Henri Laborit
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Henri Laborit, (Hanoï (Indochine), 21 novembre 1914 – 18 mai 1995 (à 80 ans)) , était un médecin chirurgien et neurobiologiste, un éthologue du comportement animal et surtout eutonologue du comportement humain en même temps qu'un philosophe . Il est connu du grand public par la vulgarisation des « neurosciences », car, comme il le dira lui-même : « Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici que cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change. »[1]
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[modifier] Biographie
Henri Laborit est né à Hanoï le 21 novembre 1914, alors en Indochine, d'un père officier médecin des troupes coloniales qui décède lorsque l'enfant n'a que cinq ans.
À douze ans, Henri Laborit contracte la tuberculose. Malgré les séquelles de sa maladie, il fait ses humanités et obtient son baccalauréat à Paris, au lycée Carnot.
Après avoir obtenu son certificat de sciences physiques, chimiques et naturelles de la Faculté des sciences, il passe à vingt ans le concours d'entrée à l'École principale du service de santé de la Marine, à Bordeaux. Avec son diplôme de médecin, il exerce d'abord dans la Marine, puis se tourne vers la chirurgie à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce. C'est là, en collaboration avec les psychiatres de l'hôpital Sainte-Anne qu'il étudie les phénothiazines. Par la suite, il poursuivra ses recherches dans un laboratoire auto-financé de l'hôpital Boucicaut, tout en restant personnellement rémunéré par le Service de santé des armées[2].
Il est le père de l'actrice Maria Laborit, du psychiatre Jacques Laborit et le grand-père de l'actrice Emmanuelle Laborit (fille du précédent).
[modifier] Travaux scientifiques
En tant que chirurgien s'intéressera à la qualité de l'anesthésie et plus particulièrement à neuroleptanalgésie, ce qui le conduisit à ces deux premières grandes découvertes:
De 1950 à 1952, il met au point la technique d'hibernation artificielle qui va révolutionner la chirurgie.
En 1951, on lui doit l'introduction de la 4560 RP chlorpromazine, le premier neuroleptique au monde. Cette molécule, dont le nom commercial est Largactil, est utilisé dans le traitement de la schizophrénie.
Il s'oriente par la suite de plus en plus dans l'étude des mécanismes liés au stress:
En 1958, il crée le laboratoire d’Eutonologie de Eutonos pour tonus normal ; équilibre biologique et logos pour loi. Il y travaillera avec son équipe à l’hôpital Boucicaut et en restera le directeur jusqu'à sa mort. En même temps, il dirige la Revue d'agressologie[3] jusqu'en 1983.
Il a donné sa vraie importance à la névroglie ou ensemble de cellules gliales, et aux radicaux libres, bien avant leur irruption dans la presse-radio-TV et même dans la presse scientifique. Il a également été le premier à synthétiser le GHB au début des années 1960.
En 1968, il publie son premier ouvrage de vulgarisation, Biologie et structure (ISBN 2070351564). Il écrira par la suite une trentaine d'oeuvres dédiées à la philosophie scientifique et à la nature humaine.
De 1978 à 1983, il est professeur invité de bio-psycho-sociologie à l’Université de Québec où il donne des cours en alternance avec son adjoint le Dr Bernard Weber, physiologiste et collaborateur au CEPEBPE; son laboratoire à Boucicaut .
[modifier] Activités socio-politiques
Il se montra toute sa vie esprit curieux et par ailleurs anticonformiste (défense inattendue de la revue Planète contre les attaques de l'Union rationaliste dans les années 1960, rappel discret des massacres de Vendée dans « Mon oncle d'Amérique » en 1980, participation au comité de direction de l'Institut de Sémantique générale de Lakeville). On ne le vit pas néanmoins se laisser étiqueter sous quelque mouvement que ce soit.
En 1969, les étudiants en urbanisme de l'Université de Vincennes, qui est en train de se créer, l'invitent à animer une unité de valeur biologie et urbanisme (jusqu'en 1974).
C'est avec son livre La Nouvelle grille, 1974 (ISBN 2-253-05125-X) qu'il fit connaître ses idées sur la biologie comportementale au grand public dans le contexte favorable post-68.
Ses travaux sur le conditionnement sont à la base du film Mon oncle d'Amérique d'Alain Resnais en 1980. Il fait montre de l'expérience scientifique sur des rats qui l'a amené à développer le concept d'Inhibition de l'action (titre de l'un de ses livres voir plus bas) et qui explique dans quelles conditions de stress des rats isolés somatisent (ulcères).
[modifier] Distinctions
- 1957: Prix Albert Lasker pour la recherche médicale, équivalent américain du prix Nobel.
- 1972: médaille de l'O.M.S.
- 1981: prix Anokhin (URSS).
Il n'a pas eu le prix Nobel (il était nommé). D'après Pierre Huguenard, Professeur émérite à la Faculté de Médecine de l'Université de Paris XII (Sic) " à cause de l'hostilité du microcosme médical civil Français, et plus précisément parisien".[4]
La République Française l'a néanmoins élevé au grade d'Officier de la Légion d'honneur en 1967.
Un hôpital de Poitiers porte son nom. Le grand amphithéâtre de l'Institut de médecine navale de Toulon porte son nom.
[modifier] Œuvres
- Physiologie et biologie du système nerveux végétatif au service de la chirurgie, G. Doin et Cie, 1950
- L’anesthésie facilitée par les synergies médicamenteuses, Masson & Cie, 1951
- Réaction organique à l’agression et choc, Masson & Cie, 1952
- Pratique de l’hibernothérapie en chirurgie et en médecine, Masson & Cie, 1954.
en collab. avec Pierre Huguenard
- Résistance et soumission en physio-biologie : l’hibernation artificielle, Masson & Cie, coll. « Evolution des sciences », 1954
- Excitabilité neuro-musculaire et équilibre ionique. Intérêt pratique en chirurgie et hibernothérapie, Masson & Cie, 1955.
en collab. avec Geneviève Laborit
- Le delirium tremens, Masson & Cie, 1956.
en collab. avec R. Coirault
- Bases physio-biologiques et principes généraux de réanimation, Masson & Cie, coll. « Agressologie – réanimation – hibernothérapie », 1958
- Les destins de la vie et de l’homme. Controverses par lettres avec P. Morand sur des thèmes biologiques, Masson & Cie, 1959.
en collab. avec Pierre Morand
- Physiologie humaine (cellulaire et organique), Masson & Cie, 1961
- Du soleil à l’homme, Masson & Cie, coll. « Evolution des sciences », 1963
- Les régulations métaboliques, Masson & Cie, 1965
- Biologie et structure, Gallimard, coll. « Idées », 1968 (ISBN 2070351564)
- Neurophysiologie. Aspects métaboliques et pharmacologiques, Masson & Cie, 1969
- L’homme imaginant : Essai de biologie politique, Union Générale d’Edition, coll. « 10/18 », 1970 (ISBN 2-264-00882-2)
- L’agressivité détournée : Introduction à une biologie du comportement social, Union Générale d’Edition, coll. « 10/18 », 1970 (ISBN 2-264-00370-7)
- L’homme et la ville, Flammarion, 1971 (ISBN 2-08-081017-0)
- La Société informationnelle : Idées pour l’autogestion, Éditions du Cerf, 1973
- Les Comportements : Biologie, physiologie, pharmacologie, Masson & Cie, 1973
- La Nouvelle grille, Éditions Robert Laffont, coll. « Libertés 2000 », 1974 (ISBN 2-07-035471-7)
- Éloge de la fuite, Éditions Robert Laffont, coll. « La vie selon … », 1976 (ISBN 2-221-00278-1)
- Discours sans méthode, Éditions Stock, coll. « Les grands auteurs », 1978 (ISBN 2-234-00818-2).
en collab. avec Francis Jeanson
- L’Inhibition de l’action, Masson & Cie, 1979 (ISBN 2-225-62711-8)
- Copernic n’y a pas changé grand chose, Éditions Robert Laffont, 1980 (ISBN 2-221-00565-1)
- L’Alchimie de la découverte, Grasset, 1982 (ISBN 2-246-24861-2).
en collab. avec Fabrice Rouleau
- La Colombe assassinée, Grasset, 1983 (ISBN 2-246-31891-2)
- Dieu ne joue pas aux dés, Grasset, 1987 (ISBN 2-7619-0703-5)
- La vie antérieure, Grasset, 1989 (ISBN 2-7619-0817-1)
- Les récepteurs centraux et la transduction de signaux, Masson & Cie, 1990
- Les bases biologiques des comportements sociaux, coll. « Grandes conférences », 1991 (ISBN 2-551-12615-0).
Musée de la civilisation-Québec
- L’esprit du grenier, Grasset, 1992 (ISBN 2-7619-1078-8)
- Etoiles et molécules, Grasset, 1992 (ISBN 2-7619-1096-6)
- La légende des comportements, Flammarion, 1994 (ISBN 2-08-035250-4)
- Une Vie - Derniers entretiens, éditions du Félin, 1996 (ISBN 2080352504).
entretiens avec Claude Grenié
[modifier] Voir aussi
Biographie : "Henri Laborit : pour quoi vous dire" François Joliat, Collection "Conversciences", L'Harmattan 1996 (ISBN 2-7384-4911-5)
[modifier] Liens internes
[modifier] Liens externes
- Henri Laborit parle de sa rencontre avec Alain Resnais (extrait vidéo du journal d'Antenne 2, 21/05/1980)
- Henri Laborit, Éloge de la fuite (extraits)
- Biographie
- Entrevue avec Henri Laborit, avec Jacques Languirand
- Vie, œuvre, album photographique et archives d'Henri Laborit sur le site de l'Université Paris XII - Val de Marne - Créteil
- « Laborit : de la cybernétique à la systémique », Hommage à Henri Laborit par Joël de Rosnay
- Présentation de Laborit sur le site pédagogique des neurosciences lecerveau.mcgill.ca
- Petite biographie de Henri LABORIT par Pierre HUGUENARD, Professeur émérite à la faculté de médecine de l’Université Paris XII – Val de Marne
[modifier] Notes et références
- ↑ C'est la dernière phrase dite par H. Laborit dans le film Mon oncle d'Amérique, [1] à défaut du script officiel.
- ↑ H. Laborit, La Vie antérieure, Grasset, 1989
- ↑ http://www.univ-paris12.fr/scd/laborit/laborit-agressologie.htm
- ↑ "L'alchimie de la découverte" (p 184-185)