Henri Laborit

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Henri Laborit

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portrait par E. Mandelmann (1991)

Naissance
Hanoï (Tonkin, Indochine Flag of Colonial Annam.svg)
Décès (à 80 ans)
Paris (France)
Domicile Paris
Nationalité française
Champs neurobiologie, éthologie
Institutions Hôpital militaire du Val-de-Grâce, Hôpital Boucicaut
Diplôme École principale du service de santé de la Marine,
Renommé pour agressologie, chlorpromazine, Mon oncle d'Amérique
Distinctions Prix Albert Lasker pour la recherche médicale (1957)

Henri Laborit est né le à Hanoï, alors en Indochine française, et mort le à Paris. Médecin chirurgien et neurobiologiste, il introduisit l'utilisation des neuroleptiques en 1951. Il était également éthologue (spécialiste du comportement animal), « eutonologue », selon sa propre définition (spécialiste du comportement humain) et philosophe.

Il s'est fait connaître du grand public par la vulgarisation des neurosciences, notamment en participant au film Mon oncle d'Amérique d'Alain Resnais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri Laborit naît d'un père officier médecin des troupes coloniales en Indochine qui décède alors que son fils n'a que cinq ans.

À douze ans, Henri Laborit contracte la tuberculose. Malgré les séquelles de sa maladie, il fait ses humanités et obtient son baccalauréat à Paris, au lycée Carnot.

Après avoir obtenu son certificat de sciences physiques, chimiques et naturelles de la Faculté des sciences, il passe à vingt ans le concours d'entrée à l'École principale du service de santé de la Marine, à Bordeaux. Avec son diplôme de médecin, il exerce d'abord dans la Marine, puis se tourne vers la chirurgie à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce. C'est là, en collaboration avec les psychiatres de l'hôpital Sainte-Anne qu'il étudie les phénothiazines. Par la suite, il poursuit ses recherches dans un laboratoire auto-financé de l'hôpital Boucicaut, tout en restant personnellement rémunéré par le Service de santé des armées[1].

Il est le père de l'actrice Maria Laborit, du psychiatre Jacques Laborit et le grand-père de l'actrice Emmanuelle Laborit, fille de ce dernier. Mais aussi de Marie Noël, Philippe et Jean Laborit. Son épouse est décédée en 1997.

Travaux scientifiques[modifier | modifier le code]

En tant que chirurgien, Henri Laborit s'intéresse à la qualité de l'anesthésie et plus particulièrement à la neuroleptanalgésie, ce qui le conduit à deux premières grandes découvertes :

Il s'oriente par la suite vers l'étude des mécanismes liés au stress. En 1958, il crée le laboratoire d’eutonologie[2]. Il y travaille avec son équipe à l’hôpital Boucicaut et en est le directeur jusqu'à sa mort.

En même temps, il dirige la revue Agressologie[3] jusqu'en 1983.

Il donne sa vraie importance à la névroglie ou ensemble de cellules gliales, et aux radicaux libres, bien avant leur irruption dans la presse radio-télévisée et même dans la presse scientifique. Il est également le premier à synthétiser le GHB au début des années 1960.

En 1968, il publie son premier ouvrage de vulgarisation, Biologie et structure (ISBN 2070351564). Il écrit par la suite une trentaine d'œuvres dédiées à la philosophie scientifique et à la nature humaine.

Il apparaît en 1971 et en 1972 dans Italiques[4]. De 1978 à 1983, il est professeur invité de bio-psycho-sociologie à l’Université du Québec, où il donne des cours en alternance avec son adjoint le Dr Bernard Weber, physiologiste et collaborateur au CEPEBPE, son laboratoire à Boucicaut[réf. souhaitée].

En 1989, il accepte la présidence de l'Institut de Psychosomatique de Turin. La même année et jusqu'en 1992, il occupe une chaire de professeur à l'Université Européenne de Lugano en Suisse Italienne.

Henri Laborit est aussi l'un des pionniers de la théorie de la complexité, initiateur de la pensée complexe et de l'auto-organisation du vivant par l'introduction de la cybernétique et de la systémique par sa participation au Groupe des dix.

Activités socio-politiques[modifier | modifier le code]

« Tant qu'on n'aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l'utilisent et tant que l'on n'aura pas dit que jusqu'ici cela a toujours été pour dominer l'autre, il y a peu de chance qu'il y ait quoi que ce soit qui change. »

— Henri Laborit, Mon oncle d'Amérique[5]

Durant toute sa vie, Henri Laborit est un esprit curieux et anticonformiste : il prend la défense de façon inattendue de la revue Planète contre les attaques de l'Union rationaliste dans les années 1960, il rappelle discrètement les massacres de Vendée dans Mon oncle d'Amérique en 1980, il participe au comité de direction de l'Institut de Sémantique générale de Lakeville. Il ne se laisse pas étiqueter sous quelque mouvement que ce soit.

En 1969, les étudiants en urbanisme de la nouvelle Université de Vincennes l'invitent à animer une unité de valeur intitulée « biologie et urbanisme », ce qu'il fait jusqu'en 1974.

Avec son livre La Nouvelle grille (1974), il fait connaître ses idées sur la biologie comportementale au grand public dans le contexte favorable d'après mai 68. Le bon accueil fait par un public lettré à ce livre le conduit à écrire Éloge de la fuite, qui en constitue une introduction accessible à tous; celle-ci connaîtra plusieurs réimpressions en version de poche.

Ses travaux sur le conditionnement sont à la base du film Mon oncle d'Amérique d'Alain Resnais en 1980. Il y expose les expériences scientifiques conduites sur des rats et qui l'ont amené à développer le concept d'inhibition de l'action et qui explique dans quelles conditions de stress des rats isolés somatisent (apparition d'ulcères).

Publications[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Il n'a pas eu le prix Nobel bien qu'il ait été nommé. D'après Pierre Huguenard, professeur émérite à la Faculté de Médecine de l'Université de Paris XII, ce prix lui aurait échappé « à cause de l'hostilité du microcosme médical civil français, et plus précisément parisien[6]. » Alors qu'il était pressenti pour le Prix Nobel, le doyen de la faculté de Médecine de Paris, envieux de son succès et supportant mal les remises en question que ses travaux suscitent, fait le voyage à Stockholm pour dissuader le jury de lui décerner la prestigieuse récompense[7][réf. insuffisante].

La République française l'élève au grade d'Officier de la Légion d'honneur en 1967.

L'hôpital psychiatrique de Poitiers, la structure médico-chirurgicale des urgences de l'Hôpital d'Instruction des Armées de Bordeaux, la promotion 1997 de l'École du service de santé des armées de Bordeaux, le grand amphithéâtre de l'Institut de médecine navale de Toulon et la promotion 2006 de l'Institut Toulousain d'Ostéopathie portent son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. H. Laborit, La Vie antérieure, Grasset,‎ 1989
  2. de eutonos, « tonus normal », « équilibre biologique » et logos, « loi », « science ».
  3. Agressologie
  4. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 29 novembre 1971, 27 octobre 1972
  5. dernière phrase prononcée par H. Laborit dans Mon oncle d'Amérique, cf. la transcription du texte du film.
  6. L'Alchimie de la découverte, p. 184-185.
  7. Henri Laborit : pour quoi vous dire, p. 51.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Joliat, Henri Laborit : pour quoi vous dire, Paris Montréal (Québec), l'Harmattan, coll. « Conversciences »,‎ 1997, 175 p. (ISBN 978-2-738-44911-5, OCLC 465607137)
  • Violaine Deral-Stephant, Henri Laborit : de l'Homme à la Découverte, Université Claude Bernard, Lyon-I (thèse de doctorat d'État en Médecine, no 204), 2001, 600 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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