amar[n 3] et d'autres, sinon reconstituer une fortune, du moins subsister.[réf. souhaitée] Comme beaucoup d’autres avant lui et non des moindres comme Brissot et Lebrun, il fut assurément un écrivain mercenaire, tout en gardant une autonomie de pensée car il n'a jamais servi la cause monarchique.[réf. souhaitée] Tous les biographes[Qui ?] voient en Marat non pas un missionnaire de la cause du peuple (« l'ami du peuple ») mais un homme politique susceptible de jouer avec les mots.[réf. nécessaire]
[modifier] Marat écrivain à gages ?
Le 12 septembre 1789, Marat publiait le premier numéro du Publiciste parisien, journal politique, libre et impartial journal quotidien connu sous le titre L’Ami du peuple. Il comportait normalement 8 pages in-8°, parfois 10 ou 12, quelques fois 16. De septembre 1789 à septembre 1792, Marat fera ainsi paraître près de mille numéros. La question est moins de de savoir si[réf. souhaitée] « l’Ami du Peuple » bénéficia d’un financement extérieur que de préciser la forme qu'il a pris. La question du financement de Marat sous la Constituante n'a jamais posé problème aux contemporains et aux historiens: la plupart des meneurs de la Révolution savait pouvoir trouver des facilités logistiques au Palais-Royal et dans la mouvance incarnée par le duc d'Orléans qui, en 1789, avait à ses gages Nathaniel Parker-Forth, ancien ministre plénipotentiaire de la cour de France et agent principal du service secret britannique à Paris[n 4]. Il est difficile de dissocier le duc d'Orléans de Parker-Forth tant leurs intérêts étaient combinés depuis 1778: c'est Nathaniel Parker-Forth qui fut l'intermédiaire dans toutes les affaires du duc d'Orléans[n 5][réf. souhaitée] lequel se partageait entre Paris et Londres où il avait deux résidences somptueuses et où il avait prévu de se retirer définitivement[17]. C'est Parker-Forth encore qui disposait des banquiers politiques de Paris, notamment Jean-Frédéric Perrégaux[n 6]avec lequel Marat fut en relation.[réf. souhaitée]
Marat et sa famille étaient en relation en Suisse avec George James Premier marquis de Cholmondeley (1749-1827), homme politique et diplomate lors de la guerre anglo-américaine, neveu de Horace Walpole. Celui-ci, qui passait pour un ami de Geoffroy Seiffert et Jean-Paul Marat, était en mission à Lausanne en 1792 où il rencontra le propre frère de Marat puis il retourna à Londres et Paris, quittant la France à la veille du 10 août. Dans ce cercle des anglo-suisses vivant à Paris au début de la Révolution, chacun se connaissait, le cercle était d'ailleurs assez restreint : ainsi Cholmondeley avait-il été, à Paris, en relation d’affaires et d’amitié avec le banquier suisse de Neuchâtel Jean-Frédéric Perrégaux, lui-même chargé par l'intermédiaire de Nathaniel Parker-Forth, d'activer le trouble et l’agitation en France. C'est la banque Turnbull et Forbes qui assurait alors la logistique des principaux agents à Paris (Gregory, Monro, Somers, Miranda, etc)[18]. L’intermédiaire financier entre Marat et Jean-Frédéric Perrégaux fut le citoyen Jannot-Lançon cité plus haut, qui appartint au club des Cordeliers et fut, jusqu'au Consulat, le second commis de Jean-Frédéric Perrégaux après Laffitte. Ce financement occulte, en 1792 et 1793, s'étendit aux mouvements Hébertistes et ceux qui le représentaient, principalement Marat[19].
Dans ses Mémoires, Bertrand Barère de Vieuzac, lui-même à Londres en 1790, a évoqué les liens de Marat avec les milieux gouvernementaux anglais : « Il avait été indiqué au ministre anglais et aux princes de l’émigrations par M. de Calonne qui avait connu Marat à Paris pendant la première assemblée des Notables (...) C’est de Marat que M. de Calonne dit un jour au libraire [le sieur Laurent] du faubourg Saint-Germain qui le lui avait fait connaitre: "Ah ! les notables veulent des révolutions ! Je leur en ferai ! Votre homme me sera fort utile ! Marat alla à Londres pendant la première année de la Révolution et prit les instructions de William Pitt et de M. de Calonne réfugiés en Angleterre." »
Il était en contact avec de nombreux Anglais vivant à Paris, entre autres le fils du scientifique Watt ou encore le fameux Rutledge, agent d'infuence masqué, rallié à l'exagération révolutionnaire et que Robespierre chercha a faire arrêter malgré Bertrand Barère de Vieuzac.[réf. souhaitée] D'après un rapport circonstancié adressé au ministre des Affaires étrangères, portant sur sur les agents de l'étranger, Marat comme Rutledge voyaient Walter Boyd, de la banque Boyd, Benfield et Drummond, qui avait son antenne française rue de Grammont à Paris. Il était aussi en relation avec Jean-Jacques de Beaune qui fut sous Jean-Nicolas Pache, un des acteurs des manœuvres destinées à désorganiser les services du ministère de la guerre et à saboter l'approvisonnement des troupes[20].
Marat fit aussi deux voyages en Angleterre au temps de la Révolution. Le premier eut lieu dans les années 1790, et le second au printemps 1792. Louis-Marie Prud'homme, le fameux rédacteur des Révolutions de Paris, le journal des Montagnards, connaissait Marat pour s'être fait l'écho de ses provocations et de ses appels au meurtre. Or dans son Histoire générale et impartiale des crimes de la révolution où il déplore ses propres errements, il fait état de façon assez détaillée à ce voyage au cours duquel Marat aurait rencontré Pitt, ce qui n'est pas prouvé mais révélateur de la croyance, chez ses proches, de ses liens avec son second pays d'adoption[n 7]. Mais c'est surtout Lewis Goldsmith qui donne les précisions les plus troublantes, suite à une conversation avec le docteur Geoffroy Seiffert, médecin du duc d'Orléans, que Marat fréquentait, qui dit l'avoir aperçu à cette époque à Londres où il était logé aux coffee house Spring Garden. Il dit lui aussi que Marat aurait eu des entrevues avec des membres du ministère anglais.[21].
Lorsqu'il revint à Paris, Marat s'était détaché du duc d'Orléans, qu'il avait vivement défendu sous l'Assemblée constituante, jusqu'en juillet 1791, pour contribuer à développer désormais le mouvement encore embryonnaire de l'exagération révolutionnaire qui débuta de façon spectaculaire avec les massacres de septembre, se poursuivit toute l'année 1793 et se termina avec la fin de la Grande Terreur.[réf. souhaitée] D'après Tashereau de Fargues, Marat demanda quand même encore de l'argent à Philippe-Égalité, en août 1792: « J'ai dit-il, eu la preuve de la bouche même de Marat que le duc lui avait refusé 10 000 livres qu'il lui demandait peu de jours après le 10 août et n'ayant pas même daigné répondre à la lettre qu'il lui avait écrite à ce sujet. Il en était furieux et, au corps électoral, il lui suscita des tracasseries »[22].
[modifier] Jean-Paul Marat et les massacres de septembre
Après la journée du 10 août 1792, il appelle à la continuation de ses effets par en appelant à l’élimination des royalistes emprisonnés. À la différence de ses précédents appels au meurtre, il est cette fois suivi par une partie de la presse, notamment girondine. La publication de l’Ami du peuple cesse au 21 août, et son dernier appel au meurtre date du 19 ; il est cependant probable qu’au moins un placard anonyme du 26 août est de sa main[23].
A l'avant veille du 2 septembre 1792, celui-ci fut en effet nommé adjoint au comité de surveillance de la Commune de Paris. Dans son journal, il racontait quelques de jours plus tôt que le[réf. souhaitée] peuple était en grande ébullition[réf. nécessaire] et que les responsables de la journée du 10 août 1792 étaient restés impunis[réf. souhaitée]. Il évoquait ceux et celles qui avaient assuré la défense du château des Tuileries et la protection de la famille royale. En fait, le tribunal du 17 août avait déjà commencé de fonctionner et trois serviteurs des Tuileries avaient été exécutés, en particulier Arnault de Laporte, l’intendant de la liste civile et l'écrivain Farmain du Rosoy. Les sectionnaires extrémistes trouvaient cependant que ce tribunal acquittait trop facilement, et jugeait trop lentement. À la fin août, les visites domiciliaires effectuées pour trouver des armes aboutirent à de nombreuses arrestations ; le 30 août 1792, les prisons de Paris étaient pleines.
Les révolutionnaires se rendirent alors aux prisons, et y massacrèrent, du 2 au 6 septembre, d’abord prêtres insermentés, puis gardes suisses et gardes du corps du roi, aristocrates suspectés de complot, enfin de nombreux prisonniers de droit commun (au total, il y eut environ 1500 morts). Dès le 3 septembre, il signe, et probablement rédige, la circulaire du 3 septembre imprimée sur ses presses et envoyée aux départements et municipalités de toute la France, et appelant à la généralisation des massacres[24]. Cette circulaire et ses écrits violents ont fortement contribué à le faire tenir pour le principal responsable des massacres, mais cette vision des choses est abandonnée par les historiens depuis les années 1930 et les ouvrages de Gottschalk[25] et Walter[26].
Les commissions d'enquête parlementaire réclamées par les Girondins tardèrent à se mettre en place.
Marat porté en triomphe par le peuple après son acquittement par le Tribunal révolutionnaire. Gravure anonyme de 1793.
« Immortel défenseur du peuple et de ses droits,
Il terrassa les grands et renversa le trône,
Fonda l’égalité sur la chute des rois ;
De la vertu civique offrons-lui la couronne ! »
Au mois de septembre 1792 les élections de la Convention nationale qui doit succéder à la Législative ont lieu, à deux niveaux, selon les prescriptions de la Constitution de 1791.
Le 9 septembre 1792, Marat est choisi par sa section pour être député de Paris à la Convention.
[modifier] Le procès de Marat
Au lendemain de la mort du roi, il prit l’offensive contre la faction dite des « Hommes d’État » c'est-à-dire les partisans de Brissot qu'il dénonça sans répit. Il s'en prit particulièrement à Lebrun-Tondu qu'il accusait d'entretenir des liens avec des « agents de l'étranger », notamment Édouard de Wackiers sa famille et les représentants de la banque internationale[27]. Depuis qu'il avait été lu à la présidence des Jacobins, le 5 avril 1793, une circulaire appelant à l'insurrection et au coup d'État fut publiée sous sa signature. « La contre-révolution, affirmait-il, est dans la Convention nationale (...) Levons-nous, oui levons-nous tous ! Mettons en état d'arrestation tous les ennemis de notre Révolution et toutes les personnes suspectes. Exterminons sans pitié tous les conspirateurs si nous ne voulons pas être exterminés nous-mêmes (...) Dumouriez marche sur Paris pour rétablir la royauté (...) Aux armes ! » Le 17 avril, Guadet donna lecture de ce manifeste et, en conclusion, demanda l’arrestation de Marat.
Le décret d’arrestation de Marat fut émis par les conventionnels à la majorité de 220 voix contre 92. Quarante-huit membres se récusèrent au motif qu’ils étaient habituellement dénoncés dans les écrits de Marat. Dans les tribunes, ses partisans se chargèrent de maintenir la pression, s’exprimant par des cris et des menaces.Or, à y regarder de près, la grande majorité de la Convention souhaitait alors, en avril 1793, la fin des excès révolutionnaires et du radicalisme demandé par la rue que Marat incarnait.
Décrété de prise de corps, celui-ci fut traduit au Tribunal révolutionnaire le lendemain 13 avril. Mais les amis de Marat, très actifs et influents, firent retarder le début de la procédure afin de composer un jury qui fût favorable à l'accusé. On y trouve ses amis Didier Jourdeuil et Pierre Jacques Duplain.[réf. souhaitée]
Confronté le 24 avril à ses accusateurs et à ses défenseurs dans un climat particulièrement lourd et menaçant, Marat bénéficia donc d’un jury sur mesure qui lui était acquis d'avance. Parmi les défenseurs et les jurés, on comptait des citoyens gagnés par argent ou encore des agents de l’espionnage anglais parmi lesquels Louis-Charles-Joseph Dupérou, en relation avec le général espion de l’Angleterre Francisco de Miranda[28]. Il n’y eut pratiquement que Thomas Paine, mort de frayeur, qui osa témoigner à charge, encore que son témoignage fût indirect : il accusait Marat d’avoir, par ses actes et ses écrits, entraîné un jeune homme étranger au désespoir, au point d’attenter à ses jours. Il s’agissait d’un jeune médecin qui avait écrit sur son billet d’adieu:[réf. souhaitée] « J’étais venu en France pour jouir de la liberté, mais Marat l’a assassinée. L’anarchie est plus cruelle encore que le despotisme. Je ne puis résister au douloureux spectacle du douloureux triomphe de l’imbécillité et de l’inhumanité sur le talent et la vertu ». Acquitté le 24 avril, Marat, couronné de lauriers, fut porté en triomphe par les agents du mouvement de l'exagération révolutionnaire.[réf. souhaitée]
[modifier] Les derniers numéros de l'Ami du Peuple
Marat sur la même ligne que Barère défendit la guerre à outrance et combattit toute vélléité de modération, de réconciliation et de négociation avec les puissances étrangères. Il était alors perçu par Thomas Paine et les conventionnels modérés comme l'allié objectif de William Pitt qui se félicitait du « soutien » de Marat à sa politique guerrière et à son rôle actif dans la première « saignée » - la proscription des Girondins - pratiquée au sein de la Convention. Au Parlement britannique, le Premier ministre arguait de l'instabilité du gouvernement français.[réf. souhaitée] Il était imprudent, prétendait-il, de traiter avec un comité « qui est changé et renouvelé tous les quinze jours », et dont les membres à supposer qu'ils voulussent conclure un arrangement, se trouvaient dans le cas d'être guillotinés ou pendus avant l'arrangement des ratifications. Le cabinet britannique rejetait donc toute tentative d'accomodement.[réf. souhaitée] « Si nous traitions avec Marat, avant la fin de la négociation, il retomberait dans la lie populaire dont il est sorti et laiserait la place à un scélérat encore plus désespéré que lui »[29]. Si au début de la guerre, les Anglais avaient affecté de dire qu'ils luttaient seulement pour repousser une agression « pour prévenir l'extension de l'anarchie et de la confusion, et pour contribuer à la sécurité et la tranquillité de l'Europe », la guerre de principe s'était muée dès le début en guerre de conquête. La guerre elle-même était attendue sans que le cabinet anglais eût l'air de l'avoir provoquée. D'où le reproche qui fut fait à Brissot d'avoir pactisé avec la politique de Pitt. A la conférence d'Anvers, lord Auckland, l'ami personnel de Jean-Frédéric Perrégaux que Marat rencontrait au même moment, ne parla pas moins de réduire la France à « un véritable néant politique ». l'objectif de la guerre fut comme le répéta Pitt d'obtenir « sûreté et indemnité », et rien ne pouvait plus favoriser cette ligne que les persécutions dirigées des républicains contre d'autres républicains, l'écrasement brutal des royalistes de l'Intérieur, les décrets liberticides de Barère et les numéros de l'Ami du Peuple.[réf. souhaitée]
[modifier] L’assassinat de Marat
Depuis le 3 juin 1793, Marat ne se présente plus à la Convention. L’évolution de sa maladie l’empêche de paraitre en public. D’après le docteur Souberbielle, l’origine du mal était herpétique. Le docteur Cabanès a avancé la probabilité d’une forme grave d’eczéma ou des conséquences d’un diabète[30]. À partir du 20 juin, son état s’aggrave et l’oblige à prendre continuellement des bains pour le soulager.
Marie-Anne Charlotte de Corday d’Armont issue de la noblesse de Caen et descendante en droite ligne de Pierre Corneille prend connaissance des événements révolutionnaires en rencontrant plusieurs députés girondins qui se sont réfugiés à Caen après leur mise en accusation par la Convention.
Le 11 juillet 1793, elle arrive à Paris dans l’intention d’assassiner Marat dans l’assemblée, mais doit revoir ses plans en ayant appris son absence à la Convention[31]. Le 12 juillet, Marat reçoit la visite de députés jacobins, dont le peintre Jacques Louis David, qui sont les derniers à le voir vivant. Le 13 juillet Charlotte Corday se présente une première fois au domicile du tribun en fin de matinée mais Simone Évrard sa compagne refuse de la laisser entrer, elle essaye une deuxième fois d’entrer en contact sans succès, mais elle fait communiquer une lettre qu’elle a écrite donnant des informations sur un prétendu complot[32]. À la troisième tentative, c’est Marat lui-même qui demandera qu’on la laisse entrer. Après un entretien qui selon Simone Évrard dure environ un quart d’heure, Charlotte Corday sort un couteau et frappe Marat à la poitrine, le trajet de la lame qui traverse le poumon droit, l’aorte et le cœur, entraine sa mort[33].
Charlotte Corday est arrêtée sur les lieux du meurtre et, après son jugement par le Tribunal révolutionnaire, exécutée le 17 juillet 1793.
Au lendemain de cet acte dont les Exagérés de la Commune (Jean-Nicolas Pache, Jacques-René Hébert, etc.) voulurent voir un complot des Girondins, ce qui a toujours été démenti par Charlotte Corday, et nullement prouvé par la suite, Marat a été présenté à l’opinion publique comme un martyr de la Liberté. Mais au sein même de la Convention, peu de députés étaient dupes de la manœuvre. À Genève, dans l’entourage du robespierriste Jean-Louis Soulavie[réf. souhaitée], on écrivait au sujet de Marat :
« Jamais il ne lui est échappé une combinaison politique, une mesure législative. Toute sa logique consistait à donner des assertions pour des preuves, à dénoncer sur le rapport du premier venu, et à calomnier avec un acharnement qui était sa plus douce jouissance. Mais au milieu de la dégradation générale, en soupçonnant toujours le mal, il a dû souvent deviner juste[34] »
Coste d’Arnobat dit que, après sa mort, la Commune fit poser les scellés chez lui, « non sous le prétexte grossier de conserver les écrits patriotiques du martyr », mais « qu’en découvrant des paquets d’assignats chez lui, les honneurs de la pauvreté ne s’évanouissent ». et il ajoute ces lignes : « Moyennant le scellé dont il fut chargé, Hébert soustrait à sa volonté des papiers qui pourraient le compromettre et la trop grande quantité d’assignats qui pourrait nuire à la réputation de son illustre ami[35]. »
[modifier] Après l’assassinat
C’est Jacques-Louis David qui est chargé d’orchestrer les funérailles de Marat qui, surtout uni à Lepeletier de Saint-Fargeau, sera présenté comme martyr de la Liberté, avec toute la phraséologie chère à l’époque. Cet épisode de communication intense ne durera que quelques mois, mais il aura un fort impact, y compris historiographique. Le 15 juillet, David prépare l’exposition du corps aux Cordeliers, mais l’état de décomposition du corps, dû à une chaleur intense, ne permet pas de montrer Marat au public, le peintre décide de le recouvrir entièrement d’un drap, sauf la plaie causée par l’assassinat[36]. Grand organisateur des fêtes, David prévoit pour le mardi 16 juillet 1793 un impressionnant cortège qui part vers 18 heures. Le convoi part de la rue des Cordeliers, passe par la rue de Thionville, le Pont-Neuf, le quai de la Ferraille et remonte jusqu’au Théâtre-Français, pour se rendre aux Cordeliers, où a lieu l’inhumation. Un peuple immense défilera toute la nuit, à la lueur des flambeaux. Le Club des Cordeliers a demandé à déposer dans le lieu de ses séances le « cœur » de Marat. Dans les semaines qui suivent, des centaines d’hommages seront faits à l’Ami du peuple à travers la France et des statues des « martyrs » sont inaugurées un peu partout.[réf. souhaitée]
Marat est « panthéonisé » le 5 septembre 1794, mais dès le 8 février 1795[37], un nouveau décret stipule que l’image d’aucun citoyen ne figurera plus dans l’Assemblée ou en un lieu public quelconque que dix ans après sa mort; ses restes sont inhumés dans le cimetière de Sainte-Geneviève, près l'église Saint-Etienne-du-Mont, le 26[38]. Le tableau est rendu à son auteur qui le conservera jusqu’en 1820 date à laquelle il fut confié à Antoine-Jean Gros qui le cachera à Paris jusqu'à la mort de David[39].
Suite à l’assassinat, plusieurs villes de France, comme Saint-Nazaire[40] ou Le Havre[41] se baptisèrent Marat. Ce fut l’affaire de quelques mois. On trouve, aujourd’hui encore, quelques traces de ces dénominations, des rues (Ivry-sur-Seine, Décines-Charpieu) portent son nom.
En 1921, le régime soviétique baptisera un cuirassé du nom de Marat, le prénom Marat est utilisé en Russie (par exemple, Marat Safin), et on repère des Marat (nom propre) en France, en Sardaigne (pays d’origine), en Italie, en Espagne.
[modifier] Notes
- ↑ Il était le descendant du garde des sceaux de Louis XIII, fils du marquis de l'Aubépine, brigadier de cavalerie sous Louis XV, marié le 2 octobre 1770, sous les auspices de la reine Marie-Antoinette, à Claire Adélaïde Antoinette de Choiseul-Beaupré, fille d'Antoine, marquis de Choiseul, et de Michelle de Beauval
- ↑ Laurent fut véritablement un éditeur de Marat. L’Observateur, 1789, p. 463.
- ↑ Voir les travaux de François Vermale
- ↑ A Paris, Nathaniel Parker-Forth, aidé en cela par John Smith secrétaire de William Pitt, monta tout le réseau d'espionnage et d'influence destiné à "activer" la Révolution en favorisant l'exagération maratiste susceptible, en l'an II, de maintenir l'isolement diplomatique de la République française
- ↑ Il était aussi aux gages du duc d'Orléans qui lui versait une pension viagère de 12.000 livres au capital de 120000 livres, Etude Rouen, le 13 janvier 1788
- ↑ Perrégaux était le banquier en France de Forth qui lui signa une procuration l'autorisant à distribuer les sommes mises à sa disposition (Etude Gobin, le 4 septembre 1790)
- ↑ Prudhomme a regretté la violence qu'il avait souvent attisée dans son journal et donne un témoignage important dans son Histoire générale et impartiale des erreurs et crimes commis pendant la Révolution (1797). Dans la Révolution (...) d'après les Mémoires de Gaillard, Paris, 1909, p.50, le baron Despatys revient lui aussi sur ce voyage de Marat à Londres, voyage que l'intéressé s'est apparemment gardé d'évoquer dans ses écrits
[modifier] Références
- ↑ a b c d e f Michel Vovelle, « Marat Jean-Paul », dans Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989 (rééd. Quadrige, 2005, pp. 709-713.
- ↑ a b c Voir la présentation de Michel Vovelle dans Jean Paul Marat, Les Chaînes de l'esclavage: ouvrage destiné à développer les noirs attentats des princes contre les peuple, les ressorts secrets, les ruses, les menées les artifices, les coups d'état qu'ils emploient pour détruire la liberté, et les scènes sanglantes qui accompagnent le despostisme, Éditions Complexe, 1988, 326 pages, pp. IX-XXXVIII (ISBN 287027257X).
- ↑ Albert Keim, Helvétius, sa vie et son œuvre, d'après ses ouvrages, des écrits divers et des documents inédits, F. Alcan, 1907, 719 pages, p. 634.
- ↑ Jean Philibert Damiron, Mémoire sur Helvétius, Paris, A. Durand, 1855, 181 pages, pp. 40-41, qui cite un extrait de la réponse de Voltaire.
- ↑ Louis Eugène Hatin, Bibliographie historique et critique de la presse périodique française: avec extraits, notes historiques, critiques, et morales, indication des prix que les principaux journaux ont atteints dans les ventes publiques, etc., Paris, Firmin-Didot frères, 1866, 660 pages, p. 103.
- ↑ Charles Vatel, Charlotte de Corday et les Girondins, Paris, Henri Plon, 1864-1872, tome I, pp. 332-333, note 1.
- ↑ B.-G. Sage, Analyse chimique et concordance des trois règnes, Paris, 1786, I, p.117 cité par A. Cabanès, Marat inconnu: l'homme privé, le médecin, le savant, Paris, pp.63-66.
- ↑ Jean Guilhaumou, La Mort de Marat, p. 11.
- ↑ Jean Guilhaumou, Op. cit., p. 12.
- ↑ Selon Charles Vatel, Charlotte de Corday et les Girondins, Paris, Henri Plon, 1864-1872, tome I, pp. 332-333, note 1, un nouveau brevet de médecin des gardes du corps du comte d'Artois fut octroyé le 23 avril 1786 au sieur Enguehard, pour succéder à Marat.
- ↑ Mémoires de Brissot, publiés par Ladvocat et Montrol, Paris, 1830-32, tome I, p. 347-350 (longue notice de M. de Montrol).
- ↑ Jean Louis Giraud-Soulavie, Mémoires historiques et politiques du règne de Louis XVI : depuis son mariage jusqu'à sa mort : ouvrage composé sur des pièces authentiques, fournies à l'auteur avant la révolution par plusieurs ministres et hommes d'État et sur les pièces justificatives, recueillies après le 10 août dans les cabinets de Louis XVI, à Versailles, et au château des Tuileries, Paris, Treuttel et Würtz, 1801. Sur les rapports de Soulavie, voir Olivier Blanc, Les Espions de la Révolution et de l'Empire, Paris, 1995, p.318.
- ↑ Antoine Gasc, 39 ans en 1791, bourgeois natif de Narbonne, bourgeois, demeurant à Paris, 33, rue Mazarine. Albert Mathiez, Le club des Cordeliers pendant la crise de Varennes et le massacre du Champ de mars: documents en grande partie inédits, H. Champion, 1910, 392 pages, p. 258.
- ↑ Fils d'un négociant de Genève, sir Francis (ou François) d'Yvernois, né à Genève en 1756, se fit connaître en publiant les œuvres de Rousseau dont il se disait l'ami. Conseiller d'État influent, ennemi de la France, banni de Genève en 1782 avec Marat et d'autres, il fut pendant vingt ans, avec son compatriote Mallet du Pan, l'agent zélé du gouvernement britannique. Dictionnaire universel, historique, critique, et bibliographique de Louis Mayeul Chaudon (Imprimerie de Prudhomme fils, 1812), tome XIX, pp. 558-560, et Biographie nouvelle des contemporains: ou Dictionnaire historique et raisonné de tous les hommes qui, depuis la révolution française, ont acquis de la célébrité par leurs actions, leurs écrits, leurs erreurs ou leurs crimes, soit en France, soit dans les pays étrangers d'Antoine-Vincent Arnault, Antoine Jay, Etienne de Jouy et Jacques Marquet de Norvins, Paris, Librairie historique, 1825, tome XX, pp. 312-313.
- ↑ Il s'agit du soulèvement de Lyon et de ses suites, du rôle joué par Nathaniel Parker-Forth (1744-1809) agent des services secrets britanniques et payé par eux (Marion Ward, Parker-Forth, 1982, p.137) et du notaire Claude-Odile Baroud dans cette dramatique affaire
- ↑ Olivier Blanc, Les espions, Paris, 1997, p 91-92
- ↑ Enquête sur la fortune du duc d'Orléans, Le Correspondant, 1912
- ↑ Olivier Blanc, Les espions de la Révolution et de l'Empire, Paris, 1995
- ↑ Olivier Blanc, Les espions de la Révolution et de l'Empire, Paris, Perrin, 1997, p 91
- ↑ Rapport de Moyen, an IV, AN, AFIV/1671 Cité par Olivier Blanc, Les espions de la révolution, Paris, 1995.
- ↑ Voir le journal intitulé Antigallican Monitor, à la date du 7 mars 1813
- ↑ Lettre de Sergent à Tashereau publiée dans A. Charavay, Catalogue d'autographes, Paris, 1885, p. 67.
- ↑ Frédéric Bluche, Septembre 1792. Logiques d'un massacre, Paris, Robert Laffont, 1986, ISBN 2-221-04523-8, p 35-37
- ↑ Frédéric Bluche, op. cit., p 170
- ↑ Louis Gottschalk, Jean-Paul Marat, l’Ami du peuple, Payot, 1929
- ↑ Gérard Walter, Marat, Albin Michel, 1933
- ↑ Olivier Blanc, Les espions de la Révolution et de l'Empire, Paris, 1995, p.25
- ↑ Olivier Blanc, La corruption sous la Terreur, 1992, p 90 et 206 ; Les Espions, op. cit., pp. 30-31 et 163.
- ↑ Discours au Parlement d'Angleterre le 17 juin 1793, publié par Alphonse Aulard, La Diplomatie du premier comité de salut public, p. 92.
- ↑ Jean Massin, Marat (rééd Alinéa 1988), p. 277.
- ↑ Jean Massin, Marat (rééd Alinéa 1988), p. 289.
- ↑ Jean Massin, Marat (rééd Alinéa 1988), p. 289.
- ↑ Jean Massin, Marat (rééd Alinéa 1988), p. 291.
- ↑ Coste d’Arnobat, Anecdotes curieuses et peu connus, Genève, 1793, p. 40-41.
- ↑ Anecdotes curieuses, op. cit., p. 41.
- ↑ Régis Michel, David l’art et le politique, 1989 p. 85.
- ↑ Selon Jean-Louis Ormières, Politique et religion en France, Éditions Complexe, 2002, 294 pages, p. 237, note 108 (ISBN 2870279272), ce double mouvement illustre la fragilité de la coalition anti-robespierriste.
- ↑ Lise Andriès, Jean-Claude Bonnet, La Mort de Marat, Flammarion, 1986, 510 pages, p. 104 (ISBN 2082115267).
- ↑ Antoine Schnapper (1989) David 1748 1825 (catalogue de l'exposition) p. 282 notice La mort de Marat (Historique)
- ↑ Pierre Lemonnier, La déportation ecclésiastique à Rochefort, 1794-1795 d'après les documents officiels, Société des archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, 1916, 270 pages, p. 120.
- ↑ Le Havre devient Le Havre-Marat. Voir André Corvisier, Histoire du Havre, et de l'estuaire de la Seine, Privat, 1983, 335 pages, Modèle:P. 316
[modifier] Voir aussi
- Pour la toponymie révolutionnaire : îles Marat et Lepeletier (îles de Lérins)…
[modifier] Article connexe
- Révolution française
- La Mort de Marat, tableau de Jacques-Louis David
[modifier] Bibliographie
[modifier] Ouvrages sur Marat
- Études
- Jean-Claude Bonnet (dir.), La Mort de Marat, Flammarion, Paris, 1986.
- Olivier Coquard, Marat, Fayard, 1993
- Louis Gottschalk, A Study of Radicalism, New-York, Londres, 1927.
- Jacques Guilhaumou, 1793. La mort de Marat, Bruxelles, Complexe, 1989.
- Jean-Bernard et Jean-François Lemaire, Jean-Pierre Poirier, Marat homme de science?, Le Plessis-Robinson, Synthélabo, Les Empêcheurs de penser en rond, 1993, 225 pages.
- Jean Massin, Marat, Club français du livre, 1960, 302 pages (rééd. Alinéa, 1988, 308 pages).
- Charles Reber, Un homme cherche la liberté—Jean-Paul Marat, Éditions A la Baconnière, Boudry-Neuchâtel, 1950.
- Fiction
- Marat-Sade, pièce de théâtre de Peter Weiss
[modifier] Voir aussi
[modifier] Liens externes
- Adolphe Robert, Gaston Cougny (dir.), Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, Paris, Bourloton, 1889, tome 4, de Manuel à Marcillac, pp. 252-255.
- L'assassinat de Marat illustré sur le Musée Historique de l'Environnement Urbain

