Joseph Fesch

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Fesch.
Joseph Fesch
Image illustrative de l'article Joseph Fesch
Biographie
Naissance 3 janvier 1763
Ajaccio
Royaume de France Royaume de France
Ordination
sacerdotale
1787
Décès 13 mai 1839 (à 76 ans)
Rome
Papal States.gif États pontificaux
Évêque de l'Église catholique
Consécration
épiscopale
15 août 1802
Par S.E. le card. Giovanni Caprara Montecuccoli
Archevêque de Lyon
Primat des Gaules
Du 29 juillet 1802 au 13 mai 1839 ( † )
link= Yves Alexandre de Marbeuf(archevêque réfractaire)Claude François Marie Primat(évêque constitutionnel) Yves Alexandre de Marbeuf
(archevêque réfractaire)
Claude François Marie Primat
(évêque constitutionnel)
Jean-Paul-Gaston de Pins
(administrateur apostolique)
Louis-Jacques-Maurice de Bonald
Jean-Paul-Gaston de Pins(administrateur apostolique)Louis-Jacques-Maurice de Bonald  link=Jean-Paul-Gaston de Pins(administrateur apostolique)Louis-Jacques-Maurice de Bonald
Cardinal de l'Église catholique
Créé
cardinal
17 janvier 1803
Par S.S. le pape Pie VII
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de S. Lorenzo in Lucina
Cardinal-prêtre de S. Maria della Vittoria
Autres fonctions
Fonction religieuse
Grand aumônier de l'Empire
(1805-1814)
Fonction laïque
Sénateur du Premier Empire
(12 pluviôse an XIII - avril 1814)
Pair des Cent-Jours
(2 juin 1815 - juillet 1815)

Blason
(en) Notice sur catholic-hierarchy.org

Joseph Fesch, né à Ajaccio le 3 janvier 1763 et mort à Rome le 13 mai 1839, était un homme d'Église français, archevêque de Lyon de 1802 à 1836 et cardinal.

Il était le fils de François Fesch, officier suisse au service de Gênes, et de Angèle-Marie Pietra-Santa, veuve de Jean-Jérome Ramolino dont elle eut une fille, Lætitia Ramolino, la mère de l'Empereur, ce qui fait donc de lui l'oncle de Napoléon Bonaparte.

Sommaire

[modifier] Dans les Ordres

Après des études à Ajaccio, il obtient grâce à l'archidiacre Lucien Bonaparte, une bourse pour rentrer au Séminaire d'Aix-en-Provence de 1781 à 1786. Il entre ainsi dans les ordres. Au moment où éclata la Révolution, il était archidiacre et prévôt du chapitre d'Ajaccio.

Sous la Terreur, Joseph Fesch, ayant abandonné l'habit, doit trouver des revenus.

Il devient d'abord garde-magasin d'une division de l'armée des Alpes avant de se voir confier par son neveu Napoléon Bonaparte la charge, en 1795 de commis aux marchés de fournitures pour l'armée d'Italie.

[modifier] Un ecclésiastique distingué

Durant cette campagne, il commence une collection de tableaux, appelée à devenir l'une des plus riches de France. En 1800 il réintègre l'Église, et en 1802, son neveu Napoléon le nomme au diocèse de Lyon, qui réunissait les départements du Rhône, de la Loire et de l'Ain.

Il devint alors archevêque de Lyon et primat des Gaules à la tête de l'église en France; il appelle alors Gaspard-André Jauffret comme vicaire général.Quelques années plus tard, Jauffret deviendra évêque de Metz.

Cérémonie du mariage de Napoléon avec Marie Louise d'Autriche auquel assiste le cardinal Fesch

En 1803, Joseph Fesch devient le premier cardinal de l'Église restaurée; Bonaparte est personnellement intervenu en sa faveur, écrivant au Pape : L'archevêque de Lyon est un ecclésiastique distingué par la sévérité de sa morale et l'attachement particulier que je lui porte, étant mon proche parent.

Pour obtenir la reconnaissance de l'Empire par le pape, Napoléon alors Premier Consul envoie alors son oncle comme ambassadeur à la cour de Rome, où il le charge de négocier la venue de Pie VII à Paris pour le sacre. Le secrétaire particulier du cardinal à l'ambassade est Chateaubriand. La veille de la cérémonie du sacre, quand Joséphine avoue au pape qu'elle et Bonaparte ne sont pas unis religieusement, c'est encore le cardinal Fesch qui est chargé de donner aux époux une discrète bénédiction nuptiale.

En 1805, élevé aux dignités de grand aumônier de l'Empire, de comte et de sénateur, ses relations avec son neveu paraissent bonnes. Elles vont se détériorer lors de la crise entre la France et le Saint-Siège. Le cardinal restant fidèle au pape, se trouve en effet dans une situation difficile face à Napoléon, qu'il s'efforce de modérer.

En 1806, celui-ci le rappelle de son ambassade à Rome, le soupçonnant de tarder volontairement à obtenir l'adhésion du pape à la guerre contre l'Autriche. La même année le cardinal Fesch est nommé coadjuteur de l'archi-chancelier de l'empire d'Allemagne (ancien Électeur de Mayence).

En 1807 en remerciement de ses services, et en tant que membre de la famille impériale, Napoléon Ier lui attribue par décret impérial et par lettres patentes le titre de prince de l'Empire (« prince français ») avec le prédicat d'altesse sérénissime.

Il cumule également les décorations : chevalier de l'Ordre de l'Éperon d'or par le pape Pie VII le 10 août 1802, grand officier (25 prairial an XII : 14 juin 1804) puis grand-aigle de la Légion d'honneur le 13 pluviôse an XIII[1] (2 février 1805[2]) par le premier Consul, et chevalier de la Toison d'Or en juillet 1805 par le roi Charles IV d'Espagne.

Le 1er août 1810, le cardinal Fesch consacre le mariage de Napoléon et de la nouvelle impératrice Marie-Louise.

Après la naissance du Roi de Rome le 20 mars 1811, il est chargé par la suite de baptiser l'héritier de Napoléon lors d'une cérémonie solennelle à la cathédrale Notre-Dame-de-Paris le 9 juin 1811. Cette même année, en tant que chef de l'Église de France, il préside le concile national avec une certaine indépendance.

L'enlèvement de Pie VII choque profondément Joseph Fesch, mais il n'ose protester ouvertement auprès de Napoléon, qui le contraint par ailleurs à accepter l'annulation de son premier mariage.

[modifier] Fidèle aux Bonaparte

Le Cardinal Fesch, cour du Musée Fesch, Ajaccio

Les rapports deviennent de plus en plus tendus entre Napoléon et son oncle. La lettre que fait parvenir le cardinal Fesch en 1810 au pape lors de son transfert de Savone à Fontainebleau signe leur rupture.

L'empereur lui retire alors la charge de Grand Aumônier, le privant d'une partie de ses revenus; il l'assigne en outre à résidence dans son diocèse de Lyon où il restera jusqu'en 1814.

Pourtant, Fesch n'a cessé d'être loyal envers Napoléon. Lors des Cent-Jours, l'Empereur le nomme pair de France mais le cardinal ne siégea pas.

Après l'abdication de l'Empereur et Waterloo, il alla vivre à Rome où il fut accueilli par Pie VII, sa maison servant de point de rencontre aux Bonaparte en exil.

Il passa ses derniers jours dans l'étude des lettres et des arts, sans vouloir jamais consentir à se démettre de son archevêché.

En 1822, le pape Pie VII redimensionna le diocèse de Lyon au niveau du département.

[modifier] Collectionneur ou amasseur ?

Le cardinal Fesch avait recueilli 3 000 tableaux, avec des perles remarquables au milieu de quantité de médiocrités, car il achetait souvent des ensembles complets. Fixé à Rome au Palais Falconieri, il y faisait volontiers les honneurs de sa collection, où les reliques des primitifs ne manquaient pas. La vente de cette galerie, en 1841 et 1845, en plusieurs sessions, entraîna la dispersion de peintures de Nicolas Poussin, Rembrandt, Giorgione, dont il ne mesurait peut-être pas la valeur[réf. nécessaire]. Une partie des pièces fut toutefois léguée à Ajaccio"[3].

Les toiles léguées à la ville sont au nombre de 1200. Ce don est à l'origine de la création du Musée Fesch. La cour du musée est ornée de la statue du prélat par Gabriel-Vital Dubray.

Le procès en béatification de Jacques Fesch, en parenté avec le cardinal Joseph Fesch, a été ouvert par le cardinal Lustiger.

[modifier] Notes

  1. Almanach impérial pour l'année 1810, Testu [lire en ligne] 
  2. Notice no LH/965/30, sur la base Léonore, ministère de la Culture
  3. André Chastel, L'art français, le temps de l'éloquence, 1775-1825, Flammarion, 1996, pp. 194-195

[modifier] Bibliographie

  • Hervé de la Verrie, Le service iconographique antique du Cardinal Fesch, 2007.
  • De Bonaparte à l'Empereur, Éditions Atlas, D.L., 2004.

[modifier] Liens externes

[modifier] Source partielle


Précédé par Joseph Fesch Suivi par
Yves Alexandre de Marbeuf
Primat des Gaules
Louis-Jacques-Maurice de Bonald


Outils personnels
Espaces de noms
Variantes
Actions
Navigation
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils
Autres langues