Lazare Hoche

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Lazare Hoche
Portrait de Hoche, peinture anonyme (école de David) vers 1793.Musée d'Art Bogdan et Varvara Khanenko, Kiev.
Portrait de Hoche, peinture anonyme (école de David) vers 1793.
Musée d'Art Bogdan et Varvara Khanenko, Kiev.

Naissance 25 juin 1768
Versailles, France
Décès 19 septembre 1797 (à 29 ans)
Wetzlar, Oberhessen
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 17841797
Conflits Guerres de la Révolution
Guerre de Vendée
Chouannerie
Commandement Armée de la Moselle
Armée des côtes de Brest
Armée des côtes de Cherbourg
Armée de Sambre-et-Meuse
Faits d'armes Bataille de Kaiserslautern
Bataille de Neerwinden
Bataille de Quiberon
Expédition d'Irlande
Bataille de Neuwied
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile, 3e colonne
un navire le Hoche (cuirassé)
Autres fonctions Ministre de la Guerre

Louis Lazare Hoche, né le 25 juin 1768 à Versailles[1] et mort le 19 septembre 1797 à Wetzlar (Hesse), est un général français de la Révolution.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution : garde-française[modifier | modifier le code]

Son père est palefrenier aux écuries royales. À 14 ans, il est reçu aide-surnuméraire dans les écuries royales ; devenu orphelin, il bénéficie de l'aide que lui offre une de ses tantes, fruitière à Versailles, et achète quelques livres avec lesquels il fait lui-même sa première éducation. Consacrant le jour à son travail, il emploie une partie de la nuit à étudier. À 16 ans, le 19 octobre 1784, il s'engage comme soldat ; il est admis comme simple fusilier dans les Gardes-Françaises et ne tarde pas à attirer l'attention de ses chefs, par la régularité de ses mœurs, son application à la lecture et sa prodigieuse activité ; aussi est-il promu au grade de sergent en 1789.

Soldat de la Révolution française[modifier | modifier le code]

Son unité étant dissoute le 31 août 1789, il s’engage dans la garde nationale de Paris, puis en janvier 1792 dans l'armée proprement dite, au 104e Régiment d'Infanterie, avec le grade d'adjudant.

Il devient ensuite officier et est pourvu d'une lieutenance au Régiment de Rouergue. Il participe à la défense de Thionville au sein du 58e Régiment d'Infanterie puis est chargé de l'intendance à l'armée des Ardennes. Il bénéficie des conseils du général Le Veneur (alias Leveneur), qui était son oncle de lait[2] et devient son mentor. Au siège de Thionville et à la Bataille de Neerwinden, il donne des preuves éclatantes de sa capacité et de sa bravoure.

Appelé à Paris peu de temps après, il expose au Comité de salut public un plan de campagne si bien conçu, que Lazare Carnot se serait écrié : « Voilà un officier subalterne d'un bien grand mérite. » Le Comité tout entier se joint à Carnot pour admirer tant de savoir dans un jeune homme, et cela va donner à Hoche la possibilité d'une ascension rapide.

Dunkerque[modifier | modifier le code]

Monument à la mémoire de Lazare Hoche par Jules Dalou à Quiberon, 1902.

En 1793, avec le titre d'adjudant-général, Hoche reçoit le commandement de Dunkerque qu'il doit défendre contre les Britanniques. Il organise la défense de la place : après avoir résolu les problèmes d’intendance et sélectionné les meilleurs éléments autour de lui, il fait inonder la campagne autour de la ville. Lors du siège mené par Frederick, duc d'York et Albany, il opère plusieurs sorties qui rendent le siège trop difficile à conduire pour les Britanniques, qui se replient.

L'Alsace (octobre-décembre 1793)[modifier | modifier le code]

Cette réussite lui fait gravir rapidement les échelons de la hiérarchie militaire. Il est nommé général de brigade, puis général de division en octobre 1793, et enfin général en chef de l'armée de la Moselle ; il subit d'abord une défaite à Kaiserslautern, bataille qui avait pour objectif le dégagement de Landau.

Victoire de Wœrth (22 décembre)

Forts de leurs premiers succès, les Prussiens commandés par le duc de Brunswick et les Autrichiens par le général Wurmser envahissent l'Alsace. C'est alors que Hoche, ayant réorganisé son armée, lance une contre-offensive victorieuse. Le 22 décembre 1793, Hoche attaque les Autrichiens du général Hotze à Wœrth et Frœschwiller. Devant les hésitations de ses soldats, Hoche leur lance cette formule devenue célèbre : "Allons soldats, à cent livres pièces le canon autrichien". Les volontaires et vétérans français s'élancent alors à la baïonnette et s'emparent des redoutes tenues par les soldats autrichiens. Le corps de Hotze est mis en déroute. Du 22 décembre au 25 décembre, les lieutenants de Hoche passent à leur tour à l'offensive, chassant les Prussiens de Brunswick de positions en positions. Brunswick et Wurmser regroupent alors leurs forces près du Geisberg, non loin de Weissembourg. Un monument est visible sur les hauteurs face à la ville

Victoire de Geisberg (fin décembre)

Hoche, quant à lui, a profité de son succès à Wœrth pour être nommé à la tête des deux armées de la Moselle et du Rhin. Le 26 décembre, il lance une offensive générale contre les positions ennemies. C'est la fameuse seconde bataille de Wissembourg.

Hoche prend lui-même la tête des attaques qui sont menées contre les troupes autrichiennes de Wurmser. Malgré les violentes charges de la cavalerie autrichienne, les soldats français résistent puis enfoncent les lignes d'infanterie autrichiennes. Dans le même temps, Championnet et Soult réussissent à repousser les Prussiens de Brunswick. Afin de protéger sa retraite, le général prussien tente une dernière attaque contre Hoche. Les Français la repoussent assez vite. Battus de manière décisive, les Autrichiens de Wurmser et les Prussiens de Brunswick évacuent définitivement l'Alsace.

Quelques jours plus tard, le 1er janvier 1794, le général Moreau, un lieutenant de Hoche, réussissait à repousser les Prussiens hors de Kaiserslautern après un combat de trois jours. Peu de temps après, Landau est débloqué et les français pénètrent en vainqueurs dans Spire et Worms.

L'incarcération de Hoche (mars-août 1794)[modifier | modifier le code]

Le 20 mars 1794, il se vit enlevé à l'armée de la Moselle dont il avait le commandement en chef et fut jeté dans les prisons de Paris pour trahison, comme membre du club des Cordeliers (à la suite d'un arrêté signé par Carnot, Collot d'Herbois, Billaud-Varenne, Robespierre et Barère), d'où il ne sortit qu'en août, après la chute de Robespierre.

La pacification de l’Ouest[modifier | modifier le code]

Lazare Hoche

En août 1794, il est appelé à la tête des armées de Brest et de Cherbourg pour pacifier l'ouest de la France (Vendée et Bretagne). Il rétablit la discipline, adopte une tactique efficace contre la guérilla des Chouans (camps et unités mobiles), et signe le traité de La Jaunaye le 15 février 1795 avec les Vendéens.

Du côté chouan, il signe, sans y croire, les accords de la Mabilais le 20 avril 1795. Mais plusieurs chefs ne les signent pas, l’accord est transgressé puis rompu au bout d’un mois. Hoche est prévenu d’un débarquement à Carnac. Il fait repousser les débarquements britanniques dont celui des émigrés dans la presqu'île de Quiberon, en juillet 1795, et défait les Chouans. Il obtient alors le commandement de toutes les armées de l’Ouest.

Prévoyant une seconde tentative, il dispose des troupes sur la Sèvre nantaise afin d’empêcher une concentration des forces vendéennes, et empêche le débarquement de l’île d'Yeu en s’y présentant avant les Britanniques. Il désarme systématiquement la Vendée : la pression s’effectue par réquisition, et prise d’otages. Son rapport à Paris est approuvé, et il obtient le commandement de l’armée des côtes de l’Océan. Son second Travot capture Charette le 23 mars 1796. Hoche achève alors le désarmement de l’Anjou, et la pacification est officiellement proclamée le 15 juillet.

Article détaillé : Guerre de Vendée.

Le 16 juillet 1796, un message du Directoire ayant annoncé au Conseil la pacification de la Vendée, les représentants de la nation proclamèrent solennellement, par un décret, que Hoche et son armée avaient bien mérité de la patrie. Malgré tout, Hoche subit deux tentatives d'assassinat : une fois on essaye de l'empoisonner ; peu après, il est assailli, au sortir du théâtre de Rennes, par un individu qui tire contre lui un coup de pistolet, sans l'atteindre.

L'expédition d'Irlande[modifier | modifier le code]

Statue de Lazare Hoche sur la place Hoche à Versailles
Article détaillé : Expédition d'Irlande (1796).

Cependant le gouvernement anglais est toujours actif pour entretenir la guerre civile en France. Hoche conçoit alors le projet d'une attaque en Irlande : il se rend aussitôt à Brest, il y fait ses préparatifs et s'embarqua dans ce port à la fin de 1796.

Mais à peine en pleine mer, les éléments se déclarèrent contre lui et sauvèrent la Grande-Bretagne des embarras que cette entreprise devait lui susciter. Sa flotte, ayant été dispersée par un ouragan terrible, il est obligé de revenir en France, heureux d'échapper, grâce aux habiles manœuvres de son pilote, à la vigilance des patrouilles britanniques.

L'Armée de Sambre-et-Meuse[modifier | modifier le code]

Lazare Hoche

À son retour, il est nommé, le 23 février 1797, général en chef de l'armée de Sambre-et-Meuse, forte de 80 000 hommes avec laquelle il ouvre la campagne de 1797, en passant le Rhin à Neuwied, sous le canon de l'ennemi. Il remporte successivement cinq victoires, Neuwied, Ukerath, Altenkirchen, Dierdorf et Heddesdorf, et entre dans Wetzlar alors que ses adversaires le croient encore très éloigné ; il envisage d'enlever d'un seul coup l'armée ennemie, quand l'armistice de Leoben, conclu par Napoléon Bonaparte avec le prince Charles, vient l'arrêter tout à coup à Giessen, sur les bords de la Nidda (de).

On lui offre alors le ministère de la guerre qu'il refuse ; il reçoit le commandement d'un corps d'armée placé aux environs de Paris, et destiné à déjouer les intrigues que le parti de Clichy entretenait contre le Directoire.

Les dénonciations calomnieuses de ses ennemis ne tardent pas à lui faire perdre ce commandement qui est confié à Augereau. Hoche, offensé de cette disgrâce, demande des juges pour leur rendre un compte solennel de sa conduite, et ne pouvant les obtenir, il retourna à son quartier général de Wetzlar.

La mort de Hoche[modifier | modifier le code]

Monument à Weissenthurm, dédié au Général Hoche par l'Armée de Sambre et Meuse

Là, il tombe subitement malade dans les premiers jours de septembre 1797, et meurt le 19 de ce mois, au milieu des plus cruelles douleurs, et en s'écriant : « Suis-je donc revêtu de la robe empoisonnée de Nessus ?» Il était âgé de 29 ans. L'autopsie du cadavre, ordonnée par le Directoire, révèle, dans les intestins, de nombreuses taches noires qui sont pour les médecins des indices d'une mort violente. En réalité, il s'agit de la tuberculose.

Des honneurs funèbres sont rendus à la mémoire de Hoche, tant à l'armée que dans l'intérieur de la République. Marie-Joseph Chénier, frère du poète André Chénier, célèbre, dans de nobles vers, la gloire du héros enlevé si jeune à sa patrie.

Extrait de l'éloge funèbre prononcé par le président du directoire : […] Qui plus que moi doit en effet déplorer sa perte ! Il fut le sauveur des miens. Oh toi qui fermas l'horrible plaie dont furent affligés si longtemps le pays qui m'a vu naître et celui qui m'honora de son suffrage, génie tutélaire, envoyé par le ciel dans nos contrées pour y éteindre le feu de la discorde et y tarir la source de nos larmes, reçoit, par mon organe, l'hommage de mes compatriotes désolés !….. Ils connaissent leur infortune ; et de toutes parts, dans les champs mélancoliques de la Vendée et sur les riantes collines de Maine-et-Loire, ton nom se prononce au milieu des sanglots, et l'écho le répète en gémissant ! […]

Lazare Hoche est enterré à Weißenthurm, une petite ville près de Coblence ; le lieu du Monument General Hoche (de) s'appelle "Auf dem Frauenberg".

Les papiers personnels du Général Lazare Hoche sont conservés aux Archives nationales sous la cote 193AP[3].

Au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

Interprètes de Hoche au cinéma ou à la télévision :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Lazare Hoche », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition]Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Arthur Chuquet : Les Guerres de la Révolution : 9. Hoche et la lutte pour l'Alsace, 1793-1794 ; (1893).
  • Alexandre Charles Omer Rousselin de Corbeau, Comte de Saint-Albin: Vie de Lazare Hoche, Général des armées de la République, Desene und Barrois 1798, 2 tomes.
  • Collection des mémoires relatifs à la Révolution française – Guerre des Vendéens et des Chouans contre la République Française ou Annales des départements de l’Ouest, Baudoin Frères Paris 1825, par un officier supérieur des armées de la République.
  • Claude Desprez, Lazare Hoche d’après sa correspondance et ses notes, 1858.
  • Édouard Bergounioux, Essai sur la vie de Lazare Hoche, 495 p. Julien Lanier à Paris 1852.
  • Baudrillart et Dugast-Marifeux, La veuve du général Hoche, 1859.
  • Georges Girard, La vie de Lazare Hoche, Gallimard 1926.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. faubourg de Montreuil
  2. La grand-mère de Lazare Hoche fut la nourrice du général Le Veneur et son père fut garde-chasse du général Le Veneur, voir Un registre d'actes de Mariages, Baptêmes pour les années 1796, 1797, 1799, 1800, 1801, 1802, par M. Charles de Castilla, Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne, 1914, p. 196-214, note en p. 207.
  3. Archives nationales