Guerres de la Révolution française
On appelle guerres de la Révolution française les conflits qui ont impliqué la France révolutionnaire contre d'autres pays européens, souvent coalisés, durant la période comprise entre 1792 (guerre contre l'Autriche) et le traité d'Amiens de 1802. Une distinction peut être faite entre la période dite de la première coalition (1792-1797) et la deuxième coalition (1798-1801), même si certains pays, et notamment le Royaume-Uni, étaient en guerre continue contre la France de 1793 à 1802.
Caractérisées par une ferveur révolutionnaire et des innovations militaires, ces multiples campagnes sauvèrent le régime révolutionnaire français, pourtant confronté à une sérieuse opposition européenne. De surcroît, les victoires qui s'ensuivirent contribuèrent à étendre de façon significative l'emprise territoriale de la France.
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Terminologie[modifier]
On distingue en France les guerres de la Révolution des guerres napoléoniennes
Origines[modifier]
Dès 1791, les monarchies d'Europe assistent avec préoccupation à la révolution française et ses bouleversements et se demandent s'ils doivent intervenir, soit pour aider Louis XVI, soit pour profiter du chaos en France. Le personnage clé de la situation était l'empereur romain germanique Léopold II, frère de la reine Marie-Antoinette, la femme de Louis XVI. Léopold avait d'abord regardé la Révolution avec sérénité mais il devint de plus en plus inquiet lorsque la Révolution se radicalisa alors qu'il espérait encore éviter la guerre. Le 27 août, Léopold II et le roi Frédéric-Guillaume II de Prusse, après avoir reçu en consultation des nobles émigrés français, publièrent la déclaration de Pillnitz qui déclarait l'intérêt des monarques d'Europe au bien-être de Louis XVI et de sa famille et menaçaient de vagues mais graves conséquences quiconque les agresserait. Bien que Léopold II ait considéré la déclaration de Pillnitz comme un geste évasif pour apaiser les monarchistes français, la déclaration fut considérée en France comme une menace sérieuse et dénoncée par les dirigeants révolutionnaires.
En plus de différences idéologiques entre la France et les puissances monarchiques d'Europe, il y avait des disputes incessantes sur le statut des biens impériaux en Alsace et les Français étaient de plus préoccupés par l'agitation des nobles émigrés à l'étranger, en particulier dans les Pays-Bas autrichiens et les États d'Allemagne.
Première coalition 1792-1797[modifier]
Campagnes de 1792[modifier]
L'Assemblée déclara la guerre à l'Archiduché d'Autriche lors du vote du 20 avril 1792 après que le ministre des Affaires étrangères, Dumouriez, lui ait présenté une longue liste de griefs. Dumouriez prépara une invasion immédiate des Pays-Bas autrichiens où il espérait un soulèvement populaire contre la domination autrichienne. Cependant, la révolution avait profondément désorganisé l'armée et les forces réunies furent insuffisantes pour tenter une invasion. À la suite de la déclaration de guerre, les soldats français désertèrent en masse et, même dans un cas, assassinèrent leur général.
Alors que le gouvernement révolutionnaire levait frénétiquement des troupes fraîches et réorganisait ses armées, une armée alliée, essentiellement prussienne, commandée par Charles-Guillaume-Ferdinand, duc de Brunswick se rassembla à Coblence sur le Rhin. En juillet, l'invasion commença et l'armée de Brunswick prit facilement les forteresses de Longwy le 13 août et de Verdun le 30 août. Le duc publia alors une proclamation appelée le Manifeste de Brunswick, écrite par le cousin du roi de France, Louis Joseph de Bourbon, prince de Condé, le meneur d'un corps d'émigrés au sein de l'armée alliée, qui faisait part de la volonté des Alliés de restaurer le roi à son poste, de lui rendre les pleins pouvoirs et de traiter toute personne ou ville qui s'y opposerait comme rebelles passible de la peine de mort par la loi martiale. Cela n'eut pour effet que de renforcer la détermination de l'armée révolutionnaire et le gouvernement de s'y opposer par tous les moyens nécessaires. Le 10 août, la foule prit d'assaut le palais des Tuileries où séjournaient Louis XVI et sa famille.
L'invasion continua, mais à Valmy, le 20 septembre, les alliés reculent face à l'armée française menée par Dumouriez et Kellermann. Bien que le résultat de la bataille fut nul tactiquement, il donna un coup de fouet au moral français. En outre, les Prussiens, constatant que la campagne avait été plus longue et plus coûteuse que prévue, décidèrent que le coût et le risque de poursuite des combats étaient trop grands et se retirèrent de France pour préserver leur armée. Le lendemain, la monarchie était officiellement abolie et remplacée par la Première République.
Les Français avaient remporté des succès sur plusieurs autres fronts, occupant la Savoie et Nice, alors en Italie, tandis que le général Custine envahissait l'Allemagne, occupait plusieurs villes le long du Rhin et arrivait jusqu'à Francfort. Dumouriez passa à l'offensive en Belgique, remportant une grande victoire sur les Autrichiens à Jemmapes le 6 novembre et occupant la totalité du pays au début de l'hiver.
Campagnes de 1793[modifier]
Le 21 janvier, le gouvernement révolutionnaire exécuta Louis XVI. L'Espagne et le Portugal rejoignirent la coalition anti-française en janvier 1793 et, le 1er février, la France déclara la guerre à la Grande-Bretagne et aux Provinces-Unies.
La France décréta une nouvelle levée de centaines de milliers d'hommes, commençant une politique de levée en masse pour pouvoir déployer plus de soldats que les États aristocratiques et se montrer offensive pour que ces armées puissent récupérer le matériel de guerre de l'ennemi. Les Alliés lancèrent une campagne déterminée pour envahir la France avec la campagne de Flandres.
La France subit de graves revers au début. Elle fut chassée de Belgique et dut faire face à des révoltes internes dans l'ouest et le sud du pays. L'une d'entre elles, à Toulon, prépara le terrain pour faire connaître un capitaine d'artillerie jusque-là inconnu du nom de Napoléon Bonaparte. Sa contribution à la planification du siège victorieux de la ville et de son port grâce à des batteries d'artillerie bien placées fut l'étincelle de sa fulgurante ascension ultérieure.
À la fin de l'année, la levée de nouvelles armées et une politique interne de répression féroce avec des exécutions de masse permirent de repousser les invasions et de réprimer les révoltes. L'année se termina avec les forces françaises ayant l'ascendant mais toujours en guerre à proximité de ses frontières.
Guerre de Vendée[modifier]
Campagnes de 1794-1795[modifier]
L'année 1794 vit un succès accru des armées révolutionnaires. Bien que l'invasion du Piémont ait échoué, la France chassa les armées espagnoles du Roussillon et pénétra en Catalogne. Le 26 juin, elle remporta une victoire à Fleurus qui lui permit d'occuper toute la Belgique et la Rhénanie.
En mer, Bataille du 13 prairial an II, la flotte de l'Atlantique française réussit à faire échouer une tentative britannique d'interdire l'arrivée d'un convoi essentiel de céréales en provenance des États-Unis mais au prix de la perte d'un quart de ses forces.
En 1795, après une attaque surprise des Pays-Bas en hiver, la France créa la République batave. La Prusse et l'Espagne décidèrent de faire la paix et l'Espagne signa le Traité de Bâle le 22 juillet 1795 qui cédait la rive gauche du Rhin à la France et provoquait le retrait des armées françaises d'au-delà des Pyrénées. Cela mit fin à la période de crise de la Révolution et la France put se sentir libre de toute menace d'invasion pour de nombreuses années.
La Grande-Bretagne tenta de soutenir les rebelles vendéens mais échoua et, à Paris, une tentative de renverser le gouvernement par la force fut mise en échec par la garnison militaire menée par Napoléon Bonaparte, conduisant à l'établissement du Directoire.
Sur la frontière du Rhin, le général Pichegru, chargé de négocier avec les royalistes en exil, trahit son armée ce qui entraîna l'évacuation de Mannheim et l'échec du blocus de Mayence par Jourdan.
Guerre en Italie 1793-1795[modifier]
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- Traités de Bâle (5 avril et 22 juillet 1795)
Campagne d'Italie de Bonaparte 1796-1797[modifier]
Campagnes en Allemagne 1796-1797[modifier]
La guerre de la deuxième Coalition 1798-1800[modifier]
La campagne d'Égypte 1798-1800[modifier]
Campagnes de 1799[modifier]
Campagnes de 1800 (dont campagne d'Italie)[modifier]
Traité de Lunéville 1801[modifier]
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Traité d'Amiens 1802[modifier]
Le traité d'Amiens marque la fin des hostilités. Pour les conflits ultérieurs, consulter l'article sur les guerres napoléoniennes.
Voir aussi[modifier]
Liens externes[modifier]
- Les pertes
- Le mythe de la guerre révolutionnaire de Robespierre à Lénine par Jean-Louis Roche (éd. du pavé, 2005)
Références[modifier]
- À partir de 1795.
- À partir de 1796.
- À partir d'août 1796.
- jusqu'en août 1796.
- Alliés aux Royalistes à partir de 1793.
- Guerre maritime non déclaré de 1798 à 1800.
- A. Forrest, Déserteurs et insoumis sous la Révolution et l'Empire, Paris, 1988, 327 p.
- P. Contant, Étude de la morbidité dans les hôpitaux militaires français pendant la Révolution française durant la période du 20 avril 1792 au 19 brumaire an VIII, Thèse de doctorat d'histoire, Université de Paris IV, 1992, 687 p.
- A. Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, PUF, 1989.
- J. Houdaille, Les armées de la Révolution d'après les registres matricules, Population, juillet-octobre 1983, p.842-849.
- J-P. Bertaud, La vie quotidienne des soldats au temps de la Révolution, 1789-1799, Paris, 1985, 331 p.
- Thomas Bartlett, Clemency and Compensation, the treatment of defeated rebels and suffering loyalists after the 1798 rebellion, in Revolution, Counter-Revolution and Union, Ireland in the 1790s, Jim Smyth ed, Cambridge, 2000, p.100.
- T. Pakenham, The Year of Liberty (London 1969), p.392.
- Jacques Hussenet (dir.), « Détruisez la Vendée ! » Regards croisés sur les victimes et destructions de la guerre de Vendée, La Roche-sur-Yon, Centre vendéen de recherches historiques, 2007, p. 148.